Mouriri guianensis est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Melastomataceae (anciennement des Memecylaceae). Il s'agit de l'espèce type du genre Mouriri Aubl.. C'est un arbre ou un arbuste néotropical.

En Guyane, il est connu sous les noms de, Bois flèche, Bois de mêche (Créole), Topi (Boni), Wilde kers, Spikrie hoedoe, Pomike (Carib, Suriname).

On l'appelle aussi Socoró (nom partagé avec M. acutiflora), Cruili, Muriti, Murta de parida au Brésil, Mamuriballi dans le Démérara, Cascarito, Cometure au Venezuela.

Description Mouriri guianensis est un arbre ou une arbuste à feuilles persistantes, glabre à l'exception de l'inflorescence, haut de pour de diamètre, à feuillage assez dense et bois très dur.

Les jeunes rameaux sont brun rougeâtre et lisses, cannelés ou dotés de 4 ailes étroites.

L'aubier est clair, et le duramen brun foncé, est durable.

Les feuilles sont opposées, simples, entières, à pétiole de de long; limbe oblong, elliptique·oblong ou elliptique· ovale, de de long et de de large (L/l = 2 à 3), aigu ou brusquement acuminé à l'apex, aigu ou acuminé à la base, ferme ou subcoriace, légèrement rugueux sur les 2 faces, glabre, vert foncé mat dessus, plus clair dessous, à nervation pennée et nervures secondaires peu visibles.

Le pétiole est long de . Le limbe est de forme ovale à ovale-elliptique ou elliptique, à l'apex aigu à acuminé, à la base aiguë à arrondie ou faiblement cordée mesurant de . La nervure médiane est légèrement arrondie à plate au-dessus (rarement légèrement cannelée), et saillante en dessous (arrondie à la base, devenant bi-anguleuse plus loin). Les nervures secondaires sont invisibles à proéminentes au-dessus et au-dessous (à l'état sec). On note la présence de nombreuses petites cryptes stomatiques.

Les inflorescences en cymes axillaires, à 3-17 fleurs, sont longues de , insérées sur les nœuds supérieurs sans feuilles, sur les rameaux jusqu'à d'épaisseur, 1 ou 2 par côté. Les axes de l'inflorescence, les pédicelles et parfois le bractées et la base de l'ovaire sont finement pubérulentes.

Le pédicelle est long de et porte vers le milieu 2 bractées caduques lancéolées longues de . Les bractéoles sont proches de la base. Les fleurs sont pentamères, hermaphrodites, avec le calice persistant. Le calice et l'ovaire infère sont campanulés, de douleur jaune-vert à jaune ou brun, longs de . L'ovaire est avec un angle plus large, et parfois presque tronqué à la base lorsque l'on compte 4 ou 5 loges. Les lobes du calice sont imbriqués, triangulaires et aigus à largement arrondis et souvent finement apiculé, mesurant , avec les pétales dépassant avant l'anthèse. Lors de l'anthèse, le calice se fend et s'étire entre les lobes sur une distance de . Les pétales sont de couleur blancs à roses, violets ou parfois jaunes, souvent plus foncés sur la nervure médiane ou pointe, de forme ovale-lancéolée, carrée ou arrondie à largement ovale à tronquée, longuement acuminés, mesurant , à marge aiguë ou abrupte, érodée, et à base à onglets courts. Les anthères sont de couleur jaunes ou parfois violettes ou blanches, longues de , avec une thèque longue de (0,7–0,8 fois la longueur de l'anthère), déhiscentes par des pores apicaux allongés. On observe une glande longue de , et une "queue" longue de . L'ovaire contient 1-5 loges contenant un total de 7-33 ovules axillaires-basaux. Le style est long de .

Le fruit sucré est comestible, de couleur orange à rouge ou parfois violet-noir, de forme oblongues-globuleuses à globuleuses (plus larges que hautes lorsqu'il contient plus d'une graine), parfois aplaties latéralement, d'environ de diamètre. Il est couronné par l'hypanthium haut de , épais de et souvent agrémenté de quelques lobes restant du calice. La chair est de couleur orange pâle ou jaune foncé. Il contient 1-3 graines brunes, lisses, longues de pour de large, et d'épaisseur, de forme irrégulière et largement ellipsoïdes. Le hile latéral-basal est large de pour de haut.

Répartition Mouriri guianensis est répandu de Trinidad au nord et à l'est du Brésil (Pará, Amazonie) en passant par le Venezuela, le Guyana, le Suriname, la Guyane, et le Pérou.

Écologie Dans les Guyanes et au Venezuela, on rencontre Mouriri guianensis dans les forêts humides secondaires et anciennes, les savanes, les lieux ouverts et les bords de mer, généralement près de l'eau, souvent dans des endroits bas sujets aux inondations. Il est signalé sur les sols sablonneux et argileux, depuis le niveau de la mer jusqu'à d'altitude.

Au Brésil, Mouriri guianensis est pollinisé à l'aube par l'abeille Megalopta amoena (Halictidae), et par Melipona subnitida, Augochlopsis sp. et Trigona sp..

La faune aquatique consomme les fruits de Mouriri guianensis. La résistance de ses graines à la dessiccation, leur germination, et la morphologie des plantules ont été documentées.

Mouriri guianensis présente des variations morphologiques selon la région d'origine (taille des ovaires, nombre de loges et d'ovules, forme et texture du limbe et longueur du pétiole), ce qui aurait pour origine des isolements génétiques prolongés.

Dans une forêt inondée du Pantanal, Mouriri guianensis présente une répartition spatiale de ses populations sur un schéma groupé. On a estimé qu'une taille minimale de parcelle de x est nécessaire pour étudier les processus écologiques liés à cette espèce.

Mouriri guianensis résiste relativement bien aux inondations prolongées dans le Parc national de Jaú (Brésil).

Utilisation Le fruit de Mouriri guianensis est comestible, sucré, et peut être consommé cru.

Mouriri guianensis présente un potentiel d'utilisation dans la restauration écologique des forêts ripicoles.

Protologue vignette|gauche |Mouriri guianensis par Aublet (1775) Planche 180 : On a repréſenté un rameau de grandeur naturelle, ainſi que les fleurs & les parties détachées. - 1. Bouton de fleur. - 2. Calice. Style. Stigmate. - 3. Calice couvert. Étamines. - 4. Étamine. - 5. Corolle. Étamines. Diſque. - 6. Pétale. - 7. Baie. - 8. Quatre ſemences telles qu'elles ſont rangées dans la baie. - 9. Semence ſéparée.. En 1775, le botaniste Aublet propose le protologue suivant :

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Liste des plantes décrites par Fusée-Aublet

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