Si le coup de force est possible est une brochure du journaliste et homme politique français Charles Maurras, directeur de L'Action française, et de Henri Dutrait-Crozon, pseudonyme emprunté par deux officiers et polytechniciens : Georges Larpent et Frédéric Delebecque. Publié en 1910, cet opuscule est un recueil d'articles publiés dans la Revue d'Action française entre janvier et . Les auteurs passent en revue .
Présentation Aux lendemains de la Révolution française et de l’Empire napoléonien, Charles Maurras confie se méfier des théories et préfère se référer à l'empirisme organisateur. C'est donc à partir de l'expérience qu'il énonce les différents types de coup de force.
Le recueil est dédié de façon ironique aux auteurs de Comment nous ferons la Révolution. Émile Pataud et Émile Pouget, deux syndicalistes révolutionnaires partisans de la grève générale et de la révolution sociale.
L'introduction pose les jalons de la conception du coup de force maurrassien : Les auteurs de l'opuscule s'appuient sur l’échec de la Ligue de la Patrie française du Général Boulanger et notamment de pour proposer un .
La tactique du coup de force L'historien Martin Motte remarque dans la tactique coup de force maurrassien une réduction analogique similaire avec celle développée par Frédéric Mistral dans ses Écrits politiques de 1869. : En 1907, l'Action française s'identifie de cette manière :
Pour Maurras et Henri Dutrait-Crozon, il s'agit d'établir les conditions intellectuelles et morales favorables au renversement de la République et de provoquer une . Cette stratégie est calquée sur le coup d’Etat du 2 décembre 1851 , en dépit de l'aversion de Maurras pour le bonapartisme. Dans leur ouvrage, les auteurs énoncent deux types de coups de force envisageables.
L'historien Olivier Dard analyse la brochure ainsi : ..
Les exemples de Monk et de Talleyrand
gauche|vignette|214x214px|George Monck (1608-1670). Les auteurs se réfèrent au général Monck qui restaura Charles en 1660 et à Talleyrand qui plaça Louis XVIII sur le trône de France en 1814. Le , après la mort du Lord protecteur Olivier Cromwell, le général Monck réalise l’exploit de restaurer le roi catholique Charles II sur le trône anglais sans verser une seule goutte de sang. Maurras invoquait déjà cette référence dans son Mademoiselle Monk paru en 1902. Talleyrand est quant à lui érigé en modèle de la « révolution gantée », en permettant par un subtil jeu de négociations avec le Tsar et le Roi de Prusse, la Restauration des Bourbons comme gage de paix en Europe contre un Napoléon va-t-en-guerre. vignette|185x185px|Talleyrand (1754-1838). Maurras avait préalablement étudié la Restauration à travers les Mémoires d’Aimée de Coigny dans une édition établie par Étienne Lamy. Cette étude avait amené à la publication de Mademoiselle Monk ou la génération des événements en 1905. Pour autant, si Maurras s'appuie sur la Restauration de 1814, car Maurras est opposé à la Monarchie parlementaire.
Pour Maurras, ces deux modèles de coups supposent mené par un dignitaire qui assurerait une transition monarchique. Ce dignitaire, cet homme clé du coup de force, est surnommé « Monk » en hommage au général Monck.
Le coup de « l’occasion » Pour Charles Maurras et Henri Dutrait-Crozon, le coup de l'occasion se résume en l'exploitation d'une mutinerie militaire, d'une émeute populaire ou d'un complot. Ces occasions « qui se montre[nt] de temps en temps » doivent permettre à un groupe d’hommes organisé de renverser la République. Les auteurs avancent tout de même deux conditions supplémentaires pour la réalisation de ce coup de force. D’abord, celle de convaincre un maximum de Français afin de donner l’« impulsion désirable » et par conséquent, de façonner . La deuxième condition est de croire soi-même à la plausibilité de ce coup de force :
Maurras compte donc sur un travail de propagande laborieux pour convertir la population et particulièrement les élites civiles et militaires. Ce coup de force compterait sur « les cerveaux, les cœurs et les bras » c'est-à-dire des hommes d’action formés. Pour l'historien Martin Motte, .
Autour du livre Le , le pape Pie XI ordonne la rupture des catholiques avec l'Action française et publie le décret de la congrégation de l'Index du qui condamne sept œuvres de Maurras dont Si le coup de force est possible..
Lors du procès qui aboutit à la jurisprudence administrative dissolvant la ligue d'Action française en 1936, le commissaire du gouvernement Andrieux appuie son argumentaire en citant la brochure Si le coup de force est possible..
Voir aussi
Notes et références
Bibliographie : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Lien externe
Texte intégral de Si le coup de force est possible sur maurras.net
Catégorie:Ouvrage de Charles Maurras Catégorie:Essai français paru en 1910 Catégorie:Essai sur la politique française