La bataille de Marioupol ou siège de Marioupol est une bataille ayant opposé les armées russe et ukrainienne, ayant eu lieu sous la forme d'un siège du au , lors de l'invasion russe de l'Ukraine, dans le cadre de l'offensive de l'Ukraine orientale. Au , la ville est complètement encerclée et subit des bombardements massifs, bien que la majeure partie de la population soit encore dans la ville. Entre le 16 et le , les derniers soldats de l'armée ukrainienne retranchés dans l'usine métallurgique Azovstal depuis un mois, se rendent aux forces russes et sont évacués vers la république populaire de Donetsk (RPD).

La ville de Marioupol est celle qui, au , compte le plus de morts depuis l'invasion russe.. Pendant le siège russe, la Croix-Rouge décrit la situation à Marioupol comme « apocalyptique ». À l'issue de la bataille, la ville est considérée comme détruite à 90 %, la population ayant payé un très lourd tribut. Selon les autorités ukrainiennes, au moins civils sont tués durant le siège. L'agence de presse Associated Press évoque un bilan d'environ morts civils à l'issue des 3 mois de siège, sur une population d'environ habitants.. La ville étant sous contrôle russe, tout bilan réel des victimes est actuellement impossible à déterminer. De nombreuses accusations de crimes de guerre sont émises contre les forces russes pendant le siège, notamment le bombardement massif de populations civiles. Certains médias décrivent ces crimes comme parmi les pires du siècle.

Contexte Marioupol est, depuis le début de l'invasion russe, une cible stratégique en raison de son accès à la mer d'Azov. La prise de cette ville permettrait d'une part à la Russie de contrôler intégralement cette mer, faisant d'elle et isolant encore un peu plus l'Ukraine du reste du monde. D'autre part, la Russie pourrait ainsi joindre la Crimée (qu'elle a annexée en 2014) aux territoires du Donbass (qu'elle contrôle également)..

Centre métallurgique dont certaines aciéries (comme Azovstal et Illitch) comptent parmi les plus grandes d'Ukraine, voire de toute l'Europe, Marioupol est aussi avant la guerre un important pôle industriel et commercial. La cité portuaire est également un pôle clé pour l'exportation d'acier, de charbon, de céréales et de maïs ukrainiens à destination de pays du monde entier, dont certains, tels que l'Égypte, sont très dépendants des ressources ukrainiennes..

Dans l'ensemble des ports de cette mer, près de 170 navires sont bloqués dès le début de l'invasion russe. Certains de ces navires transportant des cargaisons de grains, cette situation a un impact sur les cours mondiaux, entre autres, du blé. Ce commerce avait toutefois déjà grandement fléchi depuis l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014.

Durant la guerre du Donbass de 2014, les Marioupolitains avaient déjà dû défendre leur ville face aux forces séparatistes prorusses. Ils leur avaient pris en 2014, après que la cité portuaire fut brièvement tombée entre leurs mains.

Lorsque l'Ukraine a perdu le contrôle de la capitale régionale de l'oblast de Donetsk, Marioupol a accueilli le plus grand nombre de personnes déplacées des parties occupées du Donbass. Selon la chercheuse de l'IFRI Tatiana Kastouéva-Jean, la ville « était considérée comme prorusse, avec beaucoup d'entreprises qui commerçaient aussi bien avec l'Ukraine qu'avec la Russie. C'est considérable de réserver le sort de ville martyre à une cité historiquement russophile et russophone ».

Les Russes commencent à intensifier leurs attaques contre Marioupol le ..

Ordre de bataille

Ukraine La défense de Marioupol est assurée par la majeure partie de la 36e brigade d'infanterie navale (1700 hommes) et la 12e brigade opérationnelle (1500 hommes) majoritairement constituées du Régiment Azov. Elles sont appuyées par de nombreuses unités très diverses, de la Garde nationale (650 hommes), des garde-frontières (650 hommes), des forces de défense territoriale (400 hommes), de la Marine (200 hommes), de l'armée de terre (une centaine d'hommes) et des forces spéciales soit un peu plus de .

Forces armées ukrainiennes : bordure|20x20px Armée de terre ukrainienne bordure|17x17px de chars une partie du bataillon de chars. bordure|17x17px motorisée (50 hommes) QG de brigade. Bataillon de défense antiaérienne. 20x20px 74e bataillon de reconnaissance 1er compagnie (60 hommes) bordure|20x20px Infanterie navale ukrainienne bordure|18x18px d'infanterie navale (environ 1700 hommes) bordure|17x17pxForce de défense territoriale bordure|18x18px de défense territoriale (400 hommes) QG de brigade de défense territoriale bordure|20x20px Forces d'opérations spéciales bordure|17x17px Détachement du (40 hommes) bordure|15x15px Marine ukrainienne bordure|15x15px de navires de surface (200 hommes). Projet 58155 P172 « Lubny » P177 « Kremenchuk » Projet 145 A380 « Korets » Projet 304 A500 « Donbass »

bordure|15x15px Ministère de l'Intérieur : bordure|20x20pxGarde nationale de l'Ukraine bordure|15x15px 9e régiment opérationnel Détachement du bataillon opérationnel (30 hommes) bordure|15x15px opérationnelle (1500 hommes) dont bordure|26x26px Régiment Azov (environ 1000 hommes) bordure|15x15px Peleton du 18e bataillon séparé (50 hommes) bordure|15x15px de la Garde nationale. Détachement du bataillon d'affectation opérationnel (150 hommes). bordure|15x15px de protection de l'ordre public. de patrouille (400 hommes). bordure|18x18px Police nationale bordure|21x21px KORD bordure|18x18px Police de Marioupol (200 hommes) bordure|15x15px Service national des gardes-frontières d'Ukraine bordure|15x15px 23e unité de garde-côte de Marioupol (150 hommes) bordure|19x19px 1er détachement frontalier Donetsk (500 homes) + 72 volontaires d'unités différentes héliportés à Marioupol

Russie L'essentiel de l'attaque est assuré par la 150e division de fusiliers motorisés de la Garde, la 9e brigade de fusiliers motorisés de la Garde, le Régiment Vostok, la majeure partie de la 810e brigade d'infanterie de marine de la Garde et le 177e régiment de marine soit environ hommes.

Forces armées russes : bordure|20x20pxForces terrestres russes bordure|20x20px d'armée de Donetsk bordure|19x19px Bataillon Sparta. bordure|18x18px Bataillon Somalie. bordure|20x20px de fusiliers motorisés. bordure|19x19px d'assaut de marine (2500 hommes). bordure|17x17px de fusiliers motorisés « Vostok » (1000 hommes) bordure|19x19px combinée de la Garde bordure|19x19px de fusiliers motorisés ( hommes) de chars de la Garde. de fusiliers motorisés 103e régiment de fusiliers motorisés 163e régiment de chars de la Garde 381e régiment d'artillerie de la Garde ... bordure|20x20px Marine russe bordure|20x20px Troupes côtières de la marine russe bordure|20x20px Flotte de la mer Noire bordure|15x15px d'infanterie navale (2000 hommes). bordure|20x20px Flottille de la Caspienne de marine (2000 hommes).

bordure|20x20px GRU

bordure|15x15px Spetsnaz du GRU bordure|15x15px Spetsnaz de la Garde bordure|17x17px 22e brigade Spetsnaz de la Garde (1700 hommes) 346e brigade spéciale

bordure|20x20px Garde nationale spécial « Mercure » Régiment de police Akhmat Kadyrov (AKPR). Régiment de police spécial « Groznyi »

Déroulement de la bataille

Percée des lignes ukrainiennes et encerclement de la ville (24 février - mars) Le , l'artillerie russe commence à bombarder la ville.. Les positions ukrainiennes sur la ligne de front à l'est dans la région du village de Pishchovyk, l'aéroport, les banlieues est et ouest sont bombardés depuis l'air, la mer et le sol.

Au début de l'invasion, la majeure partie de la de l'infanterie navale ukrainienne est déployée à Marioupol. Un bataillon de marine de la est stationné depuis à à l'est de Marioupol et à du village de . La brigade est renforcée par une partie du 503e bataillon séparé de marine qui se déplace rapidement à Volnovakha. Le reste de la défense est assuré par le Régiment Azov, la 12e brigade opérationnelle et diverses autres unités de la Garde nationale ukrainienne, un bataillon de la 109e brigade de défense territoriale, de la Police nationale et des gardes-frontières.

Le , la 9e brigade de fusiliers motorisés russe réalise des gains modestes en capturant Pavlovpil et le village voisin de Pyshchevik à à l'est de Marioupol. À à l'ouest de Marioupol, la marine russe lance un assaut amphibie sur la côte de la mer d'Azov débarquant la 810e brigade d'infanterie de marine de la Garde dans la soirée du . Un responsable américain de la défense déclare que les Russes déployaient potentiellement des milliers de soldats à partir de cette tête de pont... Si aucune confirmation visuelle ne vient étayer ses faits, des témoignages de prisonniers confirment le débarquement. Un détachement de reconnaissance d'Azov se porte alors vers les villes de Manhouch et Stara Yalta à , fait exploser les deux ponts avant de se retirer à Marioupol. Dans la ville, les hommes de la 9e division de navires de surfaces et de la 23e unité de la garde maritime procèdent à l'installation de 32 mines dans le port et minent également la plage Pishchanka en prévision d'une opération amphibie. Ils déplacent également l'armement de leurs navires vers les véhicules blindés. Les Russes détruisent par une frappe de missile le radar 5Н84А "Oborona", appartenant à la brigade du génie radio de défense aérienne (unité militaire 2109). Après l'attaque, l'unité est évacuée. En outre, deux frappes sont menées sur les positions de la division du régiment de missiles anti-aériens.

Le , les forces russes continuent de bombarder Marioupol avec de l'artillerie.. Le gouvernement grec annonce que dix de leur ressortissants avaient été tués par des frappes russes à Marioupol, dont six tués dans le village de Sartana et quatre tués dans le village de Buhas...

Dans la nuit du 26 au , une attaque russe brise les lignes ukrainiennes dans la zone défendue par la brigade mécanisée devant Volnovakha. Les Russes percent également le front à . Ils progressent le long de la H20 vers le sud et capturent . En poursuivant leur progression vers Marioupol, trois blindés BMP-3 Russes sont accrochés et détruits par des hommes d'Azov. Le lendemain, la 150e division de fusiliers motorisés russe, progresse par la H20 jusqu'à l'usine métallurgique Illitch de Marioupol qui borde l'entrée nord avant d'être repoussée par une unité de chars d'Azov. Le , ils se déportent finalement plus à l'ouest vers Nikolske en capturant Topolyne dans lequel ils installent des pièces d'artillerie pour ensuite débuter le bombardement de Marioupol. vignette|centre|Dégâts de bombardement sur Marioupol.

Le , la reçoit l'ordre de défendre Volonterivka (), un village de la périphérie marioupolitaine. L'offensive terrestre en direction de la ville se poursuit le et des bombardements reprennent, alors que la ville de Mélitopol est tombée et que les séparatistes venant de la république populaire de Donetsk (RPD) avancent. De l'autre côté, les forces terrestres russes venant de Crimée progressent dans l'oblast de Kherson, une colonne qui progresse le long de l'autoroute M14 atteint Osypenko puis Manhouch le . Près du village de , à au nord-est de Marioupol, le de la bat en retraite et se replie derrière Sartana, exposant le flanc gauche des positions ukrainiennes. Le colonel , commandant de la , donne l'ordre à une compagnie du séparé de se déplacer à Hnutove aux côtés d'éléments du bataillon de marine Aristide à Pikuzy, mais les Russes forcent à nouveau les Ukrainiens à se retirer vers Marioupol. Durant leur retraite, les ukrainiens tentent de détruire sans succès les ponts sur la rivière Kalmious. La perd deux de ses chars, un transport de troupes et un BMP. Même dans des positions bien préparées, les Ukrainiens n'arrêtent pas l'avancée russe et se retirent à nouveau. Au , Marioupol est complètement encerclée.

Tentative russe de pénétrer dans la ville ( - 11 mars) vignette|Évolution de la situation à Marioupol.