La galerie Barbazanges est une ancienne galerie d'art moderne française ouverte à Paris en 1903 et fermée en 1928. Fondée par Henri Barbazanges, elle connut quatre périodes et exposa des artistes contemporains comme Picasso, Modigliani, Gauguin, Matisse, Chagall, Dufy, sans compter de nombreuses femmes artistes, tout en organisant des performances musicales et poétiques.
Histoire
Une première galerie
Vers 1903, Henri-Jean Barbazanges (1877-1944) ouvre une galerie d'art au 48 boulevard Haussmann à Paris, dédiée aux artistes modernesLa Chronique des arts et de la curiosité, Paris, 11 juillet 1903, — sur Gallica.. Elle semble se situer à l'étage et disposer de trois salonsLes Arts et la Vie, Paris, janvier 1904, — sur Gallica.. En , une affaire de recel de faux tableaux l'éclabousse et aucune exposition n'est signalée après février ; le , son pourvoi en cassation est rejetéLa Gazette du palais, Paris, 20 juillet 1906, — sur Gallica..
Le « Salon d'Antin » En , le grand couturier Paul Poiret loue à son ami Henri Barbazanges une nouvelle boutique située au 109 rue du Faubourg Saint-Honoré, d'une superficie totale de 250 m2, plus 70 m2 constituant un bureau au plafond couvert de miroirs. Cet espace constitue en fait l'arrière cour de l'hôtel particulier de Poiret, situé au 26 avenue d'Antin et communique avec lui : c'est ainsi que cette galerie a pour surnom le « salon d'Antin ».
L'une des conditions de Poiret, également grand collectionneur d'art, est qu'il puisse y organiser des expositions deux fois par anJean-Louis Boussingault, le « magicien du blanc et du noir », exposition virtuelle, INHA, mars 2019.Pour la description des lieux, cf. Billy Klüver, A Day with Picasso. Twenty-Foor Photographs by Jean Cocteau, Cambridge (Mass.), MIT Press, 1997, — extraits en ligne..
L'exposition inaugurale s'intitule Quelques dessins de Jean-Louis Boussingault, André Dunoyer de Segonzac et Luc-Albert Moreau et a lieu du 2 au . C'est ensuite dans les bureaux de cette galerie qu'est née l'idée de la Gazette du bon ton avec Lucien Vogel.
En février et , Robert Delaunay organise sa première exposition personnelle, présentant 41 œuvres, dont quatre représentations de la tour Eiffel ; Marie Laurencin a également pu exposer certaines de ses œuvres et un petit catalogue a été édité avec un texte de Maurice Princet, huit illustrations et une liste des œuvres exposées Peter-Klaus Schuster, Susanne Bäumler, Delaunay und Deutschland, Cologne, DuMont Buchverlag, 1985, ..
Une aide financière est apportée par le peintre Roger Lévesque de Blives (1876-1915) à partir d' qui s'associe à Barbazanges jusqu'en , date à laquelle il meurt sur le frontPaul Jamot, Dunoyer de Segonzac, 1941, — [ https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96916642/f90.image.r sur Gallica].Il est alors maréchal-des-logis au 16e groupe d'autos-mitrailleuses et autos-canons ; « Lévesque de Blives, Octave Joseph Marie Roger », fiche du Mémorial de 1914-1918. ; on note aussi des liens avec Camille Hodebert qui ouvre fin 1913 une galerie au 131 rue du Faubourg Saint-HonoréLes temps nouveaux, Paris, 13 décembre 1913, — sur Gallica..
Durant la Première Guerre mondiale, la galerie Barbazanges reste active : avec l'aide d'André Salmon, est montée L'Art moderne en FranceL'Europe nouvelle, Paris, 6 avril 1918, — sur Gallica. du 16 au : Pablo Picasso y montre Les Demoiselles d'Avignon pour la première fois, aux côtés d'œuvres d'Amedeo Modigliani, Moïse Kisling, Manuel Ortiz de Zárate, et Marie Vassilieff. Sont également programmées cette année-là des lectures de Max Jacob et Guillaume Apollinaire, ainsi que des performances musicales par Erik Satie, Darius Milhaud, Igor Stravinsky, et Georges AuricPierre Daix « La Vie quotidienne des surréalistes », éditions Hachette, 1993, .Picasso - Propos sur l'art, par Marie-Laure Bernadac et Androula Michael, éditions Gallimard, coll. « Art et artistes », 1998, , ..
C’est probablement Paul Poiret qui propose à Marie Henry de vendre les œuvres qu’elle possède de Paul Gauguin depuis le séjour de ce dernier à Le Pouldu. Il lui propose d’y présenter une exposition qui rassemble 22 tableaux et 7 objets d’art (plâtre peint, bois sculpté, lithographies) qui se tient entre le et le et se nomme Paul Gauguin, exposition d’œuvres inconnues. Parmi ces œuvres, L'Autoportrait à l'auréole et au serpent (1889) fut acquise avec 14 autres du peintre par le poète et critique Francis Norgelet pour un montant de francs. ; L'Autoportrait fut rapidement revendu à Ivor Spencer-Churchill.
Fin 1919, Henri Barbazanges expose L'Atelier du peintre de Gustave Courbet qu'il avait acheté à la veuve de Victor Antoine Desfossés, et parvient à le faire entrer dans les collections du musée du LouvreNotice de L'Atelier du peintre, catalogue numérique du musée d'Orsay..
La collection particulière du couturier Poiret fut exposée par André Salmon du au à la galerie Barbazanges, avant d'être dispersée à Drouot en par le biais de Georges Bernheim et Jos Hessel. ; le couturier avait alors connu une première faillite mais fut sauvé par le financier Georges AubertRacheteur de la marque Paul Poiret en 1924 — cf. Notice Base Léonore, Archives nationales de France.. En 1923 également, Pierre Matisse, fils de Henri Matisse, et Amélie Parayre, viennent travailler à la galerie avant de partir pour New York en 1924.
Hodebert successeur Selon entre autres René Gimpel, c'est en réalité Jos Hessel qui possède le bail de cette galerie, et ce, dès 1921Voir la lettre du de Georges Durand-Ruel à son frère Joseph — Archives Durand-Ruel ; René Gimpel, Journal d'un collectionneur marchand de tableaux, Calmann Lévy, 1963, — documents cités dans [catalogue] Renoir : Hayward Gallery, Londres, 30 janvier-21 avril 1985, Galeries nationales du Grand Palais, Paris, 14 mai-2 septembre 1985, Museum of fine arts, Boston, 9 octobre 1985-5 janvier 1986, Arts council of Great Britain/ Museum of fine arts (Boston)/RMN, 1985, — lire sur Gallica..
Au début de 1924, Barbazanges, après avoir racheté le fonds de l'atelier d'Auguste Renoir avec Georges Bernheim Ingrid Grüninger, Julius Meier-Graefe : Kunst ist nicht für Kunstgeschichte da – Briefe und Dokumente, Göttingen, Wallstein Verlag, 2002, ., se retire des affaires et passe le relais à son autre investisseur, Camille Hodebert ; le nom de la galerie devient « Barbazanges-Hodebert successeur ». En 1927, la décoration intérieure et la façade sont entièrement refaits par André Lurçat Fonds Lurçat, base Archiwebture.. Au printemps 1928, elle déménage au 179 rue du Faubourg Saint-Honoré et devient la « galerie L.C. Hodebert ».
Fin 1929, le fonds est vendu à la galerie de Georges BernheimCette galerie n'a aucun rapport avec la galerie Bernheim-Jeune — cf. « Les Quais marchands de Rouen or L’Avant-port de Rouen », notice du catalogue de la Réunion des musées métropolitains Rouen Normandie..
Expositions Barbazanges, 48 boulevard Haussmann 1903 8 - : Peintres du Paris moderneGazette des beaux-arts. Chroniques des arts et de la curiosité, Paris, 11 juillet 1903, .. 1904 5 - : Première Réunion de « Certains...», cf. la bande à SchneggJoris-Karl Huysmans, Première Réunion de « Certains...», Paris, Barbazanges, 1904., catalogue ornementé par Jacques Beltrand. - : Constantin Guys, catalogue présenté par Armand DayotLe Rappel, Paris, 2 juin 1904, .. 10- : Céramiques par Ernest CarrièreGazette des beaux-arts. Chroniques des arts et de la curiosité, Paris, 5 novembre 1904, .. 1905 10 - : Exposition des œuvres d'Yvonne Serruys, présentée par Marcelle TinayreGazette des beaux-arts. Chroniques des arts et de la curiosité, Paris, 11 février 1905, .. ? - : Deuxième Réunion de « Certains...», peintres, graveurs, sculpteurs, architectesL'Occident, Paris, mars 1905, .. 7 - : Exposition de peintures et gravures par William NicholsonGazette des beaux-arts. Chroniques des arts et de la curiosité, Paris, 8 avril 1905, .. 9 - : Exposition de pastels, aquarelles et gravures de Pierre GusmanGazette des beaux-arts. Chroniques des arts et de la curiosité, Paris, 13 mai 1905, .. - : Céramiques par Ernest Carrière, prolongée jusqu'au Gazette des beaux-arts. Chroniques des arts et de la curiosité, Paris, 18 février 1906, .. Avril 1906 : Fermeture
Barbazanges, 109 rue du Faubourd-Saint-Honoré 1910 - : Expositions de tableaux par Joaquím SunyerLe Soleil, Paris, , 2 avril 1910, .. au : 55 tableaux, tentures et dessins de Richard Burgsthal« Petites expositions : Les Tableaux de Richard Burgsthal », in: La Patrie, 7 avril 1910.. La tentation de Saint-Antoine, Mazeppa, L’Enéïde, Salammbô font partie des thèmes proposés, dont La Lune se levait à ras des flots, œuvre tirée de Salammbô et prêtée par Odilon Redon ; on y découvrait également trois tentures d’après la Tétralogie de Wagner. : Une larme du diable, scénographie en figurines et performance par Judith GautierCritique de Robert de Montesquiou, in: Gil Blas, , 13 juin 1910, .. décembre : Œuvres de Henry OttmannGazette des beaux-arts. Chroniques des arts et de la curiosité, Paris, 17 décembre 1910, .. 1911 4 - : Aquarelles par Marguerite Fruchard« Marguerite Fruchard (Mme Alain de Villebon) », in: L'Écho de Paris, , 7 janvier 1911, .. février : Première réunion d'un groupe de peintres, sculpteurs et graveursGazette des beaux-arts. Chroniques des arts et de la curiosité, Paris, 25 février 1911, . : Adolphe Beaufrère, Paul Deltombe, Charles Dufresne, Ricardo Florès, Louise Hervieu, Edmond Kayser, Henri Lebasque, Jane Poupelet, Gaston Prunier, Lucien Schnegg... mars : Bernard Boutet de Monvel, Jean et Jacques Brissaud, Georges Lepape présentés par Paul PoiretL'Aurore, , 13 mars 1911, .. - : Women International Art Union, expositions de femmes artistes réunies par Grace Whitney-HoffCritique de François Monod, in: Art et Décoration, décembre 1912, — sur Gallica. : Olga Boznańska, Marie-Paule Carpentier, Minerva Josephine Chapman, Alice Dannenberg, Bessie Davidson, Louise Desbordes, Helen Dunlap Hunt, Jeanne Duranton, Sara Greene Wise, Louise Galtier-Boissière, Frances Hodgkins, Mary Pasea, Jane Poupelet, Yvonne Serruys, Martha StettlerLa Libre parole, , 29 mars 1911, .,... – : Exposition de céramiques persanes de miniatures et manuscrits organisée avec The Persian Art Gallery (Londres). mai : Exposition de peintres hollandais modernes : Marius Bauer, Gerhard Morgenstjerne Munthe, Frans Smissaert, Louis Willem van SoestExcelsior, Paris, , 6 mai 1911, .... décembre : Exposition des œuvres de Raphaël-SchwartzGil Blas, Paris, 9 décembre 1911, .
1912 7 - : Exposition Charles LizarsLe Journal des arts, Paris, 14 février 1912, .. février-mars : Exposition Robert Delaunay et Marie Laurencin. 13 - : Exposition Jean FrélautLa Cote, 10 avril 1912, .. 14 - : Exposition sur invitation de la peinture Les Damnés d'Arnold Rechberg, retirée du salon de la Société nationale des beaux-artsL'Événement, Paris, 14 avril 1912, .. 2 - : Exposition de quelques Indépendants anglais : Clive Bell, , Roger Fry, Duncan Grant, Wyndham Lewis, Walter SickertCritique de Louis Vauxcelles, in: Gil Blas, Paris, 7 mai 1912, ..
Roger Lévesque et Barbazanges 1912 (suite) octobre-novembre : Exposition de sculptures par Paul Moreau-Vauthier, de meubles par Charles Dufresne, de céramiques d'Émile Decœur. novembre : exposition de la Women International Art Union. 5 - 25 décembre : Exposition Émile BernardLa Gazette de France, 8 décembre 1912, .. 1913 : 15 février - mars : Exposition de femmes peintres : « Les Quelques » dont Alice DannenbergCritique d'Armand Fourreau, in: La Phalange, 20 mars 1913, — sur Gallica.. 1 - 15 juin : Exposition des collections asiatiques de Charles Vignier. juin-juillet : Exposition des œuvres de Thomas CoutureParis-Midi, 23 juin 1913, .. septembre : Exposition des peintures à fresque de Numa Marzocchi de Bellucci. novembre : Estampes de Margaret Jordan Patterson. novembre-décembre : Expositions des dessins des collaborateurs de la Gazette du bon ton. 1914