Le trafic sexuel par Internet, exploitation sexuelle en ligne, tourisme sexuel par webcam ou trafic de cybersexe est un cybercrime comprenant une traite à des fins d'exploitation sexuelle et la diffusion en direct via des webcams d'exhibitions, d'actes sexuels imposés ou de viols, pouvant dégénérer en tortures et actes de barbarie allant jusqu'à la mort.

L'exploitation sexuelle en ligne est distincte des autres crimes sexuels. En dehors des cas de sextorsion, les victimes sont amenées par les trafiquants dans ce qui est appelé en anglais des « antres de cybersexe » ou salles de streaming, et qui sont n'importe quel lieu doté d'au moins une webcam et d'appareils connectés à Internet avec un logiciel de diffusion en direct. Là, les victimes sont forcées d'accomplir des actes sexuels sur elles-mêmes ou sur d'autres personnes dans le cadre d'un esclavage sexuel, ou bien elles sont violées par les trafiquants ou des agresseurs commandités dans des diffusions en direct. Les victimes reçoivent fréquemment l'ordre de regarder sur des écrans partagés les consommateurs ou acheteurs distants lorsqu'ils payent en direct, et sont contraintes d'obéir à leurs demandes. Il s'agit souvent d'une forme de prostitution forcée commercialisée en ligne.. Les femmes. les enfants et les personnes en situation de pauvreté sont particulièrement vulnérables.. aux rapports sexuels forcés sur Internet. Les images produites pendant le crime peuvent relever du viol pornographique. ou de pédopornographie.. filmé et diffusé en temps réel ; elles sont susceptibles d'être enregistrées.

Il n'y a pas de données exhaustives sur l'ampleur de l'exploitation sexuelle en ligne dans le monde. La technologie permettant de détecter tous les cas de diffusion de crimes en direct sur internet n'a pas encore été développée et celles existantes ne sont pas toujours utilisées par les fournisseurs d'accès en ligne. Pour les seules Philippines, le chiffre d'affaires est estimé à plus d'un milliard de dollars. Ce trafic illicite qui a vu le jour avec l'ère numérique est lié à la mondialisation. Basé en premier lieu sur la pauvreté, il est né de l'expansion mondiale des télécommunications et de la prolifération mondiale d'Internet et des smartphones., en particulier dans les pays en développement . Il a également été facilité par l'utilisation de logiciels, de systèmes de communication cryptés. et de technologies de réseau en constante évolution, ainsi que par la croissance des systèmes internationaux de paiement en ligne avec des services de virement bancaire et des crypto -monnaies qui cachent l'identité des auteurs des transactions. Il a été favorisé par les périodes de confinement liées à la pandémie de covid-19.

La nature transnationale et l'échelle mondiale du trafic de cybersexe nécessitent une réponse unie des nations, des entreprises et des organisations du monde pour réduire les cas de crime, protéger, secourir et réhabiliter les victimes ; et arrêter et poursuivre les auteurs. Certains gouvernements ont lancé des campagnes médiatiques de plaidoyer axées sur la sensibilisation au crime. Ils ont également mis en place des séminaires de formation organisés pour apprendre aux forces de l'ordre, aux procureurs et aux autres autorités, ainsi qu'aux travailleurs des ONG, à lutter contre le crime et à fournir un service de suivi adapté aux traumatismes.. Une nouvelle législation contre le trafic de cybersexe en ligne est considérée comme nécessaire au .

Terminologie La traite sexuelle est la traite des êtres humains à des fins d'exploitation sexuelle, y compris l'esclavage sexuel. En français, on parle alternativement de traite, trafic ou exploitation sexuelle en ligne (ou par/sur internet), avec la même signification.. Les victimes de la traite du cybersexe sont ou conduites dans des « tanières du cybersexe », ou plus simplement salles de streaming, qui sont des pièces ou des lieux dotés d'une webcam. Cette forme de cybercriminalité implique également la diffusion en temps réel d'images des corps des victimes et des agressions sexuelles via un ordinateur équipé d'une webcam vers d'autres ordinateurs connectés à Internet Elle se produit donc en partie dans le monde physique ou réel, car l'agression sexuelle est réelle, et en partie dans le cyberespace..

Certains spécialistes considèrent l'exploitation sexuelle en ligne de prostitués d'un pays étranger comme une forme de tourisme sexuel, bien qu'il n'y ait pas de déplacement physique de l'agresseur.

Victimes Les victimes, majoritairement des femmes.. et des enfants, sont recrutées par enlèvement., sous la menace ou la tromperie. D'autres sont droguées. Elles peuvent être retenues captives et enfermées dans des pièces aveugles ou aux fenêtres masquées équipées de webcams Elles vivent des traumatismes physiques et psychologiques Un viol collectif a eu lieu sur webcam. Certaines sont contraintes à l'inceste. Des victimes ont été privées de nourriture, de sommeil, d'autres ont été forcées de se produire alors qu'elles étaient malades. Certaines ont contracté des maladies, dont la tuberculose, pendant leur captivité Un certain nombre sont agressées ou torturées..

Les victimes peuvent être exploitées partout où les trafiquants de cybersexe disposent d'un ordinateur, d'une tablette ou d'un téléphone avec connexion Internet.. Ces lieux, communément appelés « tanières du cybersexe ». peuvent se trouver dans des maisons, des hôtels, des bureaux, des cybercafés et d'autres entreprises, ce qui les rend extrêmement difficiles, voire impossibles à identifier pour les forces de l'ordre. Le nombre de victimes du trafic cybersexe est inconnu. Certaines victimes sont simultanément contraintes de se prostituer dans une maison close ou ailleurs.

Lors d'une recherche menée aux Philippines sur les seuls enfants victimes de trafic de cybersexe, à partir de 2000 captures vidéo ou photo de scènes en streaming entre août et , la Internet Watch Foundation a établi que 98 % des victimes avaient moins de , 28 % moins de , et que dans 40 % des cas il s'agissait d'abus graves incluant viols ou tortures.

Certaines victimes ne sont pas physiquement conduites dans des salles et retenues captives, mais sont plutôt victimes de sextorsion en ligne. Elles sont menacées, soumis à un chantage par webcam, ou intimidés jusqu'à ce qu'elles acceptent de se filmer pendant qu'elles commettent des actes sexuels en ligne. Des victimes ont été contraintes de s'auto-pénétrer, dans ce qu'on a appelé le « viol à distance ». D'autres sont victimes d'abus de confiance, y compris par des partenaires se prétendant amoureux mais étant en réalité des distributeurs de films de viol ou de pédopornographie, pour se filmer en train de se masturber. Les vidéos sont diffusées en direct aux acheteurs ou enregistrées pour une vente ultérieure.

Les personnes marginalisées par la pauvreté, les conflits, l'exclusion sociale, la discrimination ou d'autres désavantages sociaux courent un risque accru d'être victimes de ce type de crime. Le trafic sexuel sur internet ou la diffusion non consensuelle de contenu sexuel impliquant des femmes et des filles, souvent obtenu sous la menace, ont été qualifiés de « violence de genre numérique » ou de «violence fondée sur le sexe en ligne ».

Des victimes, bien qu'ayant agi sous la contrainte, continuent d'être criminalisées et poursuivies dans certaines juridictions.

La forte baisse des coûts techniques a conduit à un coût d'acquisition des victimes d'esclavage en forte baisse. Il serait de de nos jours, contre il y a .

Auteurs Les trafiquants transportent les victimes vers des lieux équipés de webcams et de logiciels de diffusion en direct. Ils commettent eux-mêmes les agressions ou crimes sexuels ou aident des tiers à le faire, agressions qui sont filmées pour produire de la pornographie de viol en temps réel ou du matériel pédopornographique qui peut ou non être enregistré. Le public en ligne ou les consommateurs, qui viennent souvent d'un autre pays, peuvent donner des ordres aux victimes ou aux violeurs et payer pour ces actes. Les auteurs, hommes et femmes, opérant derrière une barrière virtuelle et souvent dans l'anonymat, viennent de pays du monde entier et de toutes les classes sociales et économiques. Certains trafiquants et agresseurs sont des membres de la famille, des amis et des connaissances de la victime. Les trafiquants peuvent faire partie ou être aidés par des organisations criminelles internationales, des gangs locaux ou de petits réseaux criminels mais peuvent aussi être des personnes isolées. Ils opèrent dans la clandestinité et manquent parfois de structures coordonnées qui peuvent être éradiquées par les autorités La majorité des acheteurs ou consommateurs sont des hommes. L'impunité est un problème. La nature cryptée de la technologie moderne rend difficile le repérage des auteurs. Ils sont motivés par la cupidité ou la gratification sexuelle. Les trafiquants font de la publicité pour les enfants sur Internet afin d'attirer des acheteurs. Les fonds acquis par les trafiquants du cybersexe peuvent être blanchis.

Les prédateurs étrangers recherchent et paient pour des services de streaming en direct ou sur commande qui exploitent sexuellement des enfants Ils se livrent à des menaces pour gagner la confiance des trafiquants locaux, souvent les parents ou les voisins des victimes, avant que l'abus ne se produise.

Plateformes Internet droite|vignette| Le trafic sexuel en ligne est un cybercrime mené en partie au moyen d'ordinateurs et d'Internet. Les trafiquants conduisent les victimes dans des « tanières de cybersexe » et utilisent des webcams pour diffuser des agressions sexuelles en temps réel via un ordinateur sur Internet pour des acheteurs distants à travers le monde. Le trafic du cybersexe est en partie un crime basé sur Internet. Les auteurs utilisent les réseaux sociaux, les vidéoconférences, les pages de rencontres, les salons de discussion en ligne, les applications mobiles, le dark web et d'autres pages et domaines. Ils utilisent également Telegram et d'autres services de messagerie instantanée basés sur le cloud et de voix sur IP, ainsi que des plates-formes peer-to-peer (P2P), des réseaux privés virtuels (VPN), et des protocoles Tor et logiciels, entre autres applications, pour effectuer des activités de manière anonyme.

Le paiement des prestations aux trafiquants ou intermédiaires, qui sont parfois des membres de la famille de la victime, se fait grâce à Western Union, PayPal ou d'autres systèmes de paiement électronique.

Dark web Le trafic de cybersexe se produit couramment sur certains sites du Dark web, où les utilisateurs bénéficient d'une couverture technique sophistiquée contre l'identification.

Réseaux sociaux Les auteurs utilisent Facebook et d'autres technologies de médias sociaux.

Visiophonie Le trafic de cybersexe peut utiliser Skype et d'autres applications de vidéoconférence. Les pédophiles pilotent les abus sexuels sur les enfants en utilisant ses services de diffusion en direct.

Activités par région

Australie et Océanie La police fédérale australienne (AFP) enquête sur les crimes de trafic de cybersexe au pays et dans la région Asie-Pacifique. Selon le rapport mondial de l'OSEC de 2020]https://ijm.org.au/wp-content/uploads/2020/05/Final_OSEC-Public-Summary_05_20_2020.pdf, les Australiens sont les troisièmes plus gros acheteurs de cyber-trafic sexuel d'enfants aux Philippines.