soit « lézard perroquet » (en français, les psittacosaures) est un genre fossile de dinosaures ornithischiens cératopsiens primitifs du début du Crétacé inférieur qui vivait en Asie, il y a environ 130 à 100 Ma. C'est l'un des genres de dinosaures le plus riche en espèces, puisqu'on en connaît au moins dix espèces grâce aux fossiles trouvés dans les différentes régions des actuelles Chine (biote de Jehol), Mongolie et Russie, avec la possibilité d'existence d'autres espèces en provenance de Thaïlande.
Toutes les espèces de Psittacosaurus étaient des bipèdes herbivores de la taille d'une antilope avec un gros bec puissant sur la mâchoire supérieure. Au moins une espèce avait sur la queue et le bas du dos des structures semblables à des épines (poils creux, peut-être des plumes, c'est contesté) qui auraient pu remplir une fonction d'affichage. Les psittacosaures étaient des cératopsiens très précoces et, s'ils avaient développé de nombreuses adaptations nouvelles pour eux-mêmes, ils partageaient de nombreuses caractéristiques anatomiques avec d'autres cératopsiens comme le Protoceratops et le Triceratops qui avait la taille d'un éléphant.
Psittacosaurus n'est pas aussi connu du grand public que son parent éloigné le Triceratops, mais c'est l'un des genres de dinosaures les mieux connus. On a recueilli, à ce jour, les fossiles de plus de 400 individus, dont de nombreux squelettes complets. La plupart des classes d'âge sont représentées, depuis l'éclosion jusqu'à l'âge adulte, ce qui a permis plusieurs études détaillées sur la croissance et la reproduction du genre. L'abondance de ce dinosaure a conduit à son utilisation comme un indice de datation au début du Crétacé de certaines couches de sédiments de l'Asie centrale.
Description thumb|left|Comparaison des tailles d'un homme et d'un Psittacosaurus. Chaque carré représente un m². thumb|left|Reconstitution de P. mongoliensis. Si les différentes espèces de Psittacosaurus différaient en taille et en caractéristiques spécifiques du crâne et du reste du squelette, elles partageaient la même allure générale. L'espèce la plus connue, P. mongoliensis, atteignait 2 mètres de longueur Sereno, Paul C. (1997). Psittacosauridae. In: Currie, Philip J. & Padian, Kevin P. (Eds.). The Encyclopedia of Dinosaurs. San Diego: Academic Press. Pp. 611–613.. Son poids maximal adulte devait très probablement dépasser les 20 kilogrammes Erickson, Gregory M. & Tumanova, Tatyana A. (2000). Growth curve of Psittacosaurus mongoliensis Osborn (Ceratopsia: Psittacosauridae) inferred from long bone histology. Zoological Journal of the Linnean Society 130: 551–566.. Plusieurs autres espèces approchaient P . mongoliensis par la taille (P. major, P. neimongoliensis, P. xinjiangensis) Sereno, Paul C, Zhao Xijin, Brown, Loren & Tan Lin. (2007). New psittacosaurid highlights skull enlargement in horned dinosaurs. Acta Palaeontologica Polonica 52(2): 275-284. Russell, Dale A. & Zhao Xijin. (1996). New psittacosaur occurrences in Inner Mongolia. Canadian Journal of Earth Sciences 33: 637–648. Brinkman, Donald B., Eberth, David A., Ryan, M.J. & Chen Peiji. (2001). The occurrence of Psittacosaurus xinjiangensis Sereno and Chao, 1988 in the Urho area, Junggar basin, Xinjiang. Canadian Journal of Earth Sciences 38: 1781–1786., tandis que d'autres étaient un peu plus petites (P. sinensis, P. meileyingensis) Sereno, Paul C., Zhao Xijin, Chang Zhengwu & Rao Chenggang. (1988). Psittacosaurus meileyingensis (Ornithischia: Ceratopsia), a new psittacosaur from the Lower Cretaceous of northeastern China. Journal of Vertebrate Paleontology 8: 366–377.. P. ordosensis est la plus petite espèce connue, 30 % plus petite que P. mongoliensis. Les plus grandes espèces étaient P. lujiatunensis et P. sibiricus, bien qu'elles n'aient pas été significativement plus grandes que P. mongoliensis Zhou Changfu, Gao Keqin, Fox, Richard C. & Chen Shuihua. (2006). A new species of Psittacosaurus (Dinosauria: Ceratopsia) from the Early Cretaceous Yixian Formation, Liaoning, China. Palaeoworld 15: 100–114. Averianov, Alexander O., Voronkevich, Alexei V., Leshchinskiy, Sergei V. & Fayngertz, Alexei V. (2006). A ceratopsian dinosaur Psittacosaurus sibiricus from the Early Cretaceous of West Siberia, Russia and its phylogenetic relationships. Journal of Systematic Paleontology 4(4): 359–395.
Le crâne de Psittacosaurus était fortement différent de celui des autres dinosaures ornithischiens de son époque. La tête était très haute et courte, avec un profil presque rond chez certaines espèces. La partie en avant de l'orbite ne représentait que 40 % de la longueur totale du crâne, beaucoup plus courte que celle de tous les autres ornithischiens connus. La mâchoire inférieure des psittacosaures se caractérise par une paroi verticale au centre de chaque dent. Les deux mâchoires, supérieure et inférieure, portaient un bec prononcé, formé respectivement à partir de l'os rostral et de l'os prédentaire. L'axe osseux du bec peut avoir été enveloppé par la kératine pour fournir une ligne de coupe aiguisée pour ramasser du matériel végétal. Comme le suggère le nom générique, le crâne et le bec court ressemblaient superficiellement à ceux des perroquets actuels. Le crâne de Psittacosaurus partageait plusieurs adaptations avec les cératopsiens plus évolués, tels que l'os rostral unique à la pointe de la mâchoire supérieure, et un os jugal évasé. Cependant, il n'y avait toujours aucun signe de collerette osseuse au niveau du cou ou de cornes faciales proéminentes qui se développeront plus tard chez les cératopsiens You Hailu & Dodson, Peter. (2004). Basal Ceratopsia. In: Weishampel, David B., Dodson, Peter, & Osmolska, Halszka (Eds.). The Dinosauria (2nd Edition). Berkeley: University of California Press. Pp. 478–493.. Seul P. sibiricus possédait des cornes sur la boîte crânienne, mais elles sont considérées comme un exemple d'évolution convergente.
Le squelette de Psittacosaurus était typique d'un ornithischien bipède. Chez P. mongoliensis, comme chez d'autres espèces, la longueur des membres antérieurs atteignait seulement 58 % de celle des membres postérieurs et leur amplitude de mouvement montre que les mains ne pouvaient être ni mises en pronation, ni utilisées pour générer une force de propulsion, ce qui suggère que ces animaux étaient totalement bipèdes dans la vie Senter, P. (2007), Analysis of forelimb function in basal ceratopsians. Journal of Zoology 273: 305–314. . Il n'y avait que quatre doigts sur chaque « main », par opposition aux cinq de la plupart des autres ornithischiens (y compris tous les autres cératopsiens). Globalement, le pied à quatre orteils était très similaire à celui de nombreux autres petits ornithischiens.
Taxonomie Le nom de Psittacosaurus a été créé en 1923 par Henry Fairfield Osborn, paléontologue et président de l' (AMNH) dans un document publié le . Le nom générique est composé des mots grecs ψιττακος / psittakos (« perroquet ») et σαυρος / sauros (« lézard »), suggéré par le bec rappelant superficiellement celui d'un perroquet et par la nature reptilienne de ces animaux Osborn, Henry F. (1923). Two Lower Cretaceous dinosaurs of Mongolia. American Museum Novitates 95: 1–10. .
Espèces de Psittacosaurus thumb|upright=1|Huit espèces de Psittacosaurus à l'échelle. Dix-sept espèces ont été rattachées au genre Psittacosaurus, mais il en reste seulement neuf à onze considérées comme valables aujourd'hui Xu Xing & Zhao Xijin. (1999). Psittacosaur fossils and their stratigraphical implications. In: Wang Y. & Deng T. (Eds.). Proceedings of the Seventh Annual Meeting of the Chinese Society of Vertebrate Paleontology. Beijing: China Ocean Press. Pp. 75–80. Sereno, Paul C. (2000). The fossil record, systematics and evolution of pachycephalosaurs and ceratopsians from Asia. In: Benton, Michael J., Shishkin, Mikhail A., Unwin, David M. & Kurochkin, Evgeny N. (Eds.). The Age of Dinosaurs in Russia and Mongolia. Cambridge: Cambridge University Press. Pp. 480–516. Sereno, Paul C. (2010). Taxonomy, cranial morphology, and relationships of parrot-beaked dinosaurs (Ceratopsia:Psittacosaurus). In: Ryan, Michael J., Chinnery-Allgeier, Brenda J. & Eberth, David A. (Eds.). New Perspectives on Horned Dinosaurs: The Royal Tyrrell Museum Ceratopsian Symposium. Bloomington and Indianapolis: Indiana University Press. Pp. 21–58.. C'est le plus grand nombre d'espèces valables actuellement assignées à un genre de dinosaure (en dehors des oiseaux actuels), la plupart des genres d'autres dinosaures étant mono-spécifiques, n'ayant qu'une seule espèce connue. La différence est probablement due à des bizarreries de l'enregistrement des fossiles. Alors que Psittacosaurus est connu par des centaines de spécimens fossilisés, la plupart des autres espèces de dinosaures sont connues par beaucoup moins de spécimens et beaucoup par un seul. Avec un nombre d'échantillons très élevés, la diversité des Psittacosaurus peut être étudiée plus complètement que celle de la plupart des autres genres de dinosaures, ce qui entraîne la reconnaissance de plusieurs espèces. La plupart des genres d'animaux actuels sont représentés par de multiples espèces, ce qui suggère que cela doit avoir été le cas pour les genres de dinosaures aujourd'hui disparus, bien que la plupart de ces espèces puissent ne pas avoir été préservées. En outre, la plupart des dinosaures sont connus uniquement par leurs os et ne peuvent être évaluées d'un point de vue morphologique, alors que les espèces existantes ont souvent des squelettes très semblables morphologiquement mais diffèrent sur des points qui ne sont normalement pas conservés chez les fossiles, comme le comportement ou la coloration. Aussi le nombre réel d'espèces peut-il être beaucoup plus élevé que celui actuellement connu pour ce genre et pour d'autres genres de dinosaures Archibald, J. David. (1997). Species. In: Currie, Philip J. & Padian, Kevin. The Encyclopedia of Dinosaurs San Diego: Academic Press. Pp. 695–699.. Espèces valides de Psittacosaurus : Psittacosaurus mongoliensis Sereno, Paul C. (1990). New data on parrot-beaked dinosaurs (Psittacosaurus). In: Carpenter, Ken & Currie, Philip J. (Eds.). Dinosaur Systematics: Perspectives and Approaches. Cambridge: Cambridge University Press. Pp. 203–210. — Mongolie, Chine du nord Psittacosaurus sinensis Young, C.C. (1958). The dinosaur remains of Laiyang, Shantung. Palaeontologia Sinica Series C 16: 53–159. — nord-est de la Chine Psittacosaurus meileyingensis — nord et centre de la Chine Psittacosaurus xinjiangensis Sereno, Paul C. & Zhao Xijin. (1988). Psittacosaurus xinjiangensis (Ornithischia: Ceratopsia), a new psittacosaur from the Lower Cretaceous of northwestern China. Journal of Vertebrate Paleontology 8: 353–365. — nord-ouest de la Chine Psittacosaurus neimongoliensis — nord et centre de la Chine Psittacosaurus ordosensis — nord et centre de la Chine Psittacosaurus mazongshanensis Xu Xing. (1997). A new psittacosaur (Psittacosaurus mazongshanensis sp. nov.) from Mazongshan area, Gansu Province, China. In: Dong Z. (Ed.). Sino-Japanese Silk Road Dinosaur Expedition. Beijing: China Ocean Press. Pp. 48–67. — nord-ouest de la Chine Psittacosaurus sibiricus Leshchinskiy, Sergei V., Fayngertz, Alexei V., Voronkevich, Alexei V., Maschenko, E.N. & Averianov, Alexander O. (2000). Preliminary results of the investigation of the Shestakovo localities of Early Cretaceous vertebrates. In: Komarov, A.V. (Ed.). Materials of the Regional Conference of the Geologists of Siberia, Far East and North East of Russia. Tomsk: GalaPress. Pp. 363–366. [In Russian] — Russie (sud de la Sibérie) Psittacosaurus lujiatunensis — nord-est de la Chine Psittacosaurus major — nord-est de la Chine Psittacosaurus gobiensis Sereno, Paul C., Zhao Xijin, Tan Lin. (2010). A new psittacosaur from Inner Mongolia and the parrot-like structure and function of the psittacosaur skull. Proceedings of the Royal Society B 277(1679):199–209. — Mongolie-Intérieure