William Robert Wills Wilde ( à Kilkeevin - à Galway) est un chirurgien oto-ophtalmologue irlandais, et l'auteur d'ouvrages sur la médecine, l'archéologie et le folklore, notamment concernant son Irlande natale. Il est le père d'Oscar Wilde.
Biographie
Premières années et études William Wilde naît à Kilkeevin, près de Castlerea dans le comté de Roscommon. Troisième fils d'un médecin de campagne Thomas Wills Wilde et de sa femme Amelia Flynne, il a deux soeurs. Sa famille est membre de l'Église d'Irlande et descend d'un Hollandais, le colonel de Wilde, qui se rend en Irlande avec l'armée d'invasion du roi Guillaume d'Orange en 1690.
Il suit des études à l'école diocésaine d'Elphin, dans le comté de Roscommon. Contrairement à ses deux frères aînés qui suivent une carrière dans l'église, William choisit une carrière médicale. En 1832, Wilde devient apprenti chez Abraham Colles, le chirurgien irlandais prééminent de l'époque, au Dr Steevens' Hospital de Dublin. Il est également formé par les chirurgiens James Cusack, Sir Philip Crampton et le médecin Sir Henry Marsh. William étudie également à l'école privée et très respectée d'anatomie, de médecine et de chirurgie de Park Street (plus tard Lincoln Place), à Dublin. En 1837, il obtient son diplôme de médecine du Royal College of Surgeons d'Irlande.
Il complète son apprentissage par une année d'obstétrique au Rotunde Hospital où il obtient la meilleure note à l'examen final. Son mentor, le Dr Robert Graves, lui suggère de poursuivre son apprentissage à l'étranger en acceptant le poste de médecin personnel d'un marchand écossais tuberculeux qui envisage de se lancer dans un long voyage de neuf mois autour de la Méditerranée. A bord du navire Crusader, William dissèque des marsouins. En Egypte, il trouve les restes momifiés d'un nain et recupère son torse pour le ramener en Irlande. Il collectionne également les ibis embaumés.
A son retour, il rédige un livre en deux volumes sur les habitudes d'allaitement des marsouins, et un récit de voyage intitulé The Narrative of a Voyage to Madeira, Tenerife, and Along the Shores of the Mediterranean. Il publie un article dans le Dublin University Magazine suggérant que l'une des « Aiguilles de Cléopâtre » soit transportée en Angleterre (en 1878, l'une des Aiguilles est finalement transportée jusqu'à Londres, et en 1880 l'autre est transportée à la New Central Park de York).
Il est introduit par une lettre de son amie Maria Edgeworth dans les plus hauts cercles intellectuels d'Europe. Il poursuit sa formation médicale à Londres, Vienne, Munich, Prague, Dresde et Heidelberg.
Carrière vignette|Inscription commémorant Sir William Wilde sur la maison de 1, Merrion Square à Dublin. Il ouvre une clinique dans sa maison au 15 Westland Row et convertit une écurie abandonnée en dispensaire pour le traitement des affections des yeux et des oreilles. En 1841, il devient médecin délégué au recensement irlandais. En 1844, il fonde le St-Mark's Hospital and Dispensary for Diseases of the Eye and Ear, le premier hôpital à enseigner la chirurgie auditive dans les îles britanniques. Il est nommé oculiste de la reine Victoria. Il opère le père d'un dramaturge irlandais célèbre, George Bernard Shaw.
En 1845, il cofonde et édite le Dublin Quaterly Journal of Medical Science. Il écrit divers ouvrages et articles : médicaux, ethnologiques, archéologiques et historiques. William est aussi secrétaire au Foreign Correspondence pour la Royal Irish Academy.
William est assisté par son fils naturel, Henry Wilson. La présence de Wilson permet à William de voyager et il visite la Scandinavie, où il reçoit un diplôme honorifique d'Uppsala, et il est accueilli à Stockholm par Anders Retzius. Le roi Charles XV de Suède lui confère le Nordstjärneorden (l'Ordre de l'Étoile Polaire). En 1853, il est nommé chirurgien oculiste de la reine en Irlande, le premier poste du genre, probablement créé pour lui.
La mère de Bram Stoker, , partage une mission philanthropique avec William Wilde en faveur des « sourds-muets » en Irlande. Le , Charlotte Stoker lit un article sur « la nécessité d'une disposition de l'État pour l'éducation des sourds-muets » de la Statistical and Social Inquiry Society of Ireland, l'une des rares organisations irlandaises qui encouragent les femmes, en tant que membres associés, à présenter des articles et débattre de questions sociales sur un pied d'égalité avec les hommes. William, membre fondateur de la société, contribue à la discussion et soutient la mission de Charlotte avec des faits et des chiffres tirés de son rapport de recensement.
Le , William est fait chevalier en reconnaissance de ses services à la profession médicale et de son rôle clé dans la compilation des statistiques de recensement lors d'une cérémonie au château de DublinThe Irish Times, 29 January 1864.. En 1873, il reçoit la médaille d'or Cunningham de la Royal Irish Academy.
Mariage avec Jane Elgee et enfants vignette|upright|Portrait de Jane Elgee, Lady Wilde, par J. Morosini. Avant son mariage, il a trois enfants illégitimes : Henry Wilson né en 1838, qui se fait passer pour son neveu, Emily née en 1847 et Mary née en 1849 qui vivent toutes deux sous la garde du frère de William, Ralph le recteur de l'Église d'Irlande à Drumsna, dans le comté de Monaghan. La mère inconnue (ou une des mères inconnues) tient une « petite boutique en chêne noir » à Dublin.
Dr William Wilde inclut dans son ouvrage The Beauties of the Boyne, and its Tributary, the Blackwater une citation du poème de Speranza « Ruins ». Reconnaissante, celle-ci fait une critique élogieuse de cet « auteur accompli » dans The Nation le .
Le , à huit heures du matin, William Wilde et l'oncle de Jane Elgee, John Elgee, arrivent au 34 Leeson Street où ils viennent chercher Jane pour le mariage qui a lieu à neuf heures à l'église Saint-Peter à Aungier Street. Le deuil de Sarah Kingsbury, mère de Jane, empêche les mariés de célébrer un mariage trop fastueux. Les quelques invités, principalement de la famille, prennent ensuite la route de Glebe House où ils prennent ensemble un petit-déjeuner de fête. Dans une lettre à Emily Warren, l'oncle John Elgee écrit : « Si elle avait épousé un homme d'esprit inférieur, il serait tombé dans l'insignifiance ou leur lutte pour la supériorité aurait été terrible »John Elgee à Emily Warren. Lettre montrée à Terence de Vere White et citée dans "Speranza's Secret", Times Literary Supplement, 21 novembre 1980.. Du haut de son presque mètre 80 (6 feet), elle dépasse son mari plus svelte. Jane Wilde décrit William à son ami John Hilson : « C'est une célébrité - un homme éminent dans sa profession, d'une intelligence aiguë et d'un grand savoir, le meilleur causeur de notre métropole, et auteur de nombreux livres, littéraires et scientifiques »Lettre à John Hilson, University of Reading, Special Collections, MS 559..
Le premier enfant de William et Jane, William Charles Kingsbury Wills Wilde naît le . Leur second fils, Oscar Fingal O'Flahertie Wills Wilde naît le . Celui-ci doit son prénom original à son parrain le roi de Suède Oscar II, que William soigne. Leur fille Isola Francesca Emily nait le .
En 1855, la famille déménage au 1, Merrion Square, une grande maison d'angle dans l'un des quartiers les plus en vogue de la ville. Jane la décrit comme ayant « de belles chambres et la meilleure situation à Dublin »Lady Jane Wilde's Letters to Mr. John Hilson, 1847-1876. La famille engage six domestiques, une gouvernante allemande et une servante française : tant William que Jane tiennent à favoriser la maîtrise des langues chez leurs enfants. Le troisième étage sert de cabinet de consultation, relié par un escalier de service au bureau de William, un sanctuaire où il se retire pour écrire en paix. Le 1, Merrion Square sert maintenant de siège à l'American College de Dublin. Le bâtiment porte le nom d'Oscar Wilde House.
Opinions politiques William abhorre les inégalités qui persistent dans la société irlandaise et s'insurge contre « l'économie injuste que l'Échiquier anglais a toujours déployée contre l'Irlande ». Dans son rôle de médecin délégué au recensement irlandais de 1841, et plus tard, en tant que délégué adjoint pour le recensement de 1851, il est témoin de la dévastation causée par la famine. Il accuse les propriétaires et les gouverneurs d'Irlande de ne pas avoir amélioré le sort de ses citoyens et se désespère de la vague d'émigration qui a emmené les plus valides à l'étranger. En tant que médecin, il est en première ligne face au fléau des épidémies, qui remplissent les hôpitaux au-delà de leurs capacités. Selon lui, le malheur irlandais trouve son origine dans les plantations des lorsque « les simples Irlandais étaient jetés comme des loups dans des contrées sauvages dans les forteresses de Donegal et de Connaught, sans que leur état soit amélioré d'un iota en deux siècles ».
Dans l'introduction de l'ouvrage posthume de son mari Memoir of Gabriel Béranger, Jane Wilde admire la façon dont son époux « le docteur Mor (le grand Docteur comme ils l'appelaient) » avait « ramené la joie et l'espoir dans de nombreux foyers » en soignant les maux des pauvres en échange d'une histoire ou d'un artefact.
Caractère ombrageux upright|vignette La mort du mentor et ami de William, Robert Graves, en , le bouleverse. Non seulement cet homme brillant a supervisé la formation médicale de son jeune étudiant, mais il l'a également soigné avec succès pour un asthme sévère et des accès débilitants de fièvre typhoïde. Surmené, épuisé et assailli par le chagrin, William devient de plus en plus morose, poussant Jane à déplorer que, bien qu'il soit si brillant dans la société, il ait : « une nature privée étrange, nerveuse, hypocondriaque que le monde ne voit jamais - seulement moi et souvent elle me rend misérable, car je ne sais pas comment faire face à des maux fantastiques, même si je pourrais supporter avec grandeur une véritable calamité ». Quand elle lui demande ce qui pourrait le rendre heureux, « il répond la mort ». Bien que profondément inquiète, Jane est disposée à s'adapter au « tempérament de génie capricieux, turbulent et terrible » de William. Elle croit que des hommes aussi brillants que son mari, et, avec le temps, son fils, sont « des masses de force émotionnelle, des alternances d'impulsions violentes et de désespoir silencieux »Jane Wilde, Social Studies, Ward & Downey, 1893..
Au cours de l'été 1855, il tombe malade et semble incapable de se reposer. La seule chose qui le réconforte est sa profonde affinité pour l'ouest de l'Irlande. En 1853, il loue neuf acres de terres isolées à Illaunroe sur les rives du Lough Fee, où il construit un modeste pavillon de chasse qui lui permet de se retirer du monde.
Lorsque Willie a six ans, Jane embauche une gouvernante anglaise, ce qui lui permet de voyager avec William. Au cours de l'automne 1859, ils visitent la Scandinavie et l'Allemagne. En , les enfants attrapent tous la coqueluche et la famille passe quelques semaines dans le Connemara. Jane emmène les enfants dans la station balnéaire de Bray, où William possède quatre maisons mitoyennes en bord de mer. Ils reviennent à Bray en , cette fois accompagnés d'une nouvelle gouvernante suisse.
Affaire Mary Josephine Travers
Evolution de la relation de Mary et William