Euphémie Vauthier ou sous son nom d'épouse Euphémie Garcin, est une écrivaine, journaliste et institutrice française. Elle est née à Montignac le et morte à Antony le .

Euphémie Vauthier est la première femme à être poursuivie pour un délit politique commis par la voie de la presse.

Biographie Contexte familial Euphémie Marie Félicia Vauthier est née à Montignac dans le département de la Dordogne, le Archives départementales de la Dordogne : État civil de Montignac - acte de naissance sans numérotation (mais avec un n° d'ordre dans la table : 987), de Marie Félicia Euphémie Vauthier le 3 mai 1829. Cote du document : 5 E 286/12, vue 9 sur 35. Archives départementales, 9 Rue Littré, 24000 Périgueux.. Son grand-père, Pierre Vauthier (1742-1814) originaire de Montmorency-Beaufort, est bonapartiste. Il est successivement négociant, agent communal puis maire de Boulogne-sur-Seine pendant la Révolution et l'Empire.. Pierre Vauthier se serait suicidé à l'entrée des Cosaques dans sa ville de Boulogne le .Archives départementales des Hauts-de-Seine : État civil de Boulogne - acte de décès , de Pierre Vauthier le avril 1814 (acte rédigé le 2 avril). Cote du document : E-NUM-BOU-236 (1814), vue 10 sur 29. Archives départementales, 137 avenue Frédéric et Irène Joliot-Curie 92000 Nanterre..

Elle est la fille cadette de Pierre Vauthier (Boulogne, - Roanne, ), polytechnicien en 1801 et ingénieur des ponts et chaussées après être admis dans cette institution le 6 brumaire an 12 ()Archives nationales à Paris, Ministère des travaux publics, dossiers individuels des ingénieurs des Ponts-et-Chaussées : Vauthier Pierre 15 octobre 1784 - 29 novembre 1847, dossier F/14/2335/2... Il se marie à Bergerac le avec Magdeleine Adèle Lauraine (1786-1855), native de Bordeaux mais de parents propriétaires dans le Périgord. Le , il achète une maison au 3 rue des Fontaines à Bergerac. Sa carrière est ralentie en 1816 sous la Restauration, du fait de son militantisme républicain et il fait l'objet d'une mutation d'ordre politique dans le département du Finistère. Il revient dans celui de la Dordogne en 1825, conçoit et réalise le canal de dérivation de Lalinde en 1838.. Pierre Vauthier effectue de nombreuses missions dont celles au pont d'Austerlitz et au quai Bonaparte à Paris, au port de Brest et au port de Cherbourg, au canal latéral à la Loire puis à l'emmagasinement des eaux dans la partie supérieure du bassin de la Loire à Roanne. Il est l'auteur de la formule du Mouvement des eaux courantes, publiée en 1836 dans les Annales des ponts et chaussées et reçoit à cet effet, la première médaille d'or décernée par cette revueArchives de l'École polytechnique, Pierre Vauthier, article VI, paragraphe 2, section A2. Bibliothèque de l’École polytechnique, Route de Saclay 91128 Palaiseau.. À partir de ces recherches, une autre brochure mais cosignée avec son fils Louis Léger Vauthier, est éditée en 1847 à Roanne, sous le titre Indications sommaire des résultats d'expériences faites à Roanne pour l'étude de quelques conséquences de la formule du mouvement permanent des eaux. Une seconde publication est réimprimée dans un ouvrage en 1848 à Paris, intitulée Hydraulique des cours d'eau. Pierre Vauthier est membre de l'Académie des sciences de Turin depuis le Voir : ..

La fratrie issue de Pierre Vauthier et Magdeleine Adèle Lauraine, compte dix enfants dont l'ingénieur et homme politique Louis Vauthier (1815-1901), condamné à la déportation le par la Haute Cour de justice de Versailles à la suite de sa participation à la journée du 13 juin 1849 à Paris. Un autre frère d'Euphémie, Eugène Vauthier (1820-1867), employé aux chemins de fer d'Orléans, est impliqué dans le complot dit de « l'Opéra-Comique » sous le Second Empire mais seulement cité comme témoin dans le procès du qui se déroule devant la cour d'assises de la Seine à Paris.. Enfin, Octave Vauthier (1824-1870), qui prend le chemin de l'exil avec sa compagne Claire Kobierscky, vers la Belgique puis l'Espagne après la condamnation de son frère Louis. Il est le coauteur avec Ernest Cœurderoy d'une monographie politique défendant la Révolution, La barrière du combat ou dernier grand assaut, en 1852..

Jeunesse Benjamine de cette famille nombreuse, Euphémie grandit comme une jeune sauvageonne et ne fréquente même pas l'école.. Ballottée de ville en ville au gré des affectations de son père, elle s'instruit toute seule à sa guise. À treize ans, son imagination l'amène à écrire des historiettes, qu'un journal local publie en feuilleton. L'adolescente signe par trois étoiles ce qui lui vaut en retour, le courrier d'un universitaire : . Ce compliment l'amuse beaucoup mais n'entame en rien sa modestie et sa nature rêveuse.

Le , son père Pierre Vauthier meurt à son domicile de Roanne au rue des Minimes à l'âge de . Les deux dernières filles du couple, Joséphine et Euphémie, ont respectivement 21 et . Les quatre autres aînées, Élisabeth, Émilie, Henriette, Sophie, ne sont pas mariées et restent à charge. Trois des quatre fils, Pierre-Félix, Eugène et Octave, occupent des emplois modiques et incertains..

Louis Vauthier, qui revient du Brésil en 1846 avec son épouse Élisa JoubertÉlia Élisa Joubert est née le 2 août 1812 à Piombino, Province de Livourne en Toscane (Italie). Elle est la fille aînée de Élie Joubert, docteur de l'Université de Leyde, chirurgien aux armées du Nord, médecin du Corps législatif, médecin de la princesse et altesse impériale Élisa Bonaparte, épouse de Félix Baciocchi, qu'il suit à Florence. Élie Joubert épouse l'une des demoiselles d'honneur d'Élisa Bonaparte, Jeanne Victoire Imbert. La famille Joubert est originaire de Montignac et Élie Joubert est le jeune frère du moraliste Joseph Joubert. Dans cette société périgourdine, les Vauthier fréquentent la famille Joubert, ce qui permet la rencontre entre Louis Vauthier et Élisa Joubert en 1832. Par une cérémonie religieuse célébrée le 6 novembre 1844 à Recife (Pernambuco) au Brésil, Élia Élisa Joubert épouse Louis Léger Vauthier. Le mariage civil français a lieu au Consulat de cette même ville le 31 juillet 1845. De cette union est né Pierre Louis Léger Arthur Vauthier, le 29 septembre 1845 à Recife-Pernambuco et qui deviendra ingénieur des arts et manufactures mais qui sera connu comme artiste peintre. Élisa Joubert meurt dans le de Paris, le 30 octobre 1877., devient le chef de l'ample famille et se préoccupe des moyens de l'entretenir. Trois de ses sœurs tentent la rude carrière de l'enseignement. Euphémie dans la nécessité de gagner sa vie, obtient son brevet d'institutrice. Elle se consacre à son tour, à cette noble mission d'enseigner. Ensemble, les quatre filles Vauthier ouvrent à Paris une institution de jeunes filles.

Enseignante

Euphémie Vauthier est l'une des directrices de l'institution et pension de jeunes filles au 54 rue Blanche à Paris avec ses sœurs, Élisa (diminutif d'Élisabeth), Émilie, Sophie et Henriette Vauthier, toutes institutrices. Elle épouse Eugène GarcinEugène André Garcin, fils d'un maréchal-ferrant, est né le 31 décembre 1830 à Alleins dans le département des Bouches-du-Rhône. Il est un écrivain, journaliste, publiciste et poète provençal. Il participe très activement au mouvement du Félibrige. Il est sous-préfet à Muret après le 4 septembre 1870. Il quitte ce poste en avril 1871 pour prendre la direction du journal L'Émancipation de Toulouse et peu après au mois de septembre 1871, celle de L'Avenir à Auch dans le département du Gers, secondé par son épouse qui écrit des articles politiques. En 1872, il renonce au journalisme militant pour se consacrer à des conférences toujours avec sa femme, conférences dont certaines seront interdites par l’État en 1873 et 1877. Il devient par la suite professeur d'histoire à l'école Lavoisier à Paris. Eugène Garcin meurt le 11 février 1909 en son domicile au 10 rue de l'Église à Antony., alors surveillant-professeur dans ce même pensionnat, le , dans le de ParisArchives de Paris : état civil de Paris - acte de mariage en date du 11 mai 1861 dans le de Paris, de André Eugène Garcin avec Marie Félicia Euphémie Vauthier. Cote du document : V4E/ 971, vue 11 sur 31. Archives de Paris, 18 boulevard Sérurier, 75019 Paris.. Les témoins au mariage sont : Émile Allard (1818-1892), ingénieur des ponts et chaussées et fouriériste., Georges Vauzy, avocat, journaliste et homme politique, Charles Fauvety, philosophe et fouriériste, Albert Castelnau, écrivain et homme politique.

Le couple fonde une autre institution après la vente de la précédente, dans une rue parallèle, au 6 rue Pigalle.

Ils sont parents de deux enfants nés dans le arrondissement de Paris : Frédéric André Louis, le Archives de Paris : état civil de Paris - acte de naissance de Frédéric André Louis Garcin le et daté du lendemain dans le de Paris. Cote du document : V4E/ 978, vue 5 sur 31. Archives de Paris, 18 boulevard Sérurier 75019 Paris. et Jean Saint-Ange Charles, le Archives de Paris : état civil de Paris - acte de naissance de Jean Saint-Ange Charles Garcin le et daté du dans le de Paris. Cote du document : V4E/ 1021, vue 14 sur 31. Archives de Paris, 18 boulevard Sérurier 75019 Paris.. L'écrivain Frédéric Mistral est le parrain de l'aîné.. Un autre intime proche du cercle familial, Saint-Ange Allard (1832-1888), ingénieur des ponts et chaussées et frère d'Émile Allard, donne l'un de ses prénoms au cadet.

L'une de ses belles-sœurs, Claire Kobierscky (1821-1863), est également institutrice à Paris mais rien ne permet de confirmer ou infirmer l'hypothèse de son emploi au sein de l'institution familiale. Claire Kobierscky est la compagne d'Octave Vauthier (1824-1870), qu'elle suit dans son exil en Belgique et en EspagneClaire Kobierscky est née à Paris le 19 juillet 1821. Elle épouse en premières noces Christophe Auguste Prestreau (1809-1849) à Paris le 8 octobre 1846. Veuve, Claire Kobierscky devient la conjointe non mariée d'Octave Vauthier. Leur fils aîné est Jean Pierre Louis Vauthier (1854-1925), natif de Tortosa en Espagne, et qui sera docteur en médecine de la Faculté de Paris et professeur à l'école de la rue Jean-Lantier. Il est l'auteur de l'ouvrage, Contribution à l'étude du développement du foie, en 1884. Claire Kobierscky meurt à Clichy, le 21 mars 1863..

Maîtresse de pension dans la capitale jusqu'à la guerre franco-allemande de 1870, Euphémie Vauthier est nommée, en 1881, professeure d'histoire dans la première École supérieure de jeunes filles fondée par la Ville de Paris et dirigée par Julie Favre. Son frère, Louis Vauthier, qui siège au conseil municipal de Paris et au conseil général de la Seine, lui a donné l'assurance de sa prochaine nominationCorrespondance de Euphémie Garcin à André Léo en date du 11 juin 1881 à Langrune. La famille Garcin s'installe dans cette commune du bord de mer normand depuis le juin 1881 jusqu'au mois d'octobre de la même année.. Euphémie entre effectivement en fonction au mois d' et occupe ce poste pendant huit ans.

Rencontre avec Lamartine Enseignante, Euphémie Vauthier rédige une fois par an une allocution prononcée devant ses élèves au moment de la distribution des prix. Présent dans la salle au moment de cet événement scolaire, un de ses amis ne manque pas de remarquer ses figures de style. Il encourage la jeune institutrice à se rendre chez Alphonse de Lamartine et d'aller lire son dernier discours dont certains sont rassemblés dans un recueil en 1858, Conseils aux jeunes filles.