Le Gendarme et les Gendarmettes est un film français réalisé par Jean Girault et Tony Aboyantz, sorti en 1982. Il s'agit du sixième et dernier film du Gendarme de Saint-Tropez.
Après Le Gendarme et les Extra-terrestres (1979), une suite mettant en scène la vengeance des extra-terrestres est envisagée, puis mise de côté dès lors que Louis de Funès en rencontre à nouveau un dans La Soupe aux choux (1981). Inspiré par les récents débuts de la féminisation de la Gendarmerie nationale, le sixième opus de la série raconte finalement les mésaventures du gendarme Ludovic Cruchot et de la brigade de Saint-Tropez chargés de former quatre auxiliaires féminines imposées par la hiérarchie, et de veiller sur elles.
Dans ce film, la brigade est composée de Louis de Funès, Michel Galabru, Grosso et Modo, présents depuis le premier film, ainsi que de Maurice Risch et du nouveau Patrick Préjean. France Rumilly réapparaît en religieuse et Claude Gensac retrouve son rôle de Josépha Cruchot, épouse de Ludovic, après avoir été remplacée dans le précédent film. Quatre actrices débutantes incarnent les « gendarmettes » : Catherine Serre, Sophie Michaud, Nicaise Jean-Louis et Babeth.
Louis de Funès et Jean Girault poursuivent leur partage de la réalisation, entamé à partir de L'Avare, sans que l'acteur ne signe le film. Le film est tourné à Saint-Tropez et dans ses environs, sans montrer la fameuse gendarmerie des précédents films, ainsi qu'aux studios de Boulogne. Rendu pesant par la santé préoccupante de la vedette et de Jean Girault, le tournage est gravement perturbé par la mort du réalisateur, obligeant le premier assistant-réalisateur Tony Aboyantz à terminer le film avec l'aide d'autres membres de l'équipe.
En dépit de critiques désastreuses, le film connaît un large succès commercial, avec d'entrées, toutefois le box-office le plus faible de la série. Malgré la mort du réalisateur originel, de nouvelles suites sont envisagées, jusqu'à ce que Louis de Funès meure à son tour en . Le Gendarme et les Gendarmettes demeure son ultime film, ainsi que le dernier du metteur en scène Jean Girault, du compositeur Raymond Lefebvre, du décorateur Sydney Bettex et du producteur Gérard Beytout. Il achève une série commencée dix-huit ans auparavant, en 1964.
Synopsis vignette|alt=Un long bâtiment de style provençal avec des barreaux aux ouvertures du rez-de-chaussée et des volets verts aux deux étages.|La brigade de gendarmerie de Saint-Tropez s'installe dans de nouveaux locaux. La brigade de gendarmerie de Saint-Tropez emménage dans des locaux flambant neufs dotés d'un ordinateur surpuissant capable de répondre à toutes les questions Lors de l'analyse du profil de Cruchot, l'ordinateur mentionne les vrais date et lieu de naissance de Louis de Funès : un à Courbevoie.. Le colonel annonce confier à la brigade, à titre expérimental, la formation de quatre jeunes femmes en uniforme. Les gendarmes, ravis, sont curieux de découvrir ces nouvelles collègues potentiellement séduisantes. L'adjudant Gerber et son subordonné Cruchot partent les chercher à la gare d'Hyères, mais rentrent bredouilles. Ils les découvrent avec surprise à leur retour à la gendarmerie où elles sont chouchoutées par les gendarmes énamourés. Gerber et Cruchot font leurs présentations avec les jeunes recrues et tombent à leur tour sous le charme. Germaine et Josépha, leurs épouses, reviennent alors d’une sortie shopping et sont scandalisées par le manège de leurs maris. Le soin est confié aux gendarmes de ramener les gendarmettes là où elles logent, tandis que Germaine et Josépha s’occupent de sermonner leurs maris, Cruchot reconnaissant plus tard voir d'un mauvais œil l'arrivée de ces femmes dans la gendarmerie, d'autant plus d'une Noire.
vignette|gauche|alt=Une Citroën Méhari verte décapotée.|Une Citroën Méhari des gendarmes de Saint-Tropez, exposée lors de l'édition 2016 du Mondial de l'Automobile de Paris.
Le lendemain, chaque stagiaire est envoyée sur le terrain sous la houlette d'un gendarme. Isabelle Leroy et Berlicot arrêtent des voitures, Marianne Bonnet et Tricart font la circulation, et Christine Rocourt et Perlin les stationnements. Tricart, en inculquant les gestes de signalisation à Bonnet, finit dans un tango fougueux avec elle, causant un gigantesque carambolage. Perlin et Rocourt s'engagent dans une course-poursuite à moto avec une bande de voyous. Cruchot, méfiant, vient observer chaque binôme. Il trouve Leroy et Berlicot dans une position involontairement équivoque, constate la négligence monstre de Tricart et Bonnet, et intercepte Rocourt à moitié nue dans un arbre après un accident de moto avec Perlin. Quant à Yo Macumba et Beaupied, il les découvre en pleine baignade à la plage. La Mère supérieure surprend Cruchot en train de scruter la plage avec ses jumelles et, pensant qu'il épie les baigneuses, le prend désormais pour un obsédé.
Le soir, les gendarmettes rentrent au couvent où elles sont hébergées. L'une d'entre elles a reçu un billet doux anonyme, peut-être d'un gendarme. Cruchot vient espionner au couvent et découvre qu'un gendarme se glisse dans le dortoir pour tenter d'approcher les auxiliaires féminines, puis le suit. Le gendarme indiscret arrive dans la mauvaise chambre et s'enfuit. Cruchot est pris pour le voyeur par tout le couvent, consolidant les doutes de la Mère supérieure envers lui.
vignette|alt=Une petite plage au pied d'une colline arborée, sans aménagements.|La plage où la gendarmette Leroy est enlevée, située à La Croix-Valmer.
Au matin, Marianne Bonnet, moqueuse, rend à Cruchot ce qu'elle croit être son billet doux. En voyant cela, Josépha fait une scène à Ludovic. Désespéré par la méprise, Cruchot enquête sur l'auteur du mot amoureux : il s'agit de Gerber. L'adjudant obtient son silence en échange d'éloges quotidiens envers Cruchot. La nuit, Isabelle Leroy, suivant un énigmatique message anonyme, se rend seule sur une plage et y est enlevée. Le jour suivant, Marianne Bonnet disparaît à son tour, alors qu'elle faisait la circulation à un carrefour. Leurs ravisseurs les séquestrent dans le yacht Albacora, mouillant dans le golfe de Saint-Tropez. Le commanditaire, criminel handicapé autodésigné « Le Cerveau », se fait passer pour un maniaque dans une lettre à la gendarmerie pour cacher ses véritables motivations.
Déjà dévasté par ces enlèvements, l'adjudant Gerber reçoit une visite du colonel qui lui annonce, de surcroît, la venue du ministre à la fin de la semaine, pour inspecter cette expérience. Le colonel souhaite voir les quatre stagiaires et rencontre d'abord Christine Rocourt et Yo Macumba à la gendarmerie. Il désire également voir les deux autres, que Gerber prétend avoir envoyées sur le terrain. Tandis que Gerber gagne du temps avec le colonel, Cruchot se charge de grimer un couple d'automobilistes avec les uniformes des deux gendarmettes restantes. En étant laissées déshabillées dans l'appartement de Gerber puis de Cruchot, celles-ci attisent la jalousie de Gerber puis de Josépha. Le stratagème de Cruchot fait illusion. Le colonel pense avoir vu les quatre stagiaires. Il apprend à l'adjudant que Yo est la fille de Léopold Macumba, président du Boungawa, bientôt en visite à Paris. Dès lors, la brigade doit enquêter sur les disparitions des deux auxiliaires tout en protégeant les deux restantes, surtout la précieuse Yo. Gerber calme ses nerfs sur Cruchot et décide de cesser ses éloges envers lui.
vignette|gauche|alt=Une installation pétrolière au milieu d'un désert. Au centre, une torchère crachant du feu.|La disparition de Yo Macumba risquerait d'entraîner un grave incident diplomatique entre la France et le Boungawa, important pays producteur de pétrole en Afrique.
Christine Rocourt et l'adjudant Gerber partent chercher du côté du port. La jeune recrue remarque un marin déjà croisé auparavant, les quatre femmes ayant toutes reçu les avances de marins d'un même yacht insistant pour leur proposer une visite. Rocourt suit le marin dans la pharmacie où il rentre. Celui-ci achète un collyre rarement demandé, le même que celui utilisé par Isabelle Leroy. Rocourt suit le marin dans un bistrot, lui fait du charme et accepte de le suivre sur son bateau. Elle prévient avant cela par téléphone Yo Macumba à la gendarmerie et lui révèle ses découvertes, mais le marin coupe l'appel et l'enlève. Cruchot et Macumba rejoignent Gerber sur le port et se mettent à la rechercher. Les minutes suivantes, Yo Macumba échappe à son tour à la vigilance de Cruchot et est assommée par un autre marin, qui l'embarque sur son bateau vers lAlbacora. Cruchot ne retrouve que le sac et le bracelet de la dernière recrue. Gerber, dépité, se résout à dévoiler au colonel les évènements.
Le colonel arrive rapidement à la gendarmerie, excédé d'avoir été trompé, et somme les gendarmes de retrouver les quatre femmes, surtout la fille du président Macumba. L'affaire ne doit être ébruitée, de peur d'une rupture des relations entre la France et le Boungawa. Paradoxalement, le colonel ne facilite pas leur tâche en leur interdisant d'utiliser leurs véhicules, pour qu'ils comprennent à quel point il serait grave que le Boungawa coupe les robinets du pétrole à la France. La brigade de Saint-Tropez est donc contrainte de se servir de ses bicyclettes d'antan. Sachant qu'ils mènent l'enquête et comptent fouiller chaque bateau, « Le Cerveau » ordonne à ses hommes de menacer les gendarmes. Gerber et Cruchot échappent de peu à des tentatives de meurtre. Le criminel est à la recherche d'un bracelet que porte chacune des gendarmettes, mais ne sait pas que Macumba a perdu le sien au cours de son enlèvement. Ses hommes pensaient erronément trouver le quatrième bracelet sur l'épouse de l'adjudant et la capturent également.
vignette|redresse|alt=Photo en noir et blanc d'un homme habillé en gendarme.|L'adjudant Gerber est dévasté par la disparition des auxiliaires féminines confiées à sa brigade.
L'adjudant, déjà brisé par la disparition des gendarmettes, est maintenant dévasté par l'enlèvement de son épouse. Il décide d'organiser un plan de la dernière chance, en habillant Josépha Cruchot en gendarmette, pour servir d'appât. Si Josépha est enthousiaste de se voir confier cette mission, son mari refuse catégoriquement de lui faire courir un aussi grand risque, mais est contraint d'accepter. Ludovic Cruchot se déguise en gendarmette à la place de son épouse, à l'insu de la brigade, et sillonne de nuit les rues de Saint-Tropez selon un itinéraire prévu, sous la surveillance des autres gendarmes. Cruchot finit néanmoins par être enlevé par les marins. La brigade découvre au retour à la gendarmerie que Josépha avait été remplacée par son mari.
Sur lAlbacora, le dernier bracelet est récupéré au bras de Cruchot, avant que ce dernier soit jeté dans la même chambre que les quatre gendarmettes et . Personne ne comprend pourquoi elles ont été enlevées pour leurs bracelets. Ludovic Cruchot est conduit devant « le Cerveau », qui lui dévoile enfin son plan : sans que les gendarmettes n'en sachent rien, les quatre bracelets réunis forment une combinaison de chiffres constituant un code donnant l'accès à des données secrètes présentes dans l'ordinateur de la brigade. Le criminel charge Cruchot de retourner à la gendarmerie afin de laisser la place libre pendant une heure pour utiliser l'ordinateur, en échange de la libération des prisonnières.