Germaine Le Goff, née Germaine Le Bihan le à Pouldergat dans le Finistère et morte le à Sucé-sur-Erdre en Loire-Atlantique, est une institutrice et éducatrice française.
Elle fonde puis dirige de 1938 à 1945, près de Dakar (Sénégal), la première école d'institutrices d’Afrique : l’école normale de Rufisque. Elle y crée un réseau fort de solidarité constitué de femmes africaines de renom, dont Jeanne Gervais, Jeanne-Martin Cissé, Caroline Faye Diop, Mariama Bâ et Annette Mbaye d'Erneville, Aminatou Diallo - Bah.
Biographie
Jeunesse et débuts en Bretagne Germaine Le Bihan est née le à Pouldavid, section de la commune de PouldergatArchives départementales du Finistère, commune de Pouldergat, section de Pouldavid, année 1891, acte de naissance , avec mentions marginales de mariages et de décès dans le Finistère, dans une famille modeste bretonne de pêcheurs... Elle entre à l'école normale primaire en 1907 et, devenue institutrice, est nommée à Silfiac, dans le Morbihan..
Elle épouse François Auffret, à Pouldergat, section de Pouldavid, le et en a une fille en 1915. Son mari est alors dans les tranchées de la Première Guerre mondiale et en meurt en 1918.
Après son veuvage, elle épouse le à Pouldavid-sur-Mer Joseph Le Goff, lui aussi instituteur. Elle enseigne quelques années à Réguiny dans le Morbihan, où elle est en conflit avec le curé de la commune dans un contexte de guerre scolaire contre l'école laïque..
Elle décide, avec son nouveau conjoint Le Goff, de choisir la vie de colons plus douce, laissant la place à de plus grandes ambitions en matière d'éducation et demande à être mutée en Afrique..
Première expérience au Soudan français Germaine Le Goff est envoyée en 1923 à Djenné au Soudan français et découvre les réalités du terrain et du contexte colonial. Ses élèves ne parlent pas le français et elle-même ne comprend pas les langues locales. En outre, les besoins des élèves ne sont pas en corrélation avec les enseignements proposés par la France. Elle l’exprime dans ses mémoires : .
Elle remet en question les programmes d'enseignement, son rôle d'éducatrice et modifie son approche pédagogique. Rapidement les effectifs augmentent et elle est promue en 1926 au lycée Faidherbe de Saint-Louis au Sénégal. Elle y poursuit ses recherches sur l’éducation des filles et tente de mobiliser les milieux éducatifs, administratifs et coloniaux autour de la question de l’accès des africaines à l’école. En 1932, elle est mutée à Dakar.François-Xavier Freland.
L’école normale de Rufisque
L'arrivée au pouvoir en France du Front populaire en 1936 donne un nouvel élan à sa carrière. Germaine Le Goff est chargée en 1938 par le nouveau Gouverneur général de l'Afrique-Occidentale française (AOF) de créer à Rufisque près de Dakar, la première école normale d'institutrices d’Afrique. Une quarantaine de jeunes femmes sont recrutées dans l'ensemble de la fédération de sept colonies et deviennent, quatre ans plus tard, les premières institutrices africaines..
Germaine Le Goff propose un système d’enseignement basé sur le travail, la tolérance, l'égalité et la liberté religieuse, avec pour ambition de faire . Elle y travaille jusqu'à sa retraite, en 1945, où l’école compte ..
Un rayonnement international alt=Amicale des Legoffiennes (Mariama Bâ à gauche) dans les années 1970.|vignette|Amicale des Legoffiennes (Mariama Bâ à gauche) dans les années 1970. Elle a créé un réseau fort de solidarité internationale. Parmi les anciennes élèves de l’École normale de Rufisque, Jeanne-Martin Cissé, Jeanne Gervais, Mariama Bâ, Fatou Djibo, Caroline Faye Diop, et Annette Mbaye d'Erneville ont mené des carrières internationales et porté des valeurs féministes. Ces anciennes legoffiennes se réunissent à travers l’Amicale Germaine Le Goff et revendiquent « une marque Germaine Le Goff »...
Germaine Le Goff meurt en 1986 à l'âge de , à Sucé-sur-Erdre en Loire-Atlantique.
En 2004, François-Xavier Freland lui consacre une biographie, L'Africaine blanche (1891-1986) : Germaine Le Goff, éducatrice mythique, publiée aux éditions Autrement.
L'école normale d’institutrices de Thiès est rebaptisée en 1976 école Germaine-Le-Goff..
Références
Voir aussi Bibliographie réédité en 2024 sous le titre A l’école de l’universel : Germaine Le Goff (1891-1986), une éducatrice en Afrique, Editions Intervalles, . . .
Liens externes
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