Le Centre démocrate humaniste (cdH), jusqu'en 2002 le Parti social-chrétien ou PSC, est un ancien parti politique démocrate-chrétien belge, fondé en 1968 et classé au centre ou au centre droit de l'échiquier politique. Il est présidé par Maxime Prévot.

Le , le parti annonce un changement de nom au profit de "Les Engagés" après 2 années de "réflexion citoyenne".

Histoire

1894 - 1945 : Parti catholique (PC)

1945 - 1968 : Parti social-chrétien (PSC), unitaire

1968 - 2001 : Parti social-chrétien (PSC)

2001 - 2022 : Centre démocrate humaniste (cdH) Le , au terme d'un long processus de discussion mené par Joëlle Milquet dans tous les arrondissements, le congrès du PSC a adopté les nouveaux statuts et la nouvelle dénomination du parti : Centre démocrate humaniste (cdH). À la suite de l’abandon explicite de la référence chrétienne et à l’adoption d’une politique plutôt marquée à gauche, certains de ses membres fondèrent un nouveau parti : les Chrétiens démocrates francophones (CDF) devenus Chrétiens démocrates fédéraux.

Sous la direction de Joëlle Milquet, le parti tente d’élargir son électorat. Cette tentative est en partie réussie à Bruxelles où le CDH fait alors souvent mieux que l'ancien PSC en s’ouvrant notamment aux communautés immigrées. Cette ouverture, estime Philippe Walkowiak, « a sans doute refroidi la frange conservatrice du parti, principalement en Wallonie ».

Aux élections législatives de 2003, le parti réalise, en Wallonie, les résultats les plus défavorables de l’histoire de leur courant. Milquet est réélue présidente du cdH à l'automne 2003 dans un contexte tendu au sein du parti. Le succès aux scrutins régionaux et communautaires de permet au cdH de revenir au pouvoir à la Région wallonne et à la Communauté française, en coalition avec le Parti socialiste, ainsi qu'à la Région de Bruxelles-Capitale, en coalition avec le Parti socialiste et le parti écologiste.

Aux élections de 2003 et 2004, le parti fait figurer sur ses listes des candidats et candidates de confession protestante, issus de la communauté congolaise, ou adhérant à l’islam, d’ascendance maghrébine ou turque. Néanmoins, il réussit moins bien à percer dans les milieux musulmans que le Parti socialiste.

D'un point de vue sociétal, le parti rejette trois initiatives de la majorité : en , avec les chrétiens démocrates flamands, elle se prononce contre une proposition de loi de dépénalisation partielle de l’euthanasie ; en , il s’oppose à la proposition de loi « ouvrant le mariage à des personnes de même sexe », en , il refuse certaines dispositions du code civil en vue de permettre l’adoption par des personnes de même sexe.

En 2007, le cdH fait campagne sur le thème de la Belgique unie, avant d'accepter aujourd'hui le confédéralisme. En politique belge, le mot confédéralisme est utilisé dans le sens de avec pour objectif une scission, et non le sens d’états souverains qui décident d’organiser en commun certaines matières.Joëlle Milquet : « Aux Flamands qui depuis des années et des années croient qu’il faut une grande réforme de l’État - […] note Octopus de 1999 […] -, je dis que l’offre francophone est majeure, historique, inédite, jamais vue », jadis appelé ou Ces mots sont de Francis Delpérée, constitutionnaliste, sénateur cdH. La présidente du cdH défend la future régionalisation de la fiscalitéJoëlle Milquet : « la plus grande réforme de l’État depuis au moins ! Une réforme qui comporte d’euros de transferts de compétences, et qui pèse 12 à en autonomie fiscale. C’est une offre historique majeure »Négociations. Milquet sonne l’alarme contre le « coup d’état permanent de fait », propos recueillis par David coppi, Le Soir 2-3 avril 2011, page 4, colonne 2, ligne 8 qui aurait pour effet, selon les experts, d’augmenter la fiscalité dans une dizaine d’annéesC’est-à-dire à la fin de la Loi Spéciale de Financementdans les régions les plus pauvresDessine-moi un plan B, Robert Van Apeldoorn, Trends Tendances, 4 novembre 2010., c’est-à-dire la Wallonie et BruxellesBruxelles est considérée comme « pauvre » au regard de l’IPP, impôt sur les personnes physiques, mais « riche » au regard de l’impôt sur les sociétés. Or le projet de réforme prévoit la régionalisation de 40 à 50 % de L’IPP sans toucher à l’impôt des sociétés. L’engagement de Joëlle Milquet est fort : elle soutient être prête à perdre dans les sondages pour assurer la réforme de l’ÉtatNégociations. Milquet sonne l’alarme contre le « coup d’État permanent de fait », propos recueillis par David coppi, Le Soir 2-3 avril 2011, page 4, colonne 5, ligne 33Joëlle Milquet : « Mais je suis prête à perdre dans les sondages, si c’est pour sortir le pays de la crise ». Certains experts jugent la régionalisation de l’impôt des personnes physiques contraire au droit européenNégociations. Elio Di Rupo exige une rencontre à neuf, Véronique Lanquin, Le Soir, page 5, ligne 58.

Toutefois, la réforme de l’État entérine un transfert de l’IPP vers les régions à hauteur non pas de 40 % mais de 25 %.. De plus, au vu de l’ensemble des compétences transférées, mais également conservées, par le pouvoir fédéral, la Belgique n’est pas devenue un État confédéral malgré certaines caractéristiques du confédéralisme, existant d’ailleurs bien avant l’accord sur la réforme de l’État..

Marie-Dominique Simonet, ministre de l'Enseignement en Communauté française de Belgique, qui prévoit de redistribuer les moyens financiers entre « écoles riches » et « écoles pauvres »Le classement des écoles en « riches » ou « pauvres » est réalisé selon l'indice socio-économique des parents d’élèves, lui-même établi par des universitaires. Ce décret est différemment apprécié selon les écoles. Certaines écoles, qualifiées de « riches » par le décret, font remarquer que l’aide aux écoles en difficulté ne doit pas se faire au détriment de la qualité d'enseignement dans les autres écolesEntretien de Jean-Pierre Cazzarro, préfet de l'Athénée d'Auderghem dans Le Soir.. Les écoles libresÉcole libre signifie en Belgique tout en étant subventionné par l’État qui décide des programmes du Brabant wallon annoncent qu’un recours auprès de la Cour constitutionnelle sera déposé, invoquant l’absence d’égalité entre les élèves. On créerait, selon elles, une discrimination négative, situation interdite par la constitution belgeEnseignement/Les écoles du Brabant wallon attaquent le décret en justice, Robin des bois reste hors-la-loi, Pierre bouillon, Le Soir, 27 juin 2011. Le décret « Robin des Bois » est finalement abrogé par une décision collégiale du gouvernement de la Communauté française., faisant suite à un changement d’orientation du cdH.

À la suite des élections régionales et législatives du lors desquelles le cdH gagne cinq sièges (trois à la Chambre des représentants, deux au Sénat), les humanistes-centristes participent au gouvernement Leterme I après un très long processus de négociation mené par Joëlle Milquet et Melchior Wathelet.

L’ouverture des listes des démocrates humanistes à des candidats issus de l’immigration ne se déroule pas toujours sans difficultés. L’affaire Bertin Mampaka Mankamba permet aux adversaires politiques de dénoncer des manquements éthiques au sein du parti. L’élection en Région bruxelloise d’un nombre significatif de conseillers communaux d’ascendance étrangère suscite des débats, notamment concernant un possible communautarisme. Paul Wynants estime que le cdH « semble quelquefois recourir à des « candidats-gadgets » ou à des « attrape-voix » pour donner un caractère multiculturel à ses listes ». Des candidats « cachent des engagements islamiques plutôt radicaux ». Des pratiques clientélistes sont avérées à Bruxelles, dans le chef de certains candidats du cdH issus de l’immigration. La députée bruxelloise Fatima Moussaoui doit être rappelée à l’ordre et J. Milquet la somme de retirer et de détruire un tract homophobe. La présence d’élus issus de l’Église pentecôtiste La Nouvelle Jérusalem pose alors des questions d’une éventuelle instrumentalisation du parti à Bruxelles.

En 2010, le cdH est le premier parti à faire rentrer une femme voilée au Parlement de la région de Bruxelles-Capitale, acte qui suscite bon nombre de réactions d’indignation... En 2014, Mahinur Özdemir se représente aux élections régionales bruxelloises en « Fin du suspense cdH à la Région », La Libre Belgique, 29-30 mars 2014, page 8. Elle est tout de même exclue du parti en raison de son refus de reconnaître le génocide arménien..

Le , Benoît Lutgen succède à Joëlle Milquet et devient le deuxième président du cdH.. Le , Lutgen cède sa place de président à Maxime Prévot. À la suite de ses résultats aux élections de 2019, le cdH annonce le qu'il restera dans l'opposition à tous les niveaux de pouvoirs, aussi bien au niveau fédéral que dans les entités fédérées. Ce qui doit permettre une refonte des structures et de la doctrine du parti, passant par un éventuel changement de nom..

Depuis 2022 : Les Engagés

Idéologie Le cdH se réclame du centrisme et du personnalisme d'Emmanuel Mounier. Dans le passé, il s’est réclamé de la démocratie chrétiennehttps://cevipol.centresphisoc.ulb.be/sites/default/files/centre_cevipol/uploads/cahier99-1.pdf.

Il a été ainsi un des principaux représentants de la démocratie chrétienne belge, avec le CD&V. En 2014, Philippe Walkowiak évoque « un atavisme social-chrétien » de ce parti qui a abandonné la référence chrétienne.

International Union européenne Le cdH fait partie, tout comme son parti frère le CD&V, du Parti populaire européen. Il a envoyé, à la suite des élections de 2019, deux députés : Pascal Arimont et Benoît Lutgen.

Union Benelux Le parti est membre du GPC au Parlement du Benelux.

Structure

Présidents PortraitNomMandat RemarquesDébutFinDurée Léon Servais18 juillet 1968 20 mars 197275px|Charles-Ferdinand Nothomb Charles-Ferdinand Nothomb20 mars 1972 Georges Gramme75px|Charles-Ferdinand Nothomb Charles-Ferdinand Nothomb (2) Georges Gramme (2)1976 197775px|Charles-Ferdinand Nothomb Charles-Ferdinand Nothomb (3)1977 Charles Hanin Bourgmestre de Marche-en-Famenne75px|Paul Vanden Boeynants Paul Vanden Boeynants75px|Gérard Deprez Gérard Deprez75px|Charles-Ferdinand Nothomb Charles-Ferdinand Nothomb (4)75px Philippe Maystadt Président de la Banque européenne d'investissement75px Joëlle Milquet75px Benoît Lutgen Bourgmestre de Bastogne (depuis 2012)75px Maxime Prévot En fonction Bourgmestre de Namur (depuis 2012)

Résultats électoraux

Parlement fédéral AnnéeChambre des représentantsSénatGouvernementVoix%SiègesVoix%Sièges19716,20NvVoir PSC unitaireGaston Eyskens V, Leburton I et II 19749,092,8910Tindemans I, II et III19779,770,689,46Tindemans IV, Vanden Boeynants II197810,120,359,78Martens I, II, III et IV, Mark Eyskens19816,493,536,95Martens V19857,951,467,93 Martens VI198780,057,8 Martens VII et VIII19917,70,37,9 Martens IX, Dehaene I1995 7,7 %9,4 Dehaene II1999 5,87 %1,836,04 Opposition2003 5,47 %0,45,54 Opposition2007 6,06 %0,595,90 Verhofstadt III, Leterme I, Van Rompuy, Leterme II2010 5,53 %0,535,13 Di Rupo2014 4,98 %0,55N/A Opposition20193,70 %1,28Opposition centré|vignette|upright=2|Évolution des résultats électoraux du cdH à la chambre des représentants, 1971-2019.

Entités fédérées Parlement wallon Année Voix % Sièges Gouvernement1995 21,56 %Collignon II1999 17,07 % Opposition2004 17,62 %Van Cauwenberghe II, Di Rupo II, Demotte I2009 16,44 %Demotte II2014 15,17 %Magnette, Borsus201911,00%Opposition

Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale Depuis la création de l’institution qui comptait jusqu’en 2004, et depuis 2004 (dont alloués aux listes francophones).

Année Voix obtenues Résultat en % Sièges obtenus Participation gouvernementale1989 11,85 %Picqué I1995 9,26 % Opposition1999 14,08 % Opposition2004 14,08 %Picqué III2009 14,80 %Picqué IV, Vervoort I2014 11,74 %Vervoort II20197,58%Opposition

Parlement de la Communauté germanophone Résultats du Christisch Soziale Partei (CSP), parti lié au cdH.