Edgar James Kain, né le à Hastings et mort le à Échemines, est un pilote de chasse et as de l'aviation néo-zélandais, ayant fait carrière dans la Royal Air Force (RAF) durant la Seconde Guerre mondiale.
Passionné par l'aviation dès son plus jeune âge, Edgar Kain rejoint la RAF en 1936. Il suit une formation intensive en pilotage l'année suivante, au terme de laquelle il est affecté au No. 73 Squadron RAF, d'abord aux commandes d'un Gloster Gladiator puis d'un Hawker Hurricane. Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, son escadron est envoyé en France et Edgar Kain commence très vite à participer aux sorties, notamment durant la drôle de guerre. Il remporte sa première victoire au combat aérien en en abattant un bombardier allemand. Dès le mois de , il compte à son actif cinq victoires aériennes et devient le premier as de l'aviation de la RAF durant la Seconde Guerre mondiale. Edgar Kain est également le premier pilote de la Royal Air Force à être décoré de la Distinguished Flying Cross. À la suite de ces succès, les médias de l'époque lui consacrent bon nombre de reportages qui le rendent célèbre en Grande-Bretagne et dans les dominions.
Le , les Allemands envahissent la France, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg. Edgar Kain remporte neuf autres victoires aériennes en dix-sept jours, mais les combats l'épuisent physiquement et il est autorisé à retourner en Angleterre au début du mois de juin. Le , après avoir fait ses adieux aux membres de son escadron, il prend les commandes d'un Hawker Hurricane pour effectuer une série de voltiges à basse altitude au-dessus de l'aérodrome d'Échemines. Après une manœuvre mal négociée, il perd le contrôle de son appareil et s'écrase violemment au sol. Le crâne fracassé, Edgar Kain meurt sur le coup. Comptant officiellement quatorze victoires aériennes à son palmarès, il réussit à se hisser au grade de , avant d'être fauché par cet accident. D'autres recherches ont en outre permis de lui attribuer seize victoires aériennes. La dépouille d'Edgar Kain est d'abord inhumée au cimetière de Troyes, puis transférée au Commonwealth War Graves Commission après la guerre.
Enfance et jeunesse Edgar James Kain naît à Hastings, en Nouvelle-Zélande. Il est le troisième enfant de George Kain, magasinier, et de sa femme Nellie Maria.. Sa famille déménage à Wellington, où son père crée un service d'entreposage. Il fait ses études primaires à la Croydon School et, à partir de 1932, entre en pensionnat au Christ's College de Christchurch. Durant ses années d'études, il joue au rugby, fait de l'aviron et excelle en athlétisme. Il est par ailleurs considéré par ses entraîneurs comme un bon meneur d'hommes sur le plan sportif, alors que ses parents déplorent ses mauvais résultats scolaires.
Edgar Kain est passionné par l'aviation dès son plus jeune âge et ambitionne de devenir pilote, d'autant plus que, son école de Christchurch se trouvant à proximité de l'aérodrome de Wigram, il a souvent l'occasion d'assister à des manœuvres de pilotes de la Force aérienne royale néo-zélandaise. En 1935, après trois années passées au Christ's College, il abandonne ses études et travaille comme commis dans l'entreprise d'entreposage de son père. Ayant par la suite adhéré au Wellington Aero Club, il est déterminé à obtenir une licence de pilote afin de pouvoir intégrer la Royal Air Force (RAF).
Initiation au pilotage alt=Photographie en noir et blanc d'un avion biplan en vol.|gauche|vignette|C'est aux commandes d'un De Havilland DH.82 Tiger Moth qu'Edgar Kain commence sa formation au pilotage, au début de l'année 1936. Edgar Kain commence sa formation en pilotage au début de l'année 1936 et accumule un peu plus de sept heures de vol, aux commandes d'un De Havilland DH.82 Tiger Moth. Étant donné qu'il ne réussit pas à obtenir son diplôme d'études secondaires, il doit suivre des cours de mathématiques auprès du professeur George William von Zedlitz de l'Université Victoria de Wellington. Un minimum de qualification académique figure en effet parmi les conditions requises pour pouvoir entrer dans la RAF en tant que pilote. Plus tard dans la même année, Edgar Kain est transféré à Wigram pour suivre une série de formations supplémentaires en pilotage et obtient très vite son brevet de pilote. Il est dès lors apte à effectuer le , équivalent en France des missions de courte durée (MCD)., durant laquelle le pilote sert sur une période de deux mois à quatre ans. Les pilotes concernés doivent cependant présenter leur candidature au ministère de l'Air à Londres et, en , Edgar Kain part pour l'Angleterre avec sa famille à bord du RMS Orford.
Début de carrière Arrivé à Londres, Edgar Kain pose sa candidature pour effectuer le au sein de la RAF. Cependant, il échoue à l'examen médical en raison d'un problème d'hypertension artérielle. Les médecins lui suggèrent alors de bien s'acclimater avant de se présenter à nouveau pour un autre examen, car le long voyage depuis la Nouvelle-Zélande semble avoir dégradé ses conditions physiques. Pour se remettre en forme, Edgar Kain travaille dans une ferme durant deux semaines, avant de se présenter de nouveau au ministère de l'Air pour un nouvel examen médical. Sa candidature est cette fois validée et il est envoyé dans une école d'aviation civile à Brough, près de Kingston upon Hull, pour une formation élémentaire en pilotage. Les instructeurs britanniques pensent en effet que le recours à une institution civile est indispensable pour repérer les candidats inadaptés au système de formation de la Royal Air Force. Edgar Kain commence sa formation le aux commandes de l'avion d'entraînement Blackburn B-2. Au terme des dix semaines de formation, ses instructeurs lui demandent de choisir une option pour sa formation complémentaire : formation en pilotage de bombardier ou en pilotage d'avion de chasse. Edgar Kain choisit la formation en pilotage de chasseur, y voyant une perspective plus excitante.
vignette|alt=photographie en couleur d'un avion de chasse biplan de couleur argenté en vol|Un Gloster Gladiator restauré, similaire au chasseur piloté par Edgar Kain durant l'Empire Air Day de 1938.
À la fin de sa formation élémentaire le , Edgar Kain peut officiellement effectuer le . Il est promu au grade de à titre temporaire et reçoit le numéro de service 39534. Sa période probatoire de douze mois, incluant la durée de sa formation élémentaire, débute le . Il effectue sa formation de base au RAF Uxbridge avant d'intégrer la No. 5 Flying Training School dans le Cheshire. Après avoir obtenu son insigne de pilote RAF le , Edgar Kain est envoyé au RAF Ternhill quelques mois plus tard pour une formation avancée en pilotage d'avion de chasse, cette fois aux commandes d'un Hawker Fury. Durant cette période, il acquiert des compétences en voltige aérienne. Il suscite par ailleurs l'agacement de ses supérieurs en effectuant des cascades à basse altitude, ce qui lui vaut d'être sanctionné à plusieurs reprises.
Au terme de sa formation en , Edgar Kain intègre le No. 73 Squadron, unité basée au RAF Digby qui opère avec des chasseurs biplans Gloster Gladiator. Durant son service avec l'escadron, il est surnommé , argot néo-zélandais signifiant , afin de le distinguer d'un autre pilote néo-zélandais du nom de Derek Kain. Ce surnom s'avère également être le reflet de sa nature amicale et extravertie. À la fin de sa période de probation le , sa promotion au grade de est confirmée. Edgar Kain continue à développer ses talents en voltige aérienne et, en , il est autorisé à participer à un meeting aérien, l'Empire Air Day, durant lequel il se livre à des acrobaties vertigineuses devant un public enthousiaste. Deux mois plus tard, le No. 73 Squadron commence à opérer avec le nouveau chasseur monoplan Hawker Hurricane et Edgar Kain rencontre des difficultés à bien maîtriser l'appareil. Ses manœuvres causent même quelques dommages à son avion, ce qui lui vaut d'être réprimandé par ses supérieurs. À la mi-septembre de l'année 1938, lors de la crise des Sudètes, le No. 73 Squadron est mis en alerte pour faire face à d'éventuelles confrontations, bien que la plupart des pilotes de la RAF ne maîtrisent pas encore le Hawker Hurricane. Les accords de Munich conclus à la fin du mois réduisent cependant les tensions et l'escadron en profite pour davantage se familiariser avec les commandes de l'Hurricane. En , Edgar Kain provoque un léger accident aérien : après avoir oublié d'activer le mécanisme de verrouillage de son train d'atterrissage, il rate complètement sa manœuvre d'atterrissage et fait subir des dégâts mineurs à son appareil. Cet incident lui vaut une nouvelle réprimande de la part de ses supérieurs, malgré les circonstances atténuantes. Durant un exercice vers la fin du mois de juillet, il est victime d'un autre incident à l'atterrissage de son appareil, en raison notamment du mauvais état de l'aérodrome. Pour cette fois, Edgar Kain ne reçoit aucun blâme.
Seconde Guerre mondiale Arrivée en France et première mission alt=Photographie en noir et blanc de cinq avions de chasse monoplan volant en formation|droite|vignette| Chasseurs Hawker Hurricane du No. 73 Squadron RAF, en formation au-dessus de la France.
Le , alors que la tension s'intensifie entre la Grande-Bretagne et l'Allemagne, le No.73 Squadron est mobilisé pour participer aux combats. La Royal Air Force envoie l'escadron en France pour intégrer la branche aérienne du corps expéditionnaire britannique (BEF), qui fait partie de la No. 60 Mobile Wing avec le No. 1 Squadron RAF. Le , l'escadron est déployé en France, dans l'aérodrome du Havre-Octeville en Normandie. Le , Edgar Kain effectue sa première mission en faisant partie des chasseurs d'escorte qui protègent les navires du BEF débarquant à Cherbourg, sans toutefois entrer en contact avec des appareils ennemis. Durant les deux semaines qui suivent, les mauvaises conditions météorologiques obligent le No. 73 Squadron à interrompre les opérations. L'escadron est par la suite stationné dans un aérodrome près de Saint-Omer-en-Chaussée avant d'être déplacé à Rouvres près de Verdun.
Durant la drôle de guerre
La No. 60 Mobile Wing, dont fait partie le No. 73 Squadron, est rattachée au RAF Advanced Air Striking Force (AASF), qui inclut plusieurs escadrons de Fairey Battle de la Royal Air Force Bomber Command. Les mois suivants sont marqués par une activité offensive moindre, en dépit de la proximité de l'escadron avec la frontière allemande. Cette étape du conflit est surnommée drôle de guerre par le journaliste français Roland Dorgelès.. alt=Photographie en noir et blanc représentant un groupe d'hommes se tenant sur un aérodrome. À l'arrière plan, on aperçoit l'aile d'un avion de chasse.|gauche|vignette|Les pilotes du No. 73 Squadron RAF à Rouvres, en décembre 1939. Vers la fin du mois d', Edgar Kain est nommé à la tête d'un groupe de combat dans le No. 73 Squadron, avec le soutien de deux ailiers. Le , durant une patrouille au-dessus de Metz, il croise un bombardier Dornier Do 17 de la Luftwaffe et le prend en chasse. Alerté, le bombardier essaie de le semer en grimpant à plus de d'altitude. Edgar Kain commence à faire feu avec ses mitrailleuses Browning mais les ailes de son avion montrent des signes de défaillance. Il parvient néanmoins à toucher le bombardier qui pique du nez avant de s'écraser au sol, tuant sur le coup tous les membres d'équipages. Cette action est à la fois la première victoire aérienne du No. 73 Squadron et le premier succès au combat d'un pilote originaire des dominions. L'événement est largement rapporté par les correspondants de guerre, bien que la RAF interdise de citer le nom de ses pilotes dans les médias. De ce fait, les journalistes britanniques identifient l'auteur de l'exploit comme étant un .