Le , l'armée de l'Air russe bombarde le « Maternity Hospital No 3 », un complexe hospitalier réunissant un hôpital pour enfants et un service de maternité, situé à Marioupol, en Ukraine, pendant l'invasion de l'Ukraine par la Russie, tuant au moins trois personnes et en blessant au moins dix-sept autres. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, Josep Borrell, le haut représentant des Affaires étrangères de l'Union européenne et le ministre britannique des Forces armées James Heappey décrivent le bombardement comme un crime de guerre.

L'attaque est remise en cause par la propagande russe et donne lieu à une forte désinformation.

Contexte

En 2022, lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les forces russes et pro-russes assiégent la ville. Il est finalement convenu par les autorités russes et ukrainiennes d'autoriser les civils à évacuer Marioupol et quatre autres villes ukrainiennes le via un couloir humanitaire.

Bombardement vignette|Ruines de l'hôpital pédiatrique et maternité N° 3 de Marioupol le Un hôpital pour enfants et maternité de Marioupol est bombardé à plusieurs reprises par les forces russes depuis les airs pendant le cessez-le-feu.

Les autorités ukrainiennes qualifient les dégâts à l'hôpital de . Des séquences vidéo après les attaques montrent et . Les salles d'hôpital sont .

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky déclare que les civils se sont cachés à temps avant l'attaque, réduisant ainsi le nombre de victimes.

Victimes Le , le gouverneur de l'oblast de Donetsk déclare que , dont des femmes prêtes à accoucher, ont été blessées dans l'attentat. , selon la neurologue Oleksandra Chtcherbet. Le , les autorités locales déclarent qu'une fille et deux autres personnes ont été tuées dans l'attaque russe.

Une femme enceinte, Irina Kalinina, meurt après avoir accouché d'un enfant mort-né. Elle a subi de nombreuses blessures lors du bombardement, ayant notamment eu le bassin écrasé et une hanche détachée, ce qui provoque la mortinaissance de son enfant malgré une césarienne pratiquée en urgence.. Elle est photographiée sur une civière transportée dans les ruines de l'hôpital, et l'image devient virale sur les réseaux sociaux.

Une autre femme enceinte est blessée dans l'explosion et sauvée des décombres. La blessure est cependant mortelle pour l'enfant. Une autre femme enceinte photographiée dans l'attaque et dont le portrait fait lui aussi , Marianna Vishegirskaya (née Podgurskaya), une blogueuse Instagram, est transférée dans un autre hôpital où elle accouche le lendemain.

Documentation Une équipe de journalistes d'AP assistent au bombardement, s'abritant à quelques pâtés de maisons de l'hôpital, ils se rendent sur place.

Pour ses photographies des victimes et dégâts de l'attaque, le photographe Evgueniy Maloletka reçoit un prix au festival Visa pour l'image en , au Prix Bayeux des correspondant de guerre en octobre, puis le World Press Photo of the Year en . Son collègue, Mstyslav Tchernov, filme l'évacuation des blessés et les suites du bombardement, dont certaines images figurent dans le documentaire 20 Jours à Marioupol.

Réactions

Accusations de crime de guerre

Volodymyr Zelensky et Josep Borrell, le haut représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, qualifient l'attaque de crime de guerre. James Heappey, le sous-secrétaire d'État parlementaire aux Forces armées britanniques, déclare que si la frappe sur l'hôpital est indiscriminée, tirer sur une zone bâtie ou la cibler délibérément, .

L'adjoint au maire de Marioupol, Sergueï Orlov, qualifie l'attaque à la fois de crime de guerre et de génocide.

En Ukraine Sergueï Orlov, déclare : . Le conseil municipal de Marioupol qualifie le bombardement de délibéré.

Zelensky affirme que l'attaque constitue .

En Russie Le , le ministre des Affaires étrangères russe affirme que le bombardement de l'hôpital était justifié par la présence de membres des Forces armées ukrainiennes à Marioupol dans un autre hôpital, le « Maternity Hospital No 1 », comme le déclare le représentant russe à l'ONU Vassili Nebenzia quelques jours plus tôt, le .

Le même jour, le , le ministère de la Défense russe affirme quant à lui qu'aucune attaque n'a eu lieu et qu'il s'agirait de désinformation de la part de Kiev.

Le , le ministre des Affaires étrangères et le ministère de la Défense russes affirment publiquement que l'attaque est justifiée. Selon Ukrayinska Pravda, le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a confirmé que le bombardement de l'hôpital était une action délibérée. Il déclare : . L'armée russe affirme qu'Azov et le bataillon Aidar tirent depuis à Marioupol. Selon Libération, rien ne permet de justifier les déclarations russes selon lesquelles l'hôpital était occupé par Azov.

À l'international Le Premier ministre britannique Boris Johnson qualifie l'attaque de . Jen Psaki, attachée de presse du président américain Joe Biden, déclare : . Josep Borrell, Haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, qualifie l'attaque de . Le cardinal secrétaire d'État de la Cité du Vatican, Pietro Parolin exprime sa consternation face à l'attentat, le décrivant comme une . António Guterres, Secrétaire général des Nations unies, écrit que l'attaque est et que .

L'attentat est largement condamné dans la presse internationale : le Daily Mirror et The Independent qualifient l'acte de , le Daily Express et le Daily Mail de , tandis que The Guardian, le Financial Times et El País l'estime . Le journal italien Il Giornale décrit Poutine comme un , tandis que La Repubblica dénonce .

Remise en cause et désinformation Dans un second temps, le porte-parole du ministre de la Défense Igor Konachenkov remet en cause l'existence et l'origine russe de l'attaque et déclare qu' et que la présumée frappe aérienne est une .

Le , Twitter supprime un tweet de l'ambassade de Russie au Royaume-Uni qui affirme que l'attaque de l'hôpital de Marioupol est et que l'une des victimes est une , considérée comme une violation des règles de Twitter. saluent cette décision et accusent l'ambassade de Russie de désinformation.

Selon Meduza, le représentant russe auprès de l'ONU, Vassili Nebenzia, a, le , mentionné le bâtiment « Maternity Hospital No 1 », décrit comme un hôpital qui, selon lui, est utilisé par les forces armées ukrainiennes comme point de tir. Il ne fait pas référence au « Maternity Hospital No 3 ». Meduza estime que Lavrov a confondu l'hôpital n° 1, mentionné par Nebenzia, avec l'hôpital qui a été bombardé, l'hôpital n° 3.

Les autorités russes, qui affirment d'abord qu'il n'y a plus de femmes enceintes sur le site, déclarent, après la propagation de photographies de femmes enceintes ayant survécu au bombardement, qu'il s'agit d'actrices jouant le rôle de femmes enceintes pour une mise en scène. Une femme en particulier, dont le visage est très médiatisé, fait l'objet d'une campagne de désinformation. Marianna Vishegirskaya est la cible principale des opérations de désinformation ; elle est accusée d'être une actrice et d'avoir joué le rôle de la femme allongée sur une civière. En , elle prend la parole pour soutenir la candidature de Vladimir Poutine à l'élection présidentielle russe et appelle à voter pour lui, après avoir, en , réfuté l'existence de l'attaque et critiqué les journalistes présents sur place. Selon Le Monde, elle , technique utilisée couramment par la Russie.

Début , la femme politique Ségolène Royal nie l'existence du bombardement, déclarant que . Elle accuse le gouvernement ukrainien et Volodymyr Zelensky de mener une . Critiquée, elle revient partiellement sur ses propos quelques jours plus tard et se défend d'avoir remis en cause les victimes, tout en maintenant que . Elle avait déjà été pointée du doigt en pour ses déclarations .

Notes et références

Liens externes La fabrique du mensonge. Au cœur de la propagande russe, Lumni, .

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