Iván Cepeda Castro, né le à Bogota, est un homme politique colombien de gauche, militant des droits de l'homme et philosophe.

Il est le porte-parole du , une ONG née en 2003 pour réunir les familles des victimes de crimes contre l'humanité et les organisations qui travaillent pour les droits de l'homme.

Membre de la Chambre des représentants de 2010 à 2014, il est sénateur depuis 2014 en tant que membre du Pôle démocratique alternatif. Il est le candidat du Pacte historique à l'élection présidentielle colombienne de 2026.

Biographie Jeunesse et premiers engagements Né à Bogota, Iván Cepeda est le fils aîné de Manuel Cepeda Vargas et Yira Castro, tous deux engagés politiquement à gauche. En 1965, à l'âge de 3 ans, lui et sa famille sont contraints à l'exil en raison de la répression politique, et pendant ses premières années, ils vivent à Prague. À la suite de l'invasion de la Tchécoslovaquie par le pacte de Varsovie, la famille se réfugie à La Havane, la capitale cubaine.

Sa famille retourne en Colombie en 1970 mais reste la cible de violences politiques...

À 19 ans, Iván Cepeda émigre à Sofia en Bulgarie, où il étudie la philosophie à l'université de Sofia. Iván Cepeda revient en Colombie en 1987 et s'engage dans la campagne présidentielle de Bernardo Jaramillo Ossa, candidat de l'Union patriotique, un parti de gauche décimé par des agents de l'État et les paramilitaires. Jaramillo Ossa sera assassiné en 1990.. Iván Cepeda, critique à l'égard du modèle soviétique qu'il juge autoritaire, prend ensuite ses distances avec le Parti communiste colombien, au sein duquel il militait depuis son adolescence, et rejoint en 1990 l'Alliance démocratique M-19..

Le , son père, seul parlementaire de l'Union patriotique encore en vie, est assassiné dans les rues de Bogotá par un groupe paramilitaire. Alors qu’il prenait le bus pour aller à l’université, Iván Cepeda a croisé en chemin la voiture où gisait son père assassiné. Il est descendu du bus et, s'exprimant devant les caméras de télévision présentes sur place, a déclaré en pleurs : « Je demande au pays, au président Ernesto Samper et à tous ceux qui œuvrent pour la justice en Colombie, de faire quelque chose contre cette offensive contre les dirigeants de gauche, et que ce crime ne reste pas impuni, comme celui de tant d'hommes justes et courageux ».

Défense des droits de l'homme Après l'assassinat de son père, Iván Cepeda crée la Fondation Manuel Cepeda avec son épouse, Claudia Girón, pour identifier les auteurs du crime. Il fonde ensuite le Mouvement national des victimes (Movice), composé de 17 organisations qui cherchent à obtenir justice pour les crimes commis pendant le conflit armé.. Les menaces à son encontre se multiplient, ce qui le conduit à s'exiler en France en 2000. Pendant son séjour en France, il obtient une maîtrise en droits de l'homme à l'université de Lyon. Il retourne ensuite en Colombie en 2003 pour reprendre son travail de défense des victimes de la violence étatique et paramilitaire en Colombie. En France, certains de ses articles ont été publiés dans Le Monde diplomatique..

Ivan Cepeda et le Movice ont significativement contribué à la prise de conscience et la reconnaissance de la responsabilité de l'État colombien dans la violence dans le pays, comme l'assassinat d'opposants politiques et les expropriations de terres des communautés rurales. Le travail de l'ONG a aidé à révéler le système de la « parapolitique », soit les alliances entre la classe politique, certains secteurs économiques et les groupes paramilitaires pour controler des régions entières.

Il est à nouveau visé par de nombreuses menaces de mort en 2025 après la condamnation de l’ancien président Álvaro Uribe (2002-2010) à douze ans d'assignation à résidence pour subornation de témoin. Iván Cepeda l'avait accusé d’avoir entretenu des relations étroites avec des groupes paramilitaires d’extrême droite. À la suite de ces accusations, l’ex-président avait à son tour incriminé le sénateur Cepeda pour ses propos, mais la justice avait décidé d’ouvrir une enquête contre Álvaro Uribe en 2018, lui reprochant d’avoir manipulé des témoins de façon systématique afin de discréditer les accusations du sénateur..

Carrière politique Iván Cepeda se présente à la Chambre des représentants lors des élections législatives de 2010. Il obtient plus de et est élu en tant que membre du Pôle démocratique alternatif. Lors des élections de 2014, Iván Cepeda choisit de se présenter au Sénat, obtenant un total de et se faisant élire avec succès. Il est réélu en 2018, remportant , puis de nouveau en 2022.

Au Sénat, il se fait connaître comme l'une des figures les plus visibles de la gauche, dénonçant publiquement des hommes politiques et entreprises pour leurs liens avec des paramilitaires. Il maintient des liens étroits avec les mouvements sociaux.

Il participe entre 2012 et 2016 aux négociations de paix entre le gouvernement colombien et les FARC. Il négocie ensuite, sous le gouvernement de Gustavo Petro (2022-2026), avec l'Armée de libération nationale (ELN), mais les négociations n'ont pas abouti à la démobilisation du groupe rebelle. Il participe également à des négociations pour la reddition de narcotrafiquants du Clan del Golfo.

Candidature à l'élection présidentielle de 2026 Il est désigné le , lors de la primaire du Pacte historique, comme candidat à l’élection présidentielle de 2026 après avoir recueilli lors de cette primaire plus de 1,6 million de voix sur un total de 2,6 millions de votes. Sa candidature a été soutenue par le Pôle démocratique alternatif, l'Union patriotique, le Parti communiste et les Comunes, ainsi que par divers syndicats, organisations paysannes ou indigènes et associations de victimes du conflit armé. Il a pour colistière pour la vice-présidence la sénatrice indigène Aida Quilcué, figure de la défense des peuples autochtones.

Sa campagne est décrite comme austère. Il se tient éloigné des réseaux sociaux et donne peu d’interviews aux médias, privilégiant une campagne de terrain. Ses adversaires politiques le qualifient sans preuves « d'héritier des FARC » en raison de la relation de confiance qu'il a établie avec les chefs de la guérilla durant le processus de paix. En février 2026, sa colistière Aida Quilcué est enlevée par des hommes armés et séquestrée pendant plusieurs heures.

Son programme met l'accent sur la poursuite de la « paix totale » (négociations de paix avec l'ensemble des acteurs du conflit armé), la réconciliation nationale et la défense des droits humains.

Il prône la poursuite des réformes sociales entamées par Gustavo Petro, avec notamment une augmentation substantielle du salaire minimum, une amplification de la réforme agraire en remettant un million d'hectares aux victimes du conflit armé, l’extension des prestations sociales et l’amélioration des services de base, ou encore la création d'une Banque du peuple vers laquelle pourraient se tourner les ménages les plus vulnérables afin de solliciter des micro-crédits leur permettant de développer leurs activités. Il propose une meilleure redistribution des richesses grâce à une meilleure progressivité fiscale, l’augmentation des impôts sur les grandes fortunes et les résultats des grandes entreprises.

Il insiste également sur le concept « d’austérité républicaine », qui consiste en une réduction des salaires du président et de ses ministres, ainsi qu’un contrôle plus strict des dépenses des services publics.

La préservation de l'environnement et des droits des peuples autochtones ont occupé une place importante dans sa campagne. Il soutient la réduction de la dépendance de la Colombie aux combustibles fossiles, tout en se déclarant favorable à la poursuite de la politique du président sortant visant à orienter le pays vers les énergies renouvelables et à l’éloigner de tout nouveau développement pétrolier et gazier. Sur le plan international, il propose une politique étrangère non alignée et refuse les pressions de Washington envers la Colombie, mettant l'accent sur la reconnaissance de l'État palestinien et l'intégration latino-américaine. Il défend le concept de l’Amérique latine comme une zone de paix, en s’opposant à la présence des bases militaires étrangères et aux interventions armées américaines dans la région.

Vie privée Iván Cepeda est marié à Pilar Rueda, anthropologue et fonctionnaire de la Juridiction spéciale pour la paix. Il sont parents de deux enfants.

Il a écrit des livres sur Sigmund Freud et Michel Foucault.

Notes et références

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