L' est une petite ville romaine située entre et d’altitude, au pied du puy de Dôme et de son sanctuaire dédié à Mercure. L'agglomération est implantée au cœur du territoire de la cité des Arvernes, en Gaule aquitaine, à seulement une dizaine de kilomètres de sa capitale /Clermont-Ferrand.
Le site du col à proprement parler est occupé dès la fin de la protohistoire, bien que la nature de cette occupation ne soit pas connue. L'implantation de l'agglomération secondaire romaine est datée du courant du Structurée par la voie d'Agrippa entre (Lyon) et (Saintes), cette ville polynucléaire occupe entre une dizaine et une quinzaine d'hectares, sur lesquels ont été reconnus quatre secteurs. Au col et directement au contact de la voie d'Agrippa, le relais routier constitue le cœur de l'agglomération. Tout en régulant le flux des voyageurs et des pèlerins souhaitant gravir le puy de Dôme pour accéder au sanctuaire sommital de Mercure, sa fonction était probablement de fournir des lieux d'hébergement, de restauration et des boutiques aux voyageurs de tous horizons. La partie nord, à partir de laquelle s'effectuait l'ascension de la montagne sacrée, se caractérise par une zone cultuelle où s'élevait un sanctuaire, dont le plan a été perçu par les sondages et dont l'étude céramique a confirmé l'existence. À l'opposé du secteur cultuel, en direction du sud-est s'étend une zone funéraire où a notamment été fouillé l'un des plus imposants bûchers funéraires des Gaules. Le quartier bas, implanté à environ à l'ouest du col, toujours au contact de la voie d'Agrippa, constitue le dernier secteur de cette agglomération, qui est abandonnée après le milieu du sans que la raison en soit connue.
Tout comme les autres territoires de la chaîne des Puys, le col de Ceyssat a été l'objet d'un intense reboisement depuis la fin du . En dépit des difficultés d'accès à ce terrain, la connaissance archéologique de l'agglomération antique est essentiellement due aux opérations d'archéologie programmée, sondages et prospections pédestres, dirigées par Frédéric Trément de l'Université de Clermont-Ferrand. Quelques opérations de sondages d'archéologie préventive, liées à l'aménagement du territoire, documentent plus ponctuellement la ville antique.
Contextes Contexte géographique vignette|gauche|alt=Photographie noir et blanc montrant un premier puy au premier plan et d'autres à l'arrière-plan.|Vue sur le puy des Grosmanaux à l'avant-plan à gauche, le puy de Dôme à l'arrière-plan à droite et le col de Ceyssat à ses pieds (photographie des années 1930).
Le col de Ceyssat se trouve au pied du versant méridional du puy de Dôme. qui est le plus haut sommet de la chaîne des Puys, visible à au moins plusieurs dizaines de kilomètres. Culminant à d'altitude, le col était jusqu’au le principal point de passage entre la vaste plaine de la Limagne à l'est, les monts Dore au sud-ouest et les Combrailles au nord-ouest.. Le col de Ceyssat à proprement parler correspond au tripoint entre les communes de Ceyssat, Saint-Genès-Champanelle et Orcines.
L'agglomération, implantée à une altitude comprise entre et , est entourée de plusieurs volcans : au nord le puy Lacroix, anciennement puy Redon, dont les pentes de 40 à constituent le flanc méridional du puy de Dôme auquel on accède par le chemin des Muletiers ; au sud le puy des Grosmanaux ; au sud-ouest le puy Besace.
Le climat y est rude, marqué par des hivers rigoureux, des étés où les orages peuvent être violents, et des pluies et brouillards fréquents. La forêt qui recouvre le col est composée d'épicéas et de hêtres plantés entre la fin du et le début du dans le cadre d'un vaste programme de reboisement de la chaîne des Puys.. Si ce relief boisé a parfois rendu les recherches difficiles, il n'en a pas moins protégé le site en freinant l'érosion des pentes dont les sédiments ont anciennement recouvert les vestiges, permettant par exemple de conserver certains murs sur une élévation de plus d'un mètre.
La géologie du col de Ceyssat se caractérise par des produits éruptifs trachytiques issus du cratère d'explosion du Kilian, lesquels s'étendent jusqu'au col.. L'occupation humaine s'est traduite, au cours de l'Antiquité, par l'aménagement de terrasses qui ont durablement modifié l'organisation du terrain jusqu'à l'abandon du site et leur rupture.
Contexte archéologique vignette|gauche|alt=Carte des quatre départements de l'ancienne région Auvergne, ainsi que les départements limitrophes, avec en surligné le territoire de la cité des Arvernes.|Le territoire de la cité des Arvernes à l'époque romaine.
Le site archéologique du col de Ceyssat se trouve dans la cité antique des Arvernes dont le territoire correspond à la totalité des départements du Puy-de-Dôme et du Cantal, au sud et sud-est du département de l’Allier, et au tiers nord-ouest du département de la Haute-Loire. La est l'héritière de la cité gauloise arverne et prend place au sein de la province d'Aquitaine. Sa capitale est construite à la fin du à l'emplacement de la future ville de Clermont-Ferrand, laquelle se trouve environ à l'est de l'agglomération secondaire du col de Ceyssat.
À l'exception du temple de Mercure au sommet du puy de Dôme, l'environnement archéologique de l'agglomération est peu connu. Quelques sites sont toutefois documentés dans un rayon de quelques kilomètres, sur les communes de Ceyssat et d'Orcines.
À environ à l'ouest du col à proprement parler (environ à l'ouest de l'agglomération depuis le quartier bas), la partie thermale d'une villa romaine a été fouillée au cours des années 1970 sur la commune de Ceyssat, au lieu-dit « Pré Bonjean ». Bien qu'elle ne soit pas précisément datée, son occupation ne semble pas dépasser la fin du . Sur la commune d'Orcines, à l'est, au lieu-dit La Baraque, soit à environ du col, la présence d'un autre habitat rural luxueux interprété également en tant que villa a été trahie par la découverte, à la fin du , de tesselles de mosaïque. La dernière mention d'un riche habitat rural se trouve également sur la commune d'Orcines, au lieu-dit Mazière/Mazeiras. Un trésor monétaire gaulois y a été trouvé au milieu du tandis que des constructions romaines importantes y sont signalées à la fin du même siècle, tout comme des tubulures d'hypocauste. D'autres fouilles y ont été menées dans les années 1980 et ont mis au jour d'autres vestiges sur une superficie estimée à .. Tandis que les auteurs de la Carte archéologue du Puy-de-Dôme voient dans ce dernier site les éléments d'une villa, son fouilleur y voit un relais avant l'ascension du puy de Dôme.
Trois inscriptions sur domite ont été découvertes à la fin du sur la commune d'Orcines, au lieu-dit La Tourette... Ces inscriptionsToutes les notices des inscriptions épigraphiques de la cité des Arvernes, publiées en 1996 , sont consultables en ligne sur le site internet de la base . Le numéro de notice qui accompagne la pagination de chaque référence à correspond, pour chaque inscription, au numéro de la notice consultable sur le site internet de PETRAE., dont deux sont gravées sur des statues, sont des dédicaces à Mercure faites par Vindonius SilvanusPremière inscription : | | ( : « Consacré à Mercure, Vindonius Silvanus (a offert cette dédicace) » . Seconde inscription : ( : « Consacré à Mercure, Vindonius Silvanus (a offert cette statue) » . Troisième inscription : | | (' : « Consacré à Mercure, Vindonius Silvanus (a offert cette statue) » . et datées de 151-180 par Bernard Rémy. Deux autres inscriptions sur domite, beaucoup plus lacunairesPremière inscription : ( . Seconde inscription : ( ., ont également été signalées à la fin du même siècle tandis qu'un autre fragment de statue ainsi qu'un trident, dont la découverte a été signalée à La Baraque, proviennent plus vraisemblablement de ce site. La présence de ces trois dédicaces a mené à une interprétation des lieux comme un petit sanctuaire de Mercure implanté à proximité de la voie romaine ; une borne routière de Claude a également été trouvée dans les environs. Des recherches réalisées en 2019 au même lieu-dit n'ont pas permis de retrouver l'emplacement exact des découvertes anciennes..
Historiographie Découvertes anciennes vignette|alt=Vue plongeante depuis la route du puy de Dôme sur le col de Ceyssat et les autres dômes de la chaîne des Puys en direction du sud.|Le col de Ceyssat vu depuis le puy de Dôme, vers 1930.
La première mention connue de vestiges au col de Ceyssat remonte au début du , lorsque le baron La Force évoque d'anciennes fouilles de l'architecte Ledru ainsi que ses propres observations. La présence de terres cuites architecturales, de céramiques et de constructions est fréquemment rapportée au cours du même siècle, notamment par Henri Lecoq, Jean-Baptiste Bouillet et Pierre-Pardoux Mathieu. Ce dernier porte un intérêt particulier au puy de Dôme auquel il consacre une étude en 1875, ce qui lui permet d'approfondir l'inventaire des découvertes réalisées au pied du sanctuaire sommital.
À la fin de ce siècle, Émile Alluard attire l'attention de l'Académie de Clermont-Ferrand sur les menaces qui pèsent sur les vestiges... Un incendie qui détruit une maison mène en 1886 à l'ouverture de deux tranchées de chacune. Le capitaine Noir de Chazournes, chargé par le général de Champvallier d'en lever le plan, mentionne des « traces non équivoques de construction, mais qui, à première vue du moins, ne révèlent en rien des monuments importants ». L'aménagement du col mène à d'autres découvertes, comme lors du creusement des fondations d'une écurie au cours de l'hiver 1886-1887, lorsque sont mis au jour des fragments architectoniques ainsi qu'une stèle ensuite transférée au musée d'Archéologie nationale.
Auguste Audollent, professeur d'histoire à l'université de Clermont, s'intéresse au sommet du puy de Dôme lorsqu'un projet de funiculaire voit le jour et que des fouilles sont engagées à son sommet sous sa direction et celle de l'architecte Gabriel Ruprich-Robert. Ces fouilles sont l'occasion de glaner des informations auprès des ouvriers et de la population locale, notamment en ce qui concerne les découvertes au col de Ceyssat. L'aménagement de la nouvelle voie d'accès au sommet du puy de Dôme est d'ailleurs l'occasion de la découverte d'une statue en 1906 : « à 150 mètres environ en contrebas du croisement de la nouvelle voie avec le sentier qui va de Ceyssat au sommet du puy de Dôme. Le fragment faisait partie d’un éboulis tombé du talus sur la neige de la tranchée »..
Diverses trouvailles dont la date de découverte n'est pas connue remontent probablement à la fin du ou au début du : bracelet donné par Georges Desdevises Du Dézert, statuette en bronze, bracelet/anneau de jambe du Hallstatt., céramiques communes et sigillées...
Le site tombe dans l'oubli jusqu'à la mention de découvertes ponctuelles à la fin des années 1950 et au début des années 1960... Le col est cependant toujours évoqué à l'occasion de publications sur les voies romaines...
Les décennies 1980 et 1990 sont quant à elles marquées par de multiples fouilles clandestines.
Redécouverte du site