Le royaume Kom est l’un des plus importants royaumes de la région des Grassland au nord-ouest du Cameroun. Il tire son origine de flux migratoires débutant au depuis laquelle émergent trois dynasties. La croissance démographique provoque l'expansion du territoire jusqu'à son apogée à la fin du . Situé sur un territoire d’environ , il s’organise autour de sa capitale Laikom et comprend historiquement quarante-deux villages et plusieurs États vassaux. Aujourd’hui, le royaume Kom conserve une forte identité culturelle tout en étant intégré dans l’État camerounais moderne.

Géographie Le royaume Kom se situe au cœur des Grasslands, dans une zone de savane entrecoupée de vallées boisées. Ses frontières lient Kom à Oku et Nso à l’est, Kedjom Keku et les plaines de Ndop au sud, Bafut à l’ouest, et Bum et Mmen au nord.

Histoire Selon la tradition orale, les ancêtres des Kom migrent de Ndobo, dans le nord du Cameroun, avec d’autres groupes tikars, avant de s’installer à Babessi. Une légende rapporte un conflit avec le roi de Babessi qui conduit à la mort d’une partie des Kom et au suicide rituel de leur roi. Le python considéré comme son incarnation guide alors les survivants vers leur établissement définitif à Laikom, après plusieurs étapes migratoires.

Le premier souverain de Kom est Jinabo I. Trois grandes lignées constituent les clans fondateurs : Ekwu, Intinalah et Achaf. Dès le , une expansion se produit en raison de la croissance démographique et du besoin de terres agricoles et de chasse. Plusieurs nouvelles localités apparaissent, dont Njinikom, qui accueille des exilés et dissidents. La fin du et le début du marquent l’affirmation de la puissance de Kom. Les guerres contre les voisins aboutissent à l’annexion de territoires dans la vallée de Belo et dans le sud, où des communautés comme Baiso, Mbengkas et Mejang deviennent vassales du royaume. Sous le règne de Yuh I (1865–1912), Kom atteint son extension maximale et s’impose comme le principal exportateur d’esclaves dans la région des Grasslands.

À la fin du et au début du , Kom fait face à la colonisation allemande puis britannique. Le pouvoir du fon (roi) est placé sous tutelle coloniale. Des réformes administratives, telles que la création de Native Authorities en 1922, modifient les structures traditionnelles. Le christianisme est introduit en 1927. Après la Seconde Guerre mondiale, les élites kom s’impliquent dans les mouvements nationalistes, notamment par le biais du Parti démocratique national du Kamerun (PDNK), actif dans les années 1950.

À la réunification du Cameroun en 1961, le royaume traditionnel Kom est intégré dans l’État national. En 1992, la création du département du Boyo redéfinit le territoire administratif du royaume, réparti entre les subdivisions de Belo, Njinikom et Fundong. Les années 1990 et 2000 voient d’importantes transformations, avec la construction de routes bitumées et l’introduction des télécommunications, qui modifient profondément les échanges et les modes de vie. Le royaume conserve néanmoins une identité culturelle forte, liée à ses traditions politiques et artistiques.

Société vignette|Statue de reine-mère Christraud M. Geary, « Memorial figure of a queen mother : Kom kingdom, Cameroon, mid-19th century », in Africa: the art of a continent: 100 works of power and beauty, Guggenheim Museum Publications, New York, 1996, p. 154-155.

Organisation politique Le pouvoir est exercé par le fon (roi), détenteur d’une autorité sacrée, entouré de ses conseillers, gardes, épouses et pages. Il est assisté par le nkwifoyn, organe exécutif chargé de contrôler ses décisions et de garantir un équilibre des pouvoirs. Dans les villages, les ibonteh (chefs) représentent l’autorité royale et assurent l’application des décisions.

Vie économique et culturelle L’économie repose sur l’agriculture, pratiquée principalement par les femmes, qui cultivent le maïs, base alimentaire, ainsi que des produits tels que les ignames, les , le manioc, la patate douce, l’arachide ou l’okra. L’artisanat occupe une place centrale, notamment la sculpture sur bois, domaine pour lequel Kom est réputé. Une école de sculpture fondée sous le règne de Yuh produit l’« Afo-a-Kom », statue de bois grandeur nature devenue emblème artistique du royaume.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Catégorie:Ancien royaume en Afrique Catégorie:Histoire du Cameroun Catégorie:État précolonial en Afrique Catégorie:État fondé au XVIIIe siècle Catégorie:État disparu au XIXe siècle