Simone Dat, née le à Paris et morte le dans la même ville, est une artiste peintre française de la seconde École de Paris.

Biographie Formation vignette|gauche|200px|Académie de la Grande-Chaumière, Paris. vignette|200px|La Ruche, Paris. Simone Dat naît dans le de Paris du mariage d'Aimé Dat, stomatologue, et de Marie-Madeleine Deschamps. N'étant âgée que de neuf mois lorsque son père décède des séquelles de la tuberculose contractée dans les tranchées de la Première Guerre mondiale, c'est après ses premières années vécues rue de la Chaussée-d'Antin qu'elle passe son enfance à Villiers-sur-Marne dans où sa mère s'installe. Bachelière au terme d'une scolarité effectuée à l'Institut Montalembert de Nogent-sur-Marne, elle est successivement élève à Paris d'une académie de peinture du située rue de la Pompe, de l'Académie Julian où elle a pour condisciples Claude Autenheimer, Élisabeth Dujarric de la Rivière et Françoise Sors, puis des ateliers libres de l'Académie de la Grande-Chaumière où elle rencontre Michel de Gallard, Michel Thompson et Paul Rebeyrolle.

L'Homme témoin Occupant alors une chambre de bonne située boulevard Raspail, sa pratique intense du dessin - copiant alors plus particulièrement ceux d'Albrecht Dürer qui influenceront durablement son graphisme - lui vaut, restitue Éric Mercier, les compliments de Bernard Lorjou qui l'invite dès 1948 à participer symboliquement, avec un dessin intitulé Portrait de jeune femme pensive, à l'exposition du Premier Manifeste de l'homme témoin à la Galerie du Bac que dirige Geneviève Degomme à Paris. Le manifeste, signé de Jean Bouret, que publie alors la galerie - y lit-on Jean Bouret, Manifeste de l'homme témoin, éditions de la Galerie du Bac, 1948. - cautionne la perception qu'a Michel Ragon de Michel Ragon, Vingt-cinq ans d'art vivant, 1944-1969, Casterman, 1969. et donne la mesure de l'opposition figuration/abstraction comme , le groupe de L'Homme témoin observant la même distanciation à l'égard du Réalisme socialiste qui pour sa part est plutôt accueilli au Salon d'automne, à l'instar cette année-là des Parisiennes au marché d'André Fougeron Sarah Wilson, Éric de Chassey, Gladys Fabre, Simonetta Fraquelli, Nicholas Hewitt, Katarzyna Murawska-Muthesius et Kenneth E. Silver, Paris, capitale des arts - 1900-1968, Hazan, 2002..

Francis Parent peut ainsi situer le nom de Simone Dat au cœur de cette émergence Francis Parent, Entendre l'écrit - Recueil de textes critiques, E. C. Éditions, Paris, 1999, ., quand bien même est-ce seulement l'année suivante qu'avec Bernard Buffet, Jean Couty, Robert Charazac et André Minaux, elle rejoint de fait Bernard Lorjou, Yvonne Mottet, Paul Rebeyrolle, Gaston Sébire et Michel Thompson au sein du groupe de l'Homme témoin Francis Parent et Raymond Perrot, Le Salon de la Jeune Peinture - Une histoire, 1950-1983, éditions Jeune Peinture / Les Imprimeurs libres, 1983, . Junko Shibanuma, Lorjou, éditions Fus-Art, 2000, .. Pour cette seconde exposition, évoque Bernard Dorival, Bernard Dorival, « La réaction figurative », Les peintres du vingtième siècle - Du cubisme à l'abstraction, 1914-1957, éditions Pierre Tisné, 1957, .. À propos de Simone Dat, on observe plus spécifiquement qu'Musée Mendjisky - Écoles de Paris, Les Insoumis de l'art moderne - Paris, les années 50, dossier de presse, 2016.

La Jeune Peinture vignette|200px|Francis Gruber, Autoportrait, huile sur toile, 1942 (Musée des Beaux-Arts de Nancy) En la même année 1949, elle s'installe définitivement dans l'atelier en rez-de-jardin qui fut celui de Chaïm Soutine à La RucheJacques Michel, « Le franc-parler de Simone Dat », Le Monde, 30 janvier 1974., épousant Paul Rebeyrolle en . Elle n'en revendique pas moins l'influence de Chaïm Soutine et celle de Francis Gruber (1912-1948) envers qui son admiration va jusqu'à un réel attachement posthume : dans sa toile Métro qu'elle expose au Salon de la Jeune Peinture, le modèle serait un nommé Lirot qui fut celui de Francis Gruber et une petite table qui meuble son atelier, où elle dépose pinceaux, couleurs et térébenthine, appartint à ce dernier.

Avec le soutien des critiques d'art Pierre Descargues et Jean Bouret, le Salon des moins de trente ans prend en 1950 le nom de Salon des jeunes peintres Jean Bouret, « L'art figuratif - Les amoureux de la nature », dans ouvrage collectif sous la direction de Robert Lebel, Premier bilan de l'art actuel, Le Soleil noir, 1953. pour René Huyghe de l'Académie française et Jean Rudel, L'art et le monde moderne, Larousse, 1970, . dans lequel elle s'engage, un groupe dit « les artistes de La Ruche » s'y constituant et affirmant sa spécificité, : la toile La Femme au gant qui vaut à Paul Rebeyrolle l'attribution du Prix de la Jeune Peinture en cette première année est un portrait de Simone Dat.

C'est lors du quatrième Salon qui se tient en 1953 à la Galerie d'Amérique - Jean-Albert Cartier, « Le Salon des jeunes peintres », Combat, janvier 1953. - que le nom de Simone Dat apparaît, avec ceux de Bernard Buffet, Paul Collomb, Michel de Gallard et Mireille Miailhe, parmi les plus cités par la critique. Au terme de ce quatrième salon, soit le , son comité fonde l'Association de la Jeune Peinture, le Salon adoptant alors ce dernier nom pour s'installer seize années durant au Musée d'art moderne de la ville de Paris où Simone Dat reçoit en 1954 le Prix Fernand-Léger des propres mains du maître. On la constate ainsi, en 1956, avec un , perçue comme et, lors du quinzième Salon, en 1964, elle est membre du jury avec à ses côtés Gérard Tisserand, Pierre Garcia-Fons, Hélène Girod de l'Ain et Élisabeth Dujarric de la Rivière. Dans le même esprit, on retrouve en 1957 le nom de Simone Dat attaché au Salon des peintres témoins de leur temps fondé par Isis Kischka et qui puis, dans la décennie 1960, elle expose également en Italie, au Japon et aux États-Unis.

Sauvegardes, de la Ruche à Oletta vignette|200px|Oletta (Corse) Diversifiant ses activités en créant en 1959 le club de jazz « Le Nuage » au 5, rue Bernard-Palissy, puis divorçant de Paul Rebeyrolle en 1962, sa rencontre à Saint-Germain-des-Prés du Portoricain Juan (dit « John ») Romero, figure de l'engagement contre le racisme à New York et premier homme de couleur à la tête d'un club de jazz à Downtown, donne naissance à sa fille Candida Romero à La RucheCaroline Clavier, « La Ruche comme refuge d'une lignée d'artistes », Côté Maison, 6 juillet 2018. en Registres d'état-civil de la mairie du 15 arrondissement de Paris, donnant à corriger la date de 1962 proposée par Le Delarge., année où Simone Dat anime le comité de défense qui, présidé par Marc Chagall, va parvenir, avec des dons d'artistes ou des soutiens financiers tels que celui de René et Geneviève Seydoux, mais qui, dans les années 1980, obtiendra la reconnaissance d'utilité publiqueJean-Paul Crespelle, La vie quotidienne à Montparnasse à la grande époque, 1905-1930, Hachette, 1976 Charles Sorlier et Pierre Provoyeur, Chagall, le patron, Librairie Séguier, Paris, 1989. Dominique Paulvé, La Ruche - Un siècle d'art à Paris, Gründ, 2002.Nathalie Hadrbolec, Claude Autenheimer. Aux élections législatives de mars 1978, Simone Dat se porte candidate pour la circonscription de la Seine du mouvement Choisir la cause des femmes fondé par Simone de Beauvoir, Gisèle Halimi et Jean RostandInternet Archive, Èlections législatives de mars 1978, affiche de la candidate Simone Dat.

Élève de l'École des enfants du spectacle initialement attirée par le chant et la comédie (dans son film La Smala, en 1984, Jean-Loup Hubert lui confie le rôle de Lucie qui chante Trip HLM) devenue artiste plasticienne Gilbert Lascault, Candida Romero - Jardins secrets, peintures, éditions Galerie Albert Loeb, Paris, 300.« Les fantômes de Candida Romero », Connaissance des arts, 4 août 2008, Candida Romero va occuper un temps l'atelier qui fut celui de Marc Chagall à La Ruche - elle est, autour de 1987, le modèle de Simone Dat dans une suite de toiles intitulées Amazone - avant que mère et fille ne s'investissent ensemble, à partir de 2000, dans la réhabilitation du couvent Saint-François d'Oletta, en Corse, où Simone Dat s'aménage un second atelierMichèle Leloup, « Couvents corses à vendre », L'Express, 16 août 2001« C'est une histoire de femmes, de pierres et de courage… », Comme une envie d'escapades…, septembre 2012Caroline Clavier (texte) et Nicolas Millet (photos), « Repaire sacré », Maisons Côté Sud, 7 octobre 2017. Cette entreprise leur vaut d'emporter le Prix Émile Garcin des Vieilles maisons françaises et le concours « Un patrimoine pour demain » du magazine Le PèlerinSandra Carlotti, « Un prix de 10.000 euros pour le couvent d'Oletta », Corse matin, 10 novembre 2009« Un patrimoine pour demain - Oletta », Le Pèlerin (visionner en ligne - Source : YouTube ; durée : 1'35") avant d'être élue « le jardin préféré des Français » dans l'émission éponyme de la chaîne de télévision France 2French gardens, Les jardins du couvent Saint-François, un jardin en Corse.

Simone Dat peint jusque dans les derniers jours de sa vie. Morte le , ses cendres reposent au columbarium de la 87 division du cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Expositions vignette|200px|Couvent Saint-François d'Oletta, 2018. Expositions personnelles Galerie Saint-Germain, 202 boulevard Saint-Germain, Paris, 1956 Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001, ., novembre- (Simone Dat - L'homme des bars) Éric Mercier, Années 50 - La Jeune Peinture, tome 2 : Panorama de la Jeune Peinture, Art Acatos, 2010.. , Londres, à partir de 1960. Philippe Reichenbach Gallery, Houston, 1960. Galerie 7, 7 rue de Miromesnil, Paris, 1962. Galerie Déon-Mayer, 115, rue Vieille-du-Temple, Paris, 2003. Salle collective de la Ruche, 2, passage de Dantzig, Paris, La Ruche, Exposition Simone Dat, septembre 2017.. Simone Dat - Rétrospective, couvent Saint-François d'Oletta, juillet-.

Expositions collectives vignette|200px|Grand Palais, Paris, 1951, 1952, 1953 vignette|200px|Musée Galliera, Paris, 1957. vignette|200px|Musée Estrine, Saint-Rémy-de-Provence, 2010. Premier Manifeste de l'homme témoin, Galerie Geneviève Degomme, Paris, 1948, Portrait de femme pensive, dessin Éric Mercier, Années 50 - La Jeune Peinture, tome I, L'Alternative figurative, .. Second Manifeste de l'homme témoin, Galerie Claude, 33, rue de Seine, Paris, Jeune Peinture, les dates. Salon des jeunes peintres, prenant en 1954 le nom de Salon de la Jeune Peinture, Paris, 1950-1957, 1959, 1960, 1964, 1965. Salon d'automne, Grand Palais, Paris, 1951. Vingt-huit jeunes peintres, vingt-huit jeunes femmes (portraits) - Paul Aïzpiri, Roger Bezombes, Bernard Buffet, Philippe Cara Costea, Jean Carzou, Antoni Clavé, Jean Cortot, Simone Dat, Michel de Gallard, Dany Lartigue, Mick Micheyl, Jean Navarre, Michel Patrix, Paul Rebeyrolle, Michel Thompson…, Galerie Drouant-David, Paris, - . Five young French realists : Paul Rebeyrolle, Simone Dat, Michel de Gallard, Roger Grand, Michel Thompson, Arcade Gallery, Londres, mars- Arcade Gallery, Five young French realists, catalogue d'exposition, 1952.. Salon des indépendants, Grand Palais, Paris, 1952, 1953. Salon de Mai, Paris, 1954-1969. L'École de Paris, Galerie Charpentier, Paris, . La Nouvelle Vague, Galerie Fromond, Paris, 1955 Marcel Zahar, « La Nouvelle vague », Arts, janvier 1955.Pierre Basset, « Simone Dat », I Culori d'Umani. Biennale de Bruges, 1956. La Jeune Peinture de Paris, Marlborough Gallery, Londres, 1956, 1957. Salon des peintres témoins de leur temps, Musée Galliera, Paris, mars- (thème : Le sport ; toile présentée : L'autobus du parc des Princes) Pierre Descargues, « Simone Dat », Les peintres témoins de leur temps, vol.6 : Le sport, Achille Weber / Hachette, Paris, 1957, .. Biennale de Paris, Musée d'art moderne de la ville de Paris, , septembre-.