Mathieu Majal, dit Désubas, né le aux Ubas près de Vernoux-en-Vivarais, et mort le à Montpellier, est un pasteur du désert français. Il est dénoncé, arrêté dans la nuit du 11 au , condamné à mort le et pendu sur l'Esplanade de Montpellier le lendemain.

Biographie

Famille Mathieu Désubas est le fils de Jacques Majal et de Marie, née Chapon, et tire son pseudonyme de son lieu de naissance, les Ubas (ou Ubats). Ubas est le nom d’un quartier, surnom de versants dans le Midi faisant face au Nord et également du versant de Ladreyt dans le sens opposé. Il a été baptisé le par le vicaire Delichères. Son parrain est Jean Vincent et sa marraine Louise de Sainte-Aggrève (qui selon toutes vraisemblances était illettrée malgré sa noblesseD’après les Archives de Vernoux, renseignement de Paul de Magnin). Il a comme ainé sa sœur Isabeau Majal né en 1709 et son frère Jean-Pierre Majal né en 1712. Il est lui aussi ainé de deux autres membres de sa fratrie dont un François Majal. L'un de ses deux frères est né le . Les Majal sont des propriétaires terriens par hérédité d’un domaine qu’ils exploitaient pour l’agriculture, ils font partie des nouveaux convertis.

Avant les études Le confesseur Pierre Durand, qui arpente le Vivarais en ces temps, a inspiré une vocation de foi chez le jeune Matthieu Majal. Sa foi se consolide lorsque Pierre Durand fut arrêté près d’Ubas et a été martyrisé à Montpellier.

Il est reçu dans le corps des prédicateurs le Recueil de La Voulte.

Études À l’âge de 14 ans (1734), il prend définitivement la voie de la théologie et du protestantisme. Malgré les arrestations et le démantèlement partiel en 1735 d’une assemblée protestante dans la paroisse de Bruzac, il a continué ses études théologiques et de latin. Il a commencé à souffrir d'asthme à partir de ses études.

Le proposant Dunière dit Lacombe et le pasteur Boyer dit Dub[os] (nom de guerre), personnage ambiguë, le forment l'un après l’autre. Boyer est soupçonné d'avoir fauté en ayant une liaison avec Suzanne Février, une enquête a été ouverte par Pierre Durand mais n'a pas pu aboutir du fait de son arrestation. En , en tant que son précepteur Boyer lui conseilla par lettre de traduire les manuscrits de Turretin, d’apprendre le français et la géographie. L’enseignement de Boyer coupe cours lorsque celui-ci tombe malade et a été contraint de renoncer au service de l’Eglise, il meurt à Berne en 1740.

Alors que le culte protestant reste interdit depuis la révocation de l'édit de Nantes, Mathieu Majal est reçu comme « proposant » en 1738. Avec accord de la synode le , Désubas est devenu étudiant au séminaire de Lausanne d' à . Lausanne était considéré comme « école de la mort » qui « alimentait l'échafaud »D'après l'Histoire de France, Louis XV, page 12. Note dans Désubas de Daniel Benoît. à cause des nombreux martyrs s'y étant formés. Il est consacré à Lausanne le puis est pasteur dans le Vivarais et le Languedoc.

Arrestation Alors qu'il devait prêcher au Chambon le , il est arrêté près de Saint-Agrève, sur dénonciation. Il est conduit à Vernoux, où une foule nombreuse essaie de le délivrer. S'ensuit une fusillade qui tue trente-six coreligionnaires. De sa prison, Majal écrit à la foule un message d'apaisement : Jean Estéoule, op. cit., p. 198..

Conduit et incarcéré à Montpellier, capitale du Languedoc, il est interrogé par l'intendant. En vertu d'un édit de Louis XV, il est condamné à mort et pendu le sur l'esplanade où Claude Brousson et Pierre Durand avaient été exécutés. Dans une dernière lettre de consolation à ses parents, il écrivait : .

Complainte Comme d'autres pasteurs du Désert, Désubas est commémoré par une complainte (avec des variantes). Voici quelques strophes citées par Jean Carbonnier :

« Notre glorieux prince A proscrit pour jamais De toutes ses provinces La loi des réformés. Pourquoi faire violence ? Monsieur, vous avez tort, Et selon l'ordonnance, Vous méritez la mort. Zubas avec constance Répond à ce seigneur : Si j'ai prêché en France La loi de mon Sauveur, Les apôtres en Judée, En Galilée épars, Prêchaient en ces contrées En dépit de César.

Il répondit humblement Qu'il avait modestement Prêché le saint Évangile Dans les bois et dans les champs, Au peuple pauvre et docile Qu'on appelle protestants. »

Hommages

Désubas est commémoré le dans le calendrier des églises luthériennes. Une stèle a été érigée en sa mémoire à Vernoux. Son nom est inscrit sur la plaque commémorant les exécutions de pasteurs sur l'Esplanade à Montpellier..

Références

Voir aussi Bibliographie Focus sur la complainte sur la mort de Monsieur Désubas, sur le site du musée du Désert, consulté le . .

Articles connexes Pierre Durand, pasteur ardéchois également exécuté à Montpellier.

Liens externes

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