thumb|300px|L'ancien drapeau national de 1918 et 1991-1995 est devenu un symbole de l'opposition au régime du président Alexandre Loukachenko
Le gouvernement de la Biélorussie est critiqué pour ses violations des droits humains relatifs à la liberté d'expression et à l'indépendance des journalistes, à la liberté d'association, notamment par ses persécutions des organisations non gouvernementales ; à la liberté de réunion, par ses interdictions et répressions sévères de manifestations, au travers de lois justifiant des délits d'opinion, par son appel aux forces armées pour réprimer les manifestations de masse, par sa pratique de la torture et d'autres mauvais traitements. Sur le plan judiciaire, il est accusé d'organiser des procès inéquitables favorisant la répression des dissidences, l'éloignement des opposants politiques et des défenseurs des droits humains ; de non-respect des droits de l'enfant en leur imposant, notamment, des peines d'emprisonnement pouvant s'accompagner de sévices physiques ; d'avoir recours secret à la peine de mort ; et de non-respect des droits des personnes migrantes, des réfugiés et du droit à la santéAmnesty International, Bélarus, la situation des droits humains en 2021, (lire en ligne), 2022..
Le président Alexandre Loukachenko s'est décrit comme ayant un .. Les pays occidentaux ont décrit la Biélorussie sous Loukachenko comme « Bons baisers de Biélorussie : Dernière dictature d’Europe » (dossier), Courrier international, 4 août 2005.Ronan Hervouet, Datcha Blues. Existences ordinaires et dictature en Biélorussie, Aux Lieux d'être, 2007 , qui indique en quatrième de couverture : « Depuis 1994, la Biélorussie est dirigée de manière autoritaire par Alexandre Loukachenko, que les médias qualifient régulièrement de « dernier dictateur d'Europe ». ». ; le gouvernement biélorusse a accusé ces mêmes puissances occidentales de tenter d'imposer un changement de régime.. Le Conseil de l'Europe exclut la Biélorussie de l'adhésion depuis 1997 pour vote antidémocratique lors du référendum constitutionnel de , qui signe une recrudescence de l'autoritarisme d'État, et de manière générale pour l'organisation non démocratique des élections systématiquement entachées d'irrégularités., comme c'est à nouveau le cas lors de l'élection présidentielle biélorusse de 2020.
Des dizaines de responsables gouvernementaux biélorusses responsables de répressions politiques, de disparitions forcées, de propagande, de fraude électorale ou de procès inéquitables ont fait l'objet de sanctions personnelles de la part des États-Unis et de l'Union européenne.
Contexte politique : Élections et référendum La Biélorussie a déclaré sa souveraineté nationale en 1990 et se renomme officiellement « république de Biélorussie » le . Stanislaw Chouchkievitch devient président du Soviet suprême de Biélorussie mais le pays, malgré l'enthousiasme, ne parvient pas à sortir totalement du soviétisme.
Premier mandat présidentiel 1994-1999 prolongé à 2001 vignette|droite|Alexandre Loukachenko et Boris Eltsine lors de la signature du traité d'Union de la Russie et de la Biélorussie en 1997. Les premières élections présidentielles de l'ère post-soviétique eurent lieu en 1994. Alexandre Loukachenko, qui avait fait un rapport accusant Stanislaw Chouchkievitch de corruption, l'emporte parmi 10 candidats avec plus de 80 % des suffrages.
L'année suivante, lors du Référendum biélorusse de 1995, quatre questions sont posées aux électeurs. Elles concernent le statut de la langue russe, l'intégration économique avec la Russie, l'adoption d'un nouveau drapeau de la Biélorussie et d'un nouvel emblème de la Biélorussie et la dernière, proposant de modifier la Constitution de la Biélorussie pour prévoir la résiliation anticipée des pleins pouvoirs du par le président de la république de Biélorussie en cas de violations systématiques ou flagrantes de la Constitution. L'ensemble des mesures sont adoptées avec des scores supérieurs à 75 %. L'Assemblée parlementaire de l'OSCE s'exprime alors pour expliquer que cette consultation est entachée de plusieurs irrégularités à l'égard des standards internationaux.. Elle s'inquiète en outre de la liberté des médias, de l'ingérence dans le processus de vote et des obstacles aux activités de l'opposition. Les États-Unis émettent également des réserves sur la validité de la consultation , Belarusian Business Newspaper, 22 mai 1995. Avant le referendum, dix-neuf députés du Front populaire biélorusse, dont Zianon Pazniak, Piatro Sadoŭski, ont décidé de mener une grève de la faim au sein du Parlement, pour protester contre l'organisation du référendum par le président malgré la décision du parlement. Ils ont été battus et emmenés de force par l'OMON. Le referendum fut en définitive adoptéIl y a dix ans, des membres du Front populaire biélorusse qui étaient en grève de la faim au parlement ont été molestés, Radio Liberty, 12 avril 2005.
Un nouveau référendum en 1996 a lieu, également appelé « référendum des sept questions » (dont quatre soumises directement par le président). Toutes les propositions d'Alexandre Loukachenko sont approuvées dans le sens voulu, à savoir la modification de la fête nationale biélorusse, la modification de la constitution, l'entérinement de la peine de mort et de l'interdiction des ventes de terres. Cependant, le référendum, comme le précédent de 1995, est condamné par des organisations internationales, dont l'Assemblée parlementaire de l'OSCE, comme étant loin de respecter les normes démocratiques, tandis que d'autres l'analysent comme étant une nouvelle consolidation de la dictature, Belarus Digest, 26 mars 2012...
L'opposition a également parlé de trucage du référendum. Selon Sergey Kalyakin, chef de la faction eurocommuniste du parlement, 20 à 50 % des votes comptés ont été falsifiésНародная воля, Свабода, , 29 novembre 1996.. Syamyon Sharetski, président du parlement, qualifie le référendum de 1996 de « farce » et de « violence contre le peuple » et déclare que Свабода, 26 novembre 1996.. L'opposition ne reconnait pas les résultats du référendum, ni ceux du précédent référendum organisé en 1995Ці адпавядаў рэфэрэндум 14 траўня 1995 году Канстытуцыі і законам? [] : analyse par Siarhei Navumchyk, ancien membre du parlement.Круглы стол “Рэфэрэндум 1995 году – пачатак наступу на беларускую мову й гістарычную памяць” [] : une table ronde organisée par le Parti du front populaire biélorusse.. Le Parti chrétien conservateurKanservatywna-Khrystsiyanskaya Partyja., parti d'opposition, appelle à un retour à la Constitution de 1994Le parti chrétien conservateur, official programme .. Alena Skryhan, la chef adjointe de la fraction communiste du Parlement en 1996, déclare que le référendum a conduit à la monopolisation de toutes les branches du pouvoir par le président Loukachenko.. Le mandat de celui-ci est également prolongé par ce référendum de cinq années à sept.
Des manifestations connues sous le nom de Printemps de Minsk éclatent, elles sont durement réprimées.
Second mandat présidentiel 2001-2006 vignette|La constitution de la Biélorussie ne permet pas de soumettre à référendum une modification des modalités électorales permettant à un Président de la Biélorussie de briguer plus de deux mandats. De nouvelles élections sont donc organisées en 2001 et non en 1999. Alexandre Loukachenko, face à deux opposants qualifiés de mineurs, l'emporte avec un décompte de plus de trois-quarts des votes en faveur du président-candidat à sa propre succession. Un haut fonctionnaire de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe note que l'environnement pré-électoral n'était et ne le décrirait pas comme ..
Ce second mandat devait être le dernier en raison de la constitution biélorusse n'autorisant pas à briguer plus de deux mandats présidentiels. En marge des élections législatives de 2004, un nouveau référendum pose une unique question visant à modifier la constitution pour rendre la réélection du président possible. L'article 112 de la constitution interdit pourtant formellement qu'une telle question soit soumise au référendumAu référendum républicain, les questions suivantes ne peuvent pas être soulevées :
[les questions] pouvant entraîner une violation de l'intégrité territoriale de la République biélorusse ; [les questions] liées à l'élection et à la révocation du Président de la République biélorusse, la nomination (l'élection, la révocation) des fonctionnaires, dont la nomination (élection, révocation) relève de la compétence du Président de la République du Bélarus et des chambres de l'Assemblée nationale du la République du Bélarus; sur l'acceptation et la modification du budget de l'État, l'établissement, la modification et l'annulation des impôts ; sur l'amnistie, le pardon (grâce).. Avec un taux de participation rapporté de plus de 90 %, la mesure anticonstitutionnelle est rapportée avoir été adoptée par près de 89 % des sondés Dieter Nohlen et Philip Stöver, Elections in Europe: A data handbook, 2010, ..
Troisième mandat présidentiel 2006-2011 Le Parlement européen et le Congrès des États-Unis lancent des avertissements indiquant que davantage de sanctions et d'actions punitives similaires seront imposées à la Biélorussie en cas de violations réitérées des droits de l'homme pendant les élections.
vignette|gauche|Manifestation de l'opposition le 21 mars 2006 à Minsk. Les États-Unis ont en effet voté un leur permettant d'asseoir sur une base légale une série de sanctions applicables à la Biélorussie en raison des irrégularités constatées dans les dernières élections et référendum.. La Communauté des États indépendants, qui fédère les états pro-russes, réfute les mises en garde : l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe dépêche des observateurs sur place pour s'assurer que les élections soient exemptes de toute irrégularité.
Le , à moins de trois semaines du scrutin, le candidat présidentiel et ancien recteur de l'université d'État de Biélorussie Alyaksandr Kazulin, souhaitant prendre part à l', est battu et détenu par la police. Il est accusé de conduite désordonnée et libéré après avoir été détenu pendant huit heures.. Des observateurs de l'OSCE sont, quant à eux, interceptés par les gardes-frontières biélorusses et placés en garde à vue.
Le se déroule l'Élection présidentielle biélorusse de 2006. Sans aucune surprise, Alexandre Loukachenko est confirmé pour un troisième mandat au milieu des allégations de l'opposition sur le trucage des votes et la peur des violences.. Une institution gouvernementale biélorusse donne les résultats du scrutin à midi, alors que les derniers bureaux de vote ne ferment qu'à .
Quatrième mandat présidentiel 2010-2015 vignette|droite|Andreï Sannikov, le principal opposant à Alexandre Loukachenko, est annoncé second. Il est battu en pleine rue et arrêté. Les élections suivantes devaient être organisées en 2011 mais la date est fixée au . Sur les dix candidats, le président sortant Alexandre Loukachenko a été déclaré vainqueur par la avec près de 80 % des voix. Andreï Sannikov est secondПРЕДВАРИТЕЛЬНЫЕ СВЕДЕНИЯ о результатах голосования по выборам Президента Республики Беларусь . Une manifestation au centre de Minsk fait suite à la publication des résultats. Elle est violemment réprimée par la police anti-émeute biélorusse durant la nuit. Des centaines de manifestants et sept candidats à la présidence, dont Andreï Sannikov, sont arrêtés par le KGB : . Andreï Sannikov (dont le directeur de campagne, , cofondateur de Charte 97, avait été retrouvé pendu) est condamné à cinq années de détention et son porte-parole, , à quatre.