Julie Molé, née en 1767 à Paris et morte en 1832 à Paris, connue également sous les noms de Madame Molé ou comtesse de Vallivon, est une actrice de théâtre et dramaturge française de la fin du et du début du .

Biographie Julie Louise Delavigne serait née à Paris en 1767La Bibliothèque nationale de France indique par erreur une naissance en 1789. Cette date est incompatible avec son succès en 1798 pour Misanthropie et Repentir, ses liens avec Molé et tous les éléments de sa carrière. Pierre Larousse, dans son Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, la dit par ailleurs « sœur de Molé », autre erreur qui sera abondamment reprise dans les ouvrages du .Archives nationales de France, Demande d'autorisation de résidence de Louis François Molé dit d'Allainville et son épouse Louise Julie de Lavigne, native de Paris, artistes dramatiques, octobre 1796, cote F/7/10765/A/2 (inventaire en ligne). Son acte de baptême, ses actes de mariage et son acte de décès n'ont a priori pas été reconstitués dans l'état civil de Paris.

Son nom de scène Molé viendrait de son compagnonCertaines sources (H. Lyonnet, J. Fouchard, souvenirs de Julie Molé publiés en 1900, autorisation de résidence à Paris de 1796) avec lequel elle n'a probablement jamais été mariée. Dalainville s'est par ailleurs marié à Marseille en 1774 avec Louise Catherine Julie Cauzet dite Desmarest (acte en ligne) ; le couple a trois filles entre 1776 et 1788. l'acteur Louis François Molé dit Dalainville. À sa mort en 1801, elle se marie avec un certain Léger (ou Légé), accolant pour la scène ce patronyme à celui de Molé. En 1814, elle se remarie avec le comte Albitte de Vallivon, un an avant de quitter la scène.

Elle meurt à Paris en 1832.

Carrière vignette|Demande de résidence à Paris, 1796 L'actrice fait probablement ses débuts au théâtre de Toulouse, dont François-René Molé et Louis-François Molé-Dalainville sont directeurs de 1779 à 1791. Julie Molé revient ensuite à Paris. Elle débute comme grande coquette le au théâtre Feydeau. À l'été 1791, elle part en tournée à Saint-Domingue avec Molé Dalainville. Ils sont probablement sur place quand éclate la révolte des esclaves. Ses Souvenirs et Mémoires ne précisent pas les conditions de leur retour en France mais évoquent la difficulté de jouer sous la Terreur. En , Louis-François Molé fait une demande d'autorisation de résidence à Paris, pour lui et sa femme, précisant qu'ils viennent de Bruxelles et qu'il souhaite faire entrer Julie Lavigne dans la troupe du théâtre de la République. En décembre de la même année, elle intègre la troupe du théâtre Louvois.

Carrière d'autrice Le plus grand succès de Julie Molé-Léger est la pièce Misanthropie et Repentir, « prodigieux succès de larmes », drame d'August von Kotzebue qu'elle adapte pour la scène française. Les rôles principaux seront repris par Talma en 1821, mademoiselle Mars ou encore Marie Dorval en 1834, et la pièce rejouée de nombreuses fois au cours du (140 fois salle Richelieu entre 1800 et 1843). Elle figure au répertoire de la Comédie-Française, chose peu fréquente pour les œuvres de femmes comme le relève la presse en 1883, à l'occasion de la représentation de Mademoiselle du Vigean, de Simone Arnaud. Ses relations avec les critiques théâtrales semblent néanmoins compliquées, certains l'accusant à demi mot d'avoir utilisé une traduction déjà faite. Les pièces qu'elle écrit par la suite sont difficiles à monter ; d'après ses mémoires, elle aurait même caché être l'auteure de L'Orgueil puni jusqu'à la première représentation.

Œuvres identifiées Misanthropie et Repentir, drame d'August von Kotzebue en 5 actes, adapté par Julie Molé, joué à partir du au théâtre de l'Odéon, publié en 1819, puis réédité. La pièce en est à sa soixantième représentation lorsque arrive l'incendie du théâtre de l'Odéon le ; les représentations se poursuivent au théâtre du Grand Opéra, au théâtre de Favart, ou encore au théâtre de Feydeau. , comédie en 1 acte, représentée pour la première fois le au théâtre de l'Impératrice ; Suite de Misanthropie et Repentir, pièce en 5 actes, reçue à la Comédie française Le Sultan de vingt-quatre heures, comédie en 3 actes Le Méfiant () ; une représentation sera donnée le pour son bénéfice, à l'occasion de sa retraite.

Julie Molé-Léger a par ailleurs rédigé des Souvenirs et Mémoires sur le Théâtre à Paris (1796-1815), en partie publiés en 1900.

Carrière d'actrice « Madame Molé » fait partie de la troupe de l'Odéon, « tenant l'emploi des caractères » pendant . On la retrouve sur les scènes du théâtre de l'Odéon, puis du théâtre de l'Impératrice, dans de nombreuses pièces de Louis-Benoît Picard, ou encore d'Alexandre Duval. 1791 (août) : Théâtre du Cap-Haïtien : Zaïre de Voltaire, suivie d'Ariane abandonnée Les Dehors trompeurs de Boissy : la comtesse Céphise, ou l'Erreur de l'esprit de Marsollier : Céphise 1798 () : Le Voyage interrompu de Picard : Dercour 1798 () : Misanthropie et Repentir (August von Kotzebue et elle-même) : la comtesse de Walberg, Théâtre de l'Odéon 1799 () : Les Deux Veuves de Rigaud, Théâtre de l'Odéon 1801 () : La Petite Ville de Picard, comédie en 4 actes : Guibert, Théâtre Français 1802 () : Les Provinciaux à Paris de Picard, Théâtre Louvois 1803 () : Monsieur Musard, ou Comme le temps passe de Picard : Musard, Théâtre Louvois 1804 () : Le Trésor d’Andrieux : Jaquinot, Théâtre Louvois 1804 () : L'Acte de naissance de Picard : de Rosemont, Théâtre de l'Impératrice 1805 () : Le Menuisier de Livonie d’Alexandre Duval : Fritz, Théâtre de l'Impératrice 1805 () : Le Portrait du duc de Pain : de Waldenbourg, Théâtre de l'Impératrice 1805 () : L'Avare fastueux de Saint-Just : Fondor, Théâtre de l'Impératrice 1806 () : Monsieur Beaufils de Jouy : de Versec, Théâtre de l'Impératrice 1807 () : Le Volage ou le Mariage difficile de Caigniez : Arsène, Théâtre de l'Impératrice 1808 (mars) : La Tapisserie d’Alexandre Duval : de Grandpré 1808 () : Les Querelles des deux frères de Collin d'Hallerville, Théâtre de l'Impératrice 1808 () : Les Amours de Bayard de Montvel, Théâtre de l'Impératrice 1810 () : L'Alcade de Molorido de Picard : Thérésina, Théâtre de l'Odéon 1810 () : La Nouvelle Cendrillon de Rougemont et Périn : la mère, Théâtre de l'Impératrice 1811 () : La Vieille Tante ou les Collatéraux de Picard : Sinclair, Théâtre de l'Impératrice 1815 (14 ou , pour sa dernière sur scène) : La Vieille Tante de Picard Henri IV et le Laboureur de Villemain d’Abancourt Le Renard et le Corbeau

Notes et références

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