Une gare ferroviaire est le lieu d'arrêt des trains. Elle comprend diverses installations qui ont une double fonction : permettre la montée et la descente des voyageurs (notamment les quais), ou le chargement et le déchargement des marchandises avec la halle à marchandises ainsi que pour certaines d'entre elles, assurer des fonctions de sécurité dans la circulation des trains.
Définition administrative d'une gare
France Par définition, en France, une gare est désignée comme suit par la SNCF : En d'autres termes, une gare ainsi définie doit comporter au moins un agent-circulation, qui commande des aiguillages et des signaux, donc qui gère la circulation des trains. Un « arrêt voyageurs », même muni d'un bâtiment voyageurs et de quais, où il n'y a pas un agent ferroviaire qui gère la circulation des trains, n'est pas considéré comme une gare, mais désigné comme un Établissement de Pleine Ligne ; toutefois, pour ne pas porter à confusion ces différents termes au regard du public, certains arrêts voyageurs sont improprement désignés comme « gare ».
Il existe certaines gares où il n'y a pas de desserte ni pour les voyageurs, ni pour les marchandises. En général, ces gares permettent de commander des bifurcations ou bien des évitements : ce sont des voies parallèles aux voies principales qui permettent de faire stationner les trains, pour laisser passer un train plus rapide par exemple.
Suisse En Suisse, une gare est définie comme : . Il n'est ainsi pas nécessaire qu'une gare soit occupée par un agent pour qu'elle soit définie comme telle, ce qui amène à une différence avec la définition en vigueur en France. Cette différence est importante puisqu'elle implique que des règles de circulation différentes sont applicables dans une gare. Néanmoins, selon Hans G. Wägli, il s'agit de et l'usage courant hors du cadre administratif relève qu'il existe trois points de service différents : les installations ferroviaires avec service public, qui sont des gares ; les installations ferroviaires avec service public dépourvues d'aiguillage, qui sont des haltes ; les installations ferroviaires sans service public, qui sont des stations. Les gares qui n'effectuent que du service marchandises sont administrativement considérées comme des « voies industrielles ».
Histoire Les gares ont progressivement acquis une importance historique, sociologique et esthétique qui dépasse largement leur simple fonction technique. Elles sont, à l'image des chemins de fer, un des éléments caractéristiques du développement industriel et de l’urbanisation du . Les gares ferroviaires sont apparues en Angleterre durant les années 1820, puis en France, et finalement dans les autres pays touchés par l’industrialisation, dont les colonies. Elles sont à l'image des types d’organisation à l'origine de la création et du développement des chemins de fer dans le monde. Devenues purement fonctionnelles et victimes d'une relative perte d’identité au cours des années 1950, les gares connaissent un renouveau architectural depuis, en partie grâce à l’apparition des trains à grande vitesse au début des années 1980 et au développement de la desserte ferroviaire périurbaine.
À l'origine, lors de la création des chemins de fer, les premières gares furent appelées « embarcadères » (lieu d'embarquement) par analogie avec la voie d'eau, ou parfois « débarcadères ». Le terme « gare », venu de la voie fluviale, désignait sur les lignes à voie unique, les points dotés d'une voie d'évitement (de garage) destinée à permettre le croisement des trains.
Gares de voyageurs vignette|Exemple d'architecture ferroviaire du : vitraux de la gare Abando de Bilbao (Pays basque, Espagne). Les gares pour voyageurs, souvent perçues comme des bâtiments, sont en fait des ensembles fonctionnels plus larges, conçus pour regrouper toutes les fonctions centrées sur l'accès au train, dont l'information sur le voyage, l'achat des titres de transports, ainsi que divers services commerciaux liés au voyage. Pour certaines gares, le passage de nombreux voyageurs justifie l'installation de fonctions annexes au déplacement proprement dit, tels que des commerces et services variés, le plus répandu étant la vente de journaux et de livres. Les formes de restaurations rapides tendent à remplacer la restauration traditionnelle à la place, les buffets, qui ne subsistent que dans un petit nombre de gares. Des services aux voyageurs tels que l'enregistrement-expédition des bagages ont disparu, d'autres tels que les consignes ne sont plus présents que dans un petit nombre de garesElles sont désormais recréées (ou déménagées) en dehors des gares, en raison du risque d'attentats., en l'occurrence les plus importantes d'entre elles.
L'activité commerciale de certaines gares de grandes villes est développée au point que celle-ci devient prépondérante par rapport aux services en rapport avec le voyage, ainsi la gare Saint-Lazare à Paris aménagée de 2009 à 2017 en centre commercial.
Les gares peu importantes, qui constituent un simple point d'arrêt, souvent sans personnel permanent, sont appelées « haltes » ou « points d'arrêt ».
Les gares principales situées dans les grandes villes sont des lieux d'échange entre le mode ferroviaire et les divers modes de transport urbains (bus, tramway, métro) ; on parle alors de pôles d'échanges. Elles voient passer quotidiennement un nombre considérable de personnes, tant voyageurs que chalands venant fréquenter les nombreux commerces qui s'y sont souvent installés. Dans certains pays, elles sont gérées par des sociétés distinctes, souvent filiales, des entreprises ferroviaires. C'est le cas, par exemple en Italie de la société Grandi Stazioni, filiale des Ferrovie dello Stato, qui a réaménagé et modernisé la gare de Rome-Termini, faisant de celle-ci un véritable centre commercial.
Les bâtiments pour les voyageurs des gares sont souvent des monuments, parfois classés, de l'architecture de la fin du et du début du ; la construction des lignes nouvelles a entraîné un renouveau dans l'architecture des gares, comme notamment en France la gare de Lyon-Saint-Exupéry TGV dessinée par l'architecte catalan Santiago Calatrava.
Abords Régulièrement, lors de leur construction, les gares sont excentrées par rapport au centre des villes et villages desservis. De nouveaux quartiers, faubourgs ou même parfois de nouvelles villes sont alors créées. Les abords des gares, qu'ils en fassent partie (certains parvis) ou non comme de nombreuses places de gares par exemple, sont le premier élément fonctionnel de la gare. Ils facilitent le passage du voyageur au transport ferroviaire depuis un autre mode et vice-versa. On y trouve notamment : des parcs de stationnements pour les utilisateurs de voitures particulières, appelés dans certains cas parc relais ; des gares routières ou arrêts de bus ; des stations de taxis ; des stations de tramway ou de métro dans les grandes villes ; des parkings à vélos. L'intégration de ces diverses fonctions aboutit à la conception d'un pôle d'échanges ou pôle intermodal.
Bâtiment voyageurs thumb|Gare des Brotteaux à Lyon. Le bâtiment voyageurs (BV) est l'élément central des gares voyageurs. La confusion entre gare et bâtiment voyageurs est très fréquente.
En Belgique, ce bâtiment est dénommé « bâtiment des recettes » et le terme « bâtiment voyageurs » n'est pas utilisé, sauf par la Compagnie du Nord - Belge. Le bâtiment voyageurs est le bâtiment destiné à l'accueil des voyageurs. Il peut être de taille très variable ; généralement, il comporte un hall, des guichets (ou espaces de vente) ainsi qu'une ou plusieurs salles d'attente (autrefois il pouvait y avoir une salle d'attente par classe). On y trouve aussi une partie administrative (bureaux) et des logements pour le chef de gare et les cheminots (même si cela devient de plus en plus rare). Parfois il comporte aussi un restaurant (buffet de la gare), le plus souvent remplacé par des formes de restauration rapide, et des commerces. Les gares frontières peuvent comporter des postes de douane. La gare est en fait l'ensemble des installations : bâtiment voyageurs, bâtiments annexes, halle à marchandises, poste d'aiguillage, passages souterrains ou passerelles, quais et voies.
On distinguera deux types de gares de voyageurs : Gares terminus : Le bâtiment est généralement au bout des quais et perpendiculaire à ceux-ci ; il est souvent composé symétriquement : un côté pour les départs, et l'autre pour les arrivées. Exemples : les six grandes gares parisiennes, la gare de Rome-Termini, la gare centrale de La Haye, la gare de Tunis se caractérisent par l'absence de trains de passage. Gares de passage : C'est le cas le plus fréquent. Le bâtiment est généralement le long des voies, du côté orienté vers le centre de l'agglomération. On accède aux quais directement ou par une passerelle ou un souterrain. Il arrive qu'il soit placé au-dessus des quais (exemple : la gare des Bénédictins à Limoges). Les installations d'accueil des voyageurs peuvent aussi se trouver sous les quais, comme à Lyon-Part-Dieu.
Architecture des gares vignette|droite|La gare de Tours, monument historique de France. vignette|droite|La gare de Lahore, au Pakistan. vignette|droite|La gare centrale de Maputo, au Mozambique. vignette|redresse|Gare de Hua Hin, en Thaïlande. vignette|Gare de Haydarpasa, à Istanbul. L'éclectisme architectural du a donné naissance à une multitude de styles, en fonction des pays, des villes desservies, allant de l’extravagance des gares balnéaires aux bâtiments purement fonctionnels en passant par l’exotisme des gares coloniales. On peut citer le style néo-gothique de la gare de Saint-Pancras à Londres choisi par George Gilbert Scott (1868-1874), qui contraste violemment avec la gare voisine de King’s Cross, dessinée par l'architecte Lewis Cubitt en 1851-1852, au style purement fonctionnel, ou encore la gare d’Helsinki (1913-1914) au style monumental précurseur de l’art déco. Jacques Hittorff conçoit de 1861 à 1865 la seconde gare du Nord à Paris avec plus de liberté.
Bien souvent, les petites ou moyennes gares employaient un plan standard, reproduit à de nombreux exemplaires, mais qui variait cependant selon les époques et les compagnies ferroviaires qui exploitaient la ligne. L'architecture des gares devait surtout mettre en valeur l’identité et la puissance de leur compagnie ferroviaire par leur aspect monumental et leur prestige. L’ornementation sculptée de la façade évoque souvent l’étendue du réseau de la compagnie par des statues allégoriques ou des écussons représentant les emblèmes des diverses villes desservies. Des éléments caractérisant la fonction ferroviaire des bâtiments ont été recherchés par les architectes : des façades comme celle de la gare de l'Est de Budapest imitent le style des arcs de triomphe antiques, tandis que la tour d'horloge qui apparaît ailleurs (Gare de Lyon à Paris, gare de Limoges-Bénédictins, Gare de Rouen-Rive-Droite) évoque la rapidité et la ponctualité des chemins de fer.
Après la Seconde Guerre mondiale, la variété architecturale s’estompe, et les gares subissent l'évolution de cette époque poussant à l'uniformisation purement fonctionnelle, et ce à l'échelle mondiale.
Quelques gares remarquables Le magazine américain Newsweek a établi, en 2009, une liste des neuf plus belles gares ferroviaires du mondeVisite simultanée des gares de Liège et d’Anvers, sur lesoir.be. « Stations: A Destination That Matches the Journey », sur newsweek.com. : Gare de Saint-Pancras de Londres Grand Central Terminal de New York Chhatrapati Shivaji Terminus de Bombay Gare centrale d'Anvers Gare de Limoges-Bénédictins à Limoges Gare de Lahore Estação Central dos Caminhos de Ferro à Maputo Gare de Hua Hin en Thaïlande Gare d'Atocha à Madrid
Le site web Stredentripper dresse, en 2010, la liste suivante des plus belles gares d'Europe « De Mooiste Europese Treinstations », sur stedentripper.com. : Gare centrale d'Anvers