vignette|Les membres du gouvernement provisoire de Sibérie le 4 juillet 1918, quelques jours après sa formation. Au centre se trouve le président du gouvernement, Piotr Vologodski.

Le gouvernement provisoire de la Sibérie autonome (GPSA) et le gouvernement provisoire de Sibérie (GPS), sont deux gouvernements créés en Sibérie en 1918, au début de la guerre civile russe, par des opposants au gouvernement bolchevique de Lénine et Trotski, au pouvoir en Russie depuis la révolution d'octobre 1917.

À la suite de la dispersion de l'Assemblée constituante (19 janvier 1918), les socialistes-révolutionnaires (SR) établissent à Tomsk un gouvernement provisoire de Sibérie (29 janvier) lié au comité des membres de l'Assemblée constituante (Komoutch).

Mais un peu plus tard, ce GPS est concurrencé par un gouvernement établi à Omsk par les officiers russes blancs. Le gouvernement de Tomsk (rebaptisé gouvernement provisoire de la Sibérie autonome et installé à Vladivostok) ne disposant pas de forces armées suffisantes, disparait en octobre 1918. Le gouvernement d'Omsk (GPS) tombe sous le contrôle de l'amiral Koltchak en novembre 1918.

vignette|Carte territoire sous le contrôle du gouvernement d'Omsk.

Contexte : la révolution d'Octobre et la dispersion de la Constituante Les bolcheviks prennent le pouvoir à Petrograd (actuelle Saint-Pétersbourg) lors de la révolution d'Octobre 1917Octobre dans le calendrier julien, mais novembre dans le calendrier grégorien., au détriment du régime de la République russe issu de la révolution de FévrierMars dans le calendrier grégorien..

Des élections ont lieu pour une assemblée constituante, mais le résultat n'est pas favorable aux bolcheviks : l'Assemblée constituante russe de 1918 est dominée par les députés du Parti socialiste-révolutionnaire, dirigé par Victor Tchernov. En revanche, les bolcheviks sont toujours majoritaires dans les assemblées locales, les soviets.

Le , l'assemblée constituante est disprrsée peu après sa première réunion. Ce coup de force du Conseil des commissaires du peuple est cautionné par le deuxième congrès panrusse des soviets. Mais cela ne met pas fin à l'opposition au régime bolchévique (dit « soviétique »).

Histoire des gouvernements provisoires de Sibérie Élection d'une douma de Sibérie (décembre 1917) En , des élections sont organisées pour élire une douma régionale qui doit se réunir dans la ville de Tomsk.

En raison du climat révolutionnaire de l'époque, la classe moyenne et la bourgeoisie sont exclues de l'électorat, décision dénoncée par le Parti constitutionnel démocratique (KD), centristeN.G.O. Pereira, White Siberia : Policy during Civil War, Montréal, McGill-Queens University Press, 1996, p. 51.. De leur côté, les bolchéviks considèrent ces élections comme une tentative de saper leur régime naissant et refusent d'y participer. Avec les monarchistes et la droite exclus, le centre affaibli et les bolcheviks qui boycottent, la douma sibérienne élue est dominée par le PSRPereira, White Siberia, p. 50..

Après un délai rendu nécessaire par les difficultés pour réunir le quorum requis, une quarantaine de délégués parviennent à se réunir à Tomsk les 28 et .

Formation du gouvernement socialiste-révolutionnaire de Tomsk (janvier 1918) La douma sibérienne élit rapidement un gouvernement, connu sous le nom de gouvernement provisoire de Sibérie (GPS), présidé par un membre du Parti socialiste-révolutionnaire, Piotr Derber.

Sur les vingt ministres désignés, seulement six sont présents lors de la réunion des 28 et . Deux d'entre eux ont été emprisonnés par les bolchéviks et les autres sont dispersés en Sibérie et en Chine du Nord, .

Formation d'un gouvernement concurrent dominé par les Blancs à Omsk (juillet 1918) et les Russes blancs, beaucoup de ceux qui contrôlent les armées anti-bolchéviques refusent de reconnaître le gouvernement SR.

Lors d'une réunion à laquelle participent plusieurs membres du GPS encore présents en Sibérie occidentale, un nouveau gouvernement provisoire de Sibérie est formé, dont le président du Conseil est Piotr Vologodski.

Le gouvernement socialiste-révolutionnaire de Vladivostok (jusqu'en octobre 1918)

Les deux gouvernements ne se reconnaissent pas mutuellement et se revendiquent comme seul gouvernement légitime en Sibérie, mais celui de Derber n'a pas de forces armées à sa disposition.

Très vite, Derber démissionne et quitte Vladivostok. Son successeur est I. A. Lavrov, aussi membre du parti socialiste-révolutionnaire.

En , le GPSA est dissous à la suite de la formation du gouvernement provisoire panrusse le .

vignette|Alexandre Kolchak dirigeant suprême de la Russie

Instauration de la dictature de Koltchak à Omsk (novembre 1918) En , un coup d'État a lieu à Omsk, appelé « coup d'État de Koltchak », qui fait de l'amiral Alexandre Koltchak le dirigeant suprême de la Russie insurgée contre les bolcheviks.

Notes et références

Bibliographie Evan Mawdsley, La Guerre civile russe, Edimbourg, Birlinn, 2008, pp 143-148 Le territoire de la zone maritime de Primorye sur le site de la revue Kommersant.

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