Caryocar glabrum est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Caryocaracées. C'est un arbre néotropical. Comme toutes les espèces de Caryocar, il produit des noix comestibles.

La sous-espèce C. glabrum subsp glabrum est connue en Guyane sous les noms de Chawari, Chawari montagne (Créole), Peke'a lã (Wayãpi), Sawa (Palikur), Piquiárana (Portugais), Bois savonneux, Saouari, Saouari à feuilles lisses, Agougagui, Kassagnan (Paramaka).

On l'appelle aussi Jigua, Jigua barbasco au Venezuela, Piquiá-rana da terra firme (Pará), Pequi, Piquiá-rana au Brésil), Haw (Puinave), e-ko (Barasana), Kön (Cubeo) en Colombie, Aloekoemarirang, Sawarie, Sopohoedoe au Suriname, Almendra, Almendro au Pérou .

Description Caryocar glabrum est un grand à très grand arbre atteignant de haut, pour de diamètre. Le tronc cylindrique est doté ou non de gros contreforts, peu élevés formés par le début des racines, épais, arrondis, généralement simples, rarement ramifiés et étalés. L'écorce externe est lisse chez les jeunes arbres, devenant rugueuse chez les arbres plus âgés, écailleuse à faiblement fissurée, grisâtre à brun foncé, lenticellée, les lenticelles en rangées verticales, l'écorce interne de couleur chair, avec des inclusions jaunes, très fibreuse, les fibres orientées dans des directions différentes. Les jeunes rameaux sont glabres ou légèrement pubérulents-glabrescents. Le bois parfait est de couleur brun clair, plus ou moins distinct de l'aubier, à grain plutôt grossier, avec des contre-fils fréquents, léger à dense (densité : 0,56 à 0,92), à disséminés, isolés ou accolés radialement par 2-3, larges de , très fréquemment obstrués par des thylles à parois minces.

vignette|gauche|Caryocar glabrum : XII. Endocarpe (coupe frontale) - XIII. Coupe histologique de la limite mésocarpe/endocarpe. Les feuilles sont opposées-décussées, composées-trifoliolées, à 2 stipules longues de , précocement caduques.. Les pétioles sont longs de , cylindriques, glabres ou légèrement pubérulents-glabrescents. Les folioles sont courtement pétiolulées, avec le pétiolule terminal long de et les pétiolules latéraux égaux ou légèrement plus courts que le terminal. Les pétiolules sont peu pubérulents, glabrescents, généralement peu canaliculés, avec des stipelles absents ou petits et précocement caducs. La foliole terminale est longue de pour de large, et les folioles latérales étant à peu près de même taille. Les folioles sont de forme elliptiques, oblongues-elliptiques ou ovales-elliptiques, légèrement asymétriques, obtusément acuminées à l'apex (acumen long de ), à base cunéiforme aiguë à obtuse ou arrondie à subcunée et inégale. Les marges sont entières à légèrement ondulées/crénelées. Le limbe est glabre au-dessus, subcoriaces, d'un vert brillant, glabre en dessous ou avec quelques poils sur la nervure médiane et une masse hirsute à l'aisselle des nervures secondaires. Les nervures sont plus ou moins planes dessus, et saillantes dessous. On compte 7-11(15) paires de nervures secondaires. Les stipelles sont minuscules, caducs ou rarement plus grands et persistants.

Les inflorescences sont des groupes de racèmes ou corymbes terminales, dressées, de 8-10(30) fleurs, portées sur un rachis long de , glabre ou légèrement pubérulent, lenticellé. Les pédicelles florifères sont longs de , glabres ou légèrement pubérulents, ébractéolés. Les pédoncules sont robustes, longs de , glabres ou légèrement pubérulents-glabrescents, cylindriques, crustacés-lenticellés.

Les fleurs sont hermaphrodites. Le calice est vert, de forme largement cupuliforme, long de , glabrescent à l'extérieur, avec 5 sépales verdâtres, semi-orbiculaires, arrondis, longs de pour de large, à marges brièvement ciliolés. La corolle est longue de , à 5 pétales libres, longs de pour de large, de forme elliptique-oblongue, légèrement inégaux, de couleur jaunâtre à crème, parfois teintée d'orange. On compte environ 280-520 étamines, en deux rangées, longues de à l'intérieur, à à l'extérieur, de couleur rouge foncé à violet vif à la base et devenant progressivement blancs vers l'apex (rarement jaune ou blanc), dont les filets sont peu réunis à la base en une unité caduque. les anthères sont de couleur jaune. La partie apicale tuberculée, les filaments internes beaucoup plus courte, de long, tuberculée sur toute la longueur, les anthères petites. L'ovaire est glabre, contient 4 loges, et porte 4 styles jaunâtres passant au rouge à la base, longs de , glabres, filamenteux.

Le fruit est une drupe de forme ellipsoïde-globuleuse, de couleur jaunâtre mat, contenant 1-2 loges (1-2 noyaux), longue de pour de large, couverte de lenticelles ferrugineuses. L'épicarpe (ou exocarpe) est coriace, glabre, crustacé, charnu épais d'. Le péricarpe est épais, coriace-charnu, restant attaché au mésocarpe. Le mésocarpe est charnu, épais d'environ , composé d'une pâte grasse blanc-jaunâtre, mesurant , enveloppant les épines de l'endocarpe mais s'en détachant facilement. L'endocarpe forme un noyau sub-réniforme, mesurant , ligneux, dur, de couleur brun-rougeâtre, épais d'environ , hérissé de nombreuses épines robustes, fines, aiguës et longues de et glabre à l'intérieur. Il contient une amande de forme subovoïde longue de pour de large. La germination est hypogée.

Taxons infrascpéfiques On reconnait 3 sous-espèces au sein de Caryocar glabrum : C. glabrum subsp glabrum - stipelles caduques, calice long de et étamines longues de . C. glabrum subsp. parviflorum - petits stipelles persistants, calice long d'environ , étamines longues de , aisselle des nervures primaires glabres, et rachis de l'inflorescence long de . C. glabrum subsp. album - stipelles persistants, calice long d'environ , étamines longues de , aisselle des nervures primaires barbelées, et rachis de l'inflorescence long d'environ .

Répartition vignette|Caryocar glabrum à la montagne des Singes en Guyane. Caryocar glabrum est l'espèce de Caryocar la plus répandue dans les Guyanes et la forêt amazonienne de terre ferme. Caryocar glabrum est présent au Venezuela (Delta Amacuro Amazonas, au Guyana, au Suriname, en Guyane, dans l'Équateur amazonien, au Pérou, au Brésil, et en Bolivie. C. glabrum subsp glabrum est présent des Guyanes au nord de l'Amazonie (Colombie, Pérou, Venezuela, est du Pará au Brésil). C. glabrum subsp. parviflorumest présent au Brésil de Manaus au centre-sud de l'Amazonie. C. glabrum subsp. album est uniquement connu du type collecté au Guyana (Kamarang Station, bassin de la haute Mazaruni).

Écologie Caryocar glabrum pousse dans les forêts primaires humides du nord de l'Amérique du sud sur les sols bien drainants.

Au Venezuela on rencontre Caryocar glabrum dans les forêts de basse altitude sempervirentes non inondées, autour de d'altitude.

Dans le centre de la Guyane, Caryocar glabrum est assez commun, en forêt de terre ferme (non inondée), fleurit en août, novembre, décembre), et fructifie en février, mai, juin.

C. glabrum subsp glabrum pousse dans les forêts sur les sols de terre ferme (non inondés), et a été récolté en fleur dans les Guyanes d'août à avril et en Amazonie de juin à novembre. C. glabrum subsp. parviflorum pousse dans les forêts sur les sols de terre ferme (non inondés), et a été récolté en fleurs octobre et novembre. C. glabrum subsp. album a été récolté en fleur en octobre.

Caryocar glabrum peut-être multiplié par graines.

L'influence de la litière d'une plantation de Caryocar glabrum sur les communautés microbiennes et de vers de terre a été étudiée.

La relation entre la structure des feuilles de Caryocar glabrum, sa teneur en nutriments minéraux et la résistance à la sécheresse a été étudiée dans les forêts tropicales humides de la région du haut Rio Negro.

Utilisations Alimentation Les graines oléagineuses de C. glabrum subsp glabrum sont comestibles, et consommées par les indigènes dans toute son aire de répartition. Le mésocarpe peu abondant du fruit n'est pas utilisé dans le Pará, mais on y consomme parfois son amande savoureuse. Son goût rappelle celui de la noisette, peut être consommée crue.

Cependant, le potentiel économique des noix de Caryocar glabrum semble limité, en raison des épines de l'endocarpe, qui le rendent difficile à manipuler. Une sélection génétique seraient nécessaires pour augmenter la taille des noix et peut-être améliorer suffisamment leur saveur et surmonter l'inconvénient de l'endocarpe. Cette espèce serait plus prometteuse pour des fins sylvicoles que pour ses noix

Construction Dans l'État du Pará où il est commun, le bois brun jaune de Caryocar glabrum est de bonne qualité, mais considéré comme plus grossier et beaucoup moins estimé que celui du « vrai » piquiá (Caryocar villosum).

En Amazonie péruvienne, il est utilisé dans les constructions rurales, pour les poteaux de clôture, la construction de bateaux et les revêtements de sol. C. glabrum subsp glabrum est principalement utilisé pour la construction de bateaux au Brésil (comme dans toute l'Amazonie), mais entre aussi parfois comme bois commercial. L'écorce est utilisée pour la construction dans toute l'Amazonie La structure du bois de Caryocar glabrum a été étudiée.

Poison de pêche la pulpe du mésocarpe des fruits de Caryocar glabrum est utilisé comme poison de pêche dans le nord-ouest de l'Amazonie (Colombie, Venezuela et Brésil) principalement chez quelques ethnies amazoniennes (Tukano et Maku) comme poison de pêche (comme Caryocar microcarpum) : chez les , sur le , les péricarpes de C. glabrum subsp glabrum sont mélangés dans un trou boueux dans le sol quelques jours auparavant puis jeté dans un petit ruisseau (la mousse abondante sur l'eau indiquant une teneur élevée en saponines). Ailleurs, on emploie aussi le mésocarpe et l'endocarpe du fruit vert broyés et mélangés dans de l'eau.

Pharmacopée Chez les Palikur, l'écorce de Caryocar glabrum est grillée avec des morceaux de carapace de tortue denticulée (Geochelone denticulata), pulvérisée, mélangée à du suif (chandelle molle), étalée au fond d'une calebasse, chauffée à feu doux et appliquée sur les tumeurs externes.

Chimie L'extrait d'écorce de tige de Caryocar glabrum contient des glycosides phénolique présentant une activité inhibitrice de la tyrosinase fongique .

On a isolés deux glucosides de dihydroisocoumarine dans l'écorce de tige de Caryocar glabrum.

21 nouvelles saponines triterpénoïdes et 9 autres déjà connues ont été isolées dans les fruits de Caryocar glabrum.

On a testé sur Caryocar glabrum différents protocoles d'extraction d'ADN génomique à partir de bois séché.

L'activité antioxydante in vitro, et les effets d'extraits de Caryocar glabrum sur le profil des acides gras de souris a été étudiée.

Les feuilles de Caryocar glabrum présentent une activité antioxydante élevée et contient de fortes teneurs en anthocyanes, flavonoides , catéchines et proanthocyanidines.

La chimie de Caryocar glabrum'' a été analysée.

Protologue En 1775, le botaniste Aublet propose le protologue suivant : vignette|gauche|Caryocar glabrum par Aublet (1775) Planche 240. - 1. Baie. - 2. Baie à laquelle on a enlevé une portion de fin écorce. - 3. Noyau hériſſé de piquants.

Notes et références

Articles connexes Liste des plantes décrites par Fusée-Aublet

Liens externes

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