Le château d'Angers, aussi appelé château des ducs d'Anjou et ., est situé dans la ville d’Angers dans le département de Maine-et-Loire en France.

Le site est occupé dès l’Antiquité du fait de sa position défensive et offensive particulièrement stratégique. Par la suite, les comtes d'Anjou y installent leurs demeures, jusqu'à la fin de l'empire Plantagenêt qui voit le royaume de France conquérir le comté d'Anjou. fait construire le château actuel au tandis que les ducs d'Anjou le transforment en résidence seigneuriale au . Yolande d'Aragon, belle-mère de Charles VII y donne naissance à René d'Anjou. Au , à la suite des troubles des guerres de Religion, ordonne la destruction du château, mais seule la partie supérieure des tours est détruite. Il est par la suite transformé en prison, puis en garnison et dépôt de munitions pendant la Seconde Guerre mondiale. Depuis 1954, il héberge la tenture de l'Apocalypse et est un des sites touristiques les plus visités de Maine-et-Loire. Son ouverture au tourisme est gérée par le Centre des monuments nationaux..

Localisation La forteresse est édifiée sur un promontoire de schiste ardoisier qui domine la Maine.

L'emplacement du château d'Angers est stratégique car il se situe sur le flanc ouest de la colline de la Cité, le point le plus haut d'Angers, avec . L'altitude du château oscille entre . Elle domine la Maine qui coule à une altitude de environ. La colline elle-même se compose de schiste ardoisier dont l'abrupt vers la Maine s'accentua par son extraction à la période médiévale.

Historique Les premières occupations vignette|Plan des vestiges préhistoriques et antiques sur l'emplacement du château actuel. C. Emplacement du cairn néolithique. En jaune : emplacement de l'ancienne terrasse antique. En orange : tracé de l'enceinte gallo-romaine.

En 1997, un cairn est mis au jour à l'ouest de la cour, sous les vestiges de l'ancien château comtal. Construit aux alentours de , le cairn se composait de quatre ou cinq chambres funéraires. Il fait environ de diamètre et est entièrement construit en dalles de schistes. Par ailleurs, le façonnage de ces plaques laisse percevoir la maîtrise de l'exploitation ardoisière dès le Néolithique..

La présence d'un oppidum gaulois de la tribu des Andécaves sur le site fut longtemps rejetée face au peu d'indices permettant d'étayer l'affirmation. Cependant, la campagne de fouilles préventives entre 1992 et 2003 a finalement pu démontrer l'existence d'une occupation à l'époque de La Tène finale (vers ) jusqu'à la période augustéenne ()J.-P. Bouvet, et al., « Un oppidum au château d'Angers (Maine-et-Loire) », 2004, in Les marges de l'Armorique à l'âge du fer. Archéologie et histoire culture matérielle et sources écrites, actes du de l'AFEAF Nantes 1999, Presses Universitaires de Rennes, .. La présence de mobiliers archéologiques, de vestiges d'un rempart à poutrages horizontaux et la découverte de voies délimitant des secteurs d'activités permettent d'envisager à nouveau l'hypothèse d'un oppidum sur le site du château.

Pendant l'occupation romaine, vers la fin du , le site est aménagé en une vaste plate-forme de ceinte de murs à contreforts, surplombant la Maine. Un temple ainsi que ses satellites y sont édifiés. À la fin du , les migrations des peuples germaniques apportent un état d'insécurité croissant. Les habitants de la région se réfugient alors à Juliomagus et entourent la cité d'une enceinte haute de Archives 49 : il était une fois l'Anjou.. Une partie des remparts gallo-romains traversaient l'actuel château d'ouest en est, longeant l'ancien promontoire du dont les édifices sont probablement détruits pour construire la muraille. À son extrémité ouest, sous la galerie de l'Apocalypse, au niveau de la chapelle Saint-Laud, se trouvent les vestiges d'une tour de l'enceinte urbaine. On trouve également une porte mentionnée comme la « porte de Chanzé » dont les vestiges se trouvent enterrés sous le rempart sud-ouest.

Les fouilles entreprises entre 1992 et 2003 ont permis de révéler l'occupation du site entre le . On y trouve des bâtiments d'une bonne qualité de construction ainsi que des espaces d'artisanats et de jardins qui correspondraient à une résidence épiscopale, l'évêque étant mentionné comme le propriétaire de l'emplacement du château au milieu du .

Le palais comtal vignette|Plan des vestiges de l'ancien palais comtal par rapport à la forteresse actuelle.

En 851, l'évêque d'Angers, Dodon, permet au comte d'Anjou de s'installer sur un terrain, « près de l'enceinte ». Cette position permet de surveiller la Maine à une époque où Angers était vulnérable aux raids normands. Cela ne les empêchera pas de s'emparer à plusieurs reprises de la ville. Dans le même temps, les Bretons effectuent des raids et s'emparent d'une partie du territoire angevin.

C'est une fois la période de troubles et d'invasions terminée que les comtes d'Anjou édifient ce qui deviendra le palais comtal. Celui-ci ne subira jamais de siège et sera très peu fortifié car les comtes d'Anjou vont peu à peu soumettre le Poitou, le Maine, la Normandie et l'Aquitaine. Il est alors mentionné comme une et non comme un castrum. Par conséquent, il sera constitué en majorité de bâtiments d'habitations. La Grande salle, ou a été construite à l'extrémité ouest du promontoire, probablement sur l'ancienne terrasse antique tandis qu'une cuisine prenait appui sur l'ancienne enceinte gallo-romaine. La chapelle Sainte-Geneviève, qui dessert les habitants du site, reçoit vers la fin du les reliques de saint Laud, lesquelles lui laisseront finalement leur nomCélestin Port, Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire, H. Siraudeau & Cie, Angers, seconde édition, 1978-1996, article Angers.. Au , une étuve jouxtant le palais est construite sur le système gallo-romain. et dont les bases des colonnes de tuyaux ont été retrouvées lors des fouilles du palais comtalJ. Brodeur, P. Chevet, Inventaire des étuves dans les châteaux et palais du Moyen Âge en France. 1. Une pièce technique équipée de colonnes de tuyaux dans les camerae du palais comtal du château d'Angers (Maine-et-Loire) au milieu du , Bulletin monumental, t. 159/1, .. Au , la grande salle est agrandie vers le nord, passant de .

Vers le , le palais passe sous le contrôle de la dynastie des Plantagenêts. En 1131 ou 1132, un incendie le dévaste. Pendant la reconstruction, la grande salle est réaménagée et dotée de l'actuelle porte. Les appartements continuent d'y évoluer vers le nord et le sud de la cour. Enfin la nouvelle chapelle Saint-Laud est érigée à l'extérieur de l'enceinte romaine sur laquelle elle appuie sa façade nord. C'est une chapelle à nef unique voûtée en berceau brisé, ne présentant qu'une unique absidiole sur sa façade sud. En 1165 Aliénor d'Aquitaine accouche de sa fille Jeanne au château. L'Anjou fait alors partie de l'empire Plantagenêt, le palais perd son rôle de centre politique alors que les souverains plantagenêts ne tiennent plus qu'épisodiquement leur cour à AngersJean Favier, Les Plantagenêts, origine et destin d'un empire, , Fayard, septembre 2004, Poitier, .. Les chambres et logis se dégradent.

La forteresse royale À la suite de l'assassinat en 1203 d'Arthur de Bretagne, duc de Bretagne, par ailleurs comte d'Anjou et du Maine, ces comtés sont réunis au domaine royal par Philippe Auguste. Le duché est dévolu à Alix de Bretagne, demi-sœur d'Arthur, qui épouse en 1214 un petit-cousin du roi, Pierre de Dreux dit Mauclerc., elle décèdera en 1221, laissant deux fils (Jean et Arthur) et une fille, Yolande de Bretagne. Le , Pierre Mauclerc reçut le contrôle de l'Anjou, du Maine et du Perche à l'occasion des fiançailles entre sa fille Yolande et Jean de France, fils de et de Blanche de Castille, héritier des comtés d'Anjou et du Maine, il perdit ces terres lors de sa révolte de 1228.. Pendant la Régence de (1228-1238), Blanche de Castille tient tête à la révolte des grands vassaux et fortifie le château d'Angers pour servir d'avant-poste au royaume contre les menaces de Pierre Mauclerc Vauvilliers, Histoire de Blanche de Castille, reine des Français, deux fois régente, Paris, 1841.. Pour la mener à bien, les chanoines de Saint-Laud, ainsi qu'une partie des habitants de la ville, sont expulsés afin de pouvoir ériger une forteresse étendue sur . Près d'un quart de l'ancien quartier canonial Saint-Maurice d'Angers est également détruit pour permettre l'agrandissement de la forteresseFrançois Comte, « Le château et la ville : Angers (- s.) », Revue archéologique du Centre de la France, Tome 48 | 2009.. Pour l'édification du château, le trésor royal verse plus de , et un impôt est levé sur les bourgeois d'Angers. La construction prend une douzaine d'années, de 1230 à 1242. Cette dernière date marque l'acte de naissance de la forteresse, l'une des plus belles fortifications du , telle qu'elle est perçue aujourd'hui : une enceinte de plus de de long ponctuée de dix-sept tours rondes hautes de plus de quarante mètres. Seul le flanc nord, abrupt, face à la Maine, ne fut jamais fortifié. ne s'arrêta pas là puisqu'il décida également d'englober la ville dans une enceinte urbaine.

L'Anjou sera alors laissé en apanage au frère de , . Il sera à l'origine de la dynastie capétienne d'Anjou. Bien que Charles soit appelé par le pape en Italie, il ne néglige pas la forteresse pour autant, s'assurant de l'entretien et de l'amélioration de celle-ci. C'est sur le modèle du château d'Angers qu'il fait construire à Naples le Castel NuovoPierre Francastel, Les relations artistiques entre la Pologne et la France in Revue des études slaves, , fascicule 3-4, 1937. . Ses successeurs marqueront peu de leur empreinte le château, lequel revient dans le giron royal en 1290. Angers perd alors son rôle politique et ses logis se dégradent.

Le château ducal L'Anjou devenu duché en 1360, une nouvelle dynastie, issue de la maison de Valois, va prendre place à Angers. y séjourne rarement, de même que son successeur . rénove cependant le logement du sénéchal derrière la porte de la Ville, avant 1370, puis il réaménage la grande salle, dans laquelle il perce de nouvelles fenêtres plus larges et où il installe une monumentale cheminée. Il va également construire une nouvelle cuisine, détruite au début du , du type « à cheminée de plan centrée. », quatre fois plus grande que l'ancienne cuisine comtale qu'elle jouxte. Il charge son architecte comptable, Macé-Delarue, de l'entretien et de la réfection du château. Son successeur, , va ériger vers 1410 le logis royal. Yolande d'Aragon, épouse de , fait édifier une nouvelle chapelle afin d'y héberger la relique de la Vraie Croix d'Anjou, laquelle était précédemment hébergée à l'abbaye de la Boissière menacée par les Anglais. En 1409, elle met au monde, dans les appartements du château, son fils René. Elle fait également remettre le château en état de défense, en prévision des incursions anglaises. En 1443, le duc de Somerset, débarqué en Normandie avec , arrive dans les faubourgs d'Angers. Une salve d'artillerie tirée depuis le château tue un des capitaines de Somerset qui décide de lever le camp et part assiéger le château de Pouancé. Sous le règne du duc René d'Anjou, le logis royal se voit adjoindre une galerie. René fait également bâtir le châtelet et une série de corps de logis dans les années 1450.

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