alt=Paul Térade en 1902 Photographie Jouve & ses Fis Tlemcen|vignette|Paul Térade en 1902 Photographie Jouve & ses Fis Tlemcen. Paul Ovide Gabriel Térade est un architecte et un artiste peintre français né à Paris le et mort à Douéra en Algérie française le Archives de Paris Actes d'état civil Archives numérisées - Registre des actes de naissance du de la ville de Paris, Année 1869, f° 104, acte .

Biographie Jeunesse et formation Paul Térade naît dans le , dans l'ancien département de la Seine. Il est le fils d'Ovide Anatole Térade, comptable, et de Catherine Théona Marie Robert, couturière. Sa famille est originaire de Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme.

Entré comme élève boursier à au collège Chaptal à Paris dans le , aujourd'hui lycée Chaptal, il y obtient à son brevet d'instruction secondaire et à 18 et deux baccalauréats, ès Lettres d'abord puis ès Sciences, à l'époque subordonné à l'obtention du baccalauréat ès Lettres.

Après son service militaire de trois ans, Paul Térade entre en 1891 à l'École nationale des beaux-arts de Paris, section architecture, dans l'atelier de Gaston Fernand Redon, architecte français, prix de Rome, et parallèlement en section peinture. Il complète sa formation par des cours pratiques à l'École nationale des arts décoratifs de Paris.  A l'issue de cette double formation d’artiste et de praticien, il obtient en 1894 son diplôme d'architecte reconnu par l’ÉtatCf. Médaille de la Société nationale des architectes de France Collection privée.

Enfin, il est diplômé de l'École nationale des arts industriels de Roubaix fondée par Ferdinand Dutert, architecte, ancien élève de l’École nationale des beaux-arts, deux fois lauréat du premier grand prix de Rome.

D'une première liaison, Paul Térade a trois enfants : un premier filsArchives de Paris Actes d'état civil Archives numérisées - Registre des actes de naissance du arrondissement de la ville de Paris, Année 1894, f° 116, acte né en 1894, engagé volontaire en et mort pour la France en , puis une filleArchives de Paris Actes d'état civil Archives numérisées - Registre des actes de naissance du arrondissement de la ville de Paris, Année 1896, acte née en 1896 et un deuxième filsArchives de Paris, Actes d'état civil Archives numérisées - Registre des actes de naissance du arrondissement de la ville de Paris, Année 1898, f° 118, acte né en 1898, médaillé militaire, aviateur-mécanicien qui meurt dans l'accident de son avion dans la Manche près de Folkestone au Royaume-Uni en 1928Archives de Vanves Actes d'état civil Archives numérisées - Registre des actes de décès de la ville de Vanves, Année 1928, f° 24, acte Transcription du 29 juin 1928.

En 1902, Paul Térade se marieANOM Archives nationales d'outre-mer Archives numérisées - Registre des actes de mariage de la ville de Tlemcen, Année 1902, f° 44, acte à Tlemcen et a de ce mariage, une filleANOM Archives nationales d'outre-mer Archives numérisées - Registre des actes de naissance de la ville d’Oran, Année 1910, f° 75, acte .285 née en 1910.

Architecte et artiste peintre alt=|vignette|gauche|Médaille de la Société nationale des architectes de France attribuée à Paul Térade. À en 1894, Paul Térade, tout jeune architecte, entre comme commis de chantier puis métreur à l'Agence des bâtiments nationaux dont les architectes sont Garnier, Nachon, Garreau et d'autres, au 5 de la rue Gluck à Paris, à l'arrière de l’opéra Garnier où se trouvait initialement l'Agence des travaux de l'Opéra de Charles Garnier.

Membre de la Société nationale des Architectes de France fondée en 1872 par Stanislas Ferrand et ayant acquis en 1896 sa patente d'architecte à Paris et en Algérie, Paul Térade s'installe comme « Architecte DSN et AD » (Diplômé Société nationale et Arts décoratifs) en Algérie où sont établis son oncle maternel, Officier d'administration du service de l'habillement et du campement, chevalier de la Légion d'honneur, sa tante et ses cousins germains dont l'un épousera sa sœur après la Première Guerre mondiale.

Il ouvre un cabinet d'architecture à Oran, « Constructions modernes », puis à Tlemcen, l'« Agence des travaux de Tlemcen ». Il est expert près les tribunaux pour la Société La Foncière à Paris de 1895 à 1897 puis à Tlemcen à partir de 1900. Directeur des travaux de la ville du au , il est entre autres chargé de la restauration et de la conservation des monuments historiques de la ville, notamment du mausolée et de la mosquée de Sidi Boumediene de Tlemcen ou de l'ensemble monumental de Mansourah.

En 1900, Paul Térade est l'architecte conseil de l’explorateur Louis Jean-Baptiste Say (1852-1915), enseigne de vaisseau, qui durant neuf ans, crée ex nihilo une petite ville et un port à de la frontière algéro-marocaine sous le nom de Port-Say, aujourd'hui Marsa Ben M'Hidi limitrophe et séparé de Saïdia au Maroc par l'oued Kiss. alt=|vignette|Paul Térade, La Poule de Hienghène (1890, Nouvelle-Calédonie, huile sur panneau de bois ). Tout en poursuivant sa carrière d'architecte et souvent au service des chantiers qu'il dirige, Paul Térade peint beaucoup de tableaux, tableaux orientalistes le plus souvent, notamment des monuments de la région de Tlemcen : la Mansourah, le marabout de Sidi-Louahb ou celui de Sidi-Yacoub... mais il peint aussi des paysages de l'Oranie comme les falaises Gambetta d'Oran. Il expose dans divers salons à Oran et à Tlemcen.

alt=|vignette|Paul Térade, La Mansourah (1906, Tlemcen, Algérie, huile sur toile, ).

Militaire Paul Térade est architecte et peintre, mais il est aussi officier dans l’armée.

Le à Paris, à , il s'engage volontairement pour dans le régiment d’Infanterie de Marine comme soldat de classe et durant trois ans passe au , au puis au régiment d'Infanterie de Marine tout en étant promu caporal fourrier (caporal-chef dans la marine) puis sergent. Sur ses trois ans de service actif, il séjourne du au en Nouvelle-Calédonie comme Secrétaire de missions topographiques aux colonies, après avoir parcouru les mers pour s'y rendre du au sur le Magellan (navire militaire construit et lancé en 1884 par les Chantiers de la Loire à Saint-Nazaire pour le transport de 400 forçats en Nouvelle-Calédonie et de de Brest à Rochefort puis Nouméa) et pour en revenir du au sur lOcéanien, paquebot de la Compagnie des Messageries Maritimes. Durant son séjour en Nouvelle-Calédonie, il parcourt les îles de l'archipel dans le cadre de sa mission de topographie et il ne cesse de peindre des tableaux en représentant les paysages les plus emblématiques, notamment la « Poule de Hienghène » appelée aussi « Les tours de Notre-Dame ».

Paul Térade est libéré du service actif le avec le grade de sergent et un certificat de bonne conduite.

Engagé volontaire le pour la durée de la guerre au titre du régiment de Zouaves, il arrive au corps le . Durant la Première Guerre mondiale il est affecté au régiment de Zouaves avec le grade de sous-lieutenant puis de lieutenant.

Le à , Paul Térade embarque à Bizerte en Tunisie, à bord du Sant’Anna pour Salonique via Malte, le navire de la Compagnie Cyprien Fabre étant réquisitionné par le transit maritime et militaire. Il y a à bord , Français, Annamites, Grecs, Kabyles et Sénégalais. Le à 3 h 15 dans la nuit, dans le Canal de Sicile à quasiment mi-chemin entre Bizerte et la Sicile, le Sant’Anna est attaqué par un sous-marin allemand, provoquant une très forte explosion à bord. Le rapport du capitaine précise : « Le navire prend aussitôt de la gîte sur bâbord, puis se redresse, gîte sur tribord et s’enfonce… Donné l’ordre de sauve qui peut général en demandant aux officiers et soldats encore à bord de se munir de leurs brassières de sauvetage. ». Des petits navires britanniques de défense avec des capacités anti-sous-marines, les sloop-of-war, approchent du lieu de la catastrophe et sauvent des naufragés survivants avant que n’arrivent le contre-torpilleur français Catapulte, une canonnière anglaise ainsi que le chalutier français Saint-Jean et d'autres navires qui prennent en charge et débarquent les à Bizerte, le naufrage ayant fait . Le capitaine du Sant’Anna termine son rapport en écrivant : « Je rends hommage à la brillante conduite des officiers de mon état-major qui, dans cette terrible catastrophe, ont fait preuve d'un admirable sang-froid, d’un grand courage et d'une véritable abnégation (…). Je signale aussi la belle conduite du lieutenant Térade, du zouave, qui a pris le commandement de la dernière embarcation, le canot 7 et a quitté le bord avec . ».

Pour son courage et son dévouement héroïque, Paul Térade reçoit la croix de guerre avec palme de bronze, étant cité à l’ordre de l’armée dans les termes suivants (J.O. , ) : « Lors de l'évacuation de son bâtiment torpillé, s'est signalé par son courage et a fait preuve des plus belles qualités de commandement et d'énergie dans l'organisation du sauvetage du personnel. ».

Le , Paul Térade reçoit dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne à Paris, sa Médaille d'or de la Société centrale de sauvetage des naufragés (SCSN) ainsi que son diplôme cosigné par le lieutenant de vaisseau honoraire Gabriel Henry Granjon de Lépiney, administrateur-délégué de la SCSN, et le vice-amiral Charles Philippe Touchard, président de la SCSN. Le diplôme porte la mention : « Médaille d’or décernée au lieutenant Térade Paul du Zouaves - A grandement contribué au sauvetage du personnel du Sant’Anna torpillé - ».

Paul Térade est mis en congé illimité de démobilisation le . L'architecte et peintre reprend dès le début de 1919 ses activités professionnelles civiles, mais le lieutenant de réserve continue à servir l'armée en s'investissant dans les amicales militaires et notamment dans l'Amicale des Anciens de la Légion étrangère de Tlemcen.

En 1928, alors que le colonel Rollet, commandant du régiment étranger d'infanterie à Sidi-bel-Abbès, souhaite depuis 1927 l'édification d'un monument aux morts célébrant le centenaire de la Légion étrangère créée en 1831, Paul Térade fonde la société « Les onyx de Tlemcen » qui « a pour objet l'exploitation des carrières de marbre, onyx d’Algérie, albâtre, pierres calcaires, quartz blanc siliceux, ainsi que le traitement, la transformation et le commerce de tous les produits de ces carrières sous leur forme naturelle ou applications à tous usages industriels, commerciaux et artistiques »Statuts de la société Original signé Paul Térade et associés Archive privée. Les bureaux, salles d'échantillonnage, atelier de dessin, modèles et maquettes de laboratoire, sont installés au siège de la société, au 16 rue Tédeschi à Tlemcen. C’est ainsi que l'architecte et militaire Paul Térade, facilite le prélèvement de l'onyx dans la montagne de Sidi-Hamza entre le village de Lamoricière (aujourd’hui Ouled Mimoun) et Tlemcen, servant à la réalisation des plaques d’onyx qui recouvrent entièrement le cénotaphe du Monument aux morts de la Légion étrangère de Sidi-bel-Abbès, aujourd'hui à Aubagne, édifié d’ à Archives privées Dossier professionnel Paul Térade.

En 1937, par décret du (J.O. 3 juill. 1918, .777), Paul Térade, lieutenant au centre de mobilisation d’artillerie , est nommé chevalier de la Légion d’honneur pour et de services civils et militaires.  Son diplôme porte la mention : « TÉRADE (Paul-Ovide-Gabriel), lieutenant au centre de mobilisation d'artillerie ; de services, 4 campagnes. A été cité. ».

Mobilisé le à Tlemcen, l'officier de réserve Paul Térade, se met à l’âge de , de nouveau à la disposition de l'armée et se voit attribuer la Croix des services militaires volontaires, récompensant les services accomplis au cours des périodes d'instruction volontaire par les réservistes de l'armée de terre.

Distinctions

avec traitement (1937) (citation à l'ordre de l’armée) avec agrafes Nouvelle-Calédonie et Sud-Tunisien Médaille d'or de la Société centrale de sauvetage des naufragés () ( pour missions dans le Sud tunisien) 50x50px Croix des services militaires volontaires (1939).

Notes et références

Liens externes