L'élection présidentielle malgache de 2023 a lieu le afin d'élire le président de la république de Madagascar.
Le président sortant Andry Rajoelina est candidat à sa réélection dans un contexte de boycott de l'élection par dix de ses douze adversaires. Sa victoire sans surprises au premier tour provoque comme attendu une crise post-électorale, les autres candidats ne la reconnaissant pas. Il est investi pour un second mandat le .
Contexte Présidence d'Andry Rajoelina vignette|gauche|redresse=1|Andry Rajoelina en 2021. L'élection présidentielle de 2018 est remportée par Andry Rajoelina. Après l'élimination au premier tour de Hery Rajaonarimampianina, Rajoelina l'emporte contre Marc Ravalomanana au second avec 55,66 % des voix, le scrutin étant dominé par l'affrontement de ces trois anciens présidentsPrésidentielle à Madagascar: la HCC valide la victoire d’Andry Rajoelina RFI. Au lendemain de la proclamation de la victoire de Rajoelina par la Haute Cour constitutionnelle (HCC), Ravalomanana reconnait sa défaite et félicite le vainqueur, apaisant ainsi les craintes d'une crise post électorale Le spectre d’une crise politique après la présidentielle Madagascar : Marc Ravalomanana accepte sa défaite et félicite Andry Rajoelina .
Après sa prise de fonction à la mi , le nouveau président mène à la victoire sa formation politique, Nous tous, ensemble avec Andry Rajoelina (IRK), lors des législatives organisées au mois de mai suivant. IRK remporte ainsi la majorité absolue des sièges, assurant à Rajoelina le soutien de l'Assemblée nationale..
Après l'échec en 2019 de sa tentative de suppression du sénat malgache, annulée à la suite d'un avis défavorable de la HCC, Rajoelina se reporte sur une simple réduction du nombre de ses membres, qui passent de 63 à 18 sénateurs. Les élections sénatoriales de , boycottées par une grande partie de l'opposition refusant cette réforme, voit sans surprise la victoire d'IRK, la coalition arrivant en tête dans les six provinces... Le parti au pouvoir dispose depuis d'une majorité dans les deux chambres du parlement.. Si Andry Rajoelina sort ainsi renforcé des sénatoriales, le scrutin lui permet surtout de placer un homme de confiance, Herimanana Razafimahefa, au poste de président par intérim en vue de sa candidature à un second mandat. La constitution impose en effet à un président sortant souhaitant se présenter à sa réélection de démissionner deux mois avant la tenue de l'élection présidentielle, donnant lieu à un intérim exercé par le président du Sénat.... En , le gouvernement interdit les réunions politiques en plein air, une décision condamnée par l'Union Européenne, le Royaume Uni, les États-Unis, la Suisse, la Norvège et le JaponA Madagascar, le président Andry Rajoelina confine l’opposition.
Polémique sur la binationalité de Rajoelina En , quelques mois avant l'élection présidentielle, des documents sont divulgués concernant l'acquisition en 2014 de la nationalité française par Andry Rajoelina, sa femme et leurs trois enfants. Bien que la binationalité soit courante dans le pays, cette dissimulation de 2014 à 2023 est jugée politique, l'association avec l'ancienne puissance coloniale allant à l'encontre de la politique nationaliste du président, laquelle le voit notamment revendiquer les îles Éparses, possession française.
La révélation de la binationalité de Rajoelina conduit celui-ci à être vivement critiqué par l'opposition, laquelle dénonce une , une et demande sa destitution. L'article 46 de la Constitution impose en effet à un candidat à la présidentielle d'avoir la nationalité malgache.. Or l'article 42 du code de la nationalité malgache prévoit la perte de la nationalité pour un Malgache majeur qui en acquiert volontairement une autre.. La question se pose alors de savoir si cette nationalité a été obtenue automatiquement par filiation de son grand-père, comme le président l'affirme, ou sur demande. Ce deuxième cas de figure correspondrait à l'acquisition volontaire décrite par le code de la nationalité, donc à la perte de la nationalité malgache. Cette possibilité est mise en avant par l'opposition qui avance que l'élection du président en 2018 n'aurait par conséquent pas été constitutionnelle.. Rajoelina réagit en rappelant son appartenance au peuple malgache, affirmant que .
La polémique conduit à l'ouverture fin d'une enquête parlementaire, suivie de l'interpellation de la Haute Cour constitutionnelle par un collectif de citoyens de la diaspora. Le , la Haute Cour juge irrecevable la demande d'invalidation de la candidature de Rajoelina en 2018, le délai prévu pour le dépôt d'une contestation des résultats étant largement dépassé et Andry Rajoelina ne s'étant pas rendu coupable de manœuvre frauduleuse car n'ayant pas agi pour empêcher la divulgation du décret du gouvernement français. La Haute Cour juge également qu'elle n'est pas compétente pour prononcer la déchéance de nationalité du président, cette compétence appartenant au pouvoir réglementaire de l’exécutif auquel il appartient d'en faire le constat par décret.. La décision intervient la veille de l'ouverture du dépôt des candidatures pour l'élection présidentielle. Elle est perçue comme un feu vert pour une candidature du président à sa réélection.. Cette dernière est par la suite validée parmi douze autres par la Haute Cour constitutionnelle, laquelle rejette les quatre demandes d'annulation déposées par plusieurs de ses opposants dont l'ancien ministre Hajo Andrianainarivelo, lequel déclare que l'institution a .
Crise de l'intérim présidentiel Une fois sa candidature validée par la Haute Cour constitutionnelle (HCC), Andry Rajoelina démissionne le afin de pouvoir se présenter à sa réélection, comme la Constitution l’exige. Conformément à cette dernière, le président du Sénat, Herimanana Razafimahefa doit alors assurer l'intérim, mais celui-ci y renonce . L'intérim est par conséquent assuré de manière collégiale par le gouvernement Ntsay III..
Le , cependant, Razafimahefa déclare que sa lettre de renonciation auprès de la HCC s'est faite sous les pressions et les menaces de mort de membres du gouvernement. Il annonce par conséquent vouloir faire annuler cette lettre afin d'assurer l'intérim. Trois jours plus tard, les sénateurs réunis en session extraordinaire sur convocation du Premier ministre Christian Ntsay le destitue de la présidence du Sénat pour avant d'élire le lendemain Richard Ravalomanana à sa place, malgré la publication par Razafimahefa d'un examen médical le déclarant sain d'esprit. Le , Richard Ravalomanana assume l'intérim de la présidence en tant que nouveau président du Sénat.. Ces évènements provoquent les critiques de l'opposition et l'inquiétude de la communauté internationale pour le bon déroulement du scrutin....
Mode de scrutin
Le président de la république de Madagascar est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Est élu le candidat qui obtient la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour. À défaut, les deux candidats arrivés en tête s'affrontent lors d'un second tour organisé trente jours au plus tard après la proclamation des résultats du premier, et celui recueillant le plus de suffrages est élu..
Les candidats à la présidence doivent satisfaire aux conditions de la Constitution de Madagascar : être de nationalité malgache, jouir de leurs droits civils et politiques, avoir au moins trente cinq ans et résider à Madagascar depuis au moins six mois. Si le président en exercice se porte candidat, il doit démissionner de son poste soixante jours avant la date du scrutin ; dans ce cas, le président du Sénat exerce ses fonctions par intérim. En cas de candidature de ce dernier également, le gouvernement assure collégialement les fonctions du chef de l'EtatConstitution de la quatrième république. La régularité du scrutin est vérifiée par la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
La neutralité politique de plusieurs membres de la CENI est toutefois remise en cause par des soupçons de conflits d'intérêts. Sont ainsi concernés Soava Andriamarotafika, directeur de publication de Viva Tv et Viva Radio, deux médias appartenant à Andry Rajoelina, et Dama Arsène Andrianarisedo, époux de la ministre du Travail au moment de sa nomination.
Campagne Sur les 28 candidatures déposées auprès de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), treize sont retenues par cette dernière, qui invalide les autres pour des raisons de pièces manquantes, dont principalement la caution de 200 millions d'ariary (environ 41 000 euros)...
Initialement prévue pour le , l'élection est reportée au 16 en raison de la blessure au visage du candidat Andry Raobelina par un éclat de grenade lacrymogène au cours d'une manifestation de l'opposition le . Cet évènement l'amène à déposer une demande de report pour auprès de la Haute cour constitutionnelle, qui décide dix jours plus tard le report du premier tour, tout en maintenant le second au ..
Retrait de dix candidats et appel au boycott vignette|redresse=0.75|Marc Ravalomanana en 2017. Sont initialement candidats les anciens présidents Marc RavalomananaAfrique Madagascar: Marc Ravalomanana officialise sa candidature à l'élection présidentielle - RFI et Hery Rajaonarimampianina, ainsi que Richard ParainaMadagascar: Auguste Paraina - Candidat déclaré à la présidentielleRajoelina & 3 autres candidates, Tahina Razafinjoelinatahina-razafinjoelina-vers-la-candidature, Hajo Andrianainarivelo.Hajo Andrianainarivelo: Candidat déclaré à la Présidence, Roland RatsirakaR.Ratsiraka candidat, Lalaina Harilanto RatsirahonanaLalaina Hariloanto Ratsirohonanan candidat, Andry Raobelina, Jean-Brunelle Razafitsiandraofa et Jean-Jacques Ratsietison .
La validation par la Haute cour constitutionnelle de la candidature de Rajoelina provoque les critiques de ces dix adversaire qui, réunis au sein du , décident de cesser de faire campagne en protestation. Seuls restent ainsi en lice face au président sortant les caniddats Siteny Randrianasoloniaiko et Sendrison Raderanirina. A l'issue d'un dialogue engagé avec l'opposition sous la médiation du conseil œcuménique des Églises chrétiennes, la présidente de l’Assemblée nationale Christine Razanamahasoa appelle le à la suspension du processus électoral.. Le gouvernement réagit le jour même en qualifiant la demande d', jugeant que de procéder à un report du scrutin.. Le , à trois jours du premier tour, le collectif appelle au boycott de l'élection en demandant aux citoyens malgaches de . Cet appel intervient en réponse au refus de la Haute Cour constitutionnelle (HCC) et de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de reporter l'élection, ce qu'ils demandait en raison des tensions sociales et politiques.
Andry Rajoelina ne faisant ainsi plus face qu'à deux candidats, sa victoire dès le premier tour est jugé probable, de même que le déclenchement d'une crise post-électorale avec la non reconnaissance des résultats par une large part de l'opposition...
Andry Rajoelina Éligible pour un second mandat, le président sortant Andry Rajoelina est affaibli par des années de mandat marquées par les crises sanitaires, sociales et économiques liées à la pandémie de Covid-19, l'invasion de l'Ukraine par la Russie et une sécheresse qui provoque une famine sur l'île.. Le président sortant conserve néanmoins une importante popularité et peut s'appuyer sur un bilan économique qui le voit bénéficier de la confiance des grandes institutions internationales. Rajoelina axe en conséquence sa campagne sur son bilan socio-économique, auquel il associe son (PEM).