L'énergie nucléaire dans l'Union européenne représentait environ 26 % de la production totale d'électricité en 2019 et près de la moitié de la production d'électricité bas-carbone dans l'UE.

Les politiques énergétiques des pays membres de l'Union européenne (UE) varient considérablement en fonction des États-membre. En février 2020, 13 des 27 pays avaient des réacteurs nucléaires. Les pays dotés de réacteurs sont : la Belgique, la Bulgarie, la République tchèque, la Finlande, la France, l'Allemagne, la Hongrie, les Pays-Bas, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie, l'Espagne et la Suède. Le Royaume-Uni (ancien membre de l'Union européenne avec des liaisons électriques interconnectées avec l'UE) exploite également des réacteurs nucléaires.

En novembre 2021, 5 pays membres ont exhorté conjointement la Commission européenne à exclure l'énergie nucléaire de la taxonomie de la finance verte (financement recommandés verts) de l'UE ; à savoir les pays sont l'Allemagne, l'Autriche, le Portugal, le Danemark et le Luxembourg. Comme ils représentent collectivement moins de 19 % des États membres et moins de 25 % de la population totale de l'Union européenne, ils ne seraient pas en mesure de bloquer les recommandations de la Commission européenne visant à inclure à la fois le gaz fossile et l'énergie nucléaire dans l’ensemble des énergies de finance verte.

Contexte

Mix énergétique En 2005, le mix énergétique de l'UE des 27 était composé primaire de 36,7 % de pétrole, 24,6 % de gaz fossile, 17,7 % de charbon, 14,2 % de nucléaire, 6,7 % d'énergies renouvelables et 0,1 % de déchets. En 2006, l'énergie nucléaire a fourni la plus grande source (29,5%) d'électricité avec une production de 990 TWh et une capacité installée de 134 GWe (17,6 % de toute la capacité installée).

C'était la première source d'énergie électrique en Belgique, en France, en Hongrie, en Lituanie et en Slovaquie. La France, où le nucléaire est aussi la première source d'énergie primaire, a produit 450 TWh en 2006 soit 45 % du total de l'UE.

En juin 2013, il y avait 131 réacteurs nucléaires dans l'Union européenne dont 112 situées dans huit des pays de l'ouest de l'UE. La production totale d'énergie nucléaire des centrales électriques de l'UE a augmenté de 25 % entre 1995 et 2005. La majeure partie de cette croissance s'est produite dans les années 1990. Les capacités installées ont diminué de 2,6 % depuis 1990 et la contribution relative à légèrement diminuée au mix électrique global est passée de 30,8 % en 1990 à 30,2 % en 2005.

En 2019, il y avait 106 réacteurs opérationnels et la production a diminué de 16 %, principalement en raison de l'arrêt d'un certain nombre de réacteurs en Allemagne.

Cette même année l'énergie nucléaire a contribué à plus de la moitié de l'énergie à faible émission de carbone de l'Union européenne.

Politique au niveau de l'UE La politique nucléaire européenne est régie par le traité Euratom. La politique habituelle de l'UE comme celle sur l'environnement ou de marché ne s'applique pas aux questions dans le domaine nucléaire. La politique nucléaire relève principalement de la compétence des États membres. Au niveau de l'UE, l'ENER est la principale autorité pour les questions nucléaires au sein de l'UE.

Le Conseil européen est le lieu des décisions intergouvernementales. Le Parlement européen n'a pas d'autorité dans le domaine de la politique nucléaire autre que le droit de poser des questions à la Commission européenne.

En cas d'urgence radiologique, l'UE déclenchera son système d'alerte ECURIE, qui notifie immédiatement à toutes les autorités nationales de l'imminence d'un danger nucléaire. Ce système a été installé après l'expérience de la catastrophe de Tchernobyl.

Le plan SET de la Commission mentionne « l'initiative de fission nucléaire durable » pour développer des réacteurs de génération IV comme l'une des priorités de recherche de l'Union européenne.

La Commission européenne propose un test de résistance pour toutes les centrales nucléaires en Europe, afin de prouver que le parc nucléaire peut résister à des incidents comme ceux de Fukushima. La Commission européenne propose également des tests pour les pays proches de l'UE qui utilisent l'énergie nucléaire.

Après l'invasion de l'Ukraine par la Russie de 2022, la dépendance de l'Europe à l'industrie nucléaire russe pose problème. Selon le think tank Royal United Services Institute, les importations de combustible et de technologies nucléaires russes dans l'Union européenne ont continué d'augmenter en 2022, atteignant un point haut en trois ans, malgré l'Invasion de l'Ukraine par la Russie de 2022. Géant mondial et leader incontesté dans l'exportation de centrales nucléaires dans le monde, le géant Rosatom fournit du combustible aux multiples centrales de conception russe implantées en Europe, des services de maintenance mais aussi de l'uranium naturel et de l'uranium enrichi, pour lequel il revendique 31 % de parts de marché en Europe. Rosatom est en outre l'un des principaux clients des turbines Arabelle fabriquées à Belfort dans l'ex-usine d'Alstom rachetée par General Electric et désormais propriété du groupe EDF. Le plan REPowerEU mentionne la nécessité de diversifier les sources d'approvisionnement dans l'industrie nucléaire auprès de pays alliés, mais compte tenu de l'ampleur des intérêts des États membres, et en particulier de ceux de la Hongrie qui a confié la construction de l'extension de sa centrale nucléaire de Paks à Rosatom, les Européens ont renoncé à sanctionner le nucléaire russe. Les initiatives restent donc à la discrétion des États membres. Dès le début du conflit, la Finlande a mis fin à son contrat avec Rosatom pour la construction de la centrale de Hanhikivi I. Fin décembre 2022, la Bulgarie annonce avoir contractualisé avec l'américain Westinghouse pour approvisionner en combustible une partie de son unique centrale nucléaire de conception russe. Un autre contrat est attendu avec le français Framatome pour approvisionner le deuxième réacteur du siteSharon Wajsbrot, La difficile émancipation du nucléaire européen vis-à-vis du géant russe Rosatom, Les Échos, 21 février 2023..

Ressources en uranium Aucun pays de l'Union européenne ne figure parme les dix principaux pays détenteurs de réserves prouvées récupérables d'uranium. Les quatre premiers de ces pays sont l'Australie, le Kazakhstan, le Canada et la Russie Supply of Uranium - Uranium availability, World Nuclear Association, mis à jour en septembre 2021..

Parmi les dix premiers producteurs d'uranium naturel en 2020 ne figure aucun pays de l'Union européenne, mais quatre pays de l'ancienne Union soviétique : Kazakhstan (au 1er rang), Ouzbékistan (5ème), Russie (7ème) et Ukraine (9ème) « Uranium production figures, 2011-2020 », World Nuclear Association, septembre 2021..

Aspects techniques

Tests de résistance Des tests de résistance ont été développés au sein de l'UE à la suite de la catastrophe nucléaire de Fukushima pour faire en sorte que les 132 réacteurs européens en service suivent les mêmes normes de sécurité et aient le même niveau de sécurité pour une liste d'événements catastrophiques possibles (par exemple tremblement de terre, inondation ou crash d'avion). La plupart des réacteurs ont bien fonctionné lors des tests, seuls 4 réacteurs dans 2 pays disposant de moins d'une heure pour réactiver les systèmes de sûreté ; cependant, la plupart des réacteurs devront également subir un programme de mise à niveau de la sécurité.. En 2012, les coûts des améliorations supplémentaires de la sûreté ont été estimés entre 30 et 200 millions d'euros par tranche de réacteur. Ainsi, le coût total de mise à niveau des 132 réacteurs en exploitation dans l'UE pourrait être de l'ordre de 10 à 25 milliards d'euros au cours des prochaines années.

Déchets nucléaires En moyenne, l'UE crée environ cubes de déchets radioactifs par an. Quatre-vingts pour cent de ces déchets sont des déchets radioactifs de faible activité à vie courte. La France est actuellement le seul pays de l'UE à retraiter les déchets. Le retraitement devrait se poursuivre en France. Les pays qui utilisent actuellement ce combustible de retraitement (MOX) sont l'Allemagne, la Belgique, la France et la Suisse. Le retraitement du combustible usé diminue significativement son volume et en extrait du plutonium qui peut être recyclé comme combustible. Bien que le plutonium soit communément associé aux armes nucléaires, le plutonium extrait avec retraitement n'est pas adapté aux armes nucléaires « classiques ».

La BERD finance le démantèlement d'anciennes centrales nucléaires en Bulgarie, en Lituanie et en Slovaquie.

Les États membres de l'UE, l'Autriche, l'Irlande, les Pays-Bas, la Pologne, la Slovaquie, la Bulgarie, l'Italie, la Lituanie, la Roumanie et la Slovénie travaillent ensemble depuis janvier 2009 au sein de « l'European Repository Development Organisation (ERDO) » pour résoudre les problèmes liés au stockage des déchets nucléaires.

ERDO travaillait début 2010 sur un projet de stockage des déchets nucléaires européens quelque part en Europe de l'Est.

« Quelque 7 000 mètres cubes de déchets nucléaires de haute activité sont produits chaque année dans l'UE. La plupart des États membres entreposent le combustible usé et d'autres déchets hautement radioactifs dans des installations de stockage en surface qui nécessitent une maintenance et une surveillance continues et sont exposées à des risques d'accidents, tels que des accidents d'avion, des incendies ou des tremblements de terre. La Hongrie et la Bulgarie expédient actuellement des déchets nucléaires vers la Russie ».

Le 19 juillet 2011, la Commission européenne a adopté une directive relative à la réglementation et au traitement des déchets nucléaires dans l'UE. « Les exportations vers des pays extérieurs à l'UE sont autorisées sous des conditions très strictes et contraignantes : le pays tiers doit disposer d'un stockage final en fonctionnement, lorsque les déchets sont expédiés. Un tel dépôt pour déchets hautement radioactifs est internationalement défini comme étant un dépôt géologique profond. À l'heure actuelle, de tels dépôts géologiques profonds n'existent nulle part dans le monde et aucun dépôt n'est en construction en dehors de l'UE. Il faut actuellement un minimum de 40 ans pour en développer et en construire un. » .

Le projet MAX (2011 à août 2014), financé en partie par une contribution de la Commission européenne de près de 3 millions d'euros, incarnait un travail sur la transmutation des déchets en éléments moins toxiques à vie plus courte . Le rapport final d'août 2014 est disponibleet conclut qu'aucune étape importante n'a pas été atteint.

Démantèlement nucléaire On estime que d'ici à 2025 plus d'un tiers des réacteurs actuellement opérationnels de l'UE seront en fin de vie et devront être arrêtés. Au moment de l'adhésion à l'UE, la Bulgarie, la Lituanie et la Slovaquie sont convenues d'arrêter les réacteurs des sites de Kozloduy, Ignalina et Bohunice respectivement : ces programmes sont actuellement en cours. D'autres activités de démantèlement sont en cours pour les réacteurs plus anciens fermé pour des raisons politiques (par exemple en Italie et en Allemagne) ou simplement parce qu'ils sont arrivés en fin de vie (Royaume-Uni).