Tara Leigh Calico (née le ) est une jeune étudiante ayant disparu près de chez elle à Belen, au Nouveau-Mexique, le .

Le cas de Tara Calico a reçu une large couverture médiatique dans des programmes télévisés tels que , Unsolved Mysteries et America's Most Wanted. Il a également été présenté sur The Oprah Winfrey Show et . En 2022, aucune arrestation n'a été effectuée et l'affaire demeure non résolue.

Une jeune femme sans histoires Au moment de sa disparition, Tara Calico était une étudiante de 19 ans à la silhouette athlétique (1,74 m pour 54 kg) native de Belen au Nouveau-Mexique. Ses parents David et Patty Calico avaient divorcé pendant son enfance et Tara était partie vivre non loin avec sa mère dans une ville jouxtant Belen du nom de . Patty s'était remariée en 1975 avec John Doel et avait donc prit le nom de Patty Doel. De leur union était née Michele. En plus de sa demi-sœur, Tara avait également un frère aîné, Chris Calico.

Cette séparation n'avait pas perturbé Tara qui entretenait de bons rapports avec son beau-père et qui portait beaucoup d'affection à Michele. De plus, Tara menait une adolescence épanouie : élève studieuse à la faculté de psychologie de l'Université du Nouveau-Mexique (section Valencia), elle y avait rencontré son petit ami, Jack Cole, avec qui elle partageait sa passion pour le sport et les randonnées à vélo dans la nature désertique des environs. Elle avait lié de solides amitiés depuis le lycée et était très appréciée, autant pour sa gentillesse que pour que sa ponctualité et son sens aigu de l'organisation, comme en témoigneront ses camarades, professeurs et employeurs (car Tara travaillait également à temps partiel dans une agence bancaire de la ville.)

Disparition Le mardi , Tara se leva à avec l'idée de démarrer la journée par une balade à vélo. L'un des pneus de sa bicyclette étant à plat, Tara obtint l'autorisation de sa mère d'emprunter le sien, un vélo de montagne à dix vitesses de couleur rose fluo qu'elle enfourcha dès pour partir rouler du côté de la . C'était une route que Tara connaissait puisqu'elle l'empruntait presque chaque matin, souvent en compagnie de sa mère. Cependant, Patty était devenue réticente à l'idée d'accompagner sa fille depuis qu'elle s'était sentie suivie et épiée par un automobiliste. Elle n'avait pas demandé à Tara de cesser ces balades mais lui avait fortement recommandé de s'équiper d'une bombe lacrymogène en cas d'agression, ce que sa fille avait refusé. Le matin de sa disparition, Tara avait même ironisé en demandant à sa mère de venir la récupérer en auto si elle n'était pas rentrée avant midi, ce afin d'être à l'heure à sa partie de tennis de contre son petit ami.

Sa fille n'étant pas revenue à l'heure convenue, Patty partit la chercher à le long de la . Mais Tara était introuvable. Elle poursuivit néanmoins ses recherches en faisant deux allers-retours sans jamais l'apercevoir en bord de route. Elle fit même un crochet par l'hôpital afin de vérifier si Tara avait été admise à la suite d'un éventuel accident. Mais le personnel lui affirma qu'aucune personne correspondant à sa description n'avait été prise en charge ces trois dernières heures. Sentant l'inquiétude l'envahir, Patty rentra chez elle pour téléphoner et réunir quelques amis de sa fille afin de l'épauler dans ses recherches mais au bout de plusieurs heures aucun d'entre eux ne vit Tara dans les parages.

Patty se résolut alors à contacter les policiers du comté de Valencia qui se dépêchèrent sur les lieux de la disparition. Ce ne fut que le lendemain qu'ils découvrirent les traces de roues d'une bicyclette en bordure droite de la , à plus de six kilomètres de (et non loin de là où Tara a été vue pour la dernière fois lorsqu'ils en obtiendront le témoignage.) Dans une zone terreuse située à une centaine de mètres de la route, les policiers remarquèrent des traces de pas ainsi que plusieurs débris d'une cassette audio du groupe Boston et de la vitre avant d'un baladeur de marque Sony que Patty identifiera comme appartenant tous deux à sa fille. Ils trouvèrent également à proximité plusieurs cannettes vides de bière éparpillées au sol.

Dès lors, Patty avoua redouter aux policiers que sa fille avait été enlevée et qu'elle avait peut-être jeté ou fait tomber son walkman volontairement afin de laisser une trace de son rapt. Car de toute évidence, Tara était heureuse dans sa vie et n'avait aucune raison qui l'aurait poussée à se volatiliser. D'autant qu'elle avait de nombreuses choses prévues dans la journée (sa partie de tennis avec Jack à 12h30 suivie d'un cours à la fac à 15h30) et qu'elle n'avait rien emporté d'autre que son vélo et son baladeur.

Entre le 21 et le , les autorités passèrent les abords de la au peigne fin. Une bande d'individus fut auditionnée après avoir été surprise en train de boire des bières à l'arrière d'une camionnette. Mais la marque de leurs cannettes (Budweiser) était différente de celles retrouvées près des débris de la cassette audio. De plus, leurs différents alibis au matin du étaient solides. La police n'eut donc d'autre choix que de les relâcher.

Le samedi 24, les enquêteurs mirent la main sur les restes du baladeur cassé de Tara près de l'entrée du terrain de camping John F. Kennedy, au pied des montagnes arides pourtant éloignées de 32 kilomètres du lieu de découverte des premiers débris. Durant tout le weekend, le bureau du shérif du comté entreprit plus de 300 reconnaissances aériennes et terrestres depuis cette zone jusqu'au Rio Grande. Mais les recherches, infructueuses, cessèrent le , les policiers préférant concentrer leurs efforts sur la collecte de témoignages avant que la mémoire de potentiels témoins - s'ils devaient en trouver - ne s'altère au fil des jours.

Pendant des semaines, famille, camarades de classe et amis de Tara ainsi que des centaines de bénévoles prirent la relève en quadrillant la zone à pied, à cheval, en véhicule et en avion privé sans jamais trouver la moindre trace de Tara ou d'un quelconque indice.

Des témoignages assez précis Au cours des semaines qui suivirent, les autorités retrouvèrent sept personnes prétendant avoir vu Tara le matin de sa disparition. Cinq d'entre elles signalèrent le comportement suspect d'un véhicule de couleur claire, sans doute un ancien modèle de Ford. Quatre de ces témoins furent même hypnotisés dans le but de tirer des détails enfouis dans leur inconscient, mais rien de concret n'en fut tiré. Toutefois, les différentes déclarations permirent de reconstituer le parcours de Tara avant qu'elle ne s'évapore.

Entre et , Tara se trouvait à environ 27 kilomètres au sud de son domicile, non loin de la voie ferrée qui longe la . Les policiers supposèrent que le trajet aller s'était déroulé paisiblement. Puis vers , Tara s'en était retournée afin de rentrer chez elle avant midi. À l'appui, le témoignage de deux employés d'un ranch qui vers l'avaient vue sur la bicyclette rose de sa mère, roulant vers le nord le long de la Nationale. Un quart d'heure plus tard, trois hommes de retour d'une partie de chasse avaient aperçu Tara à vélo sur la voie inverse, remarquant à son passage qu'une camionnette blanche la suivait de très près. Selon leurs déclarations, Tara avait paru ne pas s'en rendre compte en raison des écouteurs de son walkman qu'elle avait sur les oreilles. De plus, la présence de Tara et de ce véhicule au comportement suspect fut corroboré par le témoignage d'un autre automobiliste qui avait assisté à la même scène étrange, cette fois à environ 8 kilomètres de . Le témoin avait affirmé que plusieurs occupants (du moins deux personnes) étaient à l'intérieur de ce qu'il avait décrit comme étant un camion blanc. Il est à ce jour le dernier homme connu à avoir vu Tara Calico.

Un mois plus tard, le , le shérif Lawrence Romero, sur la base de ce dernier témoignage, informa la population que leurs principaux suspects étaient deux hommes non identifiés. Le conducteur fut décrit comme un homme âgé entre 35 et 45 ans, de type caucasien avec des cheveux roux, mesurant au moins 1,80 m et pesant 90 kg, avec pour signe particulier d'apparentes pattes d'oie entre les yeux et les tempes. Le véhicule recherché serait un pick-up Ford blanc des années 1950 à 1960 de type Camper Shell (pick-up américain typique avec un arrière de camping-car) avec des enjoliveurs chromés, d'épais pneus et les lettres F-O-R-D écrites en lettres rouges brillantes. Sa plaque d'immatriculation commencerait par WBY ou WBZ et se terminerait par le nombre 6. La police fut submergée par des centaines d'appels de témoins prétendant avoir vu le chauffeur ou le véhicule. Elle entendit certains d'entre eux mais aucun des témoignages recueillis n'aboutit à une piste intéressante.

Les différentes pistes

Le Polaroid de la jeune femme et du petit garçon bâillonnés Le , une photo Polaroid d'une jeune femme et d'un garçon non identifiés, tous deux bâillonnés avec du ruban adhésif noir, les mains apparemment ligotées dans le dos et couchés sur une pile de couvertures et d'oreillers dépareillés à l'arrière de ce qui paraît être un fourgon, fut retrouvée sur le parking d'une supérette à Port Saint Joe en Floride. L'auteure de cette découverte déclara aux policiers l'avoir ramassée après s'être garée sur une place de stationnement laissée libre par une fourgonnette Toyota blanche sans fenêtre. Elle décrivit le conducteur comme un homme d'une trentaine d'années (probablement dans les 35-39 ans) avec une moustache. La police mit alors en place des barrages routiers afin d'intercepter le véhicule — en vain. D'après des techniciens de chez Polaroid, la photo était très récente car le type de film utilisé n'avait pas été commercialisé avant .

En juillet, la photographie fut rendue publique lors de l'émission . Patty Doel fut contactée par des amis pensant avoir reconnu Tara tandis qu'ils regardaient l'émission. D'autres téléspectateurs, des proches de Michael Henley, un enfant de neuf ans disparu lui aussi au Nouveau-Mexique cinq mois avant Tara, se manifestèrent auprès des policiers floridiens, supposant qu'il pouvait être le petit garçon sur la photo. Les parents de Tara et ceux de Michael prirent le premier avion pour la Floride et rencontrèrent des enquêteurs locaux qui les firent examiner le polaroid. Patty affirma être « convaincue » que c'était sa fille, notamment en raison de la présence d'une cicatrice sur la jambe identique à celle qui avait marqué Tara à la suite d'un accident de voiture. De plus, un exemplaire de My Sweet Audrina de V.C. Andrews, l'un des livres de chevet préférés de Tara, était posé en évidence près de la jeune femme bâillonnée. Il était question dans ce best-seller paru en 1982 d'une jeune fille hantée par le meurtre de sa sœur dans un bois mais aussi de thématiques sombres telles que le viol, le trouble de stress post-traumatique et l'autisme.

Scotland Yard analysa la photo et en conclut que la jeune femme était Tara Calico, mais une seconde analyse du Laboratoire national de Los Alamos vint contredire les Britanniques ; celle entreprise par le FBI ne fut pas concluante. Malgré une certaine ressemblance, il fut avancé que la forme des sourcils et la naissance du nez par rapport aux yeux dans la photo étaient différentes de celles de l'adolescente, sans toutefois exclure que le stress conséquent à de longs mois de captivité ait pu modifier les traits de son visage.

De son côté, la mère de Michael Henley déclara être « presque certaine » que le petit garçon du polaroid était son fils. Mais il s'avéra un an plus tard que ce n'était pas le cas : les restes de son enfant furent découverts en dans les , à environ 11 kilomètres du camping familial d'où l'on avait perdu sa trace en et à 121 kilomètres du lieu de disparition de Tara Calico. Les policiers établirent que le garçonnet s'était égaré et qu'il était mort d'hypothermie.

La bande de voyous