Charrier est une eau minérale naturelle plate française issue de la source () et nommée Charrier depuis 1933. La source se situe en Montagne bourbonnaise, à Laprugne, commune du sud-est du département de l'Allier. Cette eau, faiblement minéralisée, fut exploitée commercialement de 1933 à 1996.

Localisation La source jaillit à d'altitudeLocalisation sur le site du Géoportail en terrain granitique, en bordure du massif forestier de l'Assise., dans la Montagne bourbonnaise, à Laprugne, commune à l'extrême sud-est du département de l'Allier et limitrophe de celui de la Loire. La source se situe à environ au nord-est du hameau de la Burnolle, non loin de la route menant à La Loge des Gardes (). Le hameau de Charrier qui a donné son nom à la société minière puis à la source se trouve en contrebas, à environ au sud-ouest à vol d'oiseau et abrite l'ancienne usine d'embouteillage ().

Histoire La source est connue depuis plusieurs siècles sous le nom de La Bouna Font ().. En 1925, elle est acquise par la Société des mines de CharrierL'exploitation minière à Laprugne date 1842 avec le plomb argentifère, avant de s'orienter vers l'extraction d'étain et de cuivre. Elle se poursuivit jusqu'en 1953. pour abreuver ses ouvriers. Il semble qu'une première étude de l'eau ait été faite par la faculté de médecine en 1930 et de premières recommandations thérapeutiques en 1931.

Après des analyses légales, l'État accorde en 1933 à la société minière l'autorisation de la commercialiser et elle prit alors le nom de Charrier. Dans les années suivantes, l'eau fait l'objet de plusieurs communications médicales sur son usageAction de l'eau minérale naturelle vivante Charrier Bonne Fontaine chez les colibacillaires, par les docteurs vichyssois P. Desgeorges et H. Dany, Communication au Congrès national de la colibacillose de Châtel-Guyon (Puy-de-Dôme) des 23 et , publié par le docteur Desgeorges en 1935.

Les docteurs vichyssois Cellerier et Barbat firent aussi une communication sur l'eau de Charrier lors de ce congrès.

L'Eau minérale naturelle vivante Charrier Bonne Fontaine, ses indications thérapeutiques, par P.-R. Flandrin, médecin des hôpitaux de Paris, 1935.Le professeur Flandrin, chirurgien à l'hôpital Saint-Michel à Paris, recommanda fortement l'usage thérapeutique de l'eau minérale Charrier qui lui aurait soigné une infection colibacillaire aigüe récidivante. Il écrivit ainsi en mars 1935 :. Sa radioactivité fut également étudiéeAdolphe Lepape (1886-1977), professeur de chimie au Collège de France, vint étudier la source et écrivit

Une rumeur locale parle d'une visite de Marie Curie (1867-1934) à la source Charrier pour étudier sa radioactivité mais il n'existe pas de trace ou de documentation de son éventuel passage.. L'eau de Charrier est alors recommandée pour son action diurétique mais également pour combattre la colibacillose.

En 1958, la société minière signe une convention avec la SNCF pour le Publication de la convention au Journal officiel de la République française du 5 octobre 1958. Mais son développement s'accélère vraiment l'année suivante, en 1959, quand elle est rachetée par le groupe Perrier. Celui-ci va moderniser la production avec l'installation d'une chaine d'embouteillage qui permet de conditionner bouteilles à l'heure..

L'eau minérale Charrier va connaitre le succès au tout début des années 1960 grâce à ses campagnes publicitaires. L'une restera célèbre et contribuera au succès de la marque comme eau pour les nouveau-nés avec le slogan . Une première campagne d'affichage un peu énigmatique est lancée avec juste ce slogan et un point d'interrogation, suivie d'une deuxième toujours avec le même slogan mais sans le point d'interrogation mais avec un bébé et la bouteille d'eau Charrier sur l'affiche. La campagne jouait sur la très forte notoriété et les rumeurs sur le couple Brigitte Bardot (BB) et Jacques Charrier qui venait d'avoir un enfant""Si Bardot avait voulu, sa fortune serait colossale" par Jean-François Arnaud, Challenges, 25 septembre 2014 Nicolas-Jacques Charrier est né le , unique enfant de Brigitte Bardot.. L'imitateur Claude Véga, très actif dans les années 1960, s'emparera de cette campagne dans un de ses sketches, prenant la voix de Brigitte Bardot, il demandait si on pouvait lui « charrier douze caisses d'eau minérale ». Le couple fera un procès à la marqueLa société de l'eau minérale Charrier était défendue par les avocats Edgar Faure et Pierre July qui argueront que la marque existait depuis 1933 et qu'un de ses principaux marchés, du fait de sa faible minéralité, était les nouveau-nés. mais sans succès. L'eau de Charrier devient l'eau minérale numéro 1 dans les maternités et l'entreprise va alors employer jusqu'à .

Mais dès le milieu des années 1960, les ventes baissent et l'entreprise licencie une partie de son personnel. En 1968, des machines moins puissantes remplacent les anciennes et l'usine d'embouteillage va tourner au ralenti. En 1981, la production est tombée à quelques milliers de bouteilles et l'usine ne compte plus que . Puis au début des années 1990, elle ne tourne plus que par intermittence avec seulement deux employés permanents et ce sont des salariés de l'usine de Saint-Yorre qui montent deux fois par an pour embouteiller l'eau, la Société des eaux minérales du bassin de Vichy ayant repris la source et la marque. En 1996, celle-ci décide d'arrêter la production.

Composition L'eau jaillit à une température moyenne de .

Elle est faiblement minéralisée, sans doute une des moins minéralisées des eaux minérales françaises et légèrement radioactive (elle est présentée comme l'eau minérale la plus radioactive de France)Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) mène des études sur la présence de tritium dans les eaux minérales de France. En 1995, la source Charrier avec un taux de 9 UT +/-2 (unité tritium) était une des sources les plus radioactives mais pas la plus. Ainsi dans le nord du Massif central, la source Fenestre 2 à La Bourboule avec 17 UT +/-3 ou la source La Chapelle à Royat avec 16 UT +/-3 sont supérieures. Par comparaison, les sources de Vichy, Bellerive-sur-Allier ou Saint-Yorre sont elles toutes inférieures ou égales à 1 UT..

Composition physico-chimique (en mg/l) +CationsAnionsSodium3,5Nitrates4Calcium3,2Bicarbonates3,7Magnésium0,8Sulfates3,4Potassium0,4Chlorures3,2 minéralisation totale : 37 mg/l pH à 20° : 5,9

Notes

Références

Liens externes "Sources minérales, Sources ferrugineuses, Sources thermales et Thermes", blog sur les sources minérales avec des photos de la source et de l'ancienne usine d'embouteillage.

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