vignette|droite|upright=1.25|Déclaration des droits de l'homme. La situation des droits de l'homme au Bénin est considérée comme généralement supérieure à la moyenne de l'Afrique subsaharienne.
Un rapport américain de 2012 félicite le Bénin pour avoir poursuivi la transition vers la démocratie et applaudit le travail législatif de ces dernières années pour adopter et appliquer des lois concernant la violence domestique contre les femmes, la corruption officielle, la torture et d'autres crimes, ainsi que l'établissement des institutions des droits de l'homme, y compris le Médiateur des droits de l'homme et le Conseil national pour la promotion de l'équité et de l'égalité entre genre.
Cependant, le rapport exprime une préoccupation au sujet des informations persistantes faisant état de niveaux élevés de violence et d'abus de la part des services de sécurité, y compris la police, ainsi que des conditions de détention difficiles et de longues périodes de détention provisoire, outre des informations faisant état de graves restrictions au droit de grève dans le secteur public et déclarations antisyndicales fréquentes des autorités, alimentant les tensions sociales et les actions de protestation. En outre, le rapport note la lenteur des progrès du gouvernement dans la lutte contre les pires formes de travail des enfants.
Contexte historique
Le Bénin est autrefois une colonie française connue sous le nom de Dahomey, qui obtient son indépendance en 1960. De 1972 à 1990, c'est un État marxiste-léniniste dirigé par le dictateur Mathieu Kérékou, qui prend le pouvoir par un coup d'État. Sous le régime Kérékou, le pays n'a ni la liberté d'expression ni celle de la presse présentant ainsi, un mauvais tableau sur les questions des droits de l'homme. En 1975, il devient République populaire du Bénin. En 1990, le mot «populaire» est retiré du nom officiel du pays et en , une nouvelle constitution est ratifiée dans le but d'établir une nation dans laquelle «l'État de droit, les droits fondamentaux, les libertés publiques, la dignité humaine et la justice sont garanties, protégées et promues comme condition préalable au développement harmonieux de chaque citoyen béninois» .
En vertu de cette nouvelle constitution, la démocratie est restaurée au Bénin en 1991. Lors des élections tenues cette année-là, Kérékou perd face à Nicéphore Soglo et accepte les résultats du vote. Il est reconduit au pouvoir lors des élections de 1996 et réélu en 2001. Mais en 2006, il ne se présente aux présidentielles. Cet acte de la part de Kérékou permet de considérer ces élections de 2006 comme libres et équitables.
De plus en plus depuis 1991, le Bénin est généralement considéré comme ayant des normes de droits de l'homme considérablement plus élevées que la plupart des autres pays africains. Il est écrit que le Bénin "apparaît comme l'une des premières démocraties d'Afrique", mais il est à souligner que la majorité des organisations non gouvernementales de défense des droits de l'homme présentes dans le pays, qui datent de la période de transition, manquent de synergie, faute de mise en réseaux. Ce qui parfois se traduit par une duplication des efforts. Lors de la session ordinaire de la commission africaine des droits de l'homme et des peuples en 2010, le procureur général du Bénin, Victor Topanou déclare qu'il existe aujourd'hui une volonté politique évidente pour assurer le succès de la culture des droits de l'homme, citant les efforts récents de réduire la pauvreté grâce à des politiques de microcrédit, améliorer l'accès à la justice en construisant de nouveaux palais de justice et de nouvelles prisons, et augmenter les rations alimentaires et les soins de santé dans les prisons.
Accords internationaux Le Bénin est signataire des accords internationaux suivants:
Charte africaine (Banjul) des droits de l'homme et des peuples ; Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ; Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes; Convention relative aux droits de l'enfant; Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale; Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels ; Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Ce qui suit est un tableau des classements du Bénin depuis 1972 dans les rapports Freedom in the World, publiés chaque année par Freedom House. Une note de 1 est "Libre" ; 7, "pas libre". +Notations historiquesAnnéeDroits CiviquesLibertés publiquesStatutPrésident197275Pas LibreMathieu Kérékou197375Pas LibreMathieu Kérékou197476Pas LibreMathieu Kérékou197577Pas LibreMathieu Kérékou197677Pas LibreMathieu Kérékou197777Pas LibreMathieu Kérékou197877Not FreeMathieu Kérékou197976Pas LibreMathieu Kérékou198076Pas LibreMathieu Kérékou198176Pas LibreMathieu Kérékou198276Pas LibreMathieu Kérékou198376Pas LibreMathieu Kérékou198477Pas LibreMathieu Kérékou198577Pas LibreMathieu Kérékou198677Pas LibreMathieu Kérékou198777Pas LibreMathieu Kérékou198877Pas LibreMathieu Kérékou198977Pas LibreMathieu Kérékou199064Partiellement LibreMathieu Kérékou199123LibreNicéphore Soglo199223LibreNicéphore Soglo199323LibreNicéphore Soglo199423LibreNicéphore Soglo199522LibreNicéphore Soglo199622LibreMathieu Kérékou199722LibreMathieu Kérékou199822LibreMathieu Kérékou199923LibreMathieu Kérékou200022LibreMathieu Kérékou200132LibreMathieu Kérékou200232LibreMathieu Kérékou200322LibreMathieu Kérékou200422LibreMathieu Kérékou200522LibreMathieu Kérékou200622LibreYayi Boni200722LibreYayi Boni200822LibreYayi Boni200922LibreYayi Boni201022LibreYayi Boni201122LibreYayi Boni201222LibreYayi Boni201322LibreYayi Boni201422LibreYayi Boni
Droits fondamentaux La discrimination fondée sur la race, le sexe, le handicap, la langue et le statut social est interdite par la constitution et les lois; cependant, les femmes et les personnes handicapées continuent d'être victimes de discrimination et le gouvernement fait peu pour la combattre.
Bien que la constitution et les lois béninoises garantissent la liberté d'expression et de la presse, ces droits sont parfois bafoués. L'office gouvernemental de la radio et de la télévision (ORTB) a soi-disant limité les émissions qui critiquentt le gouvernement; le gouvernement bloque le signal d'une station de radio française qui rend compte en 2010 des efforts déployés par des membres de l'Assemblée nationale pour destituer le président Yayi; et un achat massif, soi-disant par des agents du gouvernement, es fait de copies de journaux faisant état d'une affaire de corruption. De nombreux journalistes se livrent à l'autocensure, et un certain nombre d'entre eux sont poursuivis pour diffamation, bien que les juges ontt tendance à choisir de ne pas les poursuivre. "L'abus" de la liberté d'expression est passible d'une peine d'emprisonnement avec travaux forcés. Pourtant, il existe des médias actifs qui critiquent souvent le gouvernement, bien que leur portée soit limitée, en partie à cause de l'analphabétisme. Les médias d'information les plus influents appartiennent au gouvernement. Certains médias privés reçoivent une aide gouvernementale.
Il existe un droit d'accès illimité à Internet, mais il n'est pas disponible dans la plupart des endroits. Le gouvernement n'interfère pas avec les activités académiques ou culturelles et respecte généralement le droit à la liberté de réunion, bien qu'il refuse parfois les autorisations pour les rassemblements des groupes d'opposition et autres. En 2010, le gouvernement interdit plusieurs rassemblements publics, y compris des manifestations de syndicalistes préoccupés par la corruption et d'autres problèmes. La constitution et les lois du Bénin garantissent le droit de se déplacer librement dans le pays, de voyager à l'étranger, d'émigrer et de rapatrier, et ces droits sont généralement respectés, bien qu'il existe des points de contrôle dans tout le pays qui bloquent les déplacements et qui sont utilisés par la police et les gendarmes pour exiger des pots-de-vin. Bien que les mineurs aient besoin de documents lorsqu'ils voyagent à l'étranger afin d'éviter la traite, l'application inégale de cette exigence entraîne la poursuite de la traite.
Conformément à sa constitution, le Bénin est un État laïc dans lequel la liberté religieuse est garantie à tous et dans lequel les écoles publiques ne sont pas autorisées à dispenser un enseignement religieux (bien que les écoles religieuses privées soient autorisées). Au Bénin, où lors du recensement de 2002, la population était de 27% de catholiques romains, 24% de musulmans, 17% de vaudou (vaudou), 6% d'autres confessions indigènes et 5% de chrétiens célestes, et où les fêtes nationales incluent à la fois les saints chrétiens et musulmans jours, "le respect des différences religieuses estrépandu à tous les niveaux de la société et dans toutes les régions", selon un rapport du gouvernement américain de 2011, bien qu'il y a "des conflits occasionnels entre les pratiquants du vaudou et les chrétiens au sujet des pratiques d'initiation au vaudou, nécessitant l'intervention de la police".
La corruption existe dans pratiquement tous les secteurs et niveaux de gouvernement au Bénin. Il existe une agence gouvernementale appelée Watchdog to Combat Corruption, dont le but apparent est de résoudre ce problème.
Les droits des femmes
L'état des droits des femmes au Bénin s'est nettement amélioré depuis la restauration de la démocratie et la ratification de la Constitution, et l'adoption du Code des personnes et de la famille en 2004, qui ont tous deux supplanté diverses coutumes traditionnelles qui traitent systématiquement les femmes de manière inégale. Pourtant, les inégalités et la discrimination persistent. La polygamie et le mariage forcé sont illégaux, mais existent toujours. L'application de la loi contre le viol, dont la peine peut aller jusqu'à cinq ans de prison, est entravée par la corruption, l'inefficacité du travail de la police et la peur de la stigmatisation sociale. L'incompétence de la police fait que la plupart des infractions sexuelles sont réduites à des délits. La violence domestique est répandue, avec des peines allant jusqu'à 3 ans de prison, mais les femmes sont réticentes à signaler les cas et les autorités sont réticentes à intervenir dans ce qui est généralement considéré comme des affaires privées.
Les mutilations génitales féminines sont décrites comme "la pire violation substantielle des droits de l'homme au Bénin". Environ 13% des femmes et des filles en sont victimes (plus de 70% dans certaines régions et tribus), mais la loi qui l'interdit est rarement appliquée. La prostitution, en particulier la prostitution des enfants, est également courante, les clients étant souvent des touristes sexuels. Le harcèlement sexuel est également courant, de nombreuses étudiantes étant maltraitées par leurs professeurs. Bien qu'il s'agisse d'une infraction pénale passible d'une peine pouvant aller jusqu'à deux ans de prison, l'application est laxiste. Les coutumes locales défavorables aux femmes n'ont plus force de loi au Bénin, où les femmes jouissent de droits égaux en vertu de la constitution, y compris en matière de mariage et d'héritage. Pourtant, ils subissent beaucoup de discrimination sociale et professionnelle en raison des attitudes traditionnelles sur les rôles sexuels, et ont beaucoup plus de mal à obtenir un crédit et lorsque les veuves n'ont pas le droit de gérer leur propre propriété. Les femmes des zones rurales jouent des rôles subalternes et effectuent beaucoup de travaux pénibles.