Otto Fried, né le à Coblence et mort le à Meudon, est un artiste américain, ayant vécu et travaillé à New York et à Paris.

Otto Fried se voyait surtout comme peintre, mais son œuvre comporte egalement, outre des peintures et dessins, des sculptures et d’autres objets. À partir des paysages, natures mortes et portraits de ses débuts, il développe un langage artistique où prévalent des cercles.. On trouve ses œuvres dans de nombreuses collections privées et publiques comme par exemple le Musée national d'art moderne au Centre Pompidou à Paris, le Metropolitan Museum of Art et le Museum of Modern Art à New York..

Biographie 1922 - 1946 Né à Coblence sur le Rhin, Otto Siegmund Fried grandit de l’autre côté du fleuve, à Horchheim, qui depuis est devenu un quartier de la ville. Son père y a repris la boucherie de son beau-père. Lorsque la vie dans l’Allemagne gouvernée par les nationaux-socialistes devient de plus en plus dangereuse pour les juifs, ses parents contactent des parents lointains à Portland, dans l’Oregon, et y envoient leur fils Otto, alors âgé de . Avant que le père Robert Fried et la mère Rebecca (Ricka) Fried, née Salomon puissent l’y rejoindre avec leur fils aîné Ernst, celui-ci meurt en 1937 à la suite d'actes de violence antisémites. En 1938, le père est interné au camp de concentration Buchenwald. Mais en 1939, les parents réussissent à s'enfuir en AmériqueLisa Forrell: Otto Fried. Eine persönliche Würdigung. Otto Fried. A Personal Tribute. In: Beate Reifenscheid (Hrsg.): Otto Fried. Heaven Can Wait – Heaven Can't Wait. Silvana Editoriale, Mailand 2020, . S. 54–55.. En 1943, Otto Fried devait faire son service militaire et est admis dans l'armée de l’air des États-Unis. Après des missions en Inde, en Chine, en BirmanieThomas West: , p. 5. et dans les CaraïbesMarita Holl-Biegmann: Otto Fried. Horchheim – Oregon – New York – Paris. Stationen eines Künstlerlebens. In: Kirmeszeitung. 1976, S. 10., le GI Bill, une loi du gouvernement Franklin Roosevelt concernant les anciens combattants, lui permet d’entamer des études supérieuresAchim Moeller Fine Art, Ltd (ed.): Otto Fried. Interviewed by Kenneth Snelson, Summer 1991. Otto Fried. Metal Relief Structures. New York 1991..

1946 - 1951 En 1949, il achève ses études de l’art à l’Université d’Oregon à Eugene. Son professeur Jack WilkinsonJack Wilkinson. In: Online Collection. Portland Art Museum. http://portlandartmuseum.us/mwebcgi/mweb.exe?request=record;id=7405;type=701 (consulté le 18 janvier 2022) le met en contact avec Fernand Léger. Après une exposition d’artistes du nord-ouest des États-Unis où Otto Fried peut montrer ses travaux à côté d’œuvres de Mark Tobey, Louis Bunce, Morris Graves, Kenneth Callahan et Carl Morris, ., il entre dans l’atelier de Fernand Léger ainsi que dans l’Académie de Montmartre que Fernand Léger dirige avec André Lhote. Pendant un séjour à Paris de plus de deux ans, il participe au Salon d'automne, au Salon de l’ArméeLouise Aaron: Young Artist Discusses Aims. In: Oregon Journal du 15 décembre 1951. et au Salon de mai au musée d’art moderne de la Ville de Paris ainsi qu’au Grand Cycle de Peinture à Deauville. Il est aussi un des élèves de Léger qui exposent à la galerie parisienne Jeanne BucherInvitation au vernissage avec une liste de noms des exposants de la classe de Fernand Léger. Fernand Léger. https://jeannebucherjaeger.com/archive/1950-atelier-leger/ Jeanne Bucher (consulté le 18 janvier 2022) représentant des artistes comme Georges Braque, Nicolas de Staël, Wassily Kandinsky, Otto Freundlich et Paul Klee. Sa première exposition individuelle a lieu à l’American Library à Paris. Avec le poète et philosophe Larry Margolis, il publie un volume chez Somogy réunissant écrits de Margolis et images de FriedLarry Margolis et Otto Fried: WE 3. Somogy, Paris, ..

1952 - 1961 De retour aux États-Unis, Otto Fried préfère le travail d’artiste indépendant à New York à l’enseignement en OregonThomas West: Otto Fried. Édité par Foundation Fine Art of the Century, Genève. 1995, , .. Il s’installe à Manhattan et fait connaissance des peintres de l’expressionnisme abstrait sans pourtant s’en inspirerKathryn Kanjo: Variations of a Theme. Ed.: Portland Art Museum. Portland, Oregon 1999, , .. Il devient l’ami de cinéastes et de musiciens tels Chou Wen-chung, John Lowenthal, Gene ForrellLisa Forrell: Otto Fried. Ein persönliche Würdigung. Otto Fried. A Personal Tribute. In: Beate Reifenscheid (Hrsg.): Otto Fried. Heaven Can Wait – Heaven Can't Wait. Silvana Editoriale, Milan 2020, , . et Mildred ForrellBrett Kahr: Mildred Forrell 1923–2018 : Editor of the Mind. In: British Psychoanalytic Council (Ed.): New Associations.automne 2018, . Londres, .. Il se marie une première foisLaNita Anderson: Exhibition Work Brings Back Artist. In: The Oregon Journal. mars 1984.. Il fait la connaissance de R. Buckminster Fuller et du collectionneur Warren M. Robbins, l’attaché culturel de l’ambassade des États-Unis à Bonn qui, lors des années 1950, dirige l’organisation américaine pour l’échange culturel U.S.I.S. Celui-ci permet à Otto Fried d'envoyer en Allemagne des œuvres sélectionnées pour une série d'expositions individuelles à CoblenceBeate Reifenscheid: Frühe Jahre: Vom Expressionismus zur Abstraktion. Early Years: From Expressionism to Abstraction. In: Beate Reifenscheid (Hrsg.): Otto Fried. Heaven Can Wait – Heaven Can't Wait. Silvana Editoriale, Milan 2020, , ., Darmstadt et Tubingue dans les années 1958-1960. Puis certaines de ses œuvres sont également exposées à Salzbourg en Autriche. Bientôt de premiers musées acquièrent quelques-uns de ses tableaux. En 1960 et 1961, le Metropolitan Museum of Art achète plusieurs monotypes, .. C’est grâce à cette technique d’impression qu’Otto Fried se fait connaître aux États-Unis.

1962 - 2020 Après son mariage avec Micheline HaardtHelen L. Mershon: Good Things of Oregon' Impress Visitor. In: The Oregon Journal. 1968., rédactrice de mode française qui plus tard occupera différents postes-clé dans le monde de la modeLisa Forrell: Otto Fried. Eine persönliche Würdigung. Otto Fried. A Personal Tribute. In: Beate Reifenscheid (Ed.): Otto Fried. Heaven Can Wait. Heaven Can't Wait. Silvana Editoriale, Milan 2020, , , 59., le couple s’installe à Paris. Otto Fried garde toutefois son atelier et son appartement new-yorkais jusqu’en 2010. Il y passe plusieurs mois par anBarbara Wolbert: Himmel und Flüsse. In: Beate Reifenscheid (Hrsg.): Otto Fried. Heaven Can Wait. Heaven Can’t Wait. Silvana Editoriale, Milan 2020, , ..

L’Irving Gallery à Milwaukee (Wisconsin), la galerie Coe Kerr et Achim Moeller Fine Art à New York City ainsi que la Fountain Gallery de Portland (Oregon) montrent plusieurs fois de nouvelles œuvres de Fried. À Paris les galeries Gianna Sistu et Hector Brame et la galerie Brame & Lorenceau exposent des travaux réalisés en France. Des collectionneurs privés, des collections publiques de grandes entreprises comme des banques à New York, Atlanta, Dallas, Seattle, San Francisco, Genève et Tokyo acquièrent des œuvres d’Otto FriedMuseen und Sammlungen. Museums and Collections. In: Beate Reifenscheid (Hrsg.): Otto Fried. Heaven Can Wait – Heaven Can’t Wait. Silvana Editoriale, Milan 2020, , .. En plus du Metropolitan Museum of Art, du MoMA et du Centre Pompidou aussi d’autres musées comme la galerie SuArt dans l’État de New York, le Rose Art Museum au Massachusetts, l’Indianapolis Museum of Art, le Portland Art Museum et le Jordan Schnitzer Museum à Eugene (Oregon) ainsi que le Musée de la vallée moyenne du Rhin à Coblence deviennent propriétaires de certaines de ses œuvres.

En 2020, l’Amicale des musées d'art de Coblence achète une de ses œuvres parmi les plus grands formats, Untitled de 1998, pour la collection du Ludwig Museum KoblenzFreundeskreis erwirbt Gemälde von Otto Fried. In: Rhein Zeitung du 12 janvier 2021.. Elle y est montrée lors de l’exposition consacrée à Otto Fried en 2020. Le titre de cette exposition Heaven Can Wait – Heaven Can’t Wait fait allusion à un de ses reliefs en métal ainsi intituléOtto Fried – “Heaven can wait / Heaven can’t wait” du 21 juin 2020 au 16 août 2020. Ludwig Museum Coblence, 2020, https://ludwigmuseum.org/ausstellungen/otto-fried-2/ (consulté le 7 août 2021).. Il s’agit de la dernière exposition qui se déroule de son vivant.

Otto Fried meurt le , trois ans et demi après la mort de sa femme Micheline FriedLudwig Museum Koblenz: Nachruf auf den international bekannten Künstler Otto Fried. janvier 2021, https://ludwigmuseum.org PDF (consulté le 23 juillet 2021).. Il est enterré à ses côtés au cimetière du Père-Lachaise (division 89)Klaus Nerger: Das Grab von Otto Fried. In: knerger.de, https://www.knerger.de/html/friedottbild__kunst_5.html (consulté le 22 janvier 2022).Maria Schröder, geb. Jung, Fotos: Susanne Schmidt-Dominé, geb. Jung: Erinnerung an Otto Fried. In: Horchheimer Kirmesgesellschaft St. Maximinus e.V. (Ed.): Kirmes. Das Horchheimer Magazin. Vol. 2021, ..

L’œuvre thumb|upright|Otto Fried dans son atelier à Paris en 2004 Sa fascination pour la nature domine l’œuvre d’Otto Fried à travers les décenniesBarbara Wolbert: Himmel und Flüsse. Heaven, Sky and Rivers. In: Beate Reifenscheid (Hrsg.): Otto Fried. Heaven Can Wait – Heaven Can't Wait. Silvana Editoriale, Milan 2020, , .. Dans ses dessins et peintures, des éléments figuratifs et des paysages rencontrent des formes abstraites. Selon l’historien et critique de l’art suisse Pierre Courthion, « [c]hez Fried le lyrique anime la géométrie »Chez Fried, le lyrisme vient animer la géométrie." Pierre Courthion: Otto Fried. Le monde des sphères. 26 janvier - 26 février 1977. Ed.: Galerie des Grands Augustins. Paris 1977.. D’après le marchand d'art, curateur et collectionneur Paul Haim, les tableaux d’Otto Fried reflètent les lignes des collines boisées et des côtes de l’OregonPaul Haim: "Chronologie", Otto Fried. Fuji Television Gallery, Tokyo 1985.. La galeriste et historienne de l’art Sylvie Brame voit dans ses travaux « un dialogue permanent avec la nature »Sylvie Brame: Otto Fried. Sélection des dessins et d’œuvres sur papier. Paris 2009..

En acceptant que le hasard y joue un rôle, Fried se sert de la technique du monotype comme moyen d’abstraction. Elle transforme paysages et plantes tout en donnant une note de naturel aux tableaux plutôt de petite taille. Dans les années 70 du siècle Fried utilise des monotypes aussi dans des collages où le cercle devient la forme de baseOtto Fried: Untitled, 1988, monotype, 25x20 pouces (). In: Otto Fried. Foundation Fine Art of the Century, Genève 1995, .. L’intérêt qu’il porte au corps humain se manifeste déjà dans des représentations de soudeursThomas West: Otto Fried : Essay by Thomas West, Genève, Foundation Fine Art of the Century, 1995 . et de rameursLisa Forrell: Otto Fried. Eine persönliche Würdigung. Otto Fried. A Personal Tribute. In: Beate Reifenscheid (Hrsg.): Otto Fried. Heaven Can Wait. Heaven Can't Wait. SilvanaEditoriale, Milan 2020, , , 5.. Les cercles s’imposent davantage dans des scènes urbaines et balnéaires des années 50Par exemple dans la peinture à l’huile "Jones Beach" (1956), décrite dans Beate Reifenscheid: Frühe Jahre: Vom Expressionismus zur Abstraktion. Early Years: From Expressionism to Abstraction. In: Beate Reifenscheid (Ed.): Otto Fried. Heaven Can Wait - Heaven Can't Wait. Silvana Editoriale, Milan 2020, , .. Dans des représentations de côtes en bleu et blanc du début des années 70, des bateaux et des voiles se transforment en cercles et trianglesPar exemple dans les peintures à l’huile "White Green Spinnaker" (1972) et "Interlocking Sail Circle" (1972): Otto Fried. Foundation Fine Art of the Century, Genève, , , 2.. Finalement les cercles prennent de l’autonomie et dominent le jeu des formes, ..