Touroulia guianensis est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Ochnaceae (anciennement des Quiinaceae), et qui est l'espèce type du genre Touroulia Aubl.. C'est un arbuste ou un petit arbre originaire d'Amérique du Sud.
L'espèce est connue en Guyane sous les noms de Bois macaque, Bois flambeau (Créole), Touroulier de la Guyane (Français), Yooka wiwii (nom générique, "âme-feuille" en Nenge tongo), Mongui oudou [monki-oedoe, mangui-oedoe] (Nenge tongo), Yoyo mosi, Palmito ou Oulatalheua. On rapporte le nom de Redi-oedoe au Suriname.
Description Touroulia guianensis est un arbre atteignant de haut, pour de diamètre.
Ses rameaux sont cylindriques, lenticellés, finement et nettement poilus, glabrescents. Son écorce est épaisse et ridée. Son bois lourd (densité : 0,91) est de couleur brun foncé, légèrement rougeâtre et un peu veiné.
Les feuilles sont opposées, composées imparipennées (aussi bien sur les juvéniles que sur l'arbre adulte), chartacées ou subcoriaces, longues de , à rachis ailé par les pennes décurrente.
Les 3-5 paires de pennes (7-11 folioles) sont opposées, sessiles, de forme étroitement oblongue ou oblongue-lancéolée, longues de pour de large, acuminées-cuspidées à l'apex, et à base arrondie et décurrente. On compte 10 à 20 paires de nervures secondaires saillantes sur les deux faces (surtout dessous), arquées vers le haut près de la marge, et finissant en denticules courbes dans la marge. Les nervures tertiaires sont courbées de manière géniculée vers le milieu des zones intercostales. Le pétiole est long de , finement pubérulent, dans la partie supérieure étroitement ailé par les limbes décurrents. Le rachis est finement pubérulent. Les stipules sont précocement caduques (non visibles), laissant un relief entre les feuilles.
Les inflorescences sont terminales, longues de , en grappes composées, velues roussâtres, à rameaux latéraux entourés de bractées, formant des involucres avec leurs stipules, formées de fleurs sessiles ou presque groupées par 8-10 à l'aisselle de bractées. On distingue des inflorescences dont toutes les fleurs sont staminées, ou avec toutes les fleurs bisexuées.
Les inflorescences staminées (mâles), sont des grappes composées longues de , avec des rameaux latéraux étalés longs de , sous-tendus par des bractées triangulaires finement pubescentes, qui forment un involucre avec leurs grandes stipules largement triangulaires.
Les fleurs staminées sont petites ( de diamètre), sessiles ou subsessiles, groupées par 8-10, et formant des glomérules à l'aisselle de petites bractées triangulaires, portées sur des branches assez densément couvertes de courts poils brunâtres. Les 5 sépales sont imbriqués, unis à la base, courtement poilus à l'extérieur. Les 5 pétales sont cuculés, plus longs que les sépales, glabres, concaves, de couleur jaune pâle. On compte environ 60 étamines, avec des filets longs d'environ , et des anthères de , à cellules étalées et à connectif large.
Les inflorescences bisexuées sont plus petites, avec des fleurs dioïques, petites, sessiles ou presque, de de diamètre. Le calice verdâtre à 5 segments imbriqués, unis à la base, 5 pétales jaunes, et environ 60 étamines à filet filiforme dans les fleurs mâles. Les fleurs pistillées portent 5 sépales, 5 pétales de couleur jaune pâle, environ 60 étamines, et un ovaire à 7 loges uni-ovulées.
Le fruit réputé comestible, est bacciforme, non déhiscente, vivement colorée jaune orangé, plus ou moins globuleux, obovoïde, ou elliptique, mesurant , à 7 loges, sillonné longitudinalement, couronné par les segments du calice. L'exocarpe est peu épais (), assez résistant, et longitudinalement sulqué. Le mésocarpe est pulpeux, peu épais (), mou, translucide. Il contient 5 à 6(7) graines ou moins oblongues, ellipsoïdes, comprimées sur les deux faces et convexes sur le dos, couvertes d'un tégument vileux brun roux, longues de pour de large.
Répartition Touroulia guianensis est présent au Venezuela (Bolívar, Amazonas), au Guyana, au Suriname, en Guyane, et au Brésil.
Touroulia guianensis est répandu, tandis que Touroulia amazonica est beaucoup plus rare.
Écologie Touroulia guianensis pousse au Venezuela dans les forêts sempervirentes de plaine de basse montagne, les forêts anciennes et secondaires, sur sol préférentiellement sableux, autour de d'altitude. En Guyane, c'est un arbre moyen du sous-étage à la canopée, présent dans les forêts anciennes de terre ferme (non inondées).
Touroulia guianensis peut être multiplié par graines.
La nervation et l'histologie de Touroulia guianensis ont été étudiées. Les stomates sont paracytiques. Le mésophylle de Touroulia guianensis contient des cellules cristarques (amas de cellules cristallifères à épaississement en forme de U).
Touroulia guianensis est l'hôte d'insectes galligènes.
Une étude phylogénétique de Touroulia guianensis indique que le genre Tourouliaest un groupe frère de Lacunaria.
Utilisations La pulpe du fruit, acide mais de goût agréable, peut être consommée crue.
Chimie Le bois de Touroulia guianensis contient de la 2,6-dimethoxy-p-benzoquinone, du friedelan-3∝-ol, de la friedeline, du sitostérol, de la β-sitostenone, et du syringaresinol..
Protologue En 1775, le botaniste Aublet propose le protologue suivant :
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Liste des plantes décrites par Fusée-Aublet
Liens externes
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