La reddition de Lee, ou reddition d'Appomattox désigne la capitulation de l'armée de Virginie du Nord le . Elle est signée dans le salon de la maison de Wilmer McLean à Appomattox par le général sudiste Robert E. Lee au terme de la bataille d'Appomattox Court House. En vertu des conditions offertes par le lieutenant-général Ulysses S. Grant, les sudistes sont libérés sur parole.

Elle marque la fin de la guerre de Sécession sur le théâtre oriental et symboliquement. sur les autres théâtres d'opérations. Néanmoins, elle ne met pas fin aux combats, quelques escarmouches ayant lieu sur les théâtres occidental et Trans-Mississippi après cette reddition.

Contexte

Guerre d'usure

En 1864, la guerre de Sécession rentre dans une nouvelle phase de guerre d'usure au cours de la campagne terrestre, en Virginie. Les deux camps subissent de lourdes pertes notamment aux batailles de la Wilderness, de Spotsylvania ou de Cold Harbor. L'armée sudiste de Virginie du Nord, en infériorité numérique, ne peut plus compenser cette saignée.

A l'issue de la campagne, le lieutenant-général Ulysses S. Grant, commandant en chef nordiste, décide de contourner l'armée sudiste pour assiéger la ville de ravitaillement des sudistes : Petersburg. Le général confédéré Robert E. Lee, commandant de l'armée de Virginie du Nord et de l'armée confédérée, est contraint de se retirer pour défendre la ville. Après neuf mois de siège, Petersburg tombe. L'ultime campagne, autour d'Appomattox, débute alors.

Campagne d'Appomattox

Aucune bataille ne semble améliorer les choses pour l'armée de Virginie du Nord. Celle de Five Forks le fait plus de . Le , Petersburg tombe et A.P. Hill est tué.. Le corps de l'armée de Virginie du Nord, dont il détenait le commandement, est intégré dans le corps du lieutenant-général James LongstreetCommandant du corps de l'armée de Virginie du Nord.. Richmond, capitale de la Confédération est évacuée et incendiée. Le , Lee arrive à l'Amelia Court House avec affamés. À la suite de la bataille de Sayler's Creek le , sudistes se rendent auprès du général Sheridan. Les derniers vétérans de corps de Richard H. Anderson, relevé de son commandement le ., sont incorporés au corps de John B. Gordon. Le département de Richmond d'Ewell, capturé, ne compte plus que 300 hommes. L'armée de Virginie du Nord dénombre environ « va-nu-pieds » alors que l'armée de Grant, serait, selon Lee, plus de cinq fois supérieure en nombre. Au total, entre le et le , 19 132 confédérés ont été capturés.. Le , Grant propose alors à son homologue sudiste de se rendre..

Lee lit cette lettre, la tend au général Longstreet qui la lit à son tour. La redonnant au général Lee, Pete Longstreet dit « Pas encore ».. En réponse, Lee écrit : vignette| James Longstreet.

Le , en réponse à la note du général Lee, Grant écrit : Lee répond :

Grant concède auprès du secrétaire à la guerre Stanton :

Le , le sort de l'armée de Virginie du Nord est scellé. La bataille d'Appomattox Court House et celle d'Appomattox Station n'offrent aucune issue. Le colonel Adjudant-général adjoint et aide-de-camp du général Lee., de l'état-major du général Lee, transmet un message du général GordonCommandant du corps de l'armée de Virginie du Nord..

L'aveu du général Gordon, que nul ne pensait pusillanime, convainc Robert Lee. Il est 8 heures du matin et le général Lee, lassé de la guerre, se résout à la reddition :

Mais que dira l'histoire ?

Lee ajoute :

Dans les rangs de l'armée de Virginie du Nord, un sentiment de déni envers une capitulation règne. Mais, la reddition de l'armée confédérée est inévitable. Sans issue, elle combat à moins d'un contre deux à Appomattox Court House. Walter H. TaylorChef d'état-major et aide-de-camp du général Lee., aide-de-camp de Lee refuse le mot capitulation. Lee lui répond :

En outre, Lee entend demander un cessez-le-feu. Pour ce faire, James Longstreet rencontre le major-général nordiste George A. Custer. Ce dernier lui demande « au nom du général Sheridan, la reddition inconditionnelle de cette armée » arguant qu'il serait vain de continuer à répandre le sang. Longstreet réplique :

Une trêve de deux heures ne tarde pas à être mise en place, ce qui était censé laissé le temps à Lee et Grant de se rencontrer. Mais les délais ne pourront pas être respectés.. À 10 heures, Lee, accompagné de Charles Marshall et de Walter H. Taylor, s'est rendu à la ligne de piquetage conformément à la lettre de la veille. Grant n'arrivant pas, il envoie :

Grant répond bientôt : Grant semble en plus guérir de sa migraine psychomatique. Il dit, ironiquement :

Déroulement

9 avril Après l'échec d'une rencontre à , le colonel Orville E. Babcock rencontre Lee et ses officiers le dimanche à .. Longstreet glisse à Lee :

Mais, le général Lee ne revient pas sur sa décision. Les hommes choisissent la maison de Wilmer McLean située près d'Appomattox en Virginie, une construction de briques et de bois typiquement virginienne. Une fois arrivés, Lee accompagné de Charles Marshall et Babcock s'installent dans le salon et se mettent à discuter. Grant se fait attendre et finalement, il arrive avec son état-major au bout d'une demi-heure devant la maison. Là, Sheridan, Ord et d'autres l'attendaient.

Les officiers pénètrent alors dans la maison. La rencontre (-)

vignette|Salon de la maison de Wilmer McLean (reconstruit) dans lequel Robert Lee accepta la reddition de son armée le 9 avril 1865.|250x250px Le général Lee, mesurant six pieds., revêtu de son plus bel uniforme de général confédéréHabituellement, Lee porte un uniforme de colonel alors qu'il est général. Sa reddition est peut-être la seul occasion durant laquelle il porta un uniforme de général confédéré. Cet uniforme est alors appelé "Surrender Uniform" ("l'uniforme de la reddition")., ceint de son épée de parade, rencontre enfin le général Grant poussiéreux et négligé dans sa vareuse bleu sombre ouverte tous les jours, les bottes encore couvertes de boue.... Les deux hommes se serrent la main puis Grant lance : Lee répondit : Après quelques paroles échangées à propos de la guerre du Mexique, les deux commandants rentrent dans le vif du sujet. Grant ordonne aux officiers de sortir et s'entretient en privé avec le général Lee. Quelques minutes plus tard, un parterre d'officiers rentrent dans la pièce. Le cortège nordiste était composé de l'état-major de Grant dont Babcock, Porter, Williams, Bowers et ParkerA part Ely S. Parker, les officiers accompagnant Grant ne sont pas présents durant toute la rencontre. Il s'agit là du lieutenant-colonel Orville E. Babcock, du lieutenant-colonel Horace Porter, du capitaine Robert T. Lincoln, du lieutenant-colonel Theodore S. Bowers, du brigadier-général John A. Rawlins, du brigadier-général Rufus Ingalls, du lieutenant-colonel , du brigadier-général , du brigadier-général et du brigadier-général Seth Williams. ainsi que de Sheridan, Ord et Custer. A noter que le major-général nordiste Meade, commandant l'armée du Potomac, n'est pas présent lors de la rencontre bien qu'il apparaîsse dans certains des tableaux représentant l'évènement. Il guérit en effet d'une semaine de crises de nausées... De son côté, Lee n'était accompagné que par le colonel Charles Marshall., le colonel Walter H. Taylor ayant refusé de venir. Cela traduit, dans une certaine mesure, la supériorité des « yankees ».

Vient alors le temps de rédiger l'acte officiel. Le colonel Bowers décline l'honneur de le faire. C'est donc Parker qui est chargé de la tâche. A la lecture des conditions, le soulagement est profond pour le général Lee.Les termes de la reddition étaient honorables car les soldats sudistes étaient autorisés à rentrer chez eux sans leurs armes, mais avec leurs chevaux, à la condition qu'ils ne reprennent plus le combat contre les États-Unis. Les conditions de reddition de Grant conviennent à Lee, en ce qu'elles prévoient que les officiers seront libérés sur parole, avec leurs biens, que les soldats seront aussi libérés sur parole. Lee faisant remarquer que les confédérés avaient combattu avec leurs propres chevaux, Grant refuse de modifier les termes de la capitulation mais assure que chaque soldat sudiste qui revendiquera un cheval ou une mule pourra rentrer chez lui avec l'animal, afin qu'il puisse travailler la terre pour l'année suivante. , reconnaît Lee. Lee s'assoit et se met à écrire : La négociation a été brève et l'heure est venue pour les officiers de se saluer. A Seth Williams, son ancien adjoint, Lee adresse quelques mots. Ce dernier dévisage ensuite le colonel Ely S. Parker, un chef indien Seneca devenu officier. Lee lui aurait dit : Parker lui répond : Sur ce, Lee souhaite rendre immédiatement les nordistes qu'il détient. Grant donne l'ordre de ravitailler l'armée de Lee en vivres. 25 000 rations seront distribuées. Lee sort, impassible. « Ordonnance ! », s'écrit-il. TuckerSelon V. Bernard, Lee est également accompagné de son ordonnance, Tucker mais celui-ci attend à l'extérieur de la McLean House. surgit avec la fidèle monture du général, Traveller. Lee pousse un profond soupir. Grant est sorti à son tour, levant son chapeau, suivi par ses officiers. Le général gris fait de même puis s'éclipse auprès des siens. Certains nordistes commencent à applaudir Grant mais celui-ci donne l'ordre d'arrêter. En effet, tout au long de la reddition, le général Grant interdit toute manifestation de triomphe de façon à éviter une humiliation du Sud. Ainsi, les 100 coups de canon initialement prévus ne sont pas tirés. Il dira : Pour l'anecdote, les témoins de la rencontre dans la maison de Wilmer McLean ont cherché à acquérir des souvenirs de la cérémonieLa table utilisée par Lee est achetée $20 par le général Sherman; celle utilisée par Grant, $40... Ils ont ainsi vidé le salon de Wilmer McLean.

Fin d'après-midi À 16 h 30, une fois Lee parti, Grant télégraphie à Washington, à destination du secrétaire à la guerre Edwin M. Stanton :

Dans la soirée, Grant reçoit une réponse de Washington :

Arrivé dans ses lignes, Lee est acclamé par ses derniers soldats. Soudain, ils comprennent.

Le « Renard gris » tel qu'on l'appelle, acquiesce :

Les soldats sudistes, et c'est dire la confiance qu'ils accordent au général Lee, protestent : La scène est émouvante. On l'acclame. Lee, qui, comme ses hommes, ne peut retenir ses larmes., se réfugie seul dans sa tente. Il décide ensuite d'annoncer la reddition de son armée au président :

10-12 avril

Visites Une fois rendu, le général Lee reçoit plusieurs visites, de nordistes comme de sudistes. Dans la matinée du , il échange des mots « très plaisants » avec Ulysses Grant avant que ce dernier ne parte pour Washington. Grant hasarde : Lee répond :

C'est ensuite au tour de George G. Meade, à la tête de l'armée du Potomac, de rencontrer la « légende sudiste ». Il ôte son képi et le salut mais Lee ne le reconnaît pas tout de suite. Lorsqu'il voit enfin de qui il s'agit, le général virginien s'exclame : Meade vient en effet de se remettre d'une semaine de maladie ce qui lui aurait donné un air . A cela, le vainqueur de Gettysburg répond : Meade lance ensuite : Lee répond : Meade, stupéfait, s'exclame alors :

Les adieux du général Lee vignette|Discours d'adieu de Lee le 10 avril 1865. Le , Lee charge le colonel Marshall de rédiger l' (ou ) qui s'adresse aux derniers soldats de l'armée de Virginie du Nord :

Cérémonie de reddition de l'infanterie vignette|225x225px| Joshua L. ChamberlainCommandant de la brigade de la division du corps et président de la cérémonie de reddition de l'infanterie de l'armée de Virginie du Nord le 12 avril 1865.. vignette|225x225px| John B. Gordon.|gauche