Victor Mirkin, né le à Ekaterinoslav et mort pour la France le à Grosmagny, est un avocat, militaire et résistant français, Compagnon de la Libération.
Immigré juif de Russie, il fait des études de droit et exerce comme avocat à Paris et à Londres. Parti s'installer en Palestine, il se rallie à la France libre au début de la Seconde Guerre mondiale et combat en Afrique du Nord et en Italie. Participant à la libération de la France, il est tué au combat pendant la bataille des Vosges.
Biographie
Jeunesse et engagement
Vsictor Mirkin naît le à Ekaterinoslav, dans l'empire russe. En 1917, sa famille émigre en France pour fuir la révolution bolchévique. Élève du lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine et de la Sorbonne, il obtient une licence de droit puis, après son service militaire, exerce comme avocat au barreau de Paris. De confession juive, il participe dans les années 30 aux activités du Betar à Paris et en Lettonie, étant notamment l'adjoint de Jeremiah Halpern dans un cours d'instruction aux sports défensifs près de Riga. Installé ensuite en Angleterre, il passe les examens de droit britannique et s'inscrit au barreau de Londres. En 1937, il part vivre à Haïfa en Palestine. Directeur-adjoint de la Palestine Jewish Colonization Association, il est chargé de la gestion des colonies agricoles fondées par Edmond de Rothschild.
Seconde Guerre mondiale
De nationalité française, Victor Mirkin est mobilisé avec le grade de lieutenant au début de la Seconde Guerre mondiale. Affecté à l'état-major des troupes du territoire de l'Euphrate en Syrie, il n'a pas l'occasion d'aller combattre en métropole et est démobilisé en . Il décide alors de se rallier à la France libre et retourne en Palestine où les premiers résistants français ont rejoint les troupes britanniques.
Engagé dans les forces françaises libres en , il est affecté au bataillon d'infanterie de marine avec lequel il prend part à la guerre du désert en Libye, où il participe à l’attaque de Bardia et de Tobrouk, et se bat à Bir-HakeimDavid Knout, Contribution à l'histoire de la Résistance juive en France, 1940-1944, Centre de Documentation Juive Contemporaine, Paris, 1947..
Promu capitaine, il participe en à la campagne de Syrie au cours de laquelle il est blessé par un éclat d'obus. En , il est muté à l'état-major de la brigade française libre avec laquelle il retourne en Libye en . En octobre suivant, il participe à la seconde bataille d'El Alamein en Égypte puis à la campagne de Tunisie au début de l'année 1943. À cette occasion, il reçoit une citation à l'ordre de l'armée. En , il est affecté à l'état-major de la division française libre ( DFL) sous les ordres directs du général Brosset.
Chef du bureau (conduite des opérations) de la DFL, il participe à la campagne d'Italie à partir d' et n'hésite pas à accompagner des unités combattantes au cœur des combats. Débarqué en Provence en , il joue un rôle important dans la libération de Toulon. Le , il obtient la reddition de dans le quartier de Saint-Jean-du-Var. Plus tard, il parvient à duper le colonel allemand commandant l'arsenal de Toulon et obtient sa reddition en lui prétendant que le port est encerclé et va subir un tir d'artillerie. Promu chef de bataillon, il obtient des responsabilités plus importantes au sein de la DFL en devenant chef d'état-major de la brigade. Le , pendant la bataille des Vosges, l'explosion d'une mine le blesse devant Ronchamp. L'après-midi même, il apprend la mort du général Brosset dans un accident de Jeep.
Le à Grosmagny, alors qu'il mène une compagnie à l'assaut, il meurt atteint d'une balle en pleine tête. Inhumé à la nécropole nationale de Rougemont, il repose à proximité de son chef Diego Brosset.
Décorations
106px 106px
Chevalier de la Légion d'honneurCompagnon de la LibérationÀ titre posthume, par décret du 7 juillet 1945Croix de guerre 1939-1945Avec une palmeMédaille de la Résistance françaiseAvec rosetteMédaille colonialeAvec agrafe "Libye"Médaille commémorativedes services volontaires dans la France libreDistinguished Service Cross(États-Unis)Ordre du Mérite(Syrie)
Hommages
À Grosmagny, son nom est inscrit sur le monument aux Morts de la commune. À Pardes Hanna-Karkur, en Israël, une stèle a été érigée en son honneur dans un square qui porte également son nom. Une plaque commémorative lui est consacrée au musée du soldat juif de Yad LaShiryon, à Latroun. À Toulon, une plaque commémorative lui est dédiée.
Références
Voir aussi
Bibliographie
. . . . . .
Articles connexes
Ordre de la Libération Libération de la France
Liens externes
Catégorie:Élève du lycée Pasteur (Neuilly-sur-Seine) Catégorie:Étudiant de la faculté de droit de Paris Catégorie:Avocat français du XXe siècle Catégorie:Résistant français Catégorie:Officier des Forces françaises libres (terrestres) Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur Catégorie:Compagnon de la Libération Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française avec rosette Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française Catégorie:Titulaire de la médaille coloniale Catégorie:Récipiendaire de la Distinguished Service Cross (États-Unis) Catégorie:Récipiendaire de l'ordre du Mérite civil (Syrie) Catégorie:Naissance en décembre 1909 Catégorie:Naissance dans le gouvernement de Iekaterinoslav Catégorie:Décès en novembre 1944 Catégorie:Décès dans le Territoire de Belfort Catégorie:Décès à 34 ans Catégorie:Mort pour la France