Henri Muller, né le à Chaux et mort pour la France le à Hyères, est un militaire et résistant français, Compagnon de la Libération. Engagé volontaire immédiatement après la Première Guerre mondiale, il commence sa carrière par l'occupation de l'Allemagne avant d'effectuer divers séjours en Afrique et en Extrême-Orient au sein des troupes coloniales. Il est un officier déjà expérimenté lorsqu'il prend part à la bataille de France au début de la Seconde Guerre mondiale. Blessé, prisonnier puis évadé, il sert un temps dans l'armée d'armistice avant de s'adonner à quelques actions avec la résistance. Passé en Afrique du Nord via l'Espagne, il s'engage pour la France combattante et combat en Italie avant d'être tué lors de la libération de la France.

Biographie

Jeunesse et engagement

Henri Muller naît le à Chaux, dans le Territoire de Belfort, au sein d'une famille de cultivateurs qui s'installe ensuite à Vézelois. À , il décide de s'engager dans l'armée et est incorporé le au régiment de zouaves avec lequel il participe à l'occupation de la Rhénanie avant d'être muté au régiment de zouaves à Oran en novembre de la même année. Promu caporal le puis sergent le suivant, il est muté au régiment de tirailleurs marocains le . Avec cette unité, il participe à la pacification du Maroc au cours de laquelle il est blessé par balle au genou le . Hospitalisé et ne pouvant plus combattre, il est muté le au régiment d'infanterie à titre administratif et est rendu à la vie civile le .

Après plus d'un an de convalescence et désormais entièrement remis de sa blessure, Henri Muller se réengage le . Affecté au régiment de zouaves, il est ensuite muté au Maroc où il rejoint le régiment de tirailleurs sénégalais du Maroc ( RTSM) le . Il participe alors à la guerre du Rif au cours de laquelle il reçoit plusieurs citations pour la qualité de ses actions. Le , il prolonge son engagement au régiment de tirailleurs sénégalais, nouvelle appellation du RTSM puis est rapatrié en France où il incorpore le bataillon de mitrailleurs indochinois le . En décembre suivant, il part pour le Levant où il est affecté au régiment de tirailleurs sénégalais. Muté au régiment de tirailleurs sénégalais ( RTS) avec lequel il sert en Algérie, il est promu adjudant le . Déplacé le à Marseille où il embarque pour l'Indochine le , il est affecté au Régiment de tirailleurs annamites le . Le , il est promu adjudant-chef et revient en France le pour être affecté au régiment de tirailleurs sénégalais. Il repart pour l'outre-mer en , cette fois à Madagascar où il rejoint les rangs du régiment de tirailleurs malgaches.

Muté au régiment d'infanterie coloniale du Maroc, il revient en France en et est détaché au bureau de recrutement des troupes coloniales de Belfort du au . Muté au régiment d'infanterie coloniale, il est promu sous-lieutenant le avant d'embarquer pour l'Algérie où il retrouve le RTS. Le , toujours en Algérie, il est muté au régiment de tirailleurs sénégalais.

Seconde Guerre mondiale

Désigné pour faire partie d'un détachement de renfort à destination de la métropole, Henri Muller quitte l'Algérie le pour arriver à Marseille deux jours plus tard. Affecté au régiment d'infanterie coloniale mixte-sénégalais le , il participe ensuite à la bataille de France. Au cours de celle-ci, il se distingue à Amiens en s'emparant avec sa compagnie d'une importante position. Le , à Noyon, il est blessé par balle alors qu'il mène une contre-attaque. Fait prisonnier, il est un temps considéré comme porté disparu alors qu'il est hospitalisé à Nantes. Parvenu à s'évader en , il se met à disposition du commandement français et intègre l'armée d'armistice. Promu lieutenant en , il est affecté en Afrique-Occidentale française, au régiment du Soudan.

Cependant, en désaccord avec l'armistice du 22 juin 1940, il cherche à reprendre la lutte contre l'Allemagne. Rendu à la vie civile après le débarquement allié en Afrique du Nord, il revient en France à la fin de l'année 1942 et s'installe en Alsace où il participe à quelques actions avec la résistance. Recherché par la police, il se déplace dans le sud où il aide André Devigny à éliminer le chef de la police italienne à Nice. De plus en plus menacé par les autorités, il s'évade en Espagne en et est incarcéré pendant trois mois au camp de Miranda. Parvenu en Afrique du Nord, il s'engage dans l'armée française de la Libération et est affecté en au bataillon d'infanterie de marine et du Pacifique (BIMP).

Au sein de sa nouvelle unité, il participe à la campagne d'Italie puis au débarquement de Provence. Le , dans le cadre de la libération de Toulon, les troupes françaises doivent traverser Hyères mais butent sur les Allemands retranchés dans le Golf Hôtel et barrant l'accès à la ville. Le BIMP est alors chargé de s'emparer de la position. Au cours de l'assaut, Henri Muller est tué alors qu'il mène ses hommes au combat. Promu capitaine à titre posthume, il est inhumé à Vézelois.

Décorations

Chevalier de la Légion d'honneurCompagnon de la LibérationÀ titre posthume, par décret du 20 novembre 1944Médaille militaireCroix de guerre 1939-1945Avec une palme et une étoile de bronzeCroix de guerre des Théâtres d'opérations extérieursAvec une palme, une étoile de vermeil, deux étoiles d'argent et une étoile de bronzeMédaille des blessés de guerreCroix du combattantMédaille colonialeAvec agrafe "Maroc"Médaille commémorative de la guerre 1914-1918Au titre de l'occupation de la RhénanieMédaille commémorative de Syrie-CilicieAvec agrafe "Levant"Médaille commémorative pour le LibanMérite libanais de classe(Liban)Paz del Marruecos(Espagne)Chevalier de l'Ordre du Ouissam alaouite(Maroc)Chevalier de l'Ordre du Dragon d'Annam(Annam)

Hommages

À Vézelois, une rue a été baptisée en son honneur. Son nom est également inscrit sur le monument aux Morts de la commune ainsi que sur une plaque commémorative au sein de l'église Saint-Thiébaud. À Besançon, son nom est inscrit sur un monument dédiés au morts de la seconde guerre mondiale originaires de Franche-Comté.

Références

Voir aussi

Bibliographie

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Articles connexes

Ordre de la Libération Libération de la France

Liens externes

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