L'église Sainte-Marie-Madeleine de Montargis, communément appelée église de la Madeleine, est une église paroissiale à Montargis dans le Loiret. La première construction date du , suivie de remaniements et agrandissements aux et seconde moitié du , et une restauration dirigée par Viollet-le-Duc au .
Plusieurs caractéristiques la distinguent, en particulier son chevet plat, dans le style église-halle avec le vaisseau central, les collatéraux et le déambulatoire de la même hauteur.
Elle a aussi le seul vitrail de France illustrant des Japonais convertis.
Situation Elle se trouve au centre du vieux Montargis. Son chevet, tourné vers l'est, donne sur la place Mirabeau et son entrée principale à l'ouest se trouve rue du Cerceau. Elle est longée au nord par la rue de Triqueti ; et au sud par la rue du Général-Leclerc qui aboutit, à son extrémité ouest, au pied de la colline supportant le château Couches « Cartes IGN classiques » et « Hydrographie » activées.. Voir aussi la façade ouest avec l'entrée et le clocher, rue du Cerceau ; et une vue depuis le nord-ouest, rue de Triqueti, sur le côté nord. La vue "caméra de rue mobile" ("street view") de Google maps montre le paysage le long de la plupart des routes circulables en voiture. Depuis la carte, elle est accessible par l'icône représentant une silhouette, sous la barre verticale du zoom en bas à droite de l'écran : cliquer dessus avec la touche gauche de la souris et maintenir la touche enfoncée, puis l'amener sur la carte : les routes parcourues par la caméra s'éclairent en bleu. Placer l'icône sur un trait bleu (= une route), relâcher le bouton de souris ; la vue en caméra de rue apparaît. Tourner la vue en cliquant sur la fenêtre et en faisant glisser à gauche ou à droite de l'écran. On peut faire avancer la caméra en cliquant sur la route ; et repositionner la caméra ailleurs en cliquant sur un trait bleu dans la carte en encart en bas à gauche de la fenêtre..
Histoire
L'église est construite entre le et la Renaissance, puis complétée dans la seconde moitié du et restaurée à partir de 1860..
La construction d'une chapelle débute en 1183. Dans les premiers temps, elle n'a qu'une fonction de secours, puisque l'église principale se trouvait dans la cour du château..
Dans le premier quart du , il est agrandi d'une nef principale pour les religieuses et le chœur est élargi..
Elle devient l'église paroissiale en 1377, époque à laquelle elle est encore agrandie : elle reçoit un chœur et un transept. Le motif de ce transfert de statut reste suppositions : peut-être le roi Charles V, propriétaire du château, voulait-il éviter les allées et venues des fidèles ; et les habitants trouvaient peut-être que l'église était trop en hauteur.
Après 1465, quatre autels latéraux sont installés dans les basses-nefs qui sont élargies.
En juillet 1525, une bande de pillards stationne près de Montargis ; l'église est incendiée et à moitié détruite le en même temps qu'une grande partie de la ville.
thumb|La flèche de la Madeleine au cœur de Montargis.
Le roi fournit dès 1526 une aide financière pour la reconstruction qui va durer presque un siècle. La voûte de la dernière chapelle à droite porte la date de 1545. Les travaux sont interrompus dans la période trouble de 1562-1567 (guerres de Religion), où la Madeleine est pillée par les Huguenots. Les chapelles du flanc gauche sont voûtées en 1571-1572. Puis vient la construction des piliers : le marché de construction est signé le . Le chœur est reconstruit sur le type église-halle — mais obligatoirement après l'implantation des piliers —, avec une hauteur de 23 m ; il est achevé en 1618 et les travaux se déplacent à la façade, reconstruite par l'architecte BINGO. Vers 1735, certaines chapelles latérales sont reconstruites.
La première mention du maître architecte chargé de cette reconstruction du chœur date de 1630 : c'est Jacques Androuet du Cerceau, architecte de Renée de France (1510-1574) la fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne, et châtelaine de Montargis où elle décède le . La voûte du déambulatoire derrière le maître-autel est datée de 1586. Les travaux auraient été achevés en 1608 et la dédicace a lieu le , soit 10 ans plus tard.
L'église ne voit que peu de modifications pendant les s. On y ajoute un portail, une verrière pour le transept nord. Le clocher s'effondre en 1656 et est reconstruit.
Avec la Révolution, en 1794, l'église devient un temple dédié à la « déesse de la Raison » ; elle redevient une église avec l'Empire.
En 1859, arrive le curé Alfred Chauvet, qui va transformer l'église en bouleversant son architecture. Il sait attirer de riches donateurs et il semble qu'il ait été doté d'une énergie peu commune, car dès 1860 les voûtes du vaisseau central, jusque là couvertes d'une charpente, sont construites en brique et en plâtre. Viollet-le-Duc, que Chauvet a su convaincre, dessine les plans pour une flèche et pour les chapelles du bas-côté droit de la nef et envoie Anatole de Baudot, un de ses meilleurs élèves, pour superviser les travaux. Le clocher est sensiblement exhaussé et quatre nouvelles cloches par les fondeurs Dormoy y sont installées (réceptionnées dès 1860). Les murs de l'église sont peints et des vitraux réalisés. La sacristie et le portail du transept nord (sur la rue de Triqueti) sont les derniers ajouts, en 1898.
Le crépi des deux premières travées est refait en 1968-1969
Dans le déambulatoire, la chapelle Sainte-Monique et la chapelle Saint-Vincent sont restaurées de 2010 à 2013. Cette page contient des photos : • Chapelle Sainte-Monique : pélicans des murs, le quadrilobe sur son plafond et une vue générale ; • Chapelle Saint-Vincent : le plafond ; • Nef : dallage du sol de l'allée centrale ; • Autel avec sculpture en bas-relief de la Cène, décoration de pilier, quelques vues générales de chapelles et du chœur..
Description thumb|Le chevet ; vue vers le sud-ouest depuis le côté nord de la place Mirabeau.. L'église est bâtie sur un plan en croix.. Elle comprend trois vaisseaux (une nef et deux bas-côtés ou collatéraux) et des chapelles latérales, un transept court à croisillons asymétriques. Le grand et haut chœur est traité en église-halle : un vaisseau central entouré d'un déambulatoire et flanqué de chapelles latérales, avec au fond un chevet plat aux angles adoucis.
Le portail principal est dans la façade ouest, rue du Cerceau. Un autre double portail ouvre sur le bas-côté sud dans la rue du Général-Leclerc. ; et un troisième double portail (de 1898) ouvre sur la rue de Tiqueti..
Du premier édifice du il reste la base du clocher et les piliers et chapiteaux de la nef..
Les voûtes de la nef et les chapelles du bas-côté droit de la nef datent de 1860.
Extérieur
La restauration des années 1860 inclut des fausses voûtes en briques, un beffroi néo-gothique de 1863 sur les plans de l'architecte Anatole de Baudot sous la direction de Viollet-le-Duc, la belle série de vitraux de Lobin (voir plus bas la section « vitraux ») et un décor intérieur polychrome.
Le clocher est de type kreisker, en position latérale.
Intérieur
Chœur
Après l'incendie du , le chœur. est construit sur un plan classique. C'est cependant la partie la plus remarquable de l'église : les vaisseaux y sont traités dans le mode église-halle avec le vaisseau central, les collatéraux et le déambulatoire — ici très élancés — de la même hauteur ; un point commun avec les églises gothiques du Sud-Ouest de la France, certaines églises italiennes ou les Hallen-Kirche allemandes datant du gothique tardif.
Déambulatoire
Chapelle Sainte-Monique
Sur la voûte, les restes d'un quadrilobe peint montrent la tête d'un bœuf et les griffes d'un aigle. trois des parois sont ornées d'un motif unique de pélican. Cette chapelle a été restaurée de 2010 à 2013.
Chapelle Saint-Vincent
La chapelle Saint-Vincent-de-Paul était autrefois dédiée à saint Jacques de Compostelle et a conservé des décorations caractéristiques de cette première attribution : coquilles et pèlerin, datant de 1861. Elle aussi a été restaurée de 2010 à 2013.
Nef
La nef, qui remonte au début du XIIIe siècle ou, à en juger par ses caractères stylistiques, à la toute fin du XIIe siècle, présente une élévation à deux niveaux, formée d'arcades en arc brisé surmontées de fenêtres hautes. Les travées sont articulées par des piles composées. Les arcades sont simplement chanfreinées. L'ensemble (bas-côtés et vaisseau central) est couvert de voûtes d'ogives quadripartites. Quelques documents anciens la disent de style « de transition ».Pour le style de transition, voir ., terminologie qui n'est plus employée actuellement en raison du caractère téléologique de cette expression.
Mobilier thumb|Dans la nef Face à la chaire, le banc d'œuvre avec dossier représentant Jésus en jardinier. à gauche, le collatéral sud. thumb|Autel.
Dossier d'un autre banc d'œuvre, représentant Jésus en jardinier..
Mobilier classé
Crédence en bois sculpté et marbre (hauteur , largeur ), style Louis XVI., moitié du , dans le chœur, classée le ..
Stalle, prie-dieu et bois sculpté, du , décoré de scènes sculptées., dans le chœur sud, classée le ..
Panneau sur prie-dieu : sainte Marie l'Égyptienne, en bois sculpté du ., dans la chapelle Saint-Louis, classé le ..
Banc d'œuvre en bois sculpté (hauteur 80 cm, largeur 380 cm) du , près des fonts baptismaux, classé le .., avec un dossier sculpté (hauteur 195 cm, largeur 190 cm) représentant une scène de Noli me tangere..
Confessionnal, en bois sculpté, du ; ., dans le bas-côté sud, classé le ..
Chaire à prêcher et abat-voix en bois sculpté de style Louis XIV., moitié du ou quart du , contre le pilier sud, classée le ..
Crucifix du en bois badigeonné du maître-autel, classé MH au titre objet le ..
Six chandeliers et une croix (garniture du maître-autel, crucifix du ) en métal fondu, ciselé et doré, classé au titre objet le .. Le crucifix porte sur son pied à trois faces une figure d'évêque, une de la Vierge et une du Christ ;
..
Calice en argent doré par Séverin Parisy (poinçon de maître orfèvre : « S.P. »), orfèvre à Paris ; . au quart du , dans la sacristie, classé le (par Séverin Parisy)..
Statue de Vierge couronnée à l'Enfant (hauteur , largeur ), en pierre, du ; ., dans le hall d'entrée du presbytère, classée le , disparue..
Statue de saint Vincent tenant une grappe (hauteur ), en bois doré., entre 1782 et 1789, dans la chapelle Saint-Vincent, classée le ..
Statue de saint Fiacre (hauteur ), en bois peint et doré, du ., dans la chapelle Saint-Fiacre, classée le ..
Statue de saint Étienne (hauteur ), en bois peint et doré, du ., dans la chapelle Sainte-Monique, classée le ..
Statue de saint Éloi (hauteur ), en bois doré, du , volée. le , classée le ..
Statue de saint Crespin (hauteur ), en bois doré, du ., classée le .
Statue de religieux lisant (hauteur ), en bois doré, du ., classée le , volée vers le .
Statue d'évêque (hauteur ) en bois doré, du ., dans la chapelle Saint-Fiacre, classée le .
Haut-relief du en pierre peinte représentant la Cène (hauteur , largeur ) dans la chapelle du Calvaire, qui vient de l'hôtel-dieu de Courtenay ; classé le . ;
.
Devant d'autel avec représentation de la Cène, huile sur toile (hauteur , largeur ), fin , en dépôt au musée Girodet, en cours de restauration ;
., classé le .
Tableau : Sainte Madeleine, huile sur toile (hauteur , largeur ), École des Carrache, 17e siècle, après restauration ; ., dans la deuxième chapelle du bas-côté droit, classé le .
Tableau : Saint Jérôme, sur toile (hauteur , largeur ), par Peruzzini. Voir aussi :
. quart du , classée le .
Tableau La guérison du paralytique, sur panneau peint (hauteur , largeur ), . Voir aussi :
., classé le .
Dalle funéraire (hauteur , largeur ) de Catherine Cassot (morte en 1624) et Antoine Lhoste, son époux, marbre gravé, ., classée le .