Le brigadier général Sir Ormonde de l'Épée Winter ( - ), est un officier de l'armée britannique et auteur. Après avoir servi pendant la Première Guerre mondiale, il est nommé responsable des opérations de renseignement en Irlande pendant la guerre anglo-irlandaise.
Il rejoint par la suite les Fascistes britanniques (British Fascists) et combat aux côtés de l'armée finlandaise pendant la Guerre d'Hiver.
Jeunesse Le plus jeune des cinq fils d'un contrôleur du General Post Office (GPO), Winter naît en à Winchester. Il fait ses études à Churchbury House, Great Morden, puis à Cheltenham College, avant de rejoindre l'armée britannique.
Années de service Winter, en qualité d'officier de l'Artillerie royale, sert en Inde avec la Batterie à Peshawar et en Irlande avec la Batterie dans le comté de Kildare avant la Première Guerre mondiale. Lors de son déploiement en Irlande en 1903, il acquiert une certaine notoriété à la suite d'un incident : harcelé par un groupe de jeunes alors qu'il naviguait en canot avec un autre officier, Winter tue l'un des jeunes d'un coup de rame alors que celui-ci l'attaquait avec une matraque en bois. Accusé par la suite d'homicide involontaire, Winter est finalement acquitté par la justice (l'acte étant reconnu comme de la légitime défense).
Première Guerre mondiale Winter fait d'abord l'expérience du conflit en tant qu'officier d'artillerie pendant la campagne de Gallipoli, dont il dira avoir apprécier chaque minute. Il parvient sur la plage W (Lancashire Landing) le après avoir survécu à une attaque ottomane contre le SS Monitor à bord duquel il voyageait. Dans son autobiographie, il raconte avoir refoulé un groupe d'artilleur en fuite le et aidé ainsi au sauvetage d'un bataillon des Royal Inniskilling Fusiliers.
En dépit de son manque de formation dans les renseignements, Winter est remarqué pour son habileté à mener des interrogatoires, en particulier de prisonniers turcs.
Il reçoit par la suite le commandement d'un canon d'artillerie de 12 livres surnommé Wandering Kate (« Kate l'errante ») ; puis est déployé sur le front occidental et arrive en France comme membre de la division avant de prendre le commandement de la Brigade d'artillerie. Il participe aux batailles de Messines Ridge le et de Passchendaele (de juillet à ). Dans son autobiographie, il raconte avoir échappé à la mort à plusieurs reprises et avoir été horrifié de voir les murs de son bunker consolidés par les cadavres de soldats allemands.
Guerre d'indépendance irlandaise Après la Grande guerre, Winter travaille pour la Commission des frontières du Schleswig-Holstein jusqu'en . Il est ensuite nommé par le secrétaire d'État à la guerre, Winston Churchill, chef du renseignement au château de Dublin en remplacement de son ami le général Tudor. Malgré la réduction de salaire, il accepte le poste(Sturgis papers). Winter est d'abord logé dans un lodge à l'extérieur du château de Dublin. Il décrit son arrivée en Irlande comme non conventionnelle à la suite du suicide de son aide de mess lors de sa première nuit.. En dépit du manque d'expérience de Winter dans le domaine des renseignements, ce dernier impressionne avec ses premières réorganisations de départements pourtant fortement centralisés. Mark Grant-Sturgis écrit au sujet du fonctionnement du château de Dublin : "'O' 「Winter」est une merveille, il ressemble à un petit serpent blanc diabolique, est aussi futé qu'un renard, probablement sans aucune morale, un cavalier de première classe, un génie aux cartes, connaît plusieurs langues, est un super détective et un des plus étonnants personnages ; il peut tout faire". Winter était pour le moins innovant mais ses détracteurs l'ont souvent présenté comme un homme obsédé par les opérations chevaleresques, s'étant une fois déguisé, disaient-ils, pour saisir lui-même une partie des fonds de l'IRA.
Dans son dernier rapport au gouvernement britannique, Winter a listé les éléments suivants comme ses principales méthodes de renseignement :
Employer des agents recrutés par la police locale et par l'intermédiaire de "centres locaux". Employer des agents recrutés en Angleterre et envoyés en Irlande. Branche spéciale de Dublin. Écoute des personnes amicales venues volontairement proposer des informations à la Police. Écoute des personnes ayant donné des informations alors qu'elles étaient en état d'arrestation ou en prison (en vue d'échapper à leur sentence). Mise à profit des documents confisqués. Utilisation d'informations provenant de sources policières ordinaires basées sur l'observation. Utilisation de "moutons" (infiltrés) soit dans les prisons, soit dans des cellules de détention avec des rebelles. Dispositifs d'écoute. Interrogation des prisonniers. Censure des lettres des prisonniers en prison. Envoi des lettres anonymes à Scotland HouseP Hart (ed.), Narratives; British Intelligence in Ireland 1920–1921; The Final Reports..
En , Winter prit le commandement du service de renseignement du district de Dublin, composé de quatre-vingt-dix hommes. Ce service est également connu sous le nom de " Gang du Caire ", une éventuelle référence au café du Caire (utilisé comme lieu de rencontre) ou aux années de service pour le renseignement au Moyen-Orient de nombreux militaires et policiers Havoc by Paul O'Brien 2007 p42.
Une des idées de Winter a été de mettre en place un système permettant à des informateurs potentiels d'écrire directement à une adresse secrète en Angleterre. Cependant, les résultats ont été mitigés, Winter reconnaissant lui-même qu'il n'en obtenait qu'une pile de canulars et de courriers injurieux. Néanmoins, parmi toutes ces lettres se trouvaient parfois quelques précieux éléments véridiques de renseignement. Avec la progression du conflit, plusieurs lettres prétendaient aussi provenir de membres de l'IRA souhaitant être capturés et emprisonnés pour sortir du conflitp80 Narratives; British Intelligence in Ireland 1920-1 . En outre, Winter employait des limiers pour suivre les membres en fuite de l'IRA et recrutait des policières du Women's Police Service de Londres pour rechercher des prisonnières et des coursiers présumés Havoc by Paul O'Brien 2007 p37 Un des informateurs de Winter était Vincent Fovargue, un officier du renseignement de l'IRA de Dublin, qui a fourni des informations ayant conduit à l'arrestation de plusieurs membres de l'IRA. Le , Winter organise une fausse évasion de Fovargue alors qu'il se trouvait dans un camion qui l'emmenait à la prison de Kilmainham. Entre février et , Fovargue réussit à infiltrer l'IRA en Angleterre, permettant l'arrestation de plus de 200 de ses membres avant la fin du conflit et fournissant des informations sur leurs activités à Scotland Yardp 200-1 Michael Collin's Intelligence War by Michael Foy p100 British Spies and Irish Rebels by Paul McMahon . Cette collaboration prend fin lorsque Fovargue est retrouvé mort sur un terrain de golf à Staines avec le message : "Espions et traîtres, méfiez-vous"A Winter's Tale p305-6.
Un autre informateur s'est révélé être un escroc criminel, découvert, non pas par Winter, mais par des journalistes et les services de renseignement de l'IRA. Ceux-ci ont laissé l'homme en vie afin qu'il soit découvert.
D'autres agents ont rencontré plus de succès. L'un d'entre eux a mené un raid qui permit la capture de trois membres supérieurs de l'IRA écrivant des communiqués à leurs subordonnésPeter Hart (ed.), Narratives; British Intelligence in Ireland 1920–1921; The Final Reports.. Ce dernier a réécrit les messages convoquant tous les dirigeants de l'IRA du district à une réunion où ils ont été arrêtés. Conservant sa couverture en tant que membre de l'IRA, il a ensuite été placé en garde à vue à leurs côtés, collectant encore des informations grâce à leurs conversations en prison.
Parmi les autres idées de Winter figure celle du « The Raid Bureau » (« le bureau du raid ») : une unité de 150 personnes chargées à l'analyse de l'importante quantité de documents générés par le chef de l'IRA Michael Collins. Travaillant avec ardeur à la création d'un nouvel État irlandais, Collins entretient un penchant pour la bureaucratie et les formalités administratives qui peuvent compromettre certaines activités de l'IRA, en révélant, par exemple, des fournitures d'armes, des documents financiers, voire des listes de membres de l'organisation et l'identité de membres de la police travaillant en secret pour l'IRA. Ces documents présentaient plus de valeur que n'importe quel informateur et pouvaient être présentés comme preuve devant un tribunal. La principale raison du manque d'informateurs, de jurés et même de juges dans les tribunaux civils était l'intimidation, qui était l'une des raisons pour lesquelles la loi martiale était en place. Entre et , raids sont organisés, permettant la saisie de plus de documents de l'IRA (dont certains de plus de 200 pages) et entraînant arrestations dans la seule région de Dublin A Winter's Tale p304-5. Ayant saisi les dossiers financiers de l'IRA, Winter note que de nombreux contributeurs étaient des unionistes (favorables au maintien de la couronne britannique en Irlande), forcés de financer l'IRA afin de garantir leur sécurité.
Une des autres innovations de Winter est le rassemblement de photographies de membres de l'IRA capturés à la suite de raids, et la création de centres locaux à travers le pays afin d'échanger les renseignements entre les zones.
Winter affirme également avoir recruté au moins trois membres importants de l'IRA (ainsi que des grades inférieurs) comme informateursA Winter's Tale p300. Afin de compléter le gang du Caire, Winter met en place une équipe d'identification (Identification Squad), également connue sous le nom d'Igoe Gang (du nom de son commandant, le chef de police Eugene Igoe, un policier du comté de Galway expulsé d'Irlande après la guerre anglo-irlandaise dans un premier temps mais qui retourne par la suite dans le nord du pays afin d'assurer la sécurité des bases aériennes américaines en Irlande du Nord contre les actions de sabotages menées par l'IRA pendant la Seconde Guerre mondiale). Cette équipe était composée de policiers en civil mais n'a eu qu'un succès limité dans l'assassinat ou la capture de membres de l'IRA ou d'autres rebelles présents à Dublin.
Winter s'est lui-même chargé de la disparition d'un assassin membre de l'IRA ainsi que de la capture d'un autre membre de l'organisation. Lors de cette opération, il est légèrement blessé à la main alors qu'il tente d'échapper à une embuscade. Il dira par la suite être déçu de la récompense offerte par l'IRA pour son meurtre ou sa capture qui n'est "que" de A Winter's Tale p332. En outre, il rencontre David Lloyd George pour l'informer sur la nature du conflit en IrlandeA Winter's Tale p339-341.
Durant les premiers mois de l'année 1921, Sir Hamar Greenwood et d'autres affirment que l'IRA est proche de la défaite, manquant d'armes et de munitions ainsi que d'hommes ( de ses membres sont alors en prison). Le chef de l'IRA, Michael Collins, qualifie plus tard l'organisation de "bonne à rien" et à "six semaines" de la défaite. Cependant, la stratégie du gouvernement britannique (combinant répression et concessions limitées) s'est rapidement révélée inefficace. Le gouvernement refuse alors de s'engager dans une guerre de reconquête et fait le choix de la négociation. Une trêve est signée en avant que ne soit signé le traité en décembre. Les termes du traité ont été acceptables pour les unionistes irlandais et le gouvernement britannique mais ont provoqué une guerre civile entre Irlandais, entre les forces pro et celles anti-traité de l'IRA, à partir du ^ "The Troubles". Claregalway Historical Society Sharing our historical & cultural heritage..
Après l'Irlande