Le château de Vendôme est un ancien château fort, de nos jours en ruine, dont les vestiges se dressent sur la commune française de Vendôme, dans le département de Loir-et-Cher, en région Centre-Val de Loire.

Les ruines du château font l'objet d'un classement aux monuments historiques sur la liste de 1840, et d'une inscription en 2021.

Localisation Le château est bâti sur une puissante colline que vient lécher, en rive gauche, le Loir, sur la commune de Vendôme dans le département français de Loir-et-Cher. Le château domine la ville et contrôlait la grande voie de Chartres à Tours.

Historique La plus ancienne mention de l’existence d’un lieu fortifié à Vendôme se trouve dans le traité d’Andelot de 587.

La forteresse des comtes du Vendômois Bien qu'au le Vendômois soit gouverné par le puissant comte dit le Vénérable, l’un des compagnons les plus fidèles du roi Hugues Capet, les sources relatives aux château lui-même manquent. Les premières traces de fortifications en pierre datent du , sur l’emplacement du lieu appelé « capitainerie ».

gauche|vignette|180x180px|Geoffroy II d'Anjou dit Martel. Agnès de Bourgogne, épouse de , comte du Vendômois depuis 1032, aurait fondé la collégiale Saint-Georges du château. La légende dit ainsi que celle-ci était lasse de devoir descendre chaque jour à Saint-Martin pour prier. On lui devrait aussi la construction de l’église Saint-Lubin, au sein même du château, destiné aux habitants du faubourg du même nom. Geoffroy Martel devient comte d’Anjou à la mort de son père dit Foulques Nerra, marquant le début de la suzeraineté de l’Anjou sur le Vendômois.

Le début du règne de (1102-1144) est marqué par une guerre contre , comte de Blois. Sa femme Mathilde de Châteaudun rachète la seigneurie de Lavardin à Aymeric Gaymard vers 1130, et fonde en 1139 le couvent des Templiers. .

combat aux côtés d'Henri Plantagenêt, futur d'Angleterre. En 1170, il propose son château pour une entrevue entre le roi de France et Henri Plantagenêt, qui permit d’amener à une trêve. L’année 1173 l’oppose à son fils aîné Bouchard de Lavardin, lequel a pris parti pour les fils révoltés d’Henri II, alliés pour un temps au roi de France. Bouchard occupe par la force le château de Vendôme et se rend maître de la ville, fermant les portes à son père. fait appel à Henri II pour libérer la ville et le château. Lors de sa croisade en Palestine en 1180, le comte Jean fait tout de même de son fils aîné le régent du comté. Bouchard reste l'allié du roi de France et en 1188, il livre la ville à Philippe II Auguste qui tient prisonnier la garnison anglaise, sans se rendre maître du château.

Aux , la colline est couronnée d'une vaste enceinte.

Les Bourbon-Vendôme

vignette|Lit de justice du roi réuni à Vendôme pour le procès du duc Jean d'Alençon en 1458, (enluminure de Jean Fouquet, Boccace de Munich, vers 1459-1460), Munich, Bibliothèque d'État de Bavière.

Le double mariage en 1364-1365 du comte Bouchard VII de Vendôme avec Isabelle de Bourbon, et de sa sœur Catherine de Vendôme avec le comte de La Marche Jean Ier de Bourbon, font entrer le Vendômois en possession d'une branche cadette de la maison de Bourbon après la mort de Bourchard et de sa fille unique Jeanne.

C'est à partir de la fin du et du début du que l'on commence à avoir les premières traces, dans l'enceinte du château, de l'architecture civile. En effet, trois tours-pavillons sont édifiées à l'aplomb du coteau sur la face nord du château. Entre les deux tours orientales est bâti un corps de logis à deux niveaux sous comble.

En 1458, le château accueille le procès du duc Jean d'Alençon pour lequel le roi Charles VII fait réunir son lit de justice.

Au cours du est édifiée une nouvelle tour pavillon à l'est des précédentes, reliée par un nouveau corps de logis résidentiel dont la fonction précise reste à déterminer. Ce bâtiment de forme quadrangulaire de 24m de long sur 11m de large était accessible par la cour, une tour d'escalier monumentale fut aussi construite, permettant de relier l'ancien logis par un couloir. Cette position particulière est due à la présence du chevet de la collégiale Saint-Georges.

Les logis de la façade nord du château sont au moins partiellement reconstruits à la fin du ou au début du , sous l'impulsion de Marie de Luxembourg, comtesse de Vendôme. .

Louis, futur prince de Condé nait au château le .

Siège du château par Henri IV en 1589

Henri de Bourbon roi de Navarre, est aussi duc de Vendôme par son père. Le , à la suite de l'assassinat d'Henri III, il devient roi de France sous le nom de Henri IV. Il n'est dans les fait que roi des huguenots, il doit reconquérir son nouveau royaume. Malgré une victoire brillante à Arques, Henri échoue à reprendre Paris au mois d'. Il se porte alors vers la province, avec une armée diminuée (beaucoup de ses commandant sont renvoyés dans leur gouvernement) pour reprendre les villes acquises à la Ligue. Le roi veut rejoindre la Loire. Sur la route, il reprit Étampes puis Janville le , puis il se porta sur Châteaudun, ville qui lui ouvrit ses portes, Henri s'installa dans le château le , avec sa cour composée d'officiers, et envoya des émissaires à Vendôme qu'il somme aussitôt de se rendre. En effet, la ville étant la capitale de ses domaines paternels, le roi cherche à éviter tout conflit. Mais la ville ne se soumet pas, tenue par un gouverneur catholique ligueur intransigeant, Jacques de Maillé-Bénéhard. Alors, le roi quitte Châteaudun le et gagne Vendôme dans la journée. La ville et le château sont investis. Le lendemain, le roi établit son quartier général au manoir de Meslay tout proche. Le roi part en reconnaissance des fortifications de la ville et du château, que le chroniqueur Palma Cayet décrit ainsi :

Le , des pourparlers sont de nouveau engagés, Maillé de Bénéhart désirant que les troupes royales se retirent sans vouloir rendre la place. Voyant la non soumission de la ville et du château à son propre duc, le roi et les maréchaux de Biron et d'Aumont se concertent pour établir le plan d'attaque. Il est décidé de reconquérir la capitale vendômoise par le château, car le château pris, la ville tomberait plus facilement, de plus les troupes composant l'armée se seraient empressées de piller la ville sans s'occuper du château.

Maillé de Bénéhart n'a pour défendre la ville et le château qu'une garnison de 400 soldats (des gentilshommes) plus 600 à 700 hommes composant la milice bourgeoise de la ville, donc aucune armée véritable destinée à tenir un siège.

Le château fut ainsi assiégé du côté du plateau sur sa face sud, une batterie d'artillerie dite « royale » est installée de ce côté-ci. Cette batterie était probablement composée de canons (5400 livres soit environ 2 tonnes 642 kg). Le roi passa toute la nuit du 18 au à installer son artillerie. L'attaque fut portée sur deux tours de la face sud du château, et une brèche, relativement étroite, fut faite dans l'une d'elles. Un petit nombre de soldats est envoyé en reconnaissance de l'intérieur de la tour déjà abandonnée. L'assaut est alors donné, dirigé par le maréchal de Biron secondé par François de Coligny, les troupes du roi s'installent en haut des remparts et tirent sur les assiégés totalement désorganisés regroupés dans la cour du château. Palmat Cayet raconte cet évènement, les assiégés pris de panique, quittèrent le château, se précipitant vers la ville par la porte dite « porte poterne », ils furent suivis de si près que lesdits sieurs (de Biron et Châtillon) avec partie desdits soldats y entrèrent pêle-mêle avec eux et se firent en moins d'une demi-heure maîtres du château et de la ville. Maillé de Bénéhart et quelques-uns de ses partisans se réfugient dans l'hôtel du gouverneur, avant de se rendre au Maréchal de Biron. La ville fut pillée, mais à la demande du roi, toutes les églises de la ville et plus particulièrement la collégiale du château, le père et la mère d'Henri y étant enterrés, furent épargnées. Le gouverneur Maillé de Bénéhart et le père cordelier Chessé furent exécutés durant le sac de la ville.

Le premier : César de Vendôme et les grands travaux de modernisation vignette|Eau-forte du d'Armand Queyroy, représentant le château en 1680. Vers 1620 ou 1630, le duc César de Vendôme entreprend la modernisation du château. Il construit une grande rampe d'accès, ponctuée de trois portes monumentales, fait percer une nouvelle porte au sud de l'enceinte médiévale, et construit un nouveau logis contre l'ancienne porte d'entrée du château, sur la face ouest. Il fait déplacer l'église paroissiale Saint-Lubin, qui encombrait la cour du château, dans le quartier du même nom.

Dans ce contexte, la collégiale Saint-Georges bénéficie d'une restructuration : elle acquiert le rang d'église paroissiale pour les personnes vivant dans le château, en 1626..

Un lent désintérêt vignette|Représentation du château de Vendôme au . Le château est progressivement délaissé. Le duc Louis II de Vendôme et son fils Louis Joseph de Vendôme dit le Grand Vendôme n'y résideront pas durant leurs règnes. Le premier préférant leur hôtel parisien ou les terres de son gouvernement de Provence, le second préférant le château d'Anet. À la mort du Grand Vendôme en 1712, Louis XIV, sans droit, rattache le duché au domaine de la Couronne sous prétexte que Philippe de Vendôme, frère du défunt, ne pouvait hériter à cause de son état de Grand prieur. Cette réunion n'a toutefois été effective qu'en 1724, moins d'un an avant la mort de Philippe . Le rattachement au domaine royal accentue l'abandon de la demeure.

Le château est mis en vente le . Une première offre à 13 000 livres est faite par Gabriel Pinson mais qui ne sera pas retenue. Dix jours plus tard, le , Jean Fournier, laboureur à Crucheray, l'achète pour 14 400 livres (hors collégiale et rampe). Mais celui-ci ne pouvant honorer son achat, étant sans le sou, il sera déclaré insolvable et le château remis en vente. Il sera cette fois partagé en six lots, adjugé aux enchères le pour un montant total de 11 400 livres : lot : une cave au bas du château vendue pour 800 livres à M. Dehargne ; lot : la capitainerie et le magasin à poudre vendus pour 1025 livres à M. Pasquier père ; lot : le château stricto sensu (tours, souterrains, rampe, portails) outre le cimetière du chapitre et le bâtiment adjacent à la collégiale, vendus pour 5000 livres à Jean-François Morinet, Lubin Drouin, Charles Brissé et François Pasquier l'aîné (entrepreneur de travaux publics à Vendôme) ; lot : un clos de vigne au Temple vendu pour 1325 livres à M. Morinet ; lot : les ferrures, plombs, charpente et ardoises du château précédemment déposés, vendus pour 1225 livres à Nicolas Fontaine, Mathurin Asseau et Charles Brissé ; lot : 30 boisseaux de terre (terrain appelé la Montagne), fossés, buttes, garennes et broussailles, vendus pour 2000 livres à MM. Morinet, Brisset et Pasquier.

Ces divers particuliers s'emploient à démolir le château pierre par pierre et d'en vendre les matériaux. L'un des acquéreurs, Pasquier, s'efforce de racheter les parts de plusieurs copropriétaires. Ainsi, le 8 pluviôse an IV (), on procède à un nouveau partage en deux lots, le premier attribué à M. Pasquier et le second à MM. Chaillou et Lepeintre (la part de ce dernier étant rapidement rachetée par M. Chéron).

Après la Révolution