Le syndicat de l'aiguille, ancêtre de la Ligue Ouvrière Féminine Chrétienne, a été créé par Victoire Cappe en 1907.
Contexte et origine Durant la seconde moitié du dix-neuvième siècle, en Belgique, les socialistes sont au pouvoir et ce jusqu’en 1884. Durant cette période, ils créent plusieurs organisations féminines socialistes. En réaction à cela, les catholiques, lorsqu’ils seront au pouvoir à partir de 1884, vont eux aussi créer des institutions pour soutenir la lutte des femmes. C’est dans ce contexte que Victoire Cappe crée en 1907 le « Syndicat de l'aiguille », considéré comme l’ancêtre de la Ligue Ouvrière Féminine Chrétienne.
Les organisations ouvrières féminines, socialistes et catholiques se font de plus en plus nombreuses surtout après la Première Guerre mondiale, notamment dans le domaine de la protection de l’enfance.
La fédération des Ligues ouvrières féminines chrétiennes En 1920, la Fédération nationale des Ligues ouvrières féminines chrétiennes (FNLOFC) est créée. Elle appartient au mouvement ouvrier catholique (MOC). Elle compte deux branches, l’une francophone qui regroupe « les Ligues Ouvrières Féminines Chrétiennes » (LOFC), qui deviendra plus tard « Vie féminie » et l’autre néerlandophone qui contient les « Kristelijke Arbeiders Vrouwengilden » (KAV).
Contexte historique Après la guerre, les mouvements sociaux s’intéressent de plus en plus aux épouses et aux mères de familles ouvrières. Les activités des ligues s’élargissent et se diversifient. Dès lors de nombreuses questions se posent concernant l’organisation des ligues et leur fonctionnement.
C’est pour répondre à ces questions que Victoire Cappe et Maria Baers, toutes deux présidentes du Secrétariat général des Œuvres Sociales Féminines Chrétiennes (OSFC), invitent les déléguées régionales à participer à une commission d’étude. Lors de cette commission, le , elles proposent aux membres des ligues de regrouper leurs ligues. L’idée poursuivie par la commission est d’absorber les différents services, d’encadrer et de moraliser les femmes ouvrières.
L’idée d’une fédération provinciale est d’abord rejetée, mais vient ensuite l’idée d’une fédération nationale à laquelle toutes les fédérations d’arrondissement de Belgique pourront se rattacher.
La commission se termine et les présidentes demandent aux ligues des femmes et aux cercles d’études d’examiner cette proposition et d’y répondre le . La proposition fût acceptée et les ligues des femmes décident de la création de la fédération. Mais elles se permettent d’apporter une petite modification au projet, elles souhaitent que la fédération se divise en deux groupes autonomes. C’est à ce moment-là qu’est créée la fédération des ligues ouvrières féminines chrétiennes (FNLOFC), qui couvrira la Wallonie et Bruxelles, et le Nationaal verbond der kristelijke arbeidersvrouwengilden (NVKA), qui couvrira la Flandre. Chacune de ces fédérations évolue de manière autonome, mais conjointe.
La Fédération va donc élaborer des programmes annuels de propagande et d’action pour centraliser le mouvement. Leur enjeu principal est de recruter et de regrouper des ligues au sein de la Fédération nationale.
Ces fédérations seront sous la direction de secrétaires nationales, Helena de Coster, pour le côté flamand, et Angéline Japsenne, pour diriger la fédération francophone, qui est élue jusqu’en 1932 et qui va permettre à la Fédération de s’étendre très rapidement.
En 1921, la fédération est avec la Confédération des syndicats chrétien (CSC), l’Alliance nationale des mutualités chrétienne (ANMC) et la jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), intégrée à la Ligue nationale des travailleurs chrétiens (LNTC). Elle est donc membre du conseil central de la LNTC. Les fédérations vont rester très éloignées de la LNTC, au fil du temps, car elles ne souhaitent pas faire de politique, ainsi elles vont s’en remettre à l’action de la LNTC pour obtenir ce qu’elles souhaitent.
L’année 1920, est donc une date charnière, c’est à ce moment-là que les ligues se constituent en Fédération nationale, avec un pendant flamand et un pendant francophone. Le nombre d’affiliations vont augmenter et les ligues pourront se développer et s’améliorer.
Objectifs Les premiers enjeux de la fédération des ligues ouvrières féminines chrétiennes en 1920 étaient principalement sociaux et religieux. En effet, l’un de ses objectifs principaux était de sortir les femmes de l’isolement social et intellectuel tout en restant fidèle à la religion chrétienne. Pour l’atteindre, la LOFC permettait l’accès au savoir auquel les femmes n’avaient que très peu accès à cette époque.
Parallèlement, l’organisation visait également l’émancipation progressive des femmes de la classe ouvrière afin qu’elles puissent s’affranchir de l’autorité masculine et des préjugés les stigmatisant. Afin qu’elles puissent accéder à l’éducation et ainsi pouvoir nourrir leur niveau de connaissances, la fédération leur proposait des ateliers d’apprentissage, incluant la lecture, la couture, la cuisine, l’hygiène, ainsi que des enseignements spirituels et sociaux.
Ces initiatives, bien qu’inscrites dans une conception très classique des rôles féminins considérant la femme comme le pilier du foyer, avaient pour but de renforcer la valorisation personnelle et citoyenne quant à la place de la femme dans la société ainsi que de transmettre divers savoir-faire indispensables dans un foyer et nécessaires à leur intégration dans la vie en société, tout en respectant les valeurs traditionnelles chrétiennes ancrées et dominantes au .
De surcroît, l’une de ses revendications était la lutte contre la forte précarité touchant les familles appartenant principalement à la classe ouvrière. En effet, les femmes, majoritairement de classe populaire, étaient soit mal rémunérées, soit femmes au foyer afin de s’occuper de la maison et d’éduquer leurs enfants. La fédération voulait alors valoriser le travail domestique qui concernait la majorité des femmes de cette époque et a réclamé l’obtention d’allocations familiales afin d’assurer un revenu minimum pour lutter contre la précarité et valoriser le travail de la femme essentiel sur un plan tant moral que social.
Par ailleurs, au cours des années 1930, la LOFC sensibilise les femmes à une implication dans la vie publique, en mettant en lumière les enjeux sociaux, économiques et politiques tels que l’éducation, la précarité et les conditions de travail. Pour ce faire, elle les initiait à des rassemblements caritatifs, syndicaux et éducatifs car celles-ci se voyaient exclues dans les prises de décisions à l’échelle nationale n’ayant obtenu le droit de vote qu’en 1948.
En revanche, elles pouvaient déjà s’investir dans les choix qui s’opéraient au niveau local dès 1919. Il était alors important pour la fédération que les femmes prennent position dans la vie active pour pouvoir avancer vers une évolution symbolique de la place de la femme dans la vie en général. De nos jours, le mouvement féministe Vie féminine fait suite à la LOFC afin de continuer la lutte contre les inégalités et la précarité qui sont malheureusement, à des différents degrés, toujours d’actualité dans la société.
Organisation et structure En 1920, la Fédération des Ligues ouvrières féminines chrétiennes regroupent différents syndicats féminins catholiques, que ce soit francophones ou néerlandophones. Victoire Cappe organise et coordonne, avec l’aide de Maria Baers, la LOFC, et ce jusqu’à la fin de sa vie.
La Fédération des ligues ouvrières féminines chrétiennes rassemblera à peu près après la première Guerre Mondiale. De nombreuses sections sont créées, et seules les femmes ayant au moins 16 ans peuvent devenir ligueuses. Chaque section va correspondre à un quartier ou à une rue avec, à sa tête, une sectionnaire qui va assurer le contact. Les informations sont apportées via notamment les cercles d’études, ou encore les conférences.
Au niveau local, chaque ligue se choisit un Comité, composé de sectionnaires, d’une présidente/propagandiste, de représentantes de chaque section du Mouvement, mais aussi d’un prêtre, servant de conseiller moral. Chaque Comité se réunit une fois par mois afin que les intérêts et l’action de la ligue soient discutés.
Une cotisation mensuelle doit être payée par tous les membres, qui permet par exemple d’obtenir le journal mensuel appelé « La ligue des femmes », ou d’assister aux fêtes ainsi qu’aux conférences de celle-ci. Le journal mensuel, qui évoluera à plusieurs moments au fil des années, a pour objectif d’être instructif et d’inspirer les femmes au niveau social et catholique.
Des assemblées générales sont aussi organisées, deux à trois fois par an. Le conseiller moral, cité ci-dessus, a un droit de veto pour tout ce qui concerne le moral ou le religieux.
Au niveau régional, des fédérations d’arrondissement vont être mis en place afin de relier les ligues locales et nationales. Ces fédérations ont pour principal but d’améliorer et d’unifier le programme pour les ligues locales. Le Secrétariat général des OSFC est l’acteur qui coordonne les différentes organisations et qui étend le mouvement. C’est aussi lui qui met en place le service de bibliothèque et de documentation pour les organisations. Il organise aussi les grands congrès. Lors des débats, un plan d’action est abouti. Celui-ci va fixer les activités et les objectifs des ligues féminines pour les deux prochaines années.
De nombreux moyens sont employés pour recruter et former les groupes, comme la presse, les publications ou encore les conférences. Cette propagande intense est poursuivie par Angéline Japsenne, secrétaire nationale. Le but est le suivant : il faut former, faire en sorte que le courant ait un climat de confiance, redonner sens à la vie collective, mais surtout, persister le but d’apostolat religieux.
La fédération des ligues ouvrières féminines chrétiennes a le monopole sur ce qui touche les femmes de la classe ouvrière, comme leur encadrement, leur formation et l’action apostolique. Les outils de formation utilisés sont adaptés en fonction des circonstances, comme le public cible ou les besoins des ligueuses, mais les cercles d’études restent le moyen le plus utilisé afin d’arriver à cet objectif.
Les ligues ouvrières féminines chrétiennes
Contexte historique C'est d'abord l'association néerlandophone qui est créée en premier en 1920. Elle rassemble les différentes ligues ouvrières féminines de Flandre sous l’appellation « Kristelijke Arbeiders Vrouwengilden ». Cette association est composée de femmes de la classe ouvrière, qui dans un esprit chrétien veulent « prendre conscience de leurs responsabilités personnelles et sociales ». Face à ce mouvement, les Wallons réagissent et la même année l’association des « Ligues Ouvrières Féminines Chrétiennes » voit le jour.
Ces deux associations ont été créées par des syndicats féminins catholiques. Leur objectif était de rassembler les différentes ligues agissant pour les femmes au sein “des Œuvres Sociales Chrétiennes Féminines”. Ces associations “absorbent les services du secrétaire général des Œuvres Sociales Féminines Chrétiennes”.
LOFC compte . Ce mouvement se centre surtout sur les épouses au foyer, mais plus généralement sur les femmes de la classe ouvrière. L’association propose un enseignement « social, moral et religieux » avec l'ambition que les femmes deviennent de bonnes mères, épouses, ménagères et chrétiennes. Ce travail éducatif au sein d’un groupe socialement homogène sera reconnu par l’archevêque Joseph-Ernest van Roey.