Nul n'est méchant volontairement (en grec ancien : οὐδένα ἀνθρώπων ἑκόντα ἐξαμαρτάνειν οὐδὲ αἰσχρά) est une citation de Socrate, transcrite par Platon dans plusieurs de ses œuvres. Il s'agit d'une des phrases les plus célèbres du corpus platonicien.

Thèse La phrase apparaît à plusieurs reprises dans les écrits de Platon. Elle récapitule, en effet, une partie de la philosophie morale de l'auteur et de son maître. Sous la plume de Platon, Socrate défend un moralisme intellectualiste, c'est-à-dire qu'il ramène les questions morales à des questions intellectuelles. La morale serait affaire de savoir, et non de sentiment. Ceux qui agissent mal (sont méchants) sont ceux qui se trompent sur la nature du bien.

Cette thèse s'inscrit dans la réflexion morale socratique, qui elle-même est une réponse à beaucoup de thèses répandues au temps de Socrate et de Platon. Eschyle, dans Prométhée enchaîné, écrit par exemple : .

Occurrences Socrate déclare en premier, dans le Protagoras : .

Dans le Gorgias, dans sa discussion avec Polos, Socrate soutient cette thèse, sans utiliser la phrase, en 467b. La phrase apparaît ensuite à diverses reprises sous la plume de Platon. On la retrouve aussi dans le Timée ainsi que dans Les Lois.

Postérité

Critique aristotélicienne Aristote critique la position de Socrate dans la Grande Morale. Il écrit, dans le premier livre (chapitre VII), que si , c'était une erreur : . Ainsi, Socrate aurait négligé le rôle de l'intempérance : .

Approbation cartésienne René Descartes, ayant lui-même adopté une forme d'intellectualisme à cet égard, écrit dans le Discours de la méthode que . Le mal ne peut être voulu pour lui-même, mais se produit car la raison a failli. Dans la quatrième méditation des Méditations métaphysiques, il se demande : . Il écrit que la raison . Par conséquent, .

Notes et références

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