Serge Fischer, de son nom complet Serge Henri Fischer, né le à Strasbourg où il meurt le État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970, est un conservateur des bibliothèques français. Nommé à la Bibliothèque nationale et universitaire (BNU) de Strasbourg en , il entre dans la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Arrêté par la Gestapo à Clermont-Ferrand le , il est déporté à Buchenwald dont il réchappe le .

Biographie Serge Fischer naît à Strasbourg, en Alsace-Lorraine allemande, au sein d'une famille de la bourgeoisie protestante originaire de Colmar. Il est le fils de Léon Fischer, ingénieur, et de Fanny Moschkovitch, assistante en ophtalmologie à la faculté de médecine de Strasbourg et issue d'une famille juive de Kherson, située à l'époque dans l'Empire russe.

Il effectue sa scolarité primaire à Sainte-Marie-aux-Mines et secondaire à Mulhouse lorsque la région passe sous administration française après la Première Guerre mondiale. Il prépare ensuite les licences de sciences physiques et de mathématiques à la faculté des sciences de l'université de Strasbourg avant d'obtenir le certificat d’études supérieures de mathématiques générales et de chimie générale de l’École supérieure de chimie de Mulhouse en .

En le jeune homme adhère au Parti communiste français (PCF) et participe par ailleurs à la fondation de l'Association fédérative générale des étudiants de Strasbourg (AFGES) et du foyer Gallia.

Serge Fischer obtient en le diplôme technique de bibliothécaire puis en le diplôme supérieur des bibliothèques. Il est nommé aide de bibliothèque à la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg (BNU) en puis bibliothécaire le . Il participe ainsi au déménagement des collections de la BNU vers le Puy-de-Dôme au début de la Seconde guerre mondiale face aux menaces d'invasion de la France par l'Allemagne nazie. À partir de , il est chargé de veiller sur une partie des collections de la BNU et lorsque les Allemands demandent en le retour des ouvrages à Strasbourg, il camoufle une partie des fonds, notamment les documents les plus précieux, pour éviter leur rapatriement en Alsace annexée.

Le bibliothécaire s'engage ensuite dans la Résistance sous les pseudonymes de Raoul et de Maurice. En il intègre d'abord le mouvement Combat puis devient durant l'été un des responsables du Front national de lutte pour l’indépendance de la France, lancé le par le PCF. À ce titre, il joue un rôle important dans la résistance locale.

En , Raoul Calas charge Serge Fischer de fonder le Front national universitaire pour le Puy-de-Dôme. Il imprime ainsi des fausses cartes d'identité, des cartes d'alimentation et des tracts de la Résistance dont il organise la distribution, notamment aux étudiants alsaciens et lorrains repliés à Clermont-Ferrand avec l'université de Strasbourg. Il redirige les personnes qu'il juge dignes de confiance pour qu'elles s'engagent dans le maquis. Il organise de plus la liaison du Front national avec d'autres mouvements de résistance tels Combat, Franc-Tireur, Libération et l'Armée secrète.

gauche|vignette|Salle de lecture de la bibliothèque Lafayette de Clermont-Ferrand où Serge Fischer a été arrêté en .

Sur dénonciation de Georges Mathieu, étudiant collaborationniste, les forces d'occupation arrêtent Serge Fischer le jeudi , peu après 10 heures du matin, dans la salle de lecture de la Bibliothèque universitaire Lafayette de Clermont-Ferrand. Torturé par Paul Blumenkamp, chef du Sipo-SD de Clermont-Ferrand, le bibliothécaire ne parle pas. Il est déporté le vers le camp de concentration de Buchenwald où il continue de conduire des actions de résistance.

vignette|Plaque commémorative dans l'actuelle bibliothèque universitaire des Lettres et Sciences humaines (site Lafayette) de Clermont-Ferrand.

Libéré le , il regagne dans des conditions difficiles la France libérée. Brisé physiquement et ayant vieilli prématurément, il rejoint Clermont-Ferrand le . Il reprend son activité professionnelle à la BNU à l’automne . Il est alors chargé d'évaluer les pertes de la bibliothèque durant la guerre, notamment dans les domaines des sciences, de la médecine et des thèses. Le bureau d'études dont il fait partie conclut ainsi dans un rapport de que ouvrages ont été détruits ou endommagés pendant la guerre.

Serge Fischer est nommé conservateur le et termine sa carrière à la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg. Il occupe successivement les postes de responsable de la section des sciences, puis de celles des langues orientales, avant de prendre sa retraite en . Il meurt le à Strasbourg à l'âge de .

Vie privée Serge Fischer épouse le à Clermont-Ferrand Paulette Amoudruz (-), sœur de François Amoudruz et de Madeleine Rebérioux.

Décorations 50px Médaille de la Résistance française avec rosette ()

Notes et références

Annexes Bibliographie

.

Articles connexes Bibliothèque nationale et universitaire (Strasbourg) Histoire de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg Histoire des universités à Clermont-Ferrand

Liens externes

Catégorie:Bibliothécaire français Catégorie:Résistant français Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française avec rosette Catégorie:Naissance en janvier 1907 Catégorie:Naissance à Strasbourg Catégorie:Naissance dans le district de Basse-Alsace Catégorie:Décès en mai 1976 Catégorie:Décès à Strasbourg Catégorie:Décès à 69 ans