(en allemand : Die Weltgeschichte ist das Weltgericht) est un aphorisme philosophique de Friedrich Schiller, popularisé par Georg Wilhelm Friedrich Hegel.
Histoire
Formulation par Schiller Friedrich von Schiller publie en 1786 un poème appelé . Il y applique l'eschatologie chrétienne à la question de l'histoire, racontant la vie d'un jeune homme qui a vécu une vie de privation en espérant atteindre l'au-delà. Il conclut son poème en écrivant :
Ainsi, pour l'auteur, le tribunal du monde n'est pas un tribunal de l'éternité, qui serait situé à la fin du temps, mais un tribunal qui s'exerce hic et nunc dans l'histoire.
Reprise par Hegel Dans son cours d'Heidelberg, daté de l'année scolaire 1817-1818, Hegel soutient que . Hegel porte dans ce cours une vision de l'histoire comme celle d'une . Il écrit
Il reprend la formule dans ses Principes de la philosophie du droit, qu'il publie en 1820. Il commence la section consacrée à l'histoire du monde en rappelant ce vers de Schiller. Il considère que l'histoire universelle, comme dialectique, permet la production de l'Esprit universel, c'est-à-dire .
Postérité
L'interprétation théologique L'idée d'histoire comme tribunal du monde a souvent été analysée comme tirant son origine de la tradition judéo-chrétienne du jugement dernier. C'est ainsi que Karl Löwith, dans plusieurs de ses écrits, rapproche la thèse hégélienne du jugement dernier.
August Cieszkowski, étudiant d'Hegel, adopte lui-même interprétation théologique de la citation, et de ce qu'en dit Hegel. Il considère que .
Ce sera aussi le cas de Karl Liebknecht, qui, dans un discours au Reichstag, s'exclame le : .
La transformation marxiste Karl Marx, ayant lu Hegel, reprend la citation d'Hegel pour l'adapter à la pensée marxiste. Lors d'un discours à Londres le , il affirme qu'.
Notes et références
Catégorie:Philosophie de l'histoire Catégorie:Aphorisme Catégorie:Friedrich Schiller Catégorie:Eschatologie