Une plaque commémorative est visible au-dessus des grilles de l'entrée du 1 de la rue de la Solidarité. Cette parcelle comporte toujours trois adresses, les 1 et 1 de la rue de la Solidarité et le 9 de la rue Davis d'Angers selon le . La première est actuellement la seule indiquée, visible de la rue. Mais les grilles métalliques du 1 sont toujours présentes. Cette adresse est celle qu'indiquait La Nouvelle Critique en 1971. La fournit par la ville précise les motifs de protection de cette parcelle incluse à la fois dans un Périmètre de site inscrit et un Périmètre de protection de monuments historiques. à Paris, dans le nord du arrondissement. Anonyme, son texte est un hommage aux victimes de la Semaine sanglante, offensive militaire menée par l'armée versaillaise en contre la Commune de Paris. Cette plaque semble la première et apposée sur un mur de la ville en leur honneur.Son origine et son histoire restent, pour l'essentiel, inconnuesCette plaque est également inconnue de l'ouvrage .

Sur les interrogations liées à l'existence de cette plaque commémorative voir .

Le

Au lendemain du jour anniversaire de la proclamation de la République, le , le journal L'Aurore. publie en première page ce court article non signé :

Souvenir Inscription que l'on peut lire sur une plaque de marbre placée à l'intérieur de la cour d'un hôpital-dispensaire du , 9 rue David d'Angers :

Cette inscription est lisible de la rue, à travers la grille d'entrée. Placée sur un édifice municipal, elle est doublement éloquente.

Quelques précisions en complément de cette information. L’entrée principale de l’endroit fut longtemps par le numéro 9 de la rue David-d'Angers. Celle-ci fut murée sans doute après l’extension en de la rue de la Solidarité à son tracé actuel, limité depuis sa création en 1889 à la seule partie comprise entre le boulevard Sérurier et la rue d’Alsace-Lorraine (voir carte ci-dessous). Si le terrain et le bâtiment étaient et sont toujours des biens municipaux, la Société de l’hôpital-dispensaire du , alors locatrice du lieu ; , était un organisme de droit privé porté par des militants radicaux-socialistes. L’Aurore omet, en rapportant le texte de cette plaque, l’adverbe qui y précède les mots .L'article n'en indique pas non plus la dernière ligne composée de quatre caractères plus petits et visible sous la première lettre du mot Liberté. Cette inscription, absente de la photo datant de 1971, serait donc postérieure à son installation.

vignette|Le mur des Fédérés

Ni l’installation de cette plaque, ni cet article de L'Aurore ne semble avoir provoqué de débat dans la presse ou de réaction officielle.

Il faudra attendre le dimanche , jour de la manifestation annuelle vers le cimetière du Père-Lachaise, pour qu'enfin l'inauguration d'une plaque commémorative installée au mur des Fédérés soit autorisée, cela à l’issue d’une très longue mobilisation populaireVoir sur l'histoire du Mur des Fédérés :

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Éléments sur l'histoire de cette plaque Une plaque

Dans son édition datée du , Le Rappel publie en première page une tribune intitulée Souvenons-Nous où Charles Bos annonce sa décision de présenter au prochain conseil municipal de Paris une proposition de résolution décidant l'installation d'une plaque commémorative en ..

alt= Coupe verticale du terrain Rue d'Alsace-Lorraine Près la Rue Manin (devant l'école), Extrait de l'Atlas des carrières souterraines de Paris : feuille 46 (1967)|vignette|upright|Atlas des carrières souterraines.

Il y a trois ou quatre jours, me promenant dans mon quartier, je rencontrai rue David-d'Angers, au bas des Carrières-d'Amérique, un vieux républicain qui me tint ce langage : - « Vous savez, citoyen Charles Bos, que je suis un vieux de la Commune. Je suis bien content de vous voir ; je vais vous montrer l'endroit où l'on a enfoui cinq ou six mille des nôtres. » Et il me conduisit dans un vaste terrain vague compris entre la rue David d'Angers et la rue Manin. Une partie de ce terrain a été achetée par la Ville de Paris pour l'édification d'un groupe scolaire. Le premier coup de pioche va être donné un de ces jours.

Effectivement, le mercredi , le conseil municipal de Paris examine en urgence et adopte la propositionCette proposition est également signée par Louis Lucipia, Léonce Levraud, Constant Berthaut, Émile Chausse, Émile Landrin, Paul Brousse, Georges Girou, Charles Gras, John Labusquière, Alfred Moreau, Paul Bernard, Auguste Ranson, Louis Navarre, Armand Grébauval, Oscar Archain, Marius Fourest, Théophile Daniel, Alfred Breuillé, Adrien Veber, Auguste Vorbe, Alfred Brard, Eugène Fournière.

L'article Liste des conseillers généraux de la Seine détaille les mandats de chacun. de résolution suivante..

1898. C. 33. — Résolution tendant à apposer une plaque commémorative à l'angle des rues Manin et d'Alsace-Lorraine (, rapporteur). Le Conseil délibère : Une plaque commémorative sera scellée à l'un des angles du futur groupe scolaire des rues Manin et d'Alsace-Lorraine.L'inscription suivante y sera gravée : « La Ville de Paris aux six mille citoyens inhumés dans les carrières d'Amérique et morts en 1871 pour la liberté et pour la République.

Mais bien qu'adoptée par le conseil municipal, cette résolution restera lettre morte à la suite des réserves émises par le préfet de la Seine, Justin de Selves..

En 1901, à l'occasion du trentième anniversaire de la Commune de Paris, une autre plaque commémorative fait l'actualité. Elle est apposée le dimanche sur la case réservée aux cendres de Louis-Simon Dereure (élu au conseil de la Commune par le ) au columbarium du cimetière du Père-Lachaise à Paris. Inaugurée à l'occasion de l'une des deux manifestations organisées ce jour au mur des Fédérés, celle appelée par le Parti ouvrierLe Socialiste du 10 mars 1901 rapporte que le Cercle collectiviste du (Groupe Simon Dereure) a décidé de . Voir aussi : L'anniversaire du 18 mars La Fronde 17 mars 1901., son texte, « ancien membre de la Commune », sera l'objet d'un long conflit avec la PréfectureLe Socialiste du 17 novembre 1901 publie la résolution « plaque Dereure » adoptée par le Cercle collectiviste du : ..Le de cette même année, Le Rappel publie l’article Les Buttes Chaumont. où A. Dumontier, chroniqueur habituel, évoque les évolutions de cette partie du arrondissement, principalement l'existence du Parc et le nouveau quartier de la Mouzaia. En opposition à cette description heureuse, le paragraphe Tristes souvenirs se conclut par un rappel historique et un message d’espoir.

Mais telles des bêtes immondes, les corps des infortunées victimes des Versaillais ne devaient avoir aucune sépulture. Ramassés par tombereaux ils furent jetés pêle-mêle, dans les rares ouvertures des vieilles carrières et c'est à peine si aujourd'hui l'on pourrait retrouver l'endroit, la trace de cet ensevelissement clandestin.

Nous voulons nourrir l'espoir que le sympathique conseiller municipal du quartier d'Amérique, que le dévoué et si actif député de la circonscription, notre rédacteur en chef, tous deux si fermement républicains, voudront un jour faire revivre ces douloureux souvenirs et qu'avec leur aide, leur appui, il nous sera possible de rendre un profond témoignage de sympathie et d'admiration à ces braves qui payèrent de leur vie leur attachement à la République vraiment sociale.

L'auteur interpelle sans les nommer deux personnalités : le conseiller municipal du quartier d'Amérique, Arthur Rozier, membre de la Fédération des travailleurs socialistes de France (FTSF) ; le député de la circonscription et rédacteur en chef du journal, Charles Bos déjà cité, élu radical-socialiste.

L’Hôpital-dispensaire du alt=Carte indiquant l'emplacement du dispensaire de la Place du Danube en 1895.|vignette|redresse|L'Atlas municipal des vingt arrondissements (1895) signale le dispensaire de la Place du Danube. A noter, la rue de la Solidarité apparait sous son premier tracé.

Le dimanche est inauguré au 2 de l'actuelle Place Rhin-et-Danube un dispensaire pour enfants créé par la Société de l'Hôpital-Dispensaire du . "Fondés par les comités radicaux-socialistes des quartiers d'Amérique et de la Villette", cette société de secours mutuelle présidée par "Buisson" est une réponse à l'épidémie de tuberculose sévissant alors à Paris. François-Xavier Cattiaux et Auguste VorbeAuguste Vorbe fut aussi à l'origine de la construction du Monument des travailleurs municipaux situé au Père Lachaise terminé en novembre 1899 et réalisé par le statuaire Denys Puech. On trouvera plus d’éléments sur son parcours (la Bibliothèques des Amis de l’Instruction, sa participation à la Montée au mur du 24 mai 1891) à la lecture de d'Agnès Sandras, « La Bibliothèque des Amis de l’Instruction du arrondissement : III/ Auguste Vorbe : une ascension sociale au service des bibliothèques populaires », conseillers municipaux de ces deux quartiers en sont alors les présidents d'honneurs.Installé face à l'Hôpital Hérold dans des locaux trop étroits, un déménagement et un nouveau projet s'élaborent rapporte les propos du docteur Bacchi : .

Voir aussi : ; .

Aussi, le dimanche , maintenant réservé aux adultes Le Rappel du 21 janvier 1902 rend compte, comme de nombreux journaux alors, de cette « Fête républicaine ». L'événement réunit , dont Marie-Louise Loubet, épouse du président de la République, le général André, ministre de la Guerre ; Jean-Marie de Lanessan, ministre de la Marine ; . est inauguré en grande pompe dans ses nouveaux locaux dans le même quartier, au 9 de la rue David-d'Angers. L'Intransigeant rapporte que cet événement était initialement prévu le et rappelle l'engagement toujours non-tenu pris par Charles Bos d'installer dans ce quartier une plaque commémorative.

La plaque Solidarité alt=L'article en première page de l'édition du samedi 5 septembre 1903 du journal L'Aurore informant de l'existence de la plaque.|vignette|redresse|, L'Aurore.

Le , L'Aurore publie la brève intitulée « Souvenir » annonçant ainsi l'existence de cette plaque. Elle bien est installée sur la parcelle qu’indiquait Charles Bos dans sa tribune, mais à l’angle opposé à celui de l'école élémentaire située, elle, au carrefour des rues Manin et d’Alsace-Lorraine. Les mots Liberté et République y figurent mais dans l'ordre inverse à la proposition votée lors du conseil municipal de Paris du .

Bien plus tard, le , Clément Magnaval, conseiller municipal des Carrières d'Amérique, évoque dans L'Humanité. les de l'arrondissement dont témoigne une . Cette même année 1937, un rassemblement local et unitaire est organisé le dimanche le , précédant celui de la montée au mur des FédérésSur la mobilisation à l'occasion du anniversaire de la Commune voir .. L'Œuvre. du jour informe du , à l'appel du comité de Front populaire du et du comité d'entente des sections socialiste et communiste du . Le Populaire. du lendemain rapporte l'inauguration en présence de Le Populaire signale la participation de ..

alt=Photo de la plaque en 1971|vignette|redresse|1971, La Nouvelle Critique. En , La Nouvelle Critique. publie à l'occasion d'un supplément consacré au quartier de Belleville ce cliché de Richard Kalvar et ces lignes : .La plaque n’est pas située sur cette photo à son emplacement actuel. Elle était alors installée dans la cour au centre du mur, « lisible de la rue, à travers la grille d’entrée »L’emplacement de la plaque au centre du mur et entre deux portes aujourd’hui murées, est apparu lors de la destruction de l’annexe du bâtiment en 2022.. Le déplacement date de , justifié par la construction d’une extension du bâtiment depuis détruite. La Fédération compagnonnique des métiers du bâtiment était alors locatrice du lieuLe est confirmé .

La Solo, située au de la rue de la Solidarité, est indiquée comme lieu d'hébergement pour les compagnons itinérants par la revue de la Confédération des compagnonnages européens en ..

vignette|redresse|1979, Quartiers libres.