Les terres des Sœurs de la Charité de Québec sont parmi les dernières terres arables enclavées dans la ville de Québec. Elles font l'objet d'un projet d'agro-parc « voué à l'agriculture novatrice, durable, garante de l’autonomie alimentaire du Québec ».
Historique
Ferme Saint-Michel-Archange vignette|gauche|La maison généralice des Soeurs (à gauche) est située sur les terres.
Les Sœurs de la charité de Québec acquièrent les terres à la fin du 19e siècle. Elles cultivent d'abord la ferme voisine de l'Asile des aliénés, qu'elles administrent à partir de 1893. S'ajoute ensuite une parcelle située le long de l'avenue Saint-David. D'autres terrains s'ajoutent au 20e siècle, dont la terre située le long de l'avenue du Bourg-Royal. Nommée « ferme Saint-Michel-Archange » (plus tard Ferme SMA), les activités agricoles y sont diversifiées : maraîchage, vaches laitières, fromagerie et boucherie. Au début des années 1960, elle est à son apogée nourrissant les 5 200 patients de l'hôpital Saint-Michel-Archange.
À la suite de la désinstitutionnalisation, la Ferme SMA devient déficitaire. Elle ferme ses portes en 2007. Elle comptait 44 employés.
Choix d'une nouvelle vocation La Ville de Québec envisage initialement y créer un parc technologique. L'Union des producteurs agricoles ne s'oppose pas au dézonage agricole des terres en raison du caractère urbain des alentours.
En , la congrégation religieuse cède leurs terres pour 40 millions $ à la Fondation Famille Jules-Dallaire, du nom du fondateur du groupe immobilier Cominar. Le projet prévoit l'urbanisation des terres avec la construction de 6 500 résidences accueillant une nouvelle population estimée entre 15 000 à 20 000 personnes. Les bénéfices du développement, qui pourrait prendre une quinzaine d'années à voir le jour, sont estimés à 150 millions $. Le changement de vocation est appuyé par le maire Régis Labeaume. Le projet est contesté par des citoyens, des élus et des organismes. À deux reprises, le ministère des Affaires municipales refuse le schéma d’aménagement de l’agglomération de Québec qui vise à faire tomber le zonage agricole du secteur. Entre-temps, les terres continuent d'être louées pour la culture des céréales et du soya.
En , le gouvernement du Québec propose d'acquérir les terres pour créer un agro-parc. Une proposition similaire est aussi reprise par Bruno Marchand, nouvellement élu maire de Québec. Le , le gouvernement fait une promesse formelle d'achat des terres au coût de l'évaluation municipale, soit 28,7 millions $. Les Sœurs de la Charité acceptent cette vente en dessous du prix de marché en tant que legs à la société. L'entente spécifie toutefois qu'elles conservent 4% de la superficie du site, essentiellement le terrain de leur maison généralice. L'acquisition des terres est complétée le .
Agro-parc Des consultations publiques sur le projet d'agro-parc sont menées en 2023 et 2024. Le , le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation lance un appel de candidature pour la gestion de l'agro-parc et un autre pour des projets horticoles à portée communautaire.
Références
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