La sucrerie d'Ardres est un site industriel monumental de transformation de betteraves sucrières et de raffinage construit à Pont d'Ardres en 1873 et qui a arrêté son activité en 2004.
Fleuron industriel à la fin des années 1880, il sera intégré aux sucreries Say en 1898 et en deviendra une composante essentielle après le scandale du Corner de 1905 sur le sucre égyptien.
Avant Say À partir de 1870, bénéficiant d'une amélioration des procédés de fabrication et d'une modification de la fiscalité du sucre de betterave, de nombreuses sucreries dites centrales voient le jour.
Dans ce contexte, l'homme d'affaires Antoine Dewailly, directeur des forges de Marquise à Boulogne-sur-Mer et ancien conseiller général du Pas-de-Calais, fait construire à Pont d'Ardres une sucrerie de grande envergure.
Les travaux débutent en 1873 et Antoine Dewailly prend la direction de la société anonyme Sucrerie centrale d'Ardres.
Initialement prévue pour traiter 1600 tonnes/jour de betteravesCe tonnage prévisionnel est attesté par les équipements qui sont mis en vente en 1883 lors de la faillite de la société. Il témoigne bien de l'ampleur du projet qui est lancé en 1873 et de l'impréparation de ses commanditaires puisque ce tonnage de 1600 tonnes/jour de betteraves traitées et malgré les équipements existants ne sera réellement atteint que lors de la campagne de 1899, après 12 années de fonctionnement du site et de développements incessants sous la conduite de François Delori , la fabrique ne se hissera jamais au rang d'acteur industrielDe 1873 à 1883, date de la mise en vente du site, et contrairement à ce qui est d'usage pour tous les autres sites de production français de sucre, il n'est fait aucune référence presse d'une activité sur le site d'Ardres, qu'elle soit technique, commerciale ou politique. Un fait divers témoigne d'une activité d'entretien du site en 1883., très loin de ses prétentions initiales, certainement des faits conjugués de l'ampleur du projet, des priorités politiques4 références successives contradictoires qui illustrent les agissements politiques d'Antoine Dewailly et laissent supposer une motivation avant tout électorale à la mise en place du projet de sucrerie sur le site de Pont d'Ardres, mal évalué, une hypothèse que la suite des événements permet de considérer comme plausible comme de l'impréparation de ses commanditaires et dans un marché très instable où de nouvelles installations continuent de voir le jour quand d'autres sont mises en vente après quelques années d'existence.
La société est mise en faillite le et la sucrerie, un temps proposée à la location, est mise en vente le . Le projet d'une ligne de chemin de fer reliant Anvin à Calais, prévu en 1882 et qui doit desservir Pont d'Ardres, est finalement abandonnéCette voix de chemin-de-fer, dépendant fortement du fonctionnement de la raffinerie ne sera finalement réalisée qu'en 1900
La Société ne trouve aucun repreneur pendant 4 ans.
En 1887, le site finit par intéresser un ingénieur sucrier reconnu, le Belge François Delori, 47 ans, sous-lieutenant du Génie de l'Ecole Spéciale Militaire de Bruxelles, ancien ingénieur détaché à Toulon de l'Ecole d'Application Navale de Paris et ancien ingénieur de la Marine d'Etat de Belgique qui, après s'être formé de nombreuses années à l'ensemble des métiers de la filière sucrière, fut le fondateur de la sucrerie de Bruges sur le canal de l'écluse, et, en 1875 et avec six associés et collègues ingénieurs, de la Sucrerie de l'Espérance à SnaeskerkeStadsarchief Antwerpen, Iconografie, 15.3 en Kbb. Kaarten en plannen, II 16.178 D 31 bis, Kaart van de stad Oostende - Jacques Horenbault, (1602). Stadsarchief Brugge, Pieter Pourbus, Heraldische kaart van het Brugse Vrije (1561-1571). DEKEYSER H., Gistel in oude prentkaarten, waarin enkele afbeeldingen van Moere en Zevekote, Zaltbommel, 1972. DE SMEDT H., Stene, een dorp in de stad, s.l., s.d. QUINTENS D., Snaeskerke, een stuk verleden, s.l., 1992. laquelle, finissant de rembourser ses investissements en moins de cinq ans, est réputée à l'époque être la sucrerie la mieux conduite de Belgique et du nord de la France.
François Delori a également accompagné M. Jean-Baptiste Stoclin à la demande de ce dernier en 1884 pour refonder sa sucrerie de Sainte-Marie-Kerque qui fut entièrement détruite par un incendie le , et on peut lui supposer, en sa qualité d'ingénieur, une part importante prise dans la mise en place dans cet établissement en 1885 du procédé Steffen pour la séparation des sucres et mélasses.
Face au refus de ses associés belges de fusionner les deux sites sous une même tutelle, François Delori fait un appel de fonds auprès d'Henry Say et acquiert la sucrerie d'Ardres. Il crée le la société Sucrerie d'Ardres, Delori & Cie. dont le siège social est situé à Paris, au 65 rue de la Victoire dans le 9ème arrondissement.
La reprise de l'activité est rendue possible par une politique continue d'investissement que le conseil d'administration conduit sur la base de l'expérience et des compétences d'ingénierie et d'innovation technique de François Delori. Il s'agit de développer et de moderniser les équipements du site pour créer une raffinerie à la pointe qui sache rester compétitive dans un secteur d'activité encore instable. De nouveaux procédés de production sont régulièrement testés et brevetés et le site devient référent en matière d'ingénierie. Pour financer cette politique d'investissement, le capital social de l'entreprise est régulièrement réévalué à la hausse: initialement d'une valeur de 550 000 Frs à la création de la société en 1887, il est porté une première fois à 1 100 000 Frs en 1893 puis réévalué très régulièrement jusqu'à atteindre 2 200 000 Frs en 1894Les augmentations qui portent le capital social de l'entreprise de 1 100 000 Frs à 1 925 000 Frs ne sont volontairement pas référencées.
L'acquisition progressive Dans le cadre de son développement international, le conseil d'administration de Sucrerie d'Ardres, Delori & Cie. décide de basculer en Société anonyme au . C'est dans ce contexte qu'Henry Say, déjà à la tête de Henry SAY et Cie., une filiale alors en plein essor des établissements Say, devient actionnaire majoritaire et administrateur de l'entreprise de Pont d'Ardres en compagnie de son bras droit Ernest Cronier et de François Delori. La nouvelle société prend le nom de Société anonyme des sucreries Henry Say.
A cette occasion, le capital de la nouvelle société est porté à 3 300 000 Frs. Celui-ci aura été multiplié par 6 en 8 ans.
En 1898, La société est intégrée à la Société des raffineries et sucreries Say
Le site de production de Pont d'Ardres devient une des nombreuses filiales de la société Henry SAY et Cie.
Henry Say décède le à l'âge de 49 ans et c'est Ernest Cronier qui prend la présidence de la Société Say, accompagne son développement à l'étranger et entreprend la liquidation de la société Henry SAY et Cie. en procédant au rachat des apports de cette société à la maison-mère pour un montant de 49 500 000 Frs.
Le site de Pont d'Ardres représente à lui seul 20 à 25% de la valeur totale de ces apports.
François Delori décède cinq ans plus tard, en 1904, à l'âge de 64 ans.
La crise du Corner de 1905 Face au scandale du Corner de 1905 sur le sucre égyptien qu'il a provoqué, Ernest Cronier se suicide. Ce départ et l'ampleur de la catastrophe financière mettent un coup d'arrêt au développement de l'entreprise Say.
La reprise du groupe Say est assurée par un jeune belge installé en Egypte Henri Naus.
La continuité de l'exploitation du site
L'apogée de la production En 1996, la production du site est de 9000 tonnes de sucre/jour.
La fermeture du site en 2004
Épilogue et anecdotes
Notes et références
Catégorie:Entreprise ayant son siège dans le Pas-de-Calais