La famille de Tenremonde est une famille de la noblesse française issue de la bourgeoisie. Elle a pour région d'origine la Flandre wallonne et plus particulièrement la ville de Lille, à partir de laquelle elle a essaimé dans les alentours. Elle s'est éteinte au .
Histoire La famille de Tenremonde semble provenir, ainsi que l'affirme une source récente, de la ville belge de Termonde, laquelle était souvent appelée Tenremonde. La liste des seigneurs de Termonde montre que la lignée des seigneurs de Termonde portant ce nom cesse avec l'entrée du domaine dans les possessions des comtes de Flandre (Louis de Male en particulier) au . À ce moment, la famille de Tenremonde dont il est ici question, existe déjà, les deux rameaux se sont séparés avant cette date..
La famille de Tenremonde est liée à la Flandre wallonne depuis le . Elle effectue une ascension sociale rapide. Dès 1337, des membres assument des charges municipales à Lille et à Tournai, puis avec le temps, des fonctions auprès des ducs de Bourgogne et des rois de France, sans omettre les Habsbourg, qui détiennent alors la Flandre wallonne. Plusieurs remplissent des rôles de premier plan dans les Pays-Bas espagnols, tels qu'échanson du duc de Bourgogne Philippe Le Bon, chambellan de l'empereur Charles Quint, archer de ce dernier. Ils servent l'empereur et son fils Philippe II.
La famille de Tenremonde est d'abord retrouvée à Lille où elle figure rapidement dans les rangs de la bourgeoisie. Lille va demeurer son fief de base mais des membres gagnent les environs et deviennent seigneurs de villages et villes proches dans les siècles qui suivent, en même temps que la famille intègre les rangs de la noblesse : un descendant est anobli en 1391 par le roi de France Charles VI
Au fil du temps, les de Tenremonde ont pour possession centrale la seigneurie de Mérignies achetée en 1440. Il y font construire un château dit de la Rosée et vont le garder jusqu'à la mort du dernier héritier masculin au , soit pendant environ quatre siècles. Leur présence à Mérignies perdure, plusieurs descendants naissent, vivent et meurent dans cette localité, y compris après la Révolution française.
Des de Tenremonde sont donc retrouvés seigneurs de Mérignies, mais aussi de Bachy aux . Une chapelle funéraire et un gisant toujours présents dans l'église de Bachy, classé aux Monuments historiques, rappellent leur présence dans la commune.
Quelques-uns embrassent la vie religieuse : un descendant devient doyen du chapitre de chanoines de la collégiale Saint-Pierre de Lille au , une descendante est élue abbesse d'une abbaye augustinienne, d'autres encore font une carrière dans l'Église.
Plusieurs des de Tenremonde bénéficient de la distinction d'être enterrés dans les églises des villages ou des établissements religieux ou des abbayes ou monastères.
Une branche de la famille s'est établie dans le Brabant dans la seconde moitié du et y prospère jusqu'à son extinction au milieu du .
Plusieurs membres participent aux réunions préparatoires aux États généraux de 1789, en tant qu'électeurs de la noblesse
La lignée s'éteint au avec la mort du dernier descendant mâle en 1864.
La ville de Lille garde le souvenir de la famille avec une rue et un hôtel portant leur nom.
Témoignage de l'importance qu'a eue la famille pour la commune, Mérignies a repris pour armes les armoiries de la famille de Tenremonde.
Armoiries Les membres de la famille de Tenremonde ont pour armes : « Plumeté d'or et de sable ».
Personnalités Bourgeois et membres du magistrat de Lille
Leur histoire à Lille débute au . Les premiers de Tenremonde connus font rapidement partie des notables de la ville de Lille. Ils accèdent à la bourgeoisie et participent à la gestion de la ville en tant que membres du magistrat de la ville ou en s'alliant à des familles occupant ces fonctions. Un de Tenremonde allié à une dame de Vendeville, fille de Pierre de Vendeville, est cité dans une charte du bailli de Lille. Il possède 4,5 bonniers de terre sur Frelinghien entre 1268 et 1272. Gilles de Tenremonde, fils de Baudon ou Baudouin , petit-fils du de Tenremonde cité, relève la bourgeoisie de Lille en 1312, et meurt avant 1349. Marié à Marguerite Despierre, il a un fils Baudouin II bourgeois de Lille en 1343 après avoir épousé Marie Joie vers 1342. Marguerite Despierre va intenter une action en justice contre sa belle-fille à propos de la jouissance d'un fief sur Mouvaux. Le bailli de Lille donne tort à la veuve de Gilles, du fait du contenu du contrat de mariage de Marie Joie, sentence confirmée en appel par le Parlement de Paris le , Marguerite Despierre étant condamnée aux dépens.
Jean de Tenremonde nait en 1305 et meurt avant . Il est le fils de Guillaume lui-même fils de Baudouin , bourgeois de Lille, marié à N... de Courtrai. Nommé prévôt de Lille, Jean est destitué par lettres du roi Philippe de Valois du . Bailli de Tournai en , il devient bailli de Lille, avec le grade de sergent d'armes du roi de France en jusqu'en 1356. À la suite d'un partage passé devant les échevins de Lille en 1306, réglant la succession de son grand-père Jean de Courtrai, il hérite de sa mère à l'encontre de ses oncles. Il accroit ses biens par l'achat d'une rente annuelle sur l'héritage de Pierre de Templemars. Il est bourgeois de Lille en 1336, receveur des domaines du Ponthieu pour le duc de Bourgogne Philippe Le Hardi. Il se marie en 1336 avec Sainte Canard ( -1399), fille de Gilles Canard, seigneur de Grimaretz à Esquermes, bourgeois de Lille, roi de l'Épinette en 1333, sergent d'armes du roi de France en 1344, fondateur de l'hospice de Grimaretz , rue Basse en 1337, et de Jeanne le Prévost de Basserode. Sainte Canard est tutrice de ses enfants mineurs en et meurt le . Elle possédait deux rentes sur la ville de Lille, réversibles sur sa fille Isabelle et sa bru Marie de Vinenthieu.
Jean II de Tenremonde, fils de Jean , bourgeois de Lille occupe plusieurs fonctions : échevin, juré ou conseiller de la ville, homme de fief de la salle de Lille. Il scelle un jugement du bailliage de la ville le , sert au comte de Flandre le rapport et dénombrement du fief du Gars situé à Wazemmes le . Il meurt avant 1395. Il épouse en 1365 ou 1366 Jeanne de Thumesnil, fille de Jean, bourgeois de Lille et d'Isabelle de Pontreward. Les deux époux se font don mutuellement de leurs biens par acte du . Devenue veuve, Jeanne se remarie avec Guillaume de Waringhien, seigneur de Fontaine à Croix et de nouveau veuve, paye en 1416 le droit de nouvel acquêt pour récupérer les deux fiefs de son second époux. Jeanne de Thumesnil meurt le . Guillaume II ou Willaume, alias Louis-Guillaume, de Tenremonde ( -1412), fils de Jean et de Sainte Canard, relève la bourgeoisie de Lille en 1371 et remplit plusieurs fonctions de premier plan dans la ville entre 1381 et 1393 (juré ou conseiller, échevin, mayeur, rewart), puis en Flandre wallonne. Anobli par le roi Charles VI par lettres données à Paris en , moyennant finance taxée à 48 livres parisis, il devient premier lieutenant du gouverneur du souverain bailliage de Lille en 1399 et 1404, puis receveur du châtelain de Lille en 1403. Il est impliqué avec son frère Henri dans une sombre histoire d'argenterie accaparée par un membre de la famille de leur mère (Sainte Canard) contre un autre membre de la famille. Le Parlement de Paris les condamne le , conjointement avec les autres prévenus à rembourser à la plaignante la valeur de l'argenterie, soit 100 marcs d'argent, équivalent à 25 kg d'argent. Guillaume prend pour femme Jeanne Draghon, fille de Jean, bailli en 1398 de Jean Canard évêque d'Arras, et d'Isabelle Dugardin. Guillaume décède en 1412 et sa femme meurt après cette date. Outre leurs huit enfants légitimes, Guillaume II a engendré un fils naturel Joissin ou Joachim.
Henri de Tenremonde ( -1418), fils de Jean , marchand de draps, relève la bourgeoisie de Lille en 1373. Il est membre du Magistrat de Lille dans différentes fonctions de 1375 à sa mort survenue vers 1418. Il possède en 1417, un fief à Mouvaux, un à La Chapelle-d'Armentières (La Hallerie), et un à Wattignies (fief de Bargues). Sa mère l'émancipe en même temps que son frère Guillaume le . Il a eu trois épouses, mais selon les sources l'ordre des épouses varie. Il se marie avec Marie Fremault, fille de Jean, bourgeois de Lille, membre du Magistrat ayant occupé différentes fonctions et de Jeanne ClenquetSelon une source de 1909, lire en ligne, Marie Fremault est la épouse., puis vers 1384, il prend pour femme Marie le Winentier, fille et héritière de Jean. Il soutient conjointement avec son beau-frère Allard le Winentier un procès à propos du fief d'Angrin, situé à Lesquin. Ils obtiennent une sentence favorable en première instance devant le bailli de Vermandois, puis en appel devant le Parlement de Paris par un arrêt du . Henri plaide également devant le Parlement de Paris en , avec ses files Jeanne et Sainte, à la suite d'un procès intenté contre celle-ci par un dénommé Amand Gossart. Marie le Winentier étant morte avant , Henri prend alliance en noces avec Marie Warin (ou avec Marie Fremault). Devenue veuve, Henri décédant vers 1418, celle-ci a également un procès à soutenir contre son neveu Guillaume II de Tenremonde au sujet d'une affaire commune à Henri et Guillaume II. Elle gagne devant la Halle des échevins de Lille. Le Parlement de Paris examine l'affaire en appel en 1422 mais sa décision n'est pas connue. Marie Warin meurt vers 1435. :
Jeanne de Tenremonde ( -1450), fille d'Henri , née du premier lit, morte le , épouse à Lille le Hubert Gomer (Gommer) ( -1455), écuyer. Elle reçoit du Magistrat de Lille des présents en vin à l'occasion de ses noces. Son mari est un notable de la ville : bourgeois de Lille depuis le , il reçoit du magistrat un cadeau fait de lots de vin le , à la suite d'un prix gagné lors de joutes à Bruges. Retrouvé dans différentes fonctions de direction de la ville, nommé un des quatre commissaires du souverain chargés du renouvellement de la loi, bailli de Lille en 1418 et pendant trente-huit ans, conseiller du duc de Bourgogne jusqu'à sa mort survenue le , il est fils de Baudouin Gommer, lui aussi notable de la ville et de Laurence Escarlatte, morte en 1391. Du fait de sa mère, il détient le fief de Basinghien à Loos. Il est enterré avec son épouse dans l'ancienne église Saint-Étienne de Lille, où une inscription rappelait son souvenir et celui de son épouse. Le couple a eu 19 enfants.
Catherine de Tenremonde, dame de la Hallerie, et de le Court en 1475, hérités de son demi-frère Pierre puis d'Antoine, fils de Pierre , mort sans héritier, est fille d'Henri et de Marie Fremault, sa première femme. Elle devient la compagne de Maître George d'Ostende, seigneur de Joyeulx-penser, secrétaire des ducs de Bourgogne Jean Sans Peur en 1414 et Philippe Le Bon en 1428, puis de Charles VII roi de France. Le , des lettres données à Gand le promeuvent à l'office de garde des chartes de Flandre et d'Artois. Il prête serment à ce titre devant la Chambre des comptes de Lille le . Georges d'Ostende possède en 1447 les fiefs de Marcot, de l'Épinette, de Cliquesnois, situés à Wambrechies. Il meurt en 1448, est inhumé dans la chapelle Notre-Dame de l'ancienne église Saint-Étienne de Lille, où une plaque de cuivre porte ses armoiries et son identité .