Le maquis zone 1 C-60 est un groupe de résistance belge actif dans la région de l'Entre-Sambre-et-Meuse pendant la Seconde Guerre mondiale. Il constitue le secteur C-60 de la zone 1 de l'Armée secrète belge et participe notamment à l'hébergement et au ravitaillement d'aviateurs alliés et de réfractaires, ainsi qu'à la réception de parachutages de matériel destiné à la Résistance.
L'Armée secrète belge est divisée en cinq zones. La zone 1, qui s'étend de la vallée de la Lys, au nord de Tournai, jusqu'à la Meuse de Dinant, couvre quatre secteurs, de A à D. Le secteur C couvre l'Entre-Sambre-et-Meuse, notamment la région de Couvin.
Dès mars 1942, la Légion belge s'étend dans la région de Walcourt, Philippeville, Mariembourg, Florennes et dans la botte du Hainaut pour former le secteur C-60, surnommé « Linot ». Le docteur Leclerc prend la direction de ce secteur jusqu'à son arrestation en février 1943, alors que le groupe compte environ 600 hommes.
Le docteur Georges Lecomte lui succède en mai 1943, puis le lieutenant de réserve Émile Detroux de Chastrès en août, jusqu'à la Libération. En décembre 1943, Walter Neuville est chargé de l'organisation du maquis du secteur C-60.
Il est entouré dans cette fonction de sa sœur Élisabeth, du frère franciscain Émile Pécriaux, dit « frère Materne », ainsi que de réfugiés et de nombreux villageois. thumb|Émile Pécriaux, « frère Materne », qui a permis à de nombreux aviateurs de rejoindre le maquis ()
Hébergement et ravitaillement
Le maquis a notamment pour mission d'assurer l'hébergement et le ravitaillement d'aviateurs et de réfractaires. Parmi les personnes accueillies figurent notamment :
André Hitelet, de nationalité belge, est accueilli à partir de septembre 1942. Réfractaire, il s'est évadé du Kommando 44 du Stalag VI-F de Bocholt. Alidor Dugot, également belge, est recherché par la police allemande et reste dans le maquis jusqu'à la Libération.
Plusieurs aviateurs alliés sont également hébergés dans le secteur. Le Canadien Norman Huntly Michie est accueilli à partir de février 1944 jusqu'à la Libération. Le Canadien Wilfred « Willie » Renner est accueilli à partir d'octobre 1943. Le Canadien Joseph « Joe » Patrick Healey est accueilli à partir de février 1944. Le Britannique Henry Alan Lucas et l'Américain Charles « Charly » Warren sont également accueillis à partir de février 1944. thumb|Willy Renner et Walter Neuville, retrouvailles après la guerre Deux prisonniers de guerre soviétiques évadés, Nicolas Michine et Serge Puschkarev, sont également hébergés dans le maquis. Deux prisonniers de guerre bosniaques évadés, Raymond Ademovitch et Felix Azizovitch, sont accueillis à partir d'avril 1943 jusqu'à la Libération. Ils se sont évadés du camp de Douai et travaillaient auparavant dans les mines de charbon locales.
Dès septembre 1942, le bois de Falemprise accueille André Hitelet. Un abri en bois de sapin y est ensuite érigé, au lieu-dit « Plate Taille ». Le refuge est abandonné en février 1944 à la suite d'incursions de soldats allemands dans les bois environnants. Les réfugiés sont alors répartis par Walter Neuville chez des habitants de Boussu-lez-Walcourt et de Beaumont.
Un autre abri est construit en avril 1944 dans un massif de pruneliers au lieu-dit « Cocriamont ». Les deux prisonniers de guerre yougoslaves évadés, Raymond Ademovitch et Felix Azizovitch, y sont hébergés, ainsi qu'André Hitelet et Alidor Dugot, qui y restent jusqu'à leur libération.
Un autre baraquement, appelé « maquis des aviateurs », est construit entre le deuxième et le troisième parachutage, en mai-juin 1944, dans un versant boisé aux abords de la plaine dite de Falemprise. Il est occupé par Charles Warren, Alan Lucas et les deux évadés russes.
Parachutages
Walter Neuville et le groupe C-60 participent également à la réception de trois parachutages, effectués en mai et juin 1944 sur deux sites, à Erpion et à Falemprise.
L'un des sites est la plaine B2, à Badon, près de Boussu-lez-Walcourt, et l'autre la plaine B1, à Silenrieux, près de Falemprise.
Le premier parachutage a lieu à la suite de la diffusion, le 10 mai 1944 à 19 h 15 sur Radio Belgique, du message : « Pour Oscar, la carpe est muette, pour Ovide, la carpe n'est pas muette ».
Le deuxième parachutage a lieu sur la plaine B2 à la suite du message : « Voici un message pour Oscar : la carpe est muette ».
Le troisième parachutage a lieu en juin sur la plaine B1, à la suite du message : « Pour Ursule (ou Uranus), le buffet est vide ou le buffet n'est pas vide ».
Au total, neuf tonnes de matériel sont ainsi réceptionnées, comprenant notamment des armes antichars, des pistolets, des mitraillettes et des postes émetteurs-récepteurs.
Une stèle commémorative, le mémorial de Badon, est érigée le 11 septembre 1988 en bordure de la plaine de la Carpe, l'un des deux sites de parachutage, en présence de Walter Neuville, Émile Detroux, André Hitelet et Albert Reichling.
Reconnaissance
Références
Voir aussi Liens externes
Fiches du réseau Comète
Bibliographie
Catégorie:Réseau ou mouvement de la Résistance belge