Jacaranda copaia est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Bignoniaceae. C'est un arbre originaire d'Amérique du Sud.

Il est connu en Guyane sous les noms de Copaïa, Onguent pian de Cayenne, Faux simarouba, Coupaya, Coupaia, Bois pian (à Saül, nom partagé avec Gustavia augusta), Bois blanc (Créole), Pala'i, Mapili poà (Wayãpi), Pada (Palikur), Fii ati, Faya ati (Aluku), Caroba, Pará-pará, Marupa falso (Portugais), Yachimambo (Nenge tongo), Kupaya (Kali'na).

On le nomme aussi Flor azul, Palo azul, Pata de garza, Puti, Uai-cuima-yek, Wei-oima-yek (Arekuna) au Venezuela, Kuiship en Équateur (Capirona de la province de Napo), Caroba au Brésil, Phootee au Guyana, Goebaja au Suriname.

Description Jacaranda copaia est un arbre haut de à tronc droit, cylindrique, dépourvu de contreforts, à écorce brune, fissurée à liber orange. Les tiges et petits rameaux sont glabrescents, finement lenticellés, avec des poils simples et des écailles.

Les feuilles sont opposées, composées bipennées, très grandes, surtout chez les arbres juvéniles.

Le pétioles ultime est long de .

Le rachis non ailé porte 3-5 paires de pennes, portant chacune 3-24 folioles généralement opposées, mesurant , de forme elliptique ou oblongue ou obovale obtuse ou aiguë-acuminée, à base en coin plus ou moins inéquilatérale, à apex aigu à obtus ou acuminé, luisantes, concolores, chartacées, ponctuées-lépidotes, glabres ou un peu pubescentes en dessous sur la côte, avec environ 5-7 paires de nervures latérales.

Les inflorescences terminales, sont de grandes panicules ou thyrse en forme de candélabre, très pubescentes, lépidotes, à fleurs multiples bleu violacé, parmi les feuilles, jusqu'à plus de de long.

Le calice est cupulaire, tronqué ou obscurément lobé, mesurant , densément pubérulent à pubescent, à poils simples et écailles de lépidote, irrégulièrement denté à l'apex, non côtelé à finement côtelé, sans glandes près de la marge.

La corolle, de couleur mauve bleuâtre, bleue à violette, mesure , est densément pubérulente à poils dendroïdes, sans glandes, à pubescence étoilée en dehors.

Les staminodes portent des touffes denses de longs poils.

Le disque est petit.

L'ovaire est glabre.

Les fruits sont des capsules ligneuses, glabres à lépidote-pubescents, presque lisses ou finement rugueuses, à base étroite, s'amenuisant sur , à apex obtus à arrondi, de forme oblongue à obovale, applatie, mesurant (parfois jusqu'à ), avec des valves ligneuses.

Les graines sont de forme suborbiculaire, à aile interrompue au point d'attache, mesurant jusqu'à .

Taxons infra-spécifiques Jacaranda copaia subsp. copaia porte des folioles sub-coriace, nettement pétiolulée, de forme elliptique ou oblongue-elliptique, obtuse. Ses fruits sont des capsules à valves ligneuses, larges de plus de . Jacaranda copaia subsp. spectabilis (Mart. ex A. DC.) A.H. Gentry porte des folioles membraneuses, sessiles ou subsessiles, de forme rhomboïdes-elliptiques, aiguës à acuminées. Ses fruits sont des capsules à valves finement ligneuses, larges de moins de .

Répartition Jacaranda copaia est présent au Colombie, Venezuela, Guyana, Suriname, Guyane, Équateur, Pérou, Amazonie brésilienne, et en Bolivie. Jacaranda copaia subsp. copaia est présent de l'Est du Venezuela (Delta Amacuro, Bolívar, Amazonas), Guyana, Suriname, Guyane, nord du Brésil adjacent. Jacaranda copaia subsp. spectabilis (Mart. ex A. DC.) A.H. Gentry est répandu partout au Venezuela.

Écologie Jacaranda copaia est un arbre moyen, à grand de la canopée, commun en forêt secondaire ou marécageuse, dans les clairières, particulièrement sur les basses crêtes des jeunes plaines côtières des Guyanes, parmi les plantes pionnières tardives, plus rare dans les forêts anciennes, sempervirentes, des plaines et des montagnes. Jacaranda copaia subsp. copaia pousse au Venezuela autour de d'altitude, Jacaranda copaia subsp. spectabilis (Mart. ex A. DC.) A.H. Gentry pousse au Venezuela autour de d'altitude.

En Guyane, Jacaranda copaia fleurit en janvier, août, septembre, octobre, novembre, et fructifie en juin, décembre. Il est disséminé mais très commun dans les forêts de terre ferme (non inondées), généralement dans les végétations perturbées, et est très visible du ciel lorsqu'elle est en fleurs.

Jacaranda copaia a fait l'objet de diverses études sur : ses semences et sa germination dans le Mato Grosso (Brésil), la biologie de sa pollinisation dans la Forêt nationale du Tapajós, sa croissance dans d'anciennes cultures de manioc et bananes au Brésil, sa croissance en plantation au bout de 9 et 50 ans et sa production de bois utile à Manaus (Brésil), la composition en tanins de son bois et son appétence par les termites de l'espèce Nasutitermes globiceps au Brésil, sa dendrochronologie en relation avec les précipitations, et son mode de croissance en tant qu'espèce pionnière en Guyane, son taux d'assimilation du CO et de sa conductance foliaire en Guyane, la combustion de son bois par gazéification, son histoire évolutive par datation moléculaire et sa biogéographie dans les Néotropiques depuis le Pléistocène, ses caractéristiques démo-génétiques en Guyane, la structure génétique et spatiale de ses populations https://repository.si.edu/bitstream/handle/10088/4099/Jones_and_Hubbell_2006.pdf, la dispersion de ses graines par anémochorie et ses effets sur la génétique de ses populations à Barro Colorado (Panama), la génétique de ses populations et du flux de gènes à Barro Colorado (Panama), sa démographie et la phénologie de floraison, son polymorphisme nucléaire et plastidial au Brésil, en Bolivie, en Guyane et au Pérou.

Utilisation Le bois de Jacaranda copaia est de couleur blanc jaunâtre, à gros grain, facile à travailler mais peu durable (densité : 0,05) est employé en menuiserie, pour fabriquer des jouets et du papier.

Jacaranda copaia exhibe une magnifique floraison bleue.

En Guyane, la tisane de l'écorce serait purgative et le suc des feuilles était appliqué sur les ulcères de leishmaniose (« pian ») chez les Kali'na et les « nègres » selon Aublet (1775), chez les Créoles (« onguent pian »), et chez les Aluku. Les feuilles sont utilisées en emplâtre contre la leishmaniose, par les Créoles de Saül. La fumée de rameaux feuillés de Jacaranda copaia « brûlés » en saison sèche servent à éloigner les « yinyins » chez les Wayãpi. D'après ces derniers, les jaguars empoisonneraient leurs griffes avec sa sève en lécérant son écorce. L'écorce des jeunes branches, réputée émétique et purgative, était très employée, en poudre comme antisyphilitique. La résine de Jacaranda copaia (baume de caroba) est considérée comme dépurative et succédané de la salsepareille comme antisyphilitique.

Les Tiriyó du Nord du Pará utilisent Jacaranda copaia comme fébrifuge et fortifiant.

Les Amérindiens du haut Uaupès (, Tukano, Uanano...) utilisent la tisane d'écorce pour soigner la grippe et la pneumonie.

Chimie Le liber de Jacaranda copaia renferme 0,43 % d'une saponine stéroïdique.

Jacaranda copaia contient de la jacaranone (benzoquinone) qui inhibe le développement des leishmanies, à une dose cependant toxique pour les macrophages. La jacaranone présente aussi une activité anticancéreuse. Les extraits de plantes du genre Jacaranda ont montré une forte toxicité cutanée associée à une activité modérée contre la leishmaniose. Le genre Jacaranda présenterait un potentiel pharmaceutique sous-estimé et mériterait des études plus approfondies.

On a isolé dans l'extrait de feuilles de Jacaranda copaia des huiles et graisses, des triterpènes-stéroïdes, des catéchines, des saponines, des sucres réducteurs, des alcaloïdes, des quinones, des tanins et des constituants amers. Cet extrait a présenté des activités antibactériennes et une toxicité modérée sur Artemia salina.

Protologue En 1741, Pierre Barrère rapporte ceci :

En 1775, le botaniste Aublet propose le protologue suivant pour Bignonia copaia Aubl., 1775 (synonyme d’Jacaranda copaia (Aubl.) D.Don, 1823) : vignette|gauche| Bignonia copaia d'après Aublet, 1775 Planche 265 : On a diminué beaucoup la feuille entière qu'on a représentée. La foliole ſéparée, la branche avec ſes fleurs ſont de grandeur naturelle. - 1. Feuille entière. - 2. Foliole de grandeur naturelle. - 3. Portion de côte de la feuille de groſſeur naturelle. - 4. Portion de panicule des fleurs. - Pour la capſule, voyez la Planche 262. Fig. 1. vignette|droite| Bignonia copaïa d'après Aublet, 1775 Planche 262 : Pour la capſule, voyez la Planche 262. Fig. 1. .

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Liste des plantes décrites par Fusée-Aublet

Liens externes

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