Laura Cornelius Kellogg (Minnie », « Wynnogene » ; - 1947) est une cheffe politique, auteur et visionnaire d’origine Oneida. Kellogg, descendante d’une famille de chef Oneida, a été la fondatrice de la . Kellogg était une militante se battant pour la renaissance et la souveraineté des Six Nations des Iroquois et s’est battue pour les terres des tribus, pour leur autonomie ainsi que leur autonomie gouvernementale. Populairement connue comme « Wynnogene la Princesse Indienne », Kellogg était la voix des Oneida et des Haudenosaunee durant les forums nationaux et internationaux. Durant les années 20 et 30, Kellogg et son mari, Orrin J. Kellogg, ont poursuivi des revendications à travers New York au nom du peuple des Six Nations. Le plan de Kellogg, appelé le « Lolomi Plan » était une alternative de l’ère progressiste contrôlée par le Bureau des affaires indiennes, mettant l’accent sur l’autosuffisance des peuples autochtones américains, le travail et l’organisation coopérative et la capitalisation du travail. Selon l’historienne Laurence Hauptman, « Kellogg a aidé à transformer les Iroquois contemporains, non pas en revenant à leur ancienne Ligue, mais en acteurs, activistes et plaideurs majeurs dans le monde moderne de la politique indienne du ».
Jeunesse gauche|vignette|333x333px|"Minnie" ("Wynnogene") Kellogg droite|vignette|200x200px|Grafton Hall School, Episcopal Diocese of Fond du Lac, Wisconsin, 1905 gauche|vignette|195x195px|Daniel Bread, Chief of the Oneida, 1831 droite|vignette|200x200px|Kellogg in Southern California, 1903
Laura Cornelius Kellogg est née dans la réserve indienne de la tribu Oneida à Green Bay dans le Wisconsin, et elle est une des cinq enfants de Adam Poe et Celicia Bread Cornelius. Ses frères et sœurs survivants sont Chester Poe Cornelius, Alice Cornelius et Frank Ford Cornelius. Kellogg était issue d’une illustre lignée de chefs indiens, ce qui aurait beaucoup contribué à sa fierté raciale de l’héritage Oneida. Son grand-père paternel était John Cornelius, chef Oneida et frère de Jacob Cornelius, chef de la Orchard faction des Oneidas. Son grand-père maternel était le chef , qui a aidé à trouver des terres pour son peuple après que les Oneidas aient été forcés de quitter New York pour le Wisconsin au début du dix-neuvième siècle. Kellogg était aussi de la même famille que Elijah Skenandore, un important leader politique du peuple Oneida, qui était connu pour ses compétences oratoires au .
Contrairement à nombreux de ses contemporains dans la réserve, Laura a réussi à éviter l’habituelle voie éducative utilisée par les indiens de l’Est dans les pensionnats de Carlisle et Hampton. Elle est allée à Grafton Hall, une école privée dirigée par la , dans le Wisconsin, proposant un cadre incluant majoritairement des femmes non indiennes. Laura a attribué son éducation à la fois à son « temps passé à la marmite à soupe dans la réserve »” ainsi qu’aux grands instituts. Cette expérience a permis à Laura de se sentir plus éclairée et capable de « comprendre les vraies valeurs de la vérité ». En 1898, Laura est diplômée avec les honneurs. Dans son essai de fin d’étude intitulé Les Romains d'Amérique, elle a comparé la confédération iroquoise à l’ancien Empire romain. Sa fierté d’être d’origine iroquoise lui a conféré une grande confiance en elle.
Après avoir obtenu son diplôme, elle a passé deux années à voyager à travers l’Europe. Plus tard, elle est revenue aux États-Unis pour étudier à Stanford, à la fac de Barnard, à Cornell et à l’université du Wisconsin. À Barnard, elle a écrit une histoire courte pour le magazine littéraire de la fac et a eu son nom mentionné dans l’album de promotionHauptman, 2008, p. 148.. Kellogg n’a jamais fini ses études dans les institutions mentionnées plus haut mais elle a toujours été considérée par les historiens comme étant « une des femmes les mieux éduquées de tous les temps parmi les amérindiens ».
Princesse Wynnogene « Minnie », comme ses amis la surnommaient, a enseigné brièvement à l’internat indien des Oneidas, dans le Wisconsin, tout comme à l’institut Sherman à Riverside en Californie de 1903 à 1905. Le , à environ 80 kilomètres au Sud Est de Riverside, le Bureau des Affaires Indiennes a expulsé une communauté de Cupeño de leurs terres traditionnelles dans le Warner Springs Ranch. Kellogg est connue pour avoir joué un rôle crucial dans la persuasion des Cupeños de ne pas résister à la délocalisation dans la réserve de Pala, 40 kilomètres plus loin. L’expulsion des indiens de Warner Ranch a été rapportée comme un crime suprême des hommes blancs envers les indiens de Californie qui possédaient un titre légitime sur leurs terres. Les journaux Californiens l’ont renommé « L'héroïne indienne » mais aussi « La Jeanne d’Arc indienne » pour son discours conciliateur connu pour avoir empêché une rébellion. Cette année-là, Kellogg a publié son unique poème survivant Un hommage pour le futur de mon peuple, qu’elle récita lors de la cérémonie de rentrée de l’institut Sherman. Ce poème apporte une réflexion sur les contacts et relations entre les européens et les peuples indigènes, notant que « chaque cœur d’humain est humain ». Sur les Européens, elle écrit favorablement et avec espoir, « vous êtes issus du sang de nobles guerriers, aussi courageux que les saxons, les romains, les grecs, une race d’hommes royaux »Poets, Academy of American. "A Tribute to the Future of My Race by Laura Cornelius Kellogg - Poems | Academy of American Poets". poets.org. Retrieved 2022-03-29..
En 1902, Kellogg avec ses premières ambitions littéraires publie deux histoires La légende du haricot et Le sacrifice du chien blanc dans une édition du Episcopal Church Mission des Oneidas. En 1903, Kellogg a déclaré : « Peut-être que cela peut sembler étrange pour un étranger, car je connais les idées qui prévalent sur la vie indienne, mais faire quelque chose de bien quand je grandirai a été comme une prémonition de mes parents dès mon berceau, et je n’ai pas connu aucune autre ambition »Cristina Stanciu, "An Indian Woman of Many Hats: Laura Cornelius Kellogg's Embattled Search for an Indigenous Voice" (hereinafter "Cristina Stanciu"), SAIL 25.2/AIQ 37.3 Summer 2013, P. 95..gauche|vignette|357x357px|Princess Wynnogene, 1916
Kellogg était la voix des Oneidas et des Six Nations des Iroquois sur la scène nationale et internationaleCristina Stanciu, p.87-115. En 1908, Kellogg embarque pour un voyage de deux ans en Europe. En Angleterre, elle fait immédiatement bonne impression au sein de la société britannique et de la presse internationale. « Partout où elle allait, la société simplement “l’ovationnait”, et si elle avait dû rester plus longtemps en Angleterre, elle serait sans doute devenue la cheffe de son cercle »Cristina Stanciu, p.102. Pendant qu’elle était à Londres, Kellogg a demandé dans une lettre au département américain de l’intérieur d’être présentée à la Cour. La demande fut rejetée, évidemment parce que l’ambassadeur américain n’était pas enclinCristina Stanciu, P. 111.. En 1909, appelée « Princesse Neoskalita » par le Los Angeles Times, Kellogg déclara qu’elle « ne considérait pas son éducation complète avant d’avoir obtenu certaines connaissances sur la vie sociale, l’art et la littérature française et britannique ». Kellogg voulait aussi forger des liens et travailler à organiser les affaires indiennesCristina Stanciu, P. 102-103. Le Des Moines Daily News déclara que Kellogg se trouvait à Londres « tentant de mettre sur pied un mouvement pour l’amélioration de sa tribu, les Iroquois »Women Success Winners", Des Moines Daily News, August 8, 1909, p.5..
Pendant son voyage en Europe, Kellogg a développé un intérêt particulier pour le mouvement des cités-jardin de l’urbanisme d’Angleterre, d’Allemagne et de France, et a imaginé le modèle adapté aux réserves indiennes pour générer une autosuffisance économique pour les Oneidas mais aussi une autonomie tribaleKristina Ackley, "Laura Cornelius Kellogg, Lolomi and Modern Oneida Placemaking", (hereinafter "Kristina Ackley"), SAIL 25.2/AIQ 37.3 Summer 2013, P. 120, Patricia Stovey, "Opportunities at Home: Laura Cornelius Kellogg and Village Industrialization", (hereinafter "Stovey"), in Laurence M. Hauptman and L. Gordon McLester III, ed., The Oneida Indians in the Age of Allotment, 1860–1920, (2006), p.144.. Kellogg voulait poursuivre ces objectifs le reste de sa vie.
En 1911, la presse nationale a comparé Laura et d’autres anciens dirigeants de la à Booker T. Washington dans leurs appels à l’entraide et à l’élévation de la race indienne. En tant que l’une des fondateurs de la société des indiens d’Amérique, Kellogg a demandé aux dirigeants de s’engager en faveur de l’autosuffisance et de l’indépendance des Indiens. Bien que son message ne se soit pas avéré très populaire, Kellogg a trouvé une écoute parmi les Iroquois. Après la réunion de Columbus de la société en 1911, le New York Tribune a salué Laura comme une universitaire, une travailleuse sociale, « l’un des esprits émouvants de la nouvelle Association des indiens américains et une femme aux dons intellectuels rares »Hauptman, P. 150..
En 1919, Kellogg fait une apparition après que la Ligue des Nations ait appelé pour la justice pour les indiens américains. « Vous Américains, vous avez sauvé la Belgique distraite de l’atrocité des Huns, vous avez versé de l’argent et apporté votre sympathie pour la Pologne affamée, vous avez envoyé vos armées dans la Russie tumultueuse. À travers le monde entier, vous êtes le puissant justicier des torts, le sauveur des peuples opprimés. Et au milieu de vous un peuple a pleuré en vain »Cristina Stanciu, P. 108..
Féminisme thumb|200px|right|Iroquois Clan Mother Le Washington Herald a publié une interview de Kellogg"Washington Herald". US Library of Congress (LOC). February 16, 1915. Retrieved March 29, 2022. dans laquelle elle soutenait les mouvements suffragettes, mettant l’accent sur les égalités des pouvoirs civiques des femmes iroquoises avec les hommes. Il n’était pas rare de voir des femmes dirigeantes parmi les Oneidas. « C’est très étonnant pour nous que vous, les femmes blanches ne revendiquez que maintenant, en ce , ce qui était le privilège de la femme indienne aussi loin que remontent notre histoire ».
Les Iroquois avaient un système communautaire de distribution des terres et la tribu donnait des parcelles aux clans pour une distribution ultérieure entre les ménages pour la culture. Les mères de clan décidaient de toutes les questions concernant le territoire, y compris où une communauté devait être construite et comment la terre devait être utilisée. Étant donné que les terres étaient l’affaire des femmes, c’était aux femmes de cultiver la nourriture et non aux hommesSara Henry Stites, Economics of the Iroquois, (1905), p.71–72, Doug George-Kanentiio, Iroquois Culture & Commentary, (2000), p.53–55., le conseil des mères de clans a également réservé certaines zones de terre à travailler pour les femmes pour tous les différents clans. La nourriture de ces terres appelée kěndiǔ"gwǎ'ge' hodi'yěn'tho, était utilisée lors des festivals et des grands rassemblements du conseilBruce E. Johansen, The Encyclopedia of Native American Economic History, (1999), p.123..
Orrin J. Kellogg Le , Laura Cornelius épouse Orrin J. KelloggStovey, p. 147., un avocat Seneca d’ascendance lointaineHauptman, 2008, p.152.. Son mari a soutenu son travail mais a maintenu profil bas ; un journal a publié que la meilleure description d’Orrin Kellogg serait « le mari de Mme Kellogg »Stovey, p.147..