Le Tour d'Espagne 2022 (en espagnol : Vuelta a España 2022) est la édition de cette course cycliste masculine sur route. Le départ est donné le à Utrecht aux Pays-Bas, et l'arrivée a lieu le à Madrid. Il s'agit du troisième et dernier grand tour de la saison et de la manche de l'UCI World Tour 2022.
La course est remportée par le jeune Belge (âgé de 22 ans) Remco Evenepoel de l'équipe Quick-Step Alpha Vinyl. Il s'impose avec 2 minutes et 2 secondes d'avance sur l'Espagnol Enric Mas et 4 minutes et 57 secondes sur le jeune Espagnol Juan Ayuso (19 ans). Evenepoel a pris le maillot rouge à l'issue de la sixième étape sans plus jamais le céder soit en portant la tunique de leader pendant quinze étapes. Il remporte aussi le maillot blanc du classement du meilleur jeune ainsi que deux étapes dont le contre-la-montre individuel.
Depuis le Tour d'Espagne 1977 et Freddy Maertens, aucun coureur belge n'avait plus remporté la Vuelta et, depuis le Tour d'Italie 1978 et Johan De Muynck, plus aucun Belge n'avait gagné l'un des trois grands tours.
Dans les autres classements de la course, le Danois Mads Pedersen (Trek-Segafredo) remporte le classement par points, grâce entre autres à ses trois succès d'étapes au sprint. L'Équatorien Richard Carapaz (Ineos Grenadiers) gagne le classement de la montagne et trois étapes. UAE Emirates s'adjuge le classement par équipes et l'Espagnol Marc Soler (UAE Emirates) remporte le prix de la combativité.
Présentation Parcours Après le Tour d'Italie et ses trois premières étapes courues en Hongrie et le Tour de France exportant ses trois premiers journées au Danemark, le Tour d'Espagne 2022 débute aussi à l'étranger dans le même schéma que les deux autres grands tours en commençant un vendredi et en ne courant pas le lundi suivant pour cause de transfert. C'est la quatrième fois de son histoire que le Tour d'Espagne s'élance depuis l'étranger. Comme initialement prévues pour la Vuelta 2020 mais non réalisées à cause de la pandémie de Covid-19, les trois premières étapes se courent aux Pays-Bas. Sous la forme d'un contre-la-montre par équipes lors de la première étape à Utrecht puis de deux étapes de plaine avec arrivées de nouveau à Utrecht puis à Bréda, en passant brièvement par la Belgique, à Baerle-Duc.
Après la première journée de repos servant à rallier l'Espagne, la Vuelta entame son périple hispanique au Pays basque et reste dans le nord de l'Espagne pour six étapes. Les 4e et 5e étapes sont deux étapes de moyenne montagne dont les arrivées se situent en bas d'une descente, à Laguardia puis, le lendemain, à Bilbao. Elles sont suivies par la première arrivée au sommet de ce tour lors de la étape jugée au Pico Jano, en Cantabrie, après une montée de avec une pente moyenne de 6,55 %. La étape présente un dernier tiers globalement en descente jusqu'à la petite ville de Cistierna située au nord de la Castille-et-León. Les et étapes arpentent les routes d'Asturies avec, à chaque fois, une arrivée au sommet d'un col de première catégorie : le Colláu Fancuaya, inédit sur la Vuelta et, le lendemain, Nava à Les Praeres.
Le lundi , les coureurs bénéficient d'une journée de repos mise à profit pour traverser l'Espagne et rejoindre la mer Méditerranée et la Costa Blanca où, le lendemain, la étape se court en contre-la-montre entre Elche et Alicante sur une distance de . Après une étape plate ralliant le cabo de Gata, l'étape suivante arpente la Costa del Sol sans difficulté majeure avant de s'élever pour les 19 derniers kilomètres à la sortie d'Estepona. La étape sans grand relief pénètre au cœur de l'Andalousie et se termine à Montilla. Le lendemain, l'étape prend de la hauteur dans son final en escaladant la Sierra de la Pandera au sommet de laquelle se situe la ligne d'arrivée. La étape se termine par la longue montée () vers l'Alto Hoya de la Mora.
La troisième journée de repos se passe à Jerez de la Frontera. Le , les coureurs reprennent en douceur avec une étape de plaine et une arrivée à proximité de Séville. La étape est vallonnée et devrait faire la part belle aux attaquants. Elle quitte l'Andalousie pour l'Estrémadure et se termine par un col de deuxième catégorie. La étape est l'avant-dernière possibilité pour les grimpeurs de se mettre en évidence avec une arrivée au sommet de l'Alto de Piornal après deux ascensions par deux faces différentes de ce col de première catégorie. Après une étape de moyenne montagne autour de Talavera de la Reina, la étape va fixer définitivement les positions du classement général avec une dernière arrivée au sommet au Puerto de Navacerrada, La dernière étape rejoint Madrid le où les sprinteurs reçoivent une ultime chance de victoire.
En résumé, la Vuelta 2022 se compose de six étapes de plaine, deux étapes plates avec arrivée en altitude, onze étapes de moyenne et haute montagne, un contre-la-montre par équipes et un contre-la-montre individuel.
Équipes En tant que course World Tour, les 18 équipes World Tour participent automatiquement à la course. 5 équipes Pro Teams sont aussi présentes.
Favoris et principaux coureurs présents En l'absence des deux premiers classés du Tour de France, Jonas Vingegaard et Tadej Pogačar, les candidats à la victoire finale de la Vuelta 2022 sont nombreux. La veille du départ, Nairo Quintana annonce qu'il renonce à prendre part à la course à la suite de sa disqualification du Tour de France pour usage de tramadol, un produit interdit pour les cyclistes.
Lauréat des trois dernières éditions, le Slovène Primož Roglič (Jumbo Visma) fait évidemment office de favori mais le fait est de savoir s'il est revenu au maximum de sa condition en raison de problèmes de dos qui l'avaient contraint d'abandonner un mois plus tôt sur le Tour de France. Vainqueur du Tour d'Italie en mai, l'Australien Jai Hindley (Bora-Hansgrohe) a ses chances pour réaliser le doublé Giro-Vuelta. Le Portugais João Almeida, leader de l'équipe UAE Emirates, est aussi cité parmi les favoris au même titre que l'Espagnol Enric Mas (Movistar), deuxième de la Vuelta 2021 et que l'Australien Jack Haig, troisième de cette même Vuelta 2021. Les espoirs de la solide équipe Ineos-Grenadiers reposent principalement sur l'Équatorien Richard Carapaz.
Parmi les autres favoris ou outsiders, on peut aussi citer les Espagnols Alejandro Valverde (Movistar), Juan Pedro López (Trek Segafredo), Carlos Rodríguez (Ineos-Grenadiers), Mikel Landa et Pello Bilbao (Bahrain Victorious), les Colombiens Miguel Ángel López (Astana) et Sergio Higuita (Bora Hansgrohe), le Britannique Simon Yates (BikeExchange), vainqueur de la Vuelta 2018, l'Italien Vincenzo Nibali (Astana), le Belge Remco Evenepoel (Quick-Step Alpha Vinyl), l'Américain Sepp Kuss (Jumbo Visma), le Néerlandais Wilco Kelderman (Bora-Hansgrohe) ainsi que le Sud-Africain Louis Meintjes (Intermarché Wanty Gobert).
Primes La course attribue les prix suivants. Tous les montants sont en euros
Position - Total Classement général Classement final Leader 500 Par étape 900 900 650 650 360 28 860 Classement par points Sprints intermédiaires (19) 550 180 95 Leader 100 Classement final Classement de la montagne Cima Alberto Fernandez 520 Col Hors catégorie (2) 920 615 catégorie (16) 460 310 catégorie (14) 230 155 catégorie (24) 115 80 Leader 100 Classement final Classement du meilleur jeune Leader 70 Classement final Classement par équipe Par étape 400 200 100 Classement final Combativité Par étape 200 Vuelta Total
Déroulement de la course Première semaine Les trois premières étapes disputées aux Pays-Bas peuvent se résumer à deux constatations principales : d'une part, l'équipe Jumbo-Visma domine le contre-la-montre par équipe et offre le premier maillot rouge à son « vieux serviteur » local Robert Gesink et, d'autre part, le meilleur sprinteur du peloton est à ce moment Sam Bennett (Bora Hansgrohe), vainqueur des deux sprints massifs d'Utrecht et de Bréda. Forte de l'avance constituée lors de l'étape initiale, l'équipe Jumbo-Visma conserve le maillot rouge qui passe successivement sur les épaules de Mike Teunissen puis d'Edoardo Affini.
Après une journée de transfert et le rapatriement de la Vuelta sur le sol espagnol au Pays basque, la quatrième étape confirme la domination Jumbo-Visma par la victoire de Primož Roglič emmenant la plupart des favoris derrière lui au sommet de la petite montée de Laguardia. Le Slovène s'empare du maillot de leader. Après quatre étapes, il est le quatrième porteur différent du maillot rouge appartenant à la même équipe. Toutefois, le lendemain, l'équipe Jumbo-Visma laisse une importante échappée se développer et aller jusqu'au bout avec un écart de plus de cinq minutes. À Bilbao, Roglič cède le maillot rouge à Rudy Molard (Groupama FDJ) arrivé quatrième derrière Marc Soler (UAE Emirates), le vainqueur du jour.
La sixième étape est la première étape de haute montagne avec arrivée au sommet. Elle voit la prise de pouvoir de Remco Evenepoel (Quick-Step Alpha Vinyl). À du sommet, le jeune Belge lâche au train ses principaux adversaires à l'exception d'Enric Mas (Movistar), termine deuxième derrière Jay Vine (Alpecin), parti à l'attaque plus tôt, et s'empare du maillot rouge. Jesús Herrada (Cofidis), membre de l'échappée du jour, remporte la septième étape à Cistierna sans modifier les premières places du classement général. Lors de l'étape suivante, Jay Vine, déjà vainqueur deux jours plus tôt, fait partie des échappés. L'Australien gagne sa seconde étape au Colláu Fancuaya en résistant au retour d'Evenepoel, Mas et Roglič arrivés ensemble. Le lendemain, pour la cinquième étape consécutive, un membre d'une échappée remporte la victoire. En effet, Louis Meintjes (Intermarché Wanty Gobert) gagne la neuvième étape au sommet de la courte mais très pentue arrivée à Les Praeres où Evenepoel distance de nouveau ses adversaires et consolide sa place de leader du classement général.
Deuxième semaine thumb|Remco Evenepoel vainqueur lors de la étape.